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Pierre Mignard (oncle) |
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Pierre II Mignard, dit « le chevalier Mignard », né le à Avignon et mort dans cette même ville le , est un peintre et architecte français.
Pierre II Mignard est le fils aîné du peintre Nicolas Mignard, dit « Mignard d'Avignon », et le neveu du peintre Pierre Mignard, dit « Mignard le Romain ». Après de solides études au collège des Jésuites, il accompagne en 1658 son oncle et homonyme Pierre Mignard, qui rentre de Rome à Paris et s'est arrêté quelques mois chez son frère.
À Paris, Pierre II Mignard obtient rapidement un brevet de peintre de la reine (1662), puis assiste son père, que Louis XIV a appelé dans la capitale, dans le décor du petit appartement bas du roi au palais des Tuileries. C'est lui qui achève cet important cycle de peintures sur le thème d'Apollon après la mort de son père en 1668. L'année suivante, il est mandaté par Colbert pour lever les plans et dessins des antiquités de Provence. À peine ce travail achevé, Colbert l'envoie en Italie pour un voyage d'études de plusieurs mois en compagnie de son propre fils, le marquis de Seignelay, et du mathématicien et architecte François Blondel. Rentré à Paris, il est le parmi les six fondateurs de l'Académie royale d'architecture, dont il suit ensuite les travaux avec une remarquable assiduité.
Pour une raison inconnue, Mignard quitte la capitale au printemps 1679 et revient s'installer à Avignon, où il mettra en application son double talent de peintre et d'architecte. Il y élèvera des hôtels particuliers, des monuments publics et nombre d'édifices religieux, dont certains se pareront en plus de toiles de sa main. Dans une ville où l'architecture est encore dominée par des artistes de la génération précédente, comme Louis-François de Royers de la Valfenière, il introduit la simplicité et le « grand goût » de l'art du Roi-Soleil. Ses œuvres empreintes de majesté et de noblesse ne dédaignent pas les références à François Mansart, envers qui l'Académie Royale d'Architecture témoigna longtemps du plus grand intérêt.
Un de ses plus remarquables chantiers est l'abbaye de Montmajour, où il construit à partir de 1703 un bâtiment neuf pour la congrégation de Saint-Maur. Son projet, extrêmement novateur et ambitieux, ne pourra être mené totalement à bien et c'est un bâtiment partiellement inachevé que la Révolution détruira à la fin du siècle, nous privant ainsi d'un jalon remarquable et très précoce de l'évolution de l'architecture monastique au XVIIIe siècle.
En 1701, pour le remercier des services rendus à la vice-légation - outre ses travaux édilitaires, il a arbitré des litiges avec les officiers du roi à propos des digues du Rhône - le pape le fait chevalier de l'ordre du Christ.
Alors que son activité est à peine ralentie par l'âge, Mignard est victime en 1716 d'une attaque cérébrale qui le laisse pour quelque temps hémiplégique et interrompt brutalement sa carrière artistique. Il meurt en 1725 et est enterré dans la Collégiale Saint-Agricol d'Avignon où se trouve son monument funéraire. Outre son portrait en médaillon, on y voit une longue épitaphe qui rappelle ses nombreux titres et sa filiation artistique.