Pont de Coq

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Pont de Coq
Le pont de Coq depuis l'amont.
Présentation
Type
Pont
Construction
Moyen Âge reconstruit au XVIIe siècle
Franchit
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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Le pont de Coq situé en Seine-Maritime sur les communes de Ménerval et de Saumont-la-Poterie est daté de 1620-1640. À une seule arche, il franchit l'Epte.

Présentation

Le site de franchissement de l'Epte au lieu-dit le Pont de Coq est ancien. Un gué, d'origine médiévale, situé en amont du pont actuel permettait de franchir la rivière avant l'édification de l'ouvrage d'art.

Vers 1620-1640, la construction d'un axe routier Paris - Dieppe est envisagée avec pour objectifs :

Cette route est parfaitement lisible dans le paysage depuis Paris. Elle passe par le Vexin (Pontoise, Gisors) puis pénètre dans le pays de Bray (Gournay-en-Bray, Gaillefontaine, Neufchâtel-en-Bray) jusqu'à Dieppe. Le pont de Coq, à mi-chemin entre Gournay-en-Bray et Gaillefontaine, permet de franchir l'Epte et fait partie des 13 ouvrages d'art construits depuis Paris à Dieppe.

Cette route a, avant tout, un usage militaire permettant aux troupes de se rendre rapidement dans le port où stationnait une partie de la flotte royale, Dieppe. Pendant tout le XVIIe siècle, cette chaussée constitue également un axe commercial (chemin des chasse-marée) mais aussi politique. La renommée grandissante des eaux de Forges-les-Eaux incite la cour à se déplacer dans le pays de Bray. Louis XIII, la Reine, le cardinal Richelieu « prendront les eaux » à Forges-les-Eaux les et .

À partir de 1738, une nouvelle route, cette fois-ci pavée, est construite en parallèle de la route du Pont de Coq : la route royale de Gournay-en-Bray à Forges-les-Eaux (actuelle RD 915) évitant ainsi de passer par Gaillefontaine. La carte de Cassini montre les deux axes permettant de desservir le pays de Bray du sud-est vers le nord-ouest. L'usage du pont de Coq et de sa route est alors moindre.

Dans le courant de la seconde moitié du XIXe siècle, la construction de la ligne de chemin de fer Paris - Pontoise - Gisors - Gournay-en-Bray - Forges-les-Eaux - Dieppe est envisagée. En 1868, il est projeté la réalisation du dernier tronçon Gournay-en-Bray - Serqueux (Forges-les-Eaux). Par décisions ministérielles des et , le plan définitif du tracé est arrêté. Il passe au nord du pont de Coq. Ce projet est suspendu pendant la guerre de 1870 et c'est en 1871 que les terrassements débutent. La ligne atteint Dieppe le . Les 168 km du parcours sont accomplis en 5 h 30 en moyenne depuis Paris. Ce tracé modifie profondément le réseau routier aux alentours du pont de Coq par la création de la RD 41 (en parallèle de la voie de chemin de fer) et de la route impériale no 28 (actuelle RD 156). L'axe historique sud-est - nord-ouest est abandonné. La route « de Gaillefontaine à Gournay-en-Bray » passant par le pont de Coq est déclassée pour devenir chemin vicinal.

Au XXe siècle, le chemin a uniquement un usage agricole. Le pont de Coq n'est plus entretenu, la végétation s'y développe.

Axe principal au XVIIe siècle, secondaire au XVIIIe siècle, vicinal à la fin du XIXe et au XXe siècles, le chemin du Pont-de-Coq dessert actuellement des prairies et champs et fait partie des grands chemins de randonnées pédestres du pays de Bray.

Le pont de Coq constitue un petit ouvrage en pierre de taille en moyen appareil. Son arche est constituée de claveaux à extrados polygonaux dits "en escalier".

Le pont de Coq, redécouvert en 2003, est inscrit au titre des monuments historiques (base Mérimée) le . En 2010, l'Association pour la Sauvegarde du Pont de Coq est créée avec pour objectifs principaux :

Depuis 2011, le pont est restauré par l'association. La fin de la restauration du pont de Coq s’achève en 2017 avec l’aide de la Fondation du patrimoine et de la Fondation TotalÉnergies.

Caractéristiques techniques

Type de pont : pont maçonné à une seule arche en plein cintre.

Rivière enjambée : la rivière Epte.

Caractéristiques architecturales : voussoirs polygonaux à extrados en escalier.

Matériau : calcaire du Portlandien moyen.

Dénomination Longueur Profondeur Observations
Chaussée 10 m 6 m Dallage calcaire de 0,33 m x 0,33 m.

Présence de 4 bornes. largeur utile de la chaussée : 4,50 m

Tablier Hauteur des assises chanfreinées : 0,23 m.

Épaisseur totale de l'intrados de la voûte à l'extrados de la chaussée : 0,71 m

Ailes 2 m 0,70 m Arases en escalier. Fruit des ailes de 2° et de 5°
Voûte 3,85 m à la base 5,91 m Arc en plein cintre
Culées 2,50 m 3,50 m En forme de tétraèdre sur sol alluvionnaire et colluvionnaire

Historique de la restauration du pont de Coq

Le pont de Coq en 2003 - vue depuis le nord-ouest - détail de l'aile Sud-Ouest.

Découvert en 2003, le pont de Coq était proche de la ruine. Des arbres d'un mètre de diamètre poussent sur l'ouvrage tant sur les ailes que sur les reins de la voûte. Les communes de Ménerval et Saumont-la-Poterie coupent les arbres fin 2003. Le pont est protégé au titre des monuments historiques à la suite en 2004. L'Association pour la Sauvegarde du Pont de Coq est créée en 2010 et s'engage dans une campagne de restauration du pont et de son environnement.

L'aile Sud-Ouest du pont de Coq avant restauration en avril 2014.
L'aile Sud-Ouest après restauration en juillet 2014.

La légende du pont de Coq

Comme de nombreux ponts en France et en Europe, une légende diabolique se rattache à la construction du pont de Coq. L'abbé Decorde s'en fait l'écho en 1856 dans son essai historique et archéologique du canton de Forges-les-Eaux.

"Une antique légende se rattache aussi au Pont-du-coq. D'après cette légende qu'on trouve en divers lieux, avec quelques variantes, un habitant du pays désirait établir un pont ; mais ses ressources ne lui permettaient point de réaliser son projet. Un jour qu'il examinait pour la vingtième fois, le diable lui apparut et lui proposa d’exécuter le travail en une seule nuit, pourvu que celui qui passerait le premier sur le pont devînt la propriété du bâtisseur. Le marché fut conclu, et, la nuit suivante, Satan se mit à l’œuvre. Quand le propriétaire du terrain où s’exécutait le travail entendit le bruit que faisaient les ouvriers du diable, il regretta l'engagement qu'il avait pris. Heureusement une bonne pensée lui vint, en entendant le chant de son coq qui annonçait l'arrivée du jour. En ce moment, le travail touchait à sa fin ; notre homme courut à son poulailler, s'empara du coq et le lança sur le pont qui venait d'être construit, en disant : "Satan, voilà ta récompense !". Le diable emporta l'oiseau de Mars en grinçant les dents, et depuis ce temps le pont est appelé le Pont-du-coq."

Bibliographie

Notes et références

  1. ↑ Abbé Decorde, Essai historique et archéologique sur le canton de Forges-les-Eaux, Gérard Montfort, , p. 96-99
  2. ↑ Claude Rogère, Sur une route d'autrefois : Le Chasse-Marée voiturier de poisson de mer, Imprimerie Lecerf, , 74 p.
  3. ↑ « carte de Cassini - Saumont-la-Poterie », sur géoportail (consulté le )
  4. ↑ François et Maguy PALAU, Le rail en France - Tome III 1864/1870, Palau, , 239 p. (ISBN 9782950942135)
  5. ↑ « randonnées », sur L'éclaireur - La Dépêche (consulté le )
  6. ↑ « monuments historiques », sur Mérimée (consulté le )
  7. ↑ Archives départementales de la Seine-Maritime, G 7905
  8. ↑ Paul-Franck Thérain, Mathieu Guyot, Cyrille Fauchard, « Ménerval/Saumont-la-Poterie - Le Pont de Coq », DRAC Haute-Normandie - Service Régional de l'Archéologie - Bilan scientifique 2012,‎ , p. 92-95 (ISSN 1240-6163)
  9. ↑ « PontCoq film light », (consulté le )
  10. ↑ Abbé Decorde, Essai historique et archéologique sur le canton de Forges-les-Eaux, Brionne, Gérard Montfort,

Voir aussi

Articles connexes