Organisation territoriale du Maroc

Pour un article plus général, voir Maroc.

L'organisation territoriale du Maroc correspond au découpage du territoire marocain en subdivisions administratives. Elle repose sur deux composantes principales : les collectivités territoriales, administrées par des conseils élus au suffrage universel, et les services déconcentrés de l'État, non élus, chargés d'assurer le fonctionnement des administrations et le respect de la loi.

Le Maroc compte 1 538 communes (256 urbaines et 1 282 rurales), regroupées au sein de 13 préfectures et 62 provinces, elles-mêmes intégrées dans 12 régions. La configuration actuelle résulte d'une évolution historique et demeure susceptible d'évoluer.

Le fonctionnement des collectivités territoriales est encadré par le titre IX de la Constitution de 2011 ainsi que par plusieurs lois organiques.

Le Maroc administrant la majorité du Sahara occidental (ex-« Sahara espagnol ») qu'il revendique dans son intégralité, tout comme le Front Polisario, cet article inclut des données concernant ce territoire disputé.

Organisation générale du Royaume

Cadre juridique

L'organisation territoriale du Maroc et le fonctionnement des collectivités territoriales (communes, préfectures et régions) reposent sur six principaux textes juridiques :

  1. le titre IX de la Constitution de 2011 ;
  2. la loi organique no 113-14 relative aux communes ;
  3. la loi organique no 112-14 relative aux préfectures et provinces ;
  4. la loi organique no 111-14 relative aux régions ;
  5. la loi relative à la fiscalité des collectivités territoriales ;
  6. la loi no 54-05 relative à la gestion déléguée des services publics.

Certains de ces textes sont complétés par des décrets d'application spécifiques.

Toponymie

La toponymie des subdivisions administratives résulte des choix opérés par l’État marocain lors des différents découpages territoriaux, généralement à l’issue d’enquêtes menées auprès des élus et des notables locaux afin d’identifier les appellations les plus couramment utilisées.

La création, la suppression ou la modification d’un toponyme relèvent d’un décret.

Le chef-lieu d’une commune rurale est fixé par arrêté du ministre de l’Intérieur.

Comprendre les collectivités territoriales

Communes

Le Maroc compte actuellement 1538 communes dont :

Le fonctionnement des communes fait l'objet d'une loi spécifique. La loi organique no 113-114.

Elle attribue aux communes les responsabilités suivantes :

Le "conseil communal" est aussi appelé "conseil de la commune" ou "conseil municipal".

Il se réunit obligatoirement chaque année au cours des mois de février, mai et octobre. La présence des élus communaux est obligatoire et ceux-ci sont informés de la date 10 jours avant. Lors de ses réunions, le conseil examine les ordres du jour et vote.

Les rencontres ont lieu au siège de la commune. Toutes les rencontres sont ouvertes au public.

À la tête de chaque commune se trouve le "président du conseil communal" aussi appelé "Président de Commune ou le Maire.

Le Président de la Commune est élu par les membres du conseil communal.

Le Président de la commune :

Arrondissements

Les arrondissements font partie des communes. Ils sont également régis par la loi organique no 113-114 sur les communes.

Seules les 6 plus grandes communes du Maroc (Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat, Salé et Tanger) disposent d'arrondissements.

Les arrondissements jouissent d’une autonomie administrative. Chacun des arrondissements est représenté au sein du conseil de la commune par un nombre de membres élus.

Le "conseil d'arrondissement" est composé des élus de l'arrondissement.

Le "conseil d'arrondissement" se réunit obligatoirement trois fois par an, au cours des mois de janvier, juin, et septembre.

Il peut également se réunir à l'initiative du Président de l'arrondissement.

Le "Président d'arrondissement" aussi appelé "Maire d'arrondissement" :

  • Dirige l'administration de l'arrondissement
  • Doit exécuter les décisions votées par le conseil d'arrondissement
  • Administre les biens de l'arrondissement (centre sociaux, bibliothèques, conservatoire musical)
  • Peut remonter directement des problèmes aux services de la Commune ou au Maire de la Commune
  • Peut proposer et suggérer des idées et solutions de la part des habitants de l'arrondissement
  • Peut se voir confier certains pouvoirs par le Maire de la Commune

Préfectures et provinces

Les préfectures existent en milieu urbain, les provinces en milieu rural.

Le Maroc compte actuellement 13 préfectures et 62 provinces.

Chaque gouverneur dirige une préfecture ou une province.

Le gouverneur doit notamment :

La loi lui donne le pouvoir, sous certaines conditions, de démettre des élus communaux de leur fonction.

Régions

Le Maroc compte actuellement 12 régions.

Le fonctionnement des régions est organisé par la loi organique no 111-14 relative aux régions.

Chaque région est composée d'un conseil régional de 75 élus qu'on appelle les conseillers régionaux.

Le conseil régional examine, prépare et vote le budget de la région.

À la tête de chaque région se trouve un Président de Région.

Le Président de la région doit travailler avec le conseil pour préparer un plan de développement régional qu'il doit ensuite exécuter.

Walis des régions

Chaque régions du Maroc compte un Wali.

Les 12 Walis doivent notamment :

  • Superviser les gouverneurs des provinces et préfectures
  • Veiller à ce que les élus du conseil régional respectent les procédures légales
  • Encourager l'attractivité économique de la région et son développement
  • Remonter toutes les informations utiles ou importantes auprès du Ministre de l'Intérieur et des membres du gouvernement

Dans certaines grandes villes (Casablanca, Marrakech), le Wali est proche des Présidents de Communes.

Fiscalité des collectivités territoriales

Les impôts locaux

Comment sont financées les collectivités territoriales (Communes, Préfectures, Régions) ? Par la fiscalité locale.

Elle est régie par un texte juridique, la loi no 07.20 sur la fiscalité des collectivités locales .

La fiscalité locale marocaine compte actuellement 17 taxes. Ces impôts sont au bénéfice des communes (11), des préfectures et provinces (3) et des régions (3). On la considère comme relativement complexe.

Impôts Impôts Nombre d’impôts
Communes Taxe professionnelle (Patente)

Taxe d’habitation

Taxe de services communaux

Taxe sur les terrains urbains non bâtis

Taxe sur les opérations de construction

Taxe sur les opérations de lotissement

Taxe sur les débits de boissons

Taxe de séjour aux établissements touristiques et autres formes d'hébergement touristique

Taxe sur les eaux minérales et de table

Taxe sur le transport public de voyageurs

Taxe sur l’extraction des produits de carrières

11
Préfectures et

Provinces

Taxe sur les permis de conduire

Taxe sur les véhicules automobiles soumis au contrôle technique

Taxe sur la vente des produits forestiers

3
Régions Taxe sur les permis de chasse

Taxe sur les exploitations minières Taxe sur les services portuaires

3

Les instances communales disposent, pour certaines taxes, d‘une liberté relative pour la fixation du tarif dans le cadre d’une fourchette établie par la loi. Par ailleurs, l'État marocain reverse 30% de la TVA aux collectivités territoriales.

Depuis la loi organique no 111.14 du relative à l'organisation des régions l'État leur transfère annuellement une part de 5% de l’Impôt sur les Sociétés (IS), une part de 5% de l’Impôt sur les revenus (IR), une part de 20% de la taxe sur les contrats d'assurance, et une dotation qui a, depuis 2021, atteint les 10 milliards de dirhams.

Difficultés de mise en œuvre

Beaucoup de collectivités marocaines rencontrent des difficultés pour collecter les impôts locaux.

Selon l’économiste Najib Akesibi, 5 seulement de ces taxes constituent 84% des recettes des collectivités.

En 2017, près de 48% des recettes des collectivités territoriales viennent de la TVA que leur donne l'État. Pour les régions marocaines, ce chiffre atteint les 90%.

Une des principales conclusions des assises nationales de la fiscalité (2012) est qu'il faut réformer la fiscalité locale.

Histoire

Maroc post-indépendance

Après l’obtention de son indépendance en 1956, le nouvel État marocain a procédé à la création de deux niveaux de collectivités territoriales (alors dénommées collectivités locales) :

Engagée dès les premières années de l'indépendance, la décentralisation renvoyait à trois niveaux de collectivités territoriales depuis le dahir no 1-59-351 du 1er joumada II 1379 (2 décembre 1959), relatif à la division territoriale du Royaume) : les régions, les préfectures (issues des anciens départements sous le protectorat), et les communes.[pertinence contestée]

L’existence de ces collectivités territoriales fut consacrée pour la première fois par la Constitution de 1962.

Réforme de 1976 et suivant

En 1976, le Dahir no 1-76-583 relatif à l’organisation communale abroge et remplace le Dahir no 1-59-315. Cet instrument modifie le fonctionnement des communes et en élargit leurs pouvoirs.

Divers redécoupages ont eu lieu pour tenir compte de l'évolution de la population, et aux préfectures divisant les régions se sont ajoutées les provinces. La loi no 47-96 de 1997 relative à l'organisation de la région a réduit son rôle au seul plan administratif pour transférer les compétences des 16 régions (devenues régions économiques) aux wilayas traditionnelles acquérant le statut de collectivité territoriale en lieu et place de la région.

Le Dahir no 1-02-269 du stipule que le gouverneur de la préfecture ou de la province, c’est-à-dire le représentant du pouvoir central au niveau des préfectures et provinces, exécute les délibérations des conseils préfectoraux/provinciaux.

Le Dahir no 2-03-529 du a encore modifié le schéma en y ajoutant les préfectures d'arrondissements, à Casablanca.

Le Dahir no 2-09-319 du déclare : « Le Royaume est divisé en dix-sept (17) wilayas groupant soixante-deux (62) provinces, treize (13) préfectures et huit (8) préfectures d’arrondissements, ainsi qu’en communes urbaines et rurales. »

Cadre de la déconcentration

Dans le cadre de la déconcentration, menée parallèlement à la décentralisation et mise en œuvre par l'Administration, le Dahir no 1-08-67 du reconnaît plusieurs échelons administratifs avec, à la tête de chacun, des agents d'autorité dépendant du ministère de l'Intérieur.

  1. le wali, haut fonctionnaire aux wilayas, qui correspondent aux régions.
  2. le gouverneur, haut fonctionnaire aux préfectures ou provinces.
  3. le pacha (haut fonctionnaire à la tête des pachaliks) ou le chef de cercle (haut fonctionnaire à la tête des cercles). Les pachaliks correspondent aux municipalités et les cercles constituent un échelon intermédiaire entre la préfecture ou province et le caïdat en milieu rural.
  4. le caïd, haut fonctionnaire à la tête des caïdats, qui regroupent une ou plusieurs communes rurales.

Dahir no 2-09-320, publiée le , précise le découpage d'une série de préfectures et provinces en municipalités, cercles, caïdats et communes. Le Dahir no 2-13-126 du a modifié la liste, et encore le Dahir no 2-14-427 du .

Listes de subdivisions

Article détaillé : Régions du Maroc.
  1. Région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma
  2. Région de l'Oriental
  3. Région de Fès-Meknès
  4. Région de Rabat-Salé-Kénitra
  5. Région de Béni Mellal-Khénifra
  6. Région de Casablanca-Settat
  7. Région de Marrakech-Safi
  8. Région de Drâa-Tafilalet
  9. Région de Souss-Massa
  10. Région de Guelmim-Oued Noun
  11. Région de Laâyoune-Sakia El Hamra
  12. Région de Dakhla-Oued Ed Dahab

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

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Sites officiels marocains

Rapports externes

Références

  1. ↑ « Répartition géographique de la population d’après les données du recensement général de la population et de l'habitat de 2014 », sur Haut-Commissariat au plan (consulté le )
  2. ↑ Saïd Boujrouf et Elmostafa Hassani, « Toponymie et recomposition territoriale au Maroc : Figures, sens et logiques », L'Espace politique, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 Secrétariat Général du Gouvernement, « Loi sur les Communes », sur sgg.ma, .
  4. ↑ « Décret n°2.15.40 du 20 février 2015, fixant le nombre des régions, leurs dénominations, leurs chefs-lieux ainsi que les préfectures et provinces qui les composent, publié au Bulletin officiel n° 6340 du 05 mars 2015 » et qui entrera en vigueur à la même date que le décret prévu à l'article 77 de la loi organique no 59-11 relative à l'élection des membres des conseils des collectivités territoriales
  5. 1 2 3 « Étude sur les ressources et dépenses des collectivités », sur Espace Associatif, .
  6. ↑ « Recommandations des Troisièmes Assises Nationales sur la Fiscalité », sur Ministère de l’Économie et des Finances, .
  7. ↑ « Bulletin officiel du royaume du Maroc, édition de traduction officielle, numéro 5144, p. 858. ».
  8. ↑ « Bulletin officiel du royaume du Maroc, édition de traduction officielle, numéro 5744, p. 1017 et suivantes. » L'alinéa 2 précise la liste complète de ces divisions, sauf les communes.
  9. ↑ « Bulletin officiel du royaume du Maroc, édition de traduction officielle, numéro 5680, p. 1507 et suivantes. ».
  10. ↑ « Bulletin officiel du royaume du Maroc, édition de traduction officielle, numéro 6148, p. 1907 et suivantes. ».
  11. ↑ « Bulletin officiel du royaume du Maroc, édition de traduction officielle, numéro 6288, p. 3932 et suivantes. ».