| Naissance | Marseille |
|---|---|
| Décès |
(à 76 ans) Thiais |
| Sépulture |
Cimetière parisien de Thiais |
| Période d'activité |
ou |
| Nom de naissance |
Pierre Dunoyer |
| Nationalité |
française |
| Activité |
tableaux |
| Site web |
Pierre Dunoyer, né le à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort le à Thiais (Val-de-Marne),, est un peintre français.
Depuis ses débuts en 1976, son œuvre est marquée par l'abstraction, s'inscrivant dans la voie ouverte par l’expressionnisme abstrait américain.
Comme le souligne en 2023 Fabrice Hergott, historien de l'art et directeur du musée d’art moderne de Paris, l’apport de Pierre Dunoyer à l’histoire de la peinture consiste à avoir réalisé une œuvre caractérisée par une tension tout à fait singulière et inédite entre figuration et abstraction, structure iconique et absence d’image.
En 1991 la Galerie Nationale du Jeu de Paume inaugure sa programmation contemporaine avec une grande exposition de ses tableaux . En 2000, il reçoit de l'État la commande d'une grande tapisserie qui sera réalisée en 2002 d'après un petit tableau bleu dans les ateliers de la Manufacture Nationale de Beauvais à Paris. En 2023, le Musée d’Art Moderne de Paris organise la première rétrospective publique de son œuvre.
Après une double formation en architecture et en psychopathologie, Pierre Dunoyer se met à peindre en 1976. L'impulsion décisive lui ayant été donnée, comme il le racontera plus tard, par la découverte en 1973 au Grand Palais des œuvres de Barnett Newman et de Ad Reinhardt, montrées pour la première fois en France par Alfred Pacquement, alors tout jeune conservateur.
Ses premiers tableaux sont montrés au cours de trois expositions parisiennes organisées en 1978 par le groupe Janapa (1978-1981), suivies en 1979 par sa première exposition personnelle à la galerie parisienne d'Ileana Sonnabend, intitulée Six tableaux.
Ce qui caractérise sa démarche plastique dès le départ, c'est la revendication du tableau. Une prise de position très tranchée, qui allait à l'encontre de l'entendement intellectuel et artistique de l'époque, dominée par des préoccupations analytiques et déconstructivistes sous la double devise postmoderniste de "la fin des grands récits" et de "la mort de la peinture". Le tableau est revendiqué par Dunoyer comme objet au sens propre - ob-jectum : ce qui fait face. Face au regard dont il sollicite la considération, l'objet tableau se manifeste, selon ses termes, comme "un fond qui fait surface" .
Dans la première moitié des années 1980 il vit entre Paris, où il continue de participer au débat intellectuel et artistique très vivace en ces années-là dans la capitale française, et New York, où il expose régulièrement. Son travail plastique évolue, se libérant progressivement des contraintes géométriques des débuts : l'articulation de la matière et des couleurs distribuées sur la toile se complexifie, gagne en dynamisme et en présence. Il s'établit définitivement à Paris en 1987.
En 1991 son œuvre est présentée par Alfred Pacquement à la Galerie Nationale du Jeu de Paume, tout juste rénovée et dévolue désormais à l’art contemporain. Il y montre un ensemble de 24 tableaux de même format et de taille imposante (240 x 185 cm) réalisés en 1989, ainsi qu’une dizaine de tableaux plus anciens.
Montré à différentes reprises au cours des décennies suivantes, mais toujours avec parcimonie, le travail de Pierre Dunoyer a continué de se déployer à l’écart des modes du moment en suivant avec obstination, avec cohérence, comme le souligne la critique d’art et commissaire d’exposition indépendante Anna Seaman, une seule et même ligne de pensée.
Son œuvre a par ailleurs fait l’objet de nombreuses publications dans la presse comme dans l’édition d’essais : de l’étude de 1979 du critique d’art Marcel-André Stalter , à la monographie de 2009 issue du travail universitaire de la chercheuse Sophie Rébiscoul-Lavine, en passant par les chapitres que lui consacrent les philosophes Emmanuel Martineau et Mathieu Kesslerdans leurs ouvrages, respectivement en 1982 et en 2000.
En 2023 Fabrice Hergott présente la première rétrospective en France de Pierre Dunoyer au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris dont il est le directeur. En la galerie Bernard Jordan expose ses derniers tableaux qui témoignent, dans leur essentialité de ce que, dans le texte rédigé à cette occasion, le philosophe Yves Michaud nomme "pur apparaître".