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L'abbé Pierre Kaelin, né le à Estavayer-le-Lac et mort le à Villars-sur-Glâne, est un ecclésiastique, enseignant, compositeur et chef de chœur suisse.
Fils de notaire, Pierre Kaelin naît le à Estavayer-le-Lac. Deuxième d’une famille de sept enfants, il est initié au chant grégorien sous la baguette de Louis Ruffieux,. Il entame ses études au collège Saint-Michel avec Joseph Gogniat comme professeur de chant et Carlo Boller qui l'initie au chant choral, puis au collège de l'abbaye d'Einsiedeln, où il acquiert des notions d'harmonie et d'orchestration auprès du compositeur Otto Rehm,,,. Pendant ses années de collégien, il apprend le piano, la trompette et la contrebasse.
Il entre en 1933 au Séminaire diocésain de Fribourg et seconde l'abbé Joseph Bovet en tant que maître de chant, avant d’être ordonné prêtre en 1937,. Sur les conseils de l’abbé Bovet, qui le destine déjà à lui succéder en temps voulu, il poursuit sa formation musicale à Paris, à l'École César-Franck auprès de Guy de Lioncourt, à l'Institut grégorien auprès d'Auguste Le Guenant et à l'abbaye de Solesmes jusqu'en 1939,,. En parallèle, il est nommé maître de chant des Scouts de France et animateur musical de la Compagnie Arc-en-Ciel de Pierre Schaeffer, tout en collaborant avec Léon Chancerel et les Comédiens Routiers. Dans les années 1930, il signe également ses premières compositions,.
La Seconde Guerre mondiale interrompt ses études et le contraint à rentrer en Suisse. Pierre Kaelin s'engage comme capitaine aumônier et officier des loisirs dans l'armée suisse, notamment à travers le Quatuor du Régiment de Fribourg et le Joli Chœur de Bercher,. À cette occasion, il y fait la rencontre du ténor Charles Jauquier.
En 1942, Pierre Kaelin participe à La Cité sur la montagne de Gonzague de Reynold et Volkmar Andreae en dirigeant les chœurs.
Pour son diplôme de composition, de direction d'orchestre et de chant grégorien en 1947, il présente Le Livre du chef de chœur qu'il publiera deux ans plus tard. Revenu en Suisse, Pierre Kaelin est nommé vicaire à la paroisse Notre-Dame du Valentin de Lausanne avant d'en devenir le maître de chapelle jusqu'en 1949,. Il prend ensuite ses fonctions d'enseignant de chant choral et de direction à l’École normale, où il forme les instituteurs du canton de Fribourg entre 1949 et 1987, ainsi qu'au Séminaire diocésain dès 1949 et au conservatoire de Fribourg dès 1955,,. En 1949, il reprend le poste de maître de chapelle à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg et son chœur mixte, poste qu’occupait avant lui l’abbé Bovet, qu'il tiendra jusqu'en 1983,, ainsi que la direction de la Société de chant de la Ville de Fribourg,.
En 1950, Pierre Kaelin est nommé membre de la Commission des programmes de la Radio Romande en ses qualités de compositeur-interprète. Il est ensuite nommé responsable des Emissions catholiques de Radio Lausanne en 1960, succédant à Jacques Haas. Il poursuit également des activités de chroniqueur musical dans la presse écrite, notamment, pendant deux ans, à travers la Vie musicale dans Fribourg-Illustré.
Créateur de plusieurs chœurs dans le canton, il est surtout le fondateur et le premier directeur, de 1952 à 1993, de la célèbre Chanson de Fribourg, une formation mixte d'une trentaine de choristes triés sur le volet, qui se donne pour mission de faire rayonner Fribourg et ses chants, anciens et nouveaux, au niveau national et international. Six ans plus tard, il crée le Chœur symphonique de la cathédrale (puis Chœur symphonique de Fribourg), dans le but d'y présenter des programmes de grandes œuvres symphoniques, qu'il dirigera jusqu'en 1986 avant de laisser sa place à Pierre Huwiler,,. Ambassadeurs du Pays de Fribourg, ces deux ensembles donneront de nombreux concerts à l'étranger et contribueront largement à la formation des chefs de chœur du canton. Il fonde encore les Petits Chanteurs de Fribourg en 1971, une maîtrise d'enfants pour garçons entre 7 et 13 ans. Jusqu'en 1984 et la disparition de l'ensemble, ils parcourront également la Suisse et l'Europe pour proposer leur répertoire "maison" pour garçons seuls,.
En 1965, il participe au groupe de préparation des documents de liturgie de Vatican II. Kaelin était attaché à ce que la musique s'adapte à l'évolution liturgique, en tant que défenseur des réformes du Deuxième concile œcuménique et en prise directe avec celles-ci à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg. Il est aussi le fondateur et président de la Commission romande de musique sacrée dès 1968,.
Il tombe gravement malade d'une leucémie en 1989, ce qui l'empêche, un temps, de s'adonner à la musique, mais pas au bricolage, sa deuxième vocation. Il reste actif jusqu'à ses derniers jours, et meurt le à l'âge de 82 ans.
Ses archives ainsi que ses inventions sont conservées à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg,.
Il est l'oncle de la conseillère nationale Thérèse Meyer-Kaelin et du compositeur et chef de chœur Pierre Huwiler.
Les compositions de l'abbé Pierre Kaelin puisent leur source aussi bien dans la musique classique que dans le chant grégorien, le "nouveau" chant liturgique et le chant populaire, et même dans le jazz. Il est l'auteur de plus d'un millier de compositions, dont les œuvres majeures suivantes :
Aux côtés de ses fonctions ecclésiastiques et musicales, l'abbé Pierre Kaelin est aussi un bricoleur et un inventeur. Décrites dans l'ouvrage Pierre Kaelin : inventions d'André Glardon qui en a été l'héritier, ses inventions, actuellement conservées à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg, répondent à ses besoins quotidiens de prêtre-musicien :