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Surréalisme (- |
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Pierre Molinier, né le à Agen et mort le à Bordeaux, est un photographe, un peintre et un poète français.
Il est surtout connu pour ses tableaux érotiques et pour ses photomontages, mises en scène de son propre corps et autoportraits travestis, où s’expriment son culte de l'androgynie et son fétichisme des jambes.
Son œuvre singulière et énigmatique a influencé, au début des années 1970, les artistes européens et nord-américains du body art, et continue de retenir l’attention des artistes, des critiques et des collectionneurs d’aujourd’hui.
Pierre Molinier naît le à Agen d’un père peintre en bâtiment et décorateur, spécialisé dans le faux marbre et le faux bois, et d’une mère couturière. Sa scolarité se déroule chez les Frères des écoles chrétiennes d’Agen.
À partir de 1913, il entre en apprentissage chez son père pour apprendre le métier de peintre artisan et prend des cours de dessin et de peinture à l’école municipale d’Agen.
En 1919, il s’établit à Bordeaux comme artisan peintre. Il exercera ce métier de peintre en bâtiment jusqu’en 1960.
Il effectue son service militaire de 1920 à 1922.
Passionné par le dessin et la peinture, il pratique la peinture artistique en parallèle.
En 1931, il s’installe dans l’appartement qu’il ne quittera plus, au 7 rue des Faussets, dans le Vieux Bordeaux et épouse Andrea Lafaye le de la même année. Ensemble, ils ont une fille, Françoise, et un fils, Jacques.
En 1944, son père se suicide en absorbant des médicaments. En 1949, sa femme quitte le domicile conjugal.
En 1951, il fait scandale au Salon des Indépendants de Bordeaux en dévoilant Le Grand Combat, une toile érotique composée de corps enlacés. Face au boycott, il la recouvre d’un voile sur lequel il accroche un texte manifeste adressé à ses collègues et aux visiteurs de l’exposition.
En 1960, il gifle violemment sa femme, tire des coups de pistolet au-dessus de la tête de son cousin et passe un mois en prison.
Il abandonne alors son activité de peintre en bâtiment pour se consacrer à son œuvre artistique.
En 1961, le divorce demandé par sa femme est prononcé.
Molinier se suicide d’une balle dans la bouche, le , vers 19 heures 30,.
Des années 1920 à la fin des années 1940, sa peinture est figurative et présente des thèmes classiques : paysages du Lot-et-Garonne, natures mortes, portraits — notamment de sa fille Françoise — et autoportraits. Son travail d’après nature ainsi que sa recherche de structure, de couleur et de lumière dans les paysages le rapprochent de l'impressionnisme, tandis que ses portraits évoquent plutôt l'expressionnisme. Membre de la Société des artistes indépendants bordelais à partir de 1928, il expose régulièrement lors de ses salons.
Fin 1951, lors du XXe Salon des Indépendants bordelais, il présente Le Grand Combat, un tableau mi-abstrait mi-figuratif évoquant des corps contorsionnés et des membres enlacés. Cette peinture jugée indécente sera voilée lors de l’exposition et devient le motif d’une rupture fracassante avec la société bordelaise. (Le Grand Combat, devenu entre-temps la propriété de l’homme politique français Roland Dumas, sera « dévoilé » par Jacques Saraben qui a bien connu Pierre Molinier lors du Soixantenaire des Indépendants bordelais à la galerie du musée des beaux-arts de Bordeaux en 1989.)
Début 1955, Molinier envoie des reproductions de ses tableaux ainsi que des poèmes à André Breton. Celui-ci lui réserve un accueil enthousiaste, l’assure de son soutien et propose de l’exposer à Paris. Pierre Molinier expose 18 toiles à la galerie À l’Étoile scellée, du au , dont Le Grand Combat, Succube, Comtesse Midralgar, Les dames voilées ; le catalogue est préfacé par Breton.
Par la suite, Molinier compose la couverture du 2e numéro de la revue Le Surréalisme même puis, convié par Breton, expose une toile à la 8e Exposition inteRnatiOnale du Surréalisme dédiée à Éros.
Membre du groupe surréaliste de 1955 à 1969, Pierre Molinier reste cependant en marge du mouvement. Breton prend ses distances après avoir reçu de lui une carte de vœu trop pornographique[réf. souhaitée].
À partir des années 1960, Pierre Molinier se consacre entièrement à son œuvre plastique et photographique, notamment aux autoportraits par un procédé de photomontage.
Son procédé consiste à prendre des photographies de lui-même apprêté — épilé, maquillé, souvent masqué d’un loup et vêtu de quelques accessoires noirs : guêpière ou corset, gants, bas et escarpins à talons aiguilles, parfois voilette ou résille ou chapeau haut-de-forme — ainsi que des photographies d’amis et des clichés de mannequins, puis à découper les silhouettes ou des éléments de corps et à les recomposer dans une photographie finale du collage, image idéale de lui-même.
Pierre Molinier se concentre sur son propre corps et son œuvre se voue entièrement à l'érotisme. En témoignent un court-métrage de Raymond Borde en 1962 (Molinier, 21 min), qui sera projeté publiquement à Bordeaux en 1966 lors du Festival Cinématographique organisé par Alain Natalis et Jean-Pierre Bouyxou (dont l’affiche reproduit l’oeuvre de Pierre Molinier intitulée Le Grand Combat N°2), et un entretien réalisé par Pierre Chaveau en 1972 publié en 2003.
En 1974, Pierre Molinier participe à l’exposition Transformer. Aspekte der Travestie qui a lieu au Kunstmuseum de Lucerne (Suisse). À la suite de cette exposition, il prend contact avec l’artiste Luciano Castelli dont il réalise, à Bordeaux, une série de photographies. L’année suivante, il rencontre Thierry Agullo, un autre jeune artiste qui devient, en même temps qu’un ami intime, le modèle privilégié de deux autres séries : la première sur le thème de l’indécence ; la seconde, sur le thème de l’androgyne, constituée de 60 clichés de Thierry Agullo en Thérèse pris fin .
En , Artcurial organise une vente aux enchères de la très importante collection Emmanuelle Arsan de ses œuvres.
Années 1960
Années 1970
Années 1990
Années 2000
Années 2010
Années 2020
Généralité
Enregistrement audio sur Molinier
« Pierre Molinier (1900-1976), "à mon seul plaisir" », Emission radio, France Culture, , 58 minutes. Podcast : https://www.radiofrance.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/pierre-molinier-1900-1976-a-mon-seul-plaisir