| Mort de Paul Varry | |
Paul Varry en 2020. | |
| Pays | |
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| Ville | Paris |
| Lieu | Boulevard Malesherbes (8e arrondissement) |
| Nature de l'arme | SUV |
| Date | |
| Nombre de victimes | 1 (Paul Varry) |
| Jugement | |
| Statut | Renvoi devant la cour d'assises pour meurtre (), confirmé en appel le |
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La mort de Paul Varry, cycliste français de 27 ans, survient le à Paris, sur le boulevard Malesherbes, où il est écrasé par un automobiliste au volant d'un SUV alors qu'il circulait sur une piste cyclable. L'événement provoque une vive émotion en France, des rassemblements dans de nombreuses villes et relance le débat public sur les violences motorisées,. Une piste cyclable parisienne porte son nom depuis .
Le conducteur, mis en examen pour meurtre trois jours après les faits, est renvoyé en devant la cour d'assises de Paris,. Ce renvoi est confirmé en appel le .
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Développeur Android, militant cycliste |
Paul Varry (né le à Gap et mort le à Paris), originaire de La Faurie, dans la vallée du Buëch (Hautes-Alpes), est écolier dans ce village, collégien à Veynes puis lycéen à Gap, où il obtient un baccalauréat scientifique en 2014 avant de rejoindre l'école 42 à Paris. Développeur Android, il est un membre actif de l'association Paris en selle, dont il est référent du groupe local Paris Centre, et siège au conseil de quartier du secteur où il habite,. Il milite pour des aménagements séparés de la circulation automobile et des carrefours plus sûrs et participe à la conception d'aménagements cyclables dans le centre de Paris, dont les plans de circulation du Marais,. Représentant de l'association à Saint-Ouen et Saint-Denis et membre de l'Atelier solidaire, il contribue à faire évoluer les aménagements cyclables de Saint-Ouen ; il est notamment le principal auteur d'un livre blanc pour le développement du vélo et des espaces piétons dans cette ville, rédigé en 2020-2021 pour Paris en selle et l'Atelier solidaire à l'intention des élus,.

Le en fin d'après-midi, boulevard Malesherbes dans le 8e arrondissement, le conducteur d'un SUV emprunte la piste cyclable sur environ 200 mètres vers le sud pour doubler les voitures et roule sur le pied de Paul Varry, peu avant le croisement avec la rue Boissy-d'Anglas,. Le cycliste frappe le capot pour alerter le conducteur, qui recule, puis, selon plusieurs témoins et les images de vidéosurveillance, braque ses roues en direction du cycliste et redémarre, le renversant et l'écrasant,. Paul Varry meurt sur place.


Le , Paris en selle et Mieux se déplacer à bicyclette appellent à un hommage place de la Madeleine, à quelques pas du lieu des faits. Le , des rassemblements sont organisés dans de nombreuses villes de France à 17 h 45, heure des faits, à l'appel de ces associations et de la Fédération française des usagers de la bicyclette,.
Le , le Conseil de Paris adopte un vœu demandant au gouvernement d'interdire la circulation des SUV en ville, ainsi que toute publicité en leur faveur. Le , la ville de Saint-Ouen, où il militait, réunit un conseil municipal extraordinaire consacré au partage de l'espace public et annonce la généralisation de la limitation de vitesse à 30 km/h dans ses rues.
L'affaire reçoit un écho international, notamment en Allemagne,, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ; le New York Times y consacre un reportage, y voyant un révélateur des tensions autour de la politique de réduction de la place de la voiture à Paris, une lecture que critique le site américain Streetsblog, pour qui la mort de cyclistes à Paris s'explique d'abord, comme ailleurs, par le manque de pistes protégées. En , BBC News estime que la mort de Paul Varry est devenue un symbole de la lutte quotidienne pour l'espace dans les rues de Paris, tout en relayant l'avis de la Ligue de défense des conducteurs, pour qui le drame est sans rapport avec le fait qu'il était cycliste. En , le magazine Arte Regards revient sur l'affaire dans un reportage consacré au conflit entre vélos et voitures à Paris.
Le , le conducteur, Ariel Marciano, un quinquagénaire, est mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire. Il a déjà été condamné pour escroquerie et son permis de conduire, sur lequel il ne lui restait que huit points, a été suspendu à deux reprises.
En , un rapport d'expertise en accidentologie révélé par Le Figaro conclut que le véhicule, en bon état de fonctionnement, « n'est pas techniquement en mesure d'accélérer et d'actionner le volant de direction de manière autonome », que le conducteur a dû effectuer « une action sur le volant vers la gauche pour braquer les roues » et que les aides à la conduite ont dû l'avertir de la présence du cycliste sur sa trajectoire ; la presse y voit une remise en cause de la thèse de l'accident soutenue par le conducteur,. Sa défense en tire la conclusion inverse : « En aucun cas, et cela ressort du rapport d'expertise en accidentologie […], l'automobiliste n'a visé délibérément le cycliste ».
Remis en liberté sous surveillance électronique le par le juge des libertés et de la détention, il est réincarcéré dix jours plus tard, le , à la suite d'une décision de la cour d'appel qui note que le risque de fuite à l'étranger n'est pas nul,.
Le , le parquet requiert son renvoi devant la cour d'assises pour meurtre.
Le , à l'issue de dix-huit mois d'instruction, la juge d'instruction ordonne son renvoi devant la cour d'assises de Paris, retenant qu'il a « volontairement donné la mort » au cycliste ; l'intéressé, qui invoque une erreur de manœuvre, conteste le caractère volontaire des faits et sa défense annonce faire appel de l'ordonnance,,.
Le , une nouvelle demande de remise en liberté est rejetée ; à l'audience, le représentant du ministère public soutient que l'intéressé « a passé sa vie à s’affranchir des règles de conduite. Ce jour-là, il a utilisé son véhicule de luxe comme une arme ».
Le , la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris rejette l'appel de la défense et confirme le renvoi devant la cour d'assises pour meurtre. Les avocats de l'accusé, qui soutiennent qu'il « n'a jamais eu l'intention de donner la mort », n'excluent pas un pourvoi en cassation ; les avocats de la famille, dont Yassine Bouzrou, saluent une décision qui, selon eux, « brise le mythe de l'accident » dans les affaires de violences routières,,. La date du procès n'est pas fixée.
Le , après une réunion entre le ministre des Transports François Durovray et les associations de cyclistes, le ministère annonce une mission de quatre mois intitulée « Contre les violences, protéger tous les usagers de la route », ; elle est confiée à Emmanuel Barbe. Son rapport, « Prévenir les violences et apaiser les tensions pour mieux partager la voie publique », remis en au ministre des Transports Philippe Tabarot, formule quarante recommandations, dont dix-huit jugées prioritaires. Les associations de cyclistes, dont Paris en selle, jugent ses préconisations insuffisantes.
Un an après les faits, en , les députés Thierry Sother et Florence Hérouin-Léautey déposent une proposition de loi pour un meilleur partage de l'espace public entre usagers de la route,.
Le , un an jour pour jour après les faits, la Sécurité routière lance une campagne nationale contre l'agressivité au volant, intitulée « Priorité au respect », qui invite chaque usager (automobiliste, motard, cycliste ou piéton) à respecter cinq engagements pour un meilleur partage de la route,.
Ses obsèques ont lieu le à La Faurie, en présence de quelque 300 personnes.
Le , le Conseil de Paris observe une minute de silence en sa mémoire à l'ouverture de sa séance, en présence de ses proches et des associations Paris en selle et Mieux se déplacer à bicyclette ; la maire Anne Hidalgo annonce qu'un lieu de la ville portera son nom et qu'une plaque sera apposée à l'endroit où il a été tué,.

Le , la Ville de Paris attribue le nom de Paul Varry à une piste cyclable reliant la place de la République à la place de l'Opéra, à la conception de laquelle il avait participé ; il s'agit de la première piste cyclable nommée par la Ville, et une plaque est dévoilée à l'angle de la rue Réaumur et de la rue Vaucanson,.
Le , un an jour pour jour après les faits, un cortège de plusieurs centaines de cyclistes organisé par Paris en selle relie la mairie de Paris Centre à la place de la Madeleine en empruntant la piste Paul-Varry, avant des prises de parole d'élus, de militants et de proches.
En 2026, la bande dessinée documentaire Solution vélo, de Céline Pernot-Burlet et Valéry Pernot, consacre une page à sa mort, à la mobilisation contre les violences motorisées qui l'a suivie et à la mission confiée à Emmanuel Barbe.
Le , deux ans jour pour jour après sa mort, Paris en selle organise un nouveau rassemblement place de la Madeleine ; des membres de sa famille en tête, le cortège de cyclistes rejoint ensuite le square du Temple. Le Parisien compte près de 500 personnes, la préfecture de police 180 cyclistes.