| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Activités |
| Distinction |
Grand prix Poncetton (1973) |
|---|
Pierre Minet, né le à Reims et mort le à Paris, est un écrivain et poète français. Il a participé à la création de la revue Le Grand Jeu.
Pierre Minet quitte Reims à l'âge de 16 ans pour mener une vie vagabonde à Paris entre Montmartre et Montparnasse. Le à Reims, il a fait la connaissance de René Daumal et de Roger Gilbert-Lecomte, qu'il précède dans la capitale. Les futurs membres du Grand Jeu furent bientôt persuadés de son génie poétique ; baptisé « phrère fluet », il devient leur Rimbaud et, cinquième « simpliste », présente ses camarades à l'écrivain-éditeur Léon Pierre-Quint et collabore au premier numéro de la revue Le Grand Jeu en 1928 - année où il publie un recueil de poèmes chez l'éditeur américain Titus ainsi qu'un premier roman à la NRF, L'Homme Mithridate. En 1930, Histoire d'Eugène, paru aux éditions du Carrefour dans la collection Bifur, est encensé par Max Jacob et Charles-Albert Cingria. Mais après ces publications précoces, Pierre Minet interrompt son écriture, accaparé par sa passion pour une artiste américaine, Lillian Fisk, et des séjours en hôpital et à Berck, d'où il sortira handicapé de la jambe.
Il décrira en 1945 et 1946 cette « désertion » qui deviendra La Défaite : « Ma double honte. D'avoir tué en moi le poète et de n'être qu'un homme ordinaire. Avec cette circonstance atténuante que j'avais le courage, la probité de le reconnaître ». Après la guerre, les éditions du Sagittaire de Pierre-Quint publient La porte noire, puis La Défaite en 1947, que Jean Paulhan lui réclamait pour la NRF. Son dernier roman, Un héros des abîmes, sortira en 1985 chez Pierre Belfond, dix ans après sa mort.
La Défaite a fait l'objet en 2010 d'une nouvelle édition enrichie d'un appareil critique. Ce livre de « confessions », qui retrace années d'errance, de révolte et d'enchantement, fut salué à sa sortie par Antonin Artaud et par André Breton qui écrivit : « Celui qui sait parler de la liberté comme il en parle est moins vaincu que quiconque ». La nouvelle édition a donné lieu à un colloque à la Halle Saint-Pierre (Paris) avec la participation de Jean Bollery, Claire Paulhan et Alfred Eibel. Avec un lectorat toujours renouvelé, l'ouvrage a fait l'objet d'un accueil enthousiaste dans ses récentes (2018 et 2023) traductions espagnole et italienne.

Très proche de Roger Gilbert-Lecomte, Minet se battra sans relâche, y compris judiciairement avec le concours de Roland Dumas et André Malraux, pour que la correspondance du poète puisse voir le jour. Il en a donné l'édition avec une remarquable préface que Malraux saluera, ainsi que l'avant-propos aux Œuvres complètes de Gilbert-Lecomte.
Il s'est aussi tourné vers le théâtre, avec un drame remarqué, Georges Cadoudal, créé en 1960 au festival d'art dramatique de Corbeil-Essonnes et au festival de la Côte des Mégalithes à Carnac avec des acteurs de la Comédie française, et repris sur France-Culture avec Jean Piat, ainsi qu'une adaptation de son roman La Porte noire, créée en 1976 avec Michael Lonsdale sur France-Culture.
Pierre Minet a également laissé une œuvre graphique, avec nombre de ses dessins exposés et publiés (Galerie Octant Alain Paviot ; Abbaye d’Ardenne/IMEC, « L’un pour l’autre, les écrivains dessinent », 2008 ; Des Ages téméraires ; « Journaux personnels », Genesis, 32/11, 2011) et présents dans des collections privées, telle celle de Pierre Belfond, et des ventes diverses.
Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 10).
… ainsi que de nombreux témoignages contenus dans son Journal (par exemple sur Adamov, repris in Gilles Ortlieb, Un dénuement, Arthur Adamov, Éditions fario, 2019), notamment sur René Crevel (temps mêlés, 1954) et Roger Vailland (Entretiens, Subervie, no 29, 1970).
Auteur et producteur à l’ORTF. Il contribue au numéro spécial de La Nef de 1951 « La radio cette inconnue » (février-mars, no 73-74). Il a donné, outre de nombreuses émissions dramatiques (dont Cadoudal), des séries telles que Hommage à Eric Satie, François Bernouard, Paul Fort, Jane Bathori, Paul Féval, des évocations d’actrices (Les Grandes Mademoiselles), du séjour d’étrangers célèbres (La France accueillante), d’originaux (De la Singularité à la Folie), de la vie des cafés (Les Cafés littéraires, du XVIIIe siècle à aujourd’hui), d’évènements et personnages contemporains (Souvenez-vous : « Souvenez-vous de Marcel Proust », avec Céleste Albaret) et des adaptations (Aventures et mésaventures de Jérôme Paturot). Il dirigea pendant six ans La Tribune des critiques radiophoniques sur France II. Pour la télévision, il réalisa une présentation de l’œuvre du genevois Rodolphe Töppfer.
Plusieurs de ses émissions ont fait l’objet de rediffusions périodiques, ainsi des Soirées de Paris en Hommage à Roger Gilbert-Lecomte (1963, avec Pierre Minet, Jean Paulhan, Jean Cassou, Roger Caillois, Josef Sima, Arthur Adamov, Maurice Henry, Marthe Robert, etc.) et de la série Portraits en six épisodes, consacrée à Albert Camus (1972, avec Mohamed Dib, Roger Grenier, Suzanne Agnelli, Roger Quilliot, Jean-Louis Barrault et Louis Guilloux).
Il reçut en 1973 le Grand Prix Poncetton de la Société des Gens de Lettres.
Deux hommages ont été consacrés à Pierre Minet sur France Culture en 1976 (Dominique Rabourdin, avec des lectures de Michel Bouquet) et en 2003 (Catherine Soullard, « Redécouvrir Pierre Minet : en mal d'aurore », « Surpris par la nuit »).