En mathématiques, une permutation de supportfini est dite paire si elle présente un nombre pair d'inversions, impaire sinon. La signature d'une permutation vaut 1 si celle-ci est paire, –1 si elle est impaire.
Toute permutation se décompose en un produit de transpositions. Une transposition étant impaire, il vient de cette règle des signes que la parité du nombre de transpositions d'une telle décomposition coïncide avec la parité de la permutation (et ne dépend donc pas de la décomposition choisie).
Nous définissons dans cet article la parité d'une permutation par le comptage de ses inversions(en).
Définition
Soient i < j deux entiers compris entre 1 et n. On dit que la paire {i, j} est en inversion pour σ si σ(i) > σ(j).
Une permutation est dite paire si elle présente un nombre pair d'inversions, impaire sinon. La signature d'une permutation paire est 1; celle d'une permutation impaire est –1.
Autrement dit, la signature d'une permutation σ, notée dans la suite de cet article ε(σ), vérifie si l'on note sgn la fonction signe:
.
Exemples
Considérons la permutation:={\begin{pmatrix}1&2&3&4&5\\1&3&5&4&2\end{pmatrix}}}
qui fixe 1 et 4 et envoie 2 sur 3, 3 sur 5 et 5 sur 2. Compter le nombre d'inversions revient à compter le nombre de désordres dans la seconde ligne. On en dénombre quatre: 3 est avant 2, 5 avant 4, 5 avant 2, et 4 avant 2. Cela signifie que les paires formées de leurs antécédents sont, selon la définition, des inversions, soit les paires {2,5}, {3,4}, {3,5}, {4,5}. Puisqu'il y en a quatre, σ est paire et ε(σ) = 1.
Considérons le k-cycle:={\begin{pmatrix}1&2&\dots &k-1&k&k+1&\dots &n\\2&3&\dots &k&1&k+1&\dots &n\end{pmatrix}}}
qui envoie 1 sur 2, 2 sur 3, … , k – 1 sur k, k sur 1 et qui fixe tous les autres entiers. Ses paires en inversion sont {i, k}, pour i < k. Il y en a k – 1 donc ε(σ) = (–1)k–1, et σ est paire si et seulement si k est impair.
Une formule pour la signature
Une permutation a pour signature:
,
où désigne l'ensemble des paires d'entiers distincts compris entre 1 et n (par définition d'une paire, ).
Démonstration
Par définition,
et l'on peut transformer le dénominateur en utilisant la bijectivité de σ:
.
Signature d'un produit
Les permutations vérifient une règle des signes pour le produit:
le produit de deux permutations paires est pair;
le produit de deux permutations impaires est pair;
le produit d'une permutation paire et d'une impaire est impair.
En utilisant la signature, cela se résume par la formule:
est paire (autrement dit: ) si et seulement si elle est décomposable en un nombre pair de transpositions;
est impaire (autrement dit: ) si et seulement si elle est décomposable en un nombre impair de transpositions.
Cela permet de déterminer la parité (ou la signature) d'une permutation plus efficacement que par un simple comptage des inversions; en effet, pour une permutation de , une telle décomposition demande au plus n – 1 opérations, contre n(n – 1)/2 si l'on applique directement la définition (voir supra).
Cette dernière observation permet de calculer la signature d'une permutation décomposée en cycles. La signature d'une permutation de vaut , où m est le nombre de cycles de la décomposition (en comptant les points fixes comme cycles de longueur 1) dans et p le nombre de cycles de longueur paire dans cette même décomposition.
Ce sous-groupe étant le groupe dérivé de , la signature est donc une réalisation du morphisme canonique de dans son abélianisé, le groupe quotient. Cela signifie que tout morphisme f de dans un groupe abélien se factorise par ε, ou encore: si l'image de f n'est pas le groupe trivial alors c'est un groupe d'ordre 2 et f coïncide, via l'unique isomorphisme entre ce groupe et ({–1, 1}, ×), avec ε.