Pro Juventute

Pro Juventute
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Siège
Pays
Organisation
Effectif
210 employés (), 216 employés ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs
Chiffre d'affaires
21,3 M CHF (), 21,1 M CHF (), 21,3 M CHF (), 22,7 M CHF ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Pro Juventute (latin : pour la jeunesse ; prononciation : \pʁo ju.vɛn.tu.te\) est une fondation créée en 1912 par la Société suisse d'utilité publique pour combattre la tuberculose chez les enfants et les jeunes. Œuvre sociale de caractère privé, elle est active dans le domaine de l'aide à la jeunesse.

Histoire et activités

Affiche de 1934 pour la vente de timbres Pro Juventute

La fondation Pro Juventute est créée en 1912 par la Société suisse d'utilité publique pour fédérer le travail de différentes organisations privées d'aide à la jeunesse. Destinée au départ à assister les enfants tuberculeux , Pro Juventute prend en charge la coordination de différents secteurs d'activité comme les consultations en puériculture, la diffusion d'informations sur les activités de vacances ou les séjours de cure pour enfants, l'aide aux enfants de montagne et aux enfants touchés par la guerre, l'attribution de bourses de formation et l'aménagement d'ateliers de loisirs.

Le conseil de fondation, qui était jusqu'en 1996 présidé par un conseiller fédéral et dans lequel siégeaient des personnalités des mondes politique, économique et militaire, donnait à Pro Juventute un caractère semi-officiel. Une commission dirigeait et contrôlait le travail du secrétariat central. Les districts étaient responsables de la récolte de fonds et pouvaient définir et exécuter les projets locaux.

Pro Juventute joue un grand rôle dans les communes quand sont introduits les services scolaires de santé et de soins dentaires, l'éducation sanitaire et la formation des parents. La fondation ouvre en 1922 un sanatorium pour enfants à Davos, en 1935 une maison de vacances à Waltensburg/Vuorz et, en 1962, un village de vacances au Tessin.

Pro Juventute s'occupait aussi de trouver soit des parents adoptifs, soit des places dans des familles d'accueil, des foyers ou des institutions, soit des places d'apprentissage ou des emplois domestiques, pour des enfants maltraités, difficiles à éduquer, handicapés ou issus de familles monoparentales, et assumait même en partie leur surveillance. Elle fonde en 1926 à l'initiative d'Alfred Siegfried l'« Œuvre des enfants de la grand-route ». Il s'agissait, en retirant systématiquement leurs enfants à des familles de Yéniches, d'éradiquer le mode de vie nomade, qui apparaissait comme une cause de négligence envers les jeunes et un danger pour la société. Jusqu'à la dissolution de cette association, obtenue sous pression médiatique en 1973, Pro Juventute arrache ainsi 586 enfants yéniches à leurs parents.

La fondation Pro Juventute assure la direction de plusieurs institutions (telle l'association Village d'enfants Pestalozzi de 1945 à 1950). Depuis les années 1950, elle se consacre à la création et au développement de places de jeu et de centres communautaires. Depuis 1969, elle publie des Messages aux parents (brochures d'information). Elle lance en 1985 un projet d'accompagnement de familles confrontées à une situation sociale difficile. Dans les années 1990, elle s'intéresse à la prévention de la toxicomanie et à la réhabilitation des toxicomanes. Elle fait campagne pour la ratification par la Suisse de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant en 1997. Elle gère depuis 1998 une ligne téléphonique d'aide aux enfants et aux jeunes.

Elle fait paraître de 1920 à 2004 la revue mensuelle Pro Juventute. Elle reprend en 1942 les éditions Pestalozzi, qui publiaient l'almanach Pestalozzi, puis les intègre dans les éditions Pro Juventute, fondées en 1971 et vendues en 2003 à l'éditeur Orell Füssli (de). Ses ressources proviennent depuis le début de la vente de timbres-poste, de dons, de legs et de contributions publiques.

Au début du XXIe siècle, elle est aux prises avec des problèmes financiers qui lui imposent une réorganisation.

Organisation

En 2024, elle est organisée en 191 districts et s'appuie sur 200 collaborateurs salariés et de nombreux bénévoles (8 000 en 1988).

Le siège est à Zurich, le secrétariat romand à Lausanne.

Personnalités controversées

Ulrich Wille

Ulrich Wille junior (1877 - 1959) est l'un des membres fondateurs et le premier président. Il est le fils du général de la Première Guerre mondiale du même nom Ulrich Wille. Dès 1918, il entretint des relations avec des politiciens nationalistes allemands. Il accueille Adolf Hitler en 1923 dans sa villa pour une collecte de fonds. Dès 1923, Wille entretint des relations avec des chefs nazis, dont Rudolf Hess. Démis de ses fonctions dans l'armée en 1942, il reste au conseil de fondation de Pro Juventute jusqu'à sa mort en 1959.

Alfred Siegfried

Alfred Siegfried est secrétaire de Pro Juventute à Lucerne, puis professeur romaniste au Gymnasium am Münsterplatz de Bâle avant d'être exclu de l'enseignement en 1924 à la suite d'une affaire de pédophilie pour laquelle il est condamné. Le secrétariat central de Pro Juventute l'engage en 1924, et il devient responsable de la section consacrée aux enfants en âge scolaire de 1927 à 1957.

Placements forcés d'enfants tziganes

Dans les arts

En 1992, en référence au crime causé par la Pro Juventute envers les Yéniches suisses, le réalisateur Urs Egger (de) réalise un film dramatique nommé Kinder der Landstrasse (de)

Références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Sara Galle (trad. Clémence Thévenaz Modestin), « Pro Juventute » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du
  2. ↑ Rapport annuel 2024, Pro Juventute, 44 p. (lire en ligne), p. 33
  3. 1 2 Heinz Bruni, « Pro Juventute (Fondation suisse) », dans Jean-Pierre Fragnière et Roger Girod (éd.), Dictionnaire suisse de politique sociale, Lausanne, Éditions Réalités sociales, , 253 p. (ISBN 2-88146-094-1), p. 155
  4. ↑ Rudolf Jaun, Michael Olsansky / PM, « Wille, Ulrich », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le )
  5. ↑ (en) Alison Bashford et Philippa Levine, The Oxford Handbook of the History of Eugenics, Oxford University Press, , 608 p. (ISBN 978-0-19-970653-2, lire en ligne)
  6. ↑ « Siegfried, Alfred », sur dictionnaire historique de la Suisse, (consulté le )
  7. ↑ (de) « Kinder der Landstraße », sur Film Dienst

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes