
Les configurations de second tour font référence au nombre de candidats (listes ou binômes, selon le mode de scrutin) présents au cours du tour de ballottage. Celles-ci peuvent être très variées, allant du simple duel à des scénarios plus complexes impliquant le maintien de plusieurs concurrents, tels que les triangulaires (trois candidats) ou les quadrangulaires (quatre candidats).
La présence de ces différentes configurations est en partie le fait du mode de scrutin de l'élection, mais aussi de l'influence de divers facteurs, tantôt liée à l'action du corps électoral, tantôt à celle des candidats qualifiés. Ainsi, l'étude du nombre de candidats participant au second tour peut en dire beaucoup sur une situation politique.
Ce tableau présente le nom des vingt premières configurations de second tour, correspondant aux cas où une unique candidature est maintenue jusqu’à la qualification éventuelle de vingt concurrents. Sont également recensés les scrutins français pour lesquels certaines de ces configurations ne peuvent se produire, en raison des règles spécifiques au mode de scrutin.
| Nb. candidats 2d tour | Nom de la configuration | Impossible lors d'une élection française... |
|---|---|---|
| 1 | candidature unique au 2d tour (uniangulaire) | présidentielle |
| 2 | duel | aucune |
| 3 | triangulaire, | présidentielle |
| 4 | quadrangulaire, | présidentielle |
| 5 | quinquangulaire, | présidentielle |
| 6 | sexangulaire | présidentielle |
| 7 | septangulaire | présidentielle |
| 8 | octangulaire | présidentielle |
| 9 | novangulaire | présidentielle, législative, départementale, |
| 10 | décangulaire | présidentielle, législative, départementale |
| 11 | undécangulaire | toutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse, |
| 12 | duodécangulaire | toutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse |
| 13 | trédécangulaire | toutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse |
| 14 | quattuordécangulaire | toutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse |
| 15 | quindécangulaire | toutes sauf sénatoriales |
| 16 | sédécangulaire | toutes sauf sénatoriales |
| 17 | septendécangulaire | toutes sauf sénatoriales |
| 18 | octodécangulaire ou duodévigintangulaire | toutes sauf sénatoriales |
| 19 | novemdécangulaire ou undévigintangulaire | toutes sauf sénatoriales |
| 20 | vigintangulaire | toutes sauf sénatoriales |
| ∞ | ... | toutes sauf sénatoriales, |
Il convient de préciser que cette impossibilité ne concerne que les élections françaises organisées au scrutin à deux tours ; les scrutins ne comportant pas de second tour, tels que les élections européennes, ne sont donc pas pris en compte.
Il convient d'apporter quelques précisions concernant la formation des noms de ces configurations, car tous les termes présentés dans le tableau ne sont pas encore entrés dans le dictionnaire, il est alors nécessaire de faire appel à des néologismes.
L'ensemble des noms de configurations à plus de trois candidats se forme selon le principe suivant :
Préfixe latin cardinal + suffixe «-angulaire».
Les termes «triangulaire» et «quadrangulaire» sont entrés dans le langage courant pour désigner un vote opposant respectivement trois et quatre candidats, il convient ainsi de poursuivre la même construction, à savoir l'emploi d'un préfixe latin cardinal comme «tri-» et «quadri-» suivi du suffixe «-angulaire» qui vient du latin «angularis». À titre d'exemple, le terme de «quinquangulaire» est employé pour désigner une configuration dans laquelle cinq candidats s'affrontent au second tour, le préfixe latin associé étant «quinque-». Pourtant, le mot «pentagulaire» a été suggéré par plusieurs médias à la place de «quinquangulaire». Cependant, «penta-» est un préfixe grec, ce qui donne en fin de compte un mot mi-grec, mi-latin, soit un mot monstrueux ou hybride selon l'Académie française : en définitive, il convient d'adopter une structure 100 % latine.
Il convient de préciser que l'élision de la voyelle finale des préfixes latins cardinaux devant la voyelle initiale du suffixe «-angulaire» est systématique pour assurer une prononciation fluide devant une voyelle, à l'exception de «uni-», «du-» et «tri-» qui forment respectivement «uniangulaire», «duel» et «triangulaire». C'est pourquoi par exemple, le terme de «septangulaire» est privilégié, bien que le préfixe utilisé soit «septi-», ce mot étant également employé pour dénommer l'ériocaulon septangulaire, une espèce de plante à fleurs.
Aussi, il existe parfois plusieurs préfixes latins cardinaux pour un même chiffre, par exemple «septem-» et «septi-» pour sept. En ce cas, le préfixe le plus court donc le mot le plus simple à prononcer est en règle général privilégié, car on ne dirait guère «septemangulaire» mais bien «septangulaire», mot largement popularisé dans le contexte précédemment décrit.
Dans le cas d'un éventuel maintien de 18 ou 19 candidats lors d'un second tour d'une élection, deux termes pourraient alors être employés : octodécangulaire ou duodévigintangulaire (18) et novemdécangulaire ou undévigintangulaire (19). Effectivement, les préfixes latins cardinaux «octodec-» et «duodeviginti-» sont tous deux valables pour 18, tout comme «novemdec-» et «undeviginti-» sont tous deux valables pour 19.
Le terme «uniangulaire» est parfois employé pour désigner quelque chose qui à un seul angle, mais jamais ce terme n'a été employé dans le cadre d'une élection, la description plus précise de candidature unique au second tour est privilégiée.
En France, seules les élections sénatoriales organisées au scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettent la qualification d’un nombre illimité de candidats au tour de ballottage, étant donné que le mode de scrutin de ces élections autorise tous les candidats présents au premier tour à se maintenir au second.
Néanmoins, dans le cadre des élections françaises se déroulant au suffrage universel direct, il n'est pas possible à ce jour de trouver une configuration dans laquelle plus de 14 candidats/listes sont maintenus au second tour. Effectivement, le scrutin comportant le plus bas seuil de maintien qualifient pour le tour de ballottage tous ceux qui sont parvenus à recueillir au moins 7 % des votes, il s'agit des élections territoriales en Corse. En conséquence, la quattuordécangulaire est la plus haute configuration de second tour atteignable au cours d'un scrutin direct.
Dans une élection à deux tours, il peut également arriver qu'un candidat remporte la victoire dès le premier tour, dans le cas où il parvient à réunir la majorité requise. Dans ce cas, le tour de ballottage n'a pas lieu,,,,. Il convient de préciser que cette situation est différente de celle où un unique candidat se maintient au second tour, les autres concurrents s'étant désistés.
Au cours d'une élection, toutes les configurations de second tour ne sont pas possibles en raison du mode de scrutin. Aussi, certaines situations sont favorisées, ou à l'inverse sont plus rares, selon l'action de plusieurs phénomènes décrits plus loin dans l'article.
En France, les modalités de qualification au second tour varient selon le type de scrutin, ce qui influe directement sur les configurations électorales possibles. En fonction des élections, ces règles peuvent favoriser, limiter ou exclure certaines configurations de second tour.
Lors des élections législatives, un second tour est organisé lorsqu’aucun candidat n’a obtenu, au premier tour, la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu'un nombre de suffrages au moins égal à un quart des électeurs inscrits. Peuvent alors se présenter au second tour les deux candidats arrivés en tête, ainsi que tous ceux ayant recueilli un minimum de 12,5 % des électeurs inscrits,.
Ce mode de scrutin permet des configurations de second tour variées. On parle, par exemple, de triangulaire lorsque trois candidats sont en lice, ou de quadrangulaire lorsque quatre candidats se maintiennent. Le seuil de 12,5 % des inscrits rend également théoriquement possible l’émergence de configurations plus rares, telles que la quinquangulaire (cinq candidats), la sexangulaire (six candidats) ou la septangulaire (sept candidats), cette dernière ne s’étant toutefois jamais produite sous la Cinquième République. Une octangulaire ne pourrait survenir que dans le cas exceptionnel d’une participation totale (100 % des inscrits) et d’une répartition parfaitement égale des suffrages entre huit candidats, chacun obtenant précisément 12,5 % des voix. Il convient également de noter qu’un second tour peut n’opposer qu’un seul candidat, si tous les autres qualifiés décident de se retirer.
Lors des élections municipales, dans les communes soumises au scrutin de liste à deux tours, un second tour est organisé si aucune liste n’a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. Sont alors qualifiées pour ce second tour les listes ayant recueilli au moins 10 % des suffrages exprimés. Celles ayant obtenu plus de 5 % peuvent, quant à elles, fusionner avec une liste qualifiée, comme c’est également le cas lors des élections départementales.
Les configurations du second tour peuvent ainsi varier considérablement : d’une situation où une seule liste se maintient (les autres s’étant désistées ou ayant fusionné), jusqu’au cas exceptionnel où dix listes restent en lice — un scénario appelé «décangulaire», comme évoqué précédemment.
Ce mode de scrutin a été durablement appliqué, tout au long de la Ve République, lors des élections municipales. Plus précisément, au cours des élections municipales de 2008, il est de vigueur pour les communes de moins de 3 500 habitants. Il est ensuite restreint, en 2014 et 2020, aux localités de moins de 1000 habitants, puis, à partir de 2026, réservé exclusivement aux communes de Polynésie française répondant à ce même critère démographique,. Enfin, à partir de 2032, plus aucune commune n'utilisera ce système en France.
Dans les communes ayant adopté ce mode de scrutin, tous les candidats n’ayant pas recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu’au moins un quart des électeurs inscrits au premier tour se sont retrouvés en ballottage. Toutefois, l’utilisation des termes tels que « duel », « triangulaire » ou « quadrangulaire » s’avérait inappropriée, dans la mesure où les candidats qualifiés pour le second tour pouvaient être regroupés sur une même liste.
Lors des élections départementales, un second tour est organisé dans les cantons où aucun binôme de candidats n’a obtenu, au premier tour, la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu'un nombre de suffrages au moins égal à un quart des électeurs inscrits. Sont alors autorisés à se présenter au second tour les deux binômes arrivés en tête, ainsi que ceux ayant recueilli au moins un huitième des électeurs inscrits.
Ce mode de scrutin peut ainsi donner lieu à une grande diversité de configurations au second tour, allant de la candidature unique (en cas de désistement des autres binômes) jusqu’à des situations exceptionnelles telles que l’octangulaire, où huit binômes se maintiennent. Le seuil requis pour accéder au second tour étant identique à celui en vigueur pour les élections législatives, la variété des scénarios possibles s’en trouve comparable.
Jusqu'en 2011, les élections cantonales se déroulent au scrutin uninominal majoritaire à deux tours et non au scrutin binominal majoritaire à deux tours, de vigueur actuellement. Les électeurs élisaient alors des conseillers généraux pour un mandat de six ans, le conseil général étant renouvelé par moitié tous les trois ans. Il convient d'ajouter que jusqu'en 2008, les candidats autorisés à se maintenir au second tour étaient les deux premiers ainsi que tous ceux qui avaient recueilli au moins 10 % des suffrages des électeurs inscrits. Ce n'est qu'à partir des élections cantonales de 2011 que ce seuil est élevé à 12,5 % des inscrits.
Lors des élections régionales, un second tour est organisé lorsqu’aucune liste de candidats n’a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. Pour être autorisées à se maintenir, les listes doivent avoir recueilli au moins 10 % des suffrages exprimés. Celles ayant obtenu au moins 5 % des voix peuvent, quant à elles, fusionner avec une liste qualifiée pour le second tour.
Ce dispositif permet une grande diversité de configurations pour le second tour. En raison du seuil de qualification fixé à 10 % des suffrages exprimés, jusqu’à dix listes peuvent, en théorie, se maintenir, contre un maximum de huit candidats pour les élections législatives. Ainsi, dans des situations exceptionnelles, le second tour peut prendre la forme d’une novangulaire (neuf listes) ou d’une décangulaire (dix listes). À l’inverse, un second tour avec une seule liste peut également survenir, notamment en cas de désistements ou de fusions entre listes.
Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n'est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s'y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour.
Ce mode de scrutin implique que l’élection présidentielle ne peut donner lieu qu’à une seule configuration pour le second tour : le duel entre les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour.
Lors des élections sénatoriales, deux modes de scrutin sont utilisés, selon le nombre de sénateurs à élire dans la circonscription en fonction de la population : dans les circonscriptions où sont élus trois sénateurs et plus, c’est le scrutin proportionnel plurinominal qui s’applique tandis que dans les circonscriptions où il y a un ou deux sénateurs à désigner, c'est le scrutin uninominal majoritaire à deux tours qui est en vigueur. Dans ce dernier cas, un premier tour est organisé le matin de l’élection : est élu, comme lors des élections législatives, le candidat ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés et représentant au moins 25 % des inscrits. En cas de ballottage, un second tour est organisé l’après-midi, chacun pouvant maintenir sa candidature. Celui qui remporte le plus de voix (majorité relative) gagne l’élection et en cas d’égalité, le plus âgé est élu,.
Ainsi, ce mode de scrutin permet potentiellement de retrouver au tour de ballottage tous les candidats ayant participé au premier tour de l'élection : les configurations de second tour sont dans ce cas infinies.
Bien que le scrutin majoritaire à deux tours soit utilisé dans de nombreux pays à travers le monde, la France se distingue par la possibilité offerte, dans certaines élections, de voir se former des configurations de second tour comprenant plus de deux candidats, notamment des triangulaires. Cette particularité contraste avec la pratique en vigueur dans la plupart des autres États ayant adopté ce mode de scrutin, où seul le duel entre les deux candidats arrivés en tête est admis au second tour,,.
Au début de la IIIe République, pour les scrutins de 1877 et 1881, seules 10 % des circonscriptions de la Chambre des députés sont en ballotage. De 1889 à 1906, un quart des circonscriptions est en ballotage. En 1914, 250 sièges sur 600 ont une élection en deux tours. De 1928 à 1936, le rapport est inversé, seuls un tiers des députés sont élus au premier tour. Cet accroissement est dû à l'organisation des partis, à la multiplication des candidatures pour promouvoir les programme électoraux et aussi par la réduction des « fiefs héréditaires ».
Ce tableau récapitule les différentes configurations de ballottage lors des élections législatives de 1958 à 1997 en France Métropolitaine (circonscriptions d'outre-mer et d'Algérie française exclues), :
| Ballottage | Élu dès le premier tour | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Un seul candidat | Duel | Triangulaire | Quadrangulaire | Quinquangulaire | Sexangulaire | ||
| 1958 | 84 | 235 | 97 | 9 | 1 | 39 | |
| 1962 | 1 | 227 | 129 | 12 | 96 | ||
| 1967 | 331 | 65 | 2 | 72 | |||
| 1968 | 1 | 266 | 49 | 154 | |||
| 1973 | 1 | 326 | 96 | 1 | 49 | ||
| 1978 | 8 | 409 | 1 | 56 | |||
| 1981 | 10 | 309 | 1 | 154 | |||
| 1986 | Scrutin proportionnel à un seul tour | ||||||
| 1988 | 19 | 413 | 8 | 115 | |||
| 1993 | 16 | 452 | 15 | 72 | |||
| 1997 | 12 | 457 | 79 | 7 | |||

Dans les cases où aucun chiffre ne figure, le nombre d’occurrence est nul.
Il convient d'apporter quelques précisions :
Ce tableau récapitule les différentes configurations de ballottage lors des élections législatives de 2002 à 2024 dans les 577 circonscriptions de France (circonscriptions d'outre-mer et des français établis à l'étranger prises en compte) :

| Ballottage | Élu dès le premier tour | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Un seul candidat | Duel | Triangulaire | Quadrangulaire | ||
| 2002 | 3 | 506 | 10 | 58 | |
| 2007 | 2 | 464 | 1 | 110 | |
| 2012 | 15 | 492 | 34 | 36 | |
| 2017 | 1 | 571 | 1 | 4 | |
| 2022 | 3 | 562 | 7 | 5 | |
| 2024 | 1 | 409 | 89 | 2 | 76 |
Dans les cases où aucun chiffre ne figure, le nombre d’occurrence est nul.
Il convient d'apporter quelques précisions :

Plus spécifiquement, est répertorié ci-dessous le nombre de triangulaires pour chaque élection législative sous la Ve République :
Ce tableau récapitule les différentes configurations de ballottage lors des élections municipales de 2008 à 2026 dans les communes françaises de métropoles et d'Outre-mer ayant recours au scrutin de liste :
| Ballottage | Élu dès le premier tour | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Un seul candidat | Duel | Triangulaire | Quadrangulaire | Quinquangulaire | Sexangulaire | ||
| 2008 | 2 | 417 | 452 | 102 | 5 | 1899 | |
| 2014 | 567 | 988 | 207 | 16 | 1 | 8063 | |
| 2020 | 3 | 473 | 785 | 156 | 12 | 8560 | |
| 2026 | 372 | 786 | 159 | 17 | 33323, | ||


Dans les cases où aucun chiffre ne figure, le nombre d’occurrence est nul.
Il convient d'apporter quelques précisions :
Ce tableau récapitule les différentes configurations de ballottage lors des élections cantonales de 1992 à 2011 puis lors des élections départementales de 2015 à 2021 dans tous les cantons français :
| Ballottage | Élu dès le premier tour | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Un seul candidat | Duel | Triangulaire | Quadrangulaire | Quinquangulaire | ||
| 1992 | 34 | 1050 | 306 | 35 | 599 | |
| 1994 | 30 | 1195 | 137 | 6 | 1 | 630 |
| 1998 | 35 | 1150 | 315 | 13 | 525 | |
| 2001 | 58 | 1115 | 122 | 7 | 709 | |
| 2004 | 34 | 1139 | 330 | 13 | 518 | |
| 2008 | 39 | 893 | 134 | 8 | 946 | |
| 2011 | 34 | 1506 | 26 | 460 | ||
| 2015 | 13 | 1614 | 278 | 149 | ||
| 2021 | 24 | 1879 | 2 | 123 | ||

Dans les cases où aucun chiffre ne figure, le nombre d’occurrence est nul. Il convient d'apporter quelques précisions :
Depuis 2004, il est possible de répertorier les différentes configurations de ballottage aux régionales. En effet, avant cette année-ci, ces élections se déroulaient au scrutin proportionnel à un seul tour.
Ce tableau récapitule les différentes configurations de ballottage lors des élections régionales de 2004 à 2021 en France :
| Ballottage | Élu dès le premier tour | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Duel | Triangulaire | Quadrangulaire | Quinquangulaire | Septangulaire | ||
| 2004 | 5 | 20 | 1 | |||
| 2010 | 7 | 17 | 1 | 1 | ||
| 2015 | 6 | 10 | 1 | |||
| 2021 | 4 | 3 | 8 | 2 | ||

Dans les cases où aucun chiffre ne figure, le nombre d’occurrence est nul.
Il convient d'apporter quelques précisions :
Depuis que le président de la République est élu au suffrage universel direct (à partir de la révision constitutionnelle de 1962), il y a toujours eu un tour de ballottage entre les deux candidats ayant recueilli le plus de voix, étant donné qu'aucun n'a remporté plus de la moitié des votes au premier tour.
Le nombre de candidats accédant au second tour des différentes élections en France présente une grande variabilité d’un scrutin à l’autre, sans régularité apparente. Cette diversité de configurations au second tour s'explique par une pluralité de facteurs, dont certains favorisent la présence de multiples candidats tandis que d'autres tendent à restreindre le nombre de qualifiés. L’analyse de ces éléments est nécessaire pour appréhender les mécanismes qui régissent les configurations électorales lors du ballottage.
Il convient de souligner, en premier lieu, que de nombreuses élections organisées au scrutin à deux tours ne prévoient pas de seuil de qualification, ce qui a pour effet de restreindre, ou plus rarement d’élargir, les configurations possibles de second tour.
La plupart de ces élections ont un mode de scrutin semblable à celui de l'élection présidentielle française : il n'y a tout simplement pas de seuil requis pour être qualifié au second tour, car le tour de ballottage ne retient que les deux candidats arrivés en tête lors du 1er tour. S'il y a lieu de procéder à un second tour, la seule configuration possible est par conséquent le duel,.
Le mode de scrutin des élections sénatoriales françaises se déroulant au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, plus atypique, ne prévoit pas non plus de seuil de maintien, mais cela implique que tous les candidats présents au premier tour peuvent se maintenir au second ; toutes les configurations de second tour s'avèrent alors être théoriquement possibles,.
La valeur du seuil de maintien au second tour est un paramètre déterminant des configurations de ballottage. Plus ce seuil est élevé, moins les candidats ou listes parviennent à se qualifier, ce qui réduit la fréquence des configurations à plusieurs concurrents, telles que les triangulaires ou quadrangulaires. En revanche, un seuil élevé tend à favoriser les affrontements en duel, où seuls deux candidats ou listes restent en lice.
Par exemple, dans le cas des élections législatives françaises, le palier d'un huitième des inscrits nécessaire pour se qualifier au second tour n’a pas toujours été le même. En effet, de nombreux changements de seuil ont été opérés au début de la Ve République :

L’analyse des élections législatives françaises de 1958 à 1997 met en évidence une corrélation entre le relèvement progressif du seuil de qualification pour le second tour et la diminution du nombre de configurations à plus de deux candidats. La part des triangulaires dans l’ensemble des seconds tours a ainsi évolué en trois phases distinctes. Avant la réforme électorale de 1966, cette proportion se situait entre 35 % et 55 %. Le premier relèvement du seuil de maintien l’a ramenée dans une fourchette de 15 % à 25 %. Une contraction supplémentaire est intervenue à la suite du second relèvement, en 1976, si bien que, jusqu’en 1997, la proportion de triangulaires n’a plus oscillé qu’entre 0 % et 15 %. Parallèlement, la réforme de 1966 a fait disparaître de manière complète et définitive les quinquangulaires et les sexangulaires. Quant aux quadrangulaires, déjà devenues résiduelles, elles n’ont subsisté que jusqu’à la seconde hausse du seuil en 1976.
Il convient également d'ajouter que la fixation d’un seuil de maintien au second tour a pour effet de restreindre mathématiquement le nombre de configurations possibles. Ainsi, lorsque ce seuil est établi à 10 % des électeurs inscrits, il devient impossible qu’un second tour réunisse onze, douze ou davantage de candidats. De même, avec un seuil fixé à 12,5 % des électeurs inscrits, des configurations telles qu’une novangulaire ou une décangulaire — impliquant respectivement la présence de neuf ou dix candidats — ne peuvent se produire, ces situations exigeant un nombre de qualifiés supérieur à ce que permet mathématiquement le seuil.
À ce jour, les élections françaises organisées au suffrage universel direct comportant le plus bas seuil de maintien sont les élections territoriales en Corse : tous ceux ayant recueilli au moins 7 % des votes peuvent accéder au second tour. Par conséquent, il est théoriquement impossible que plus de 14 candidats se qualifient au tour de ballottage, la quattuordécangulaire est donc la plus haute configuration de second tour atteignable au cours d'un scrutin direct.
Le mode de calcul du seuil de maintien constitue également un facteur d’influence significatif.
Lorsque le seuil de maintien au second tour est exprimé en pourcentage des suffrages exprimés, comme c’est le cas pour les élections régionales et municipales organisées au scrutin de liste,,, il est généralement plus aisé pour une liste ou un candidat d’atteindre ce seuil, la participation n’ayant alors aucun impact sur la qualification.
En revanche, dans les élections législatives ou départementales, le seuil est fixé en pourcentage des électeurs inscrits,. Dans ce cas, le niveau de participation devient un élément déterminant : une abstention élevée peut considérablement limiter le nombre de candidats en mesure de se maintenir.
Les élections législatives françaises offrent une illustration concrète de ce principe. La loi de 1966, en remplaçant un seuil de maintien au second tour fondé sur le pourcentage des suffrages exprimés par un seuil assis sur le nombre d’électeurs inscrits, a entraîné une réduction marquée de la diversité des configurations de ballottage. Lors du scrutin de 1958, neuf quinquangulaires et une sexangulaire avaient été dénombrées ; après 1966, aucun second tour n’a plus compté cinq candidats ou davantage. De même, la proportion de quadrangulaires, qui atteignait 23 % des configurations en 1958 et 3 % en 1962, n’a plus jamais dépassé 1 % par la suite. Les triangulaires, qui représentaient 55 % des seconds tours en 1958 et encore 35 % en 1962, ont vu leur part plafonner à 25 % après la réforme.
Le taux de participation constitue un facteur clé dans la survenue de configurations de seconds tours à plusieurs candidats (triangulaires, quadrangulaires, etc.) lors des élections législatives et départementales françaises. Ce phénomène découle directement des règles de maintien au second tour, fixées à 12,5 % des électeurs inscrits lors de ces élections.
Dans certaines élections, une candidature doit recueillir un certain pourcentage en électeurs inscrits en plus d'obtenir la traditionnelle majorité absolue des suffrages exprimés (50 % plus une voix) pour être élue dès le premier tour. C'est le cas des élections législatives et départementales en France, où le mode de scrutin prévoit qu'un second tour n'est organisé que dans le cas où aucune candidature n'est parvenue à recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu'un nombre de suffrages égal au moins à 25 % des électeurs inscrits (cf. modes de scrutin). Il s'ensuit qu'une forte participation rend davantage possible l'élection d'une candidature dès le premier tour tandis qu'une forte abstention en rend la survenue bien moins aisée. Ce phénomène a notamment été observé au cours des élections législatives françaises de 2024 marquées par une forte participation,.
C'est effectivement la nature de ce seuil de maintien, en % des électeurs inscrits, qui confère au taux de participation un rôle majeur dans la diversité des configurations possibles au second tour.
Ce seuil de qualification en % d'inscrits peut alors s'exprimer en fonction du % de suffrages exprimés. Pour le calculer, il convient d'utiliser la formule suivante :

Seuil en % de suffrages exprimés = (12,5 %) / (Taux de participation en %)
Celle-ci repose sur l’hypothèse que le seuil de maintien est fixé à 12,5 % des électeurs inscrits. Ce seuil est celui en vigueur dans le cadre des scrutins français, aucun autre seuil en % d'électeurs inscrits n’étant actuellement utilisé dans les élections organisées en France (cf. modes de scrutin).
Par conséquent, plus le taux de participation est élevé, plus le seuil à atteindre en pourcentage des voix exprimées est faible, facilitant ainsi le maintien d'un plus grand nombre de candidats,,,.
À titre d'exemple, quelques cas de figures sont répertoriés dans ce tableau.
| Cas d'un seuil de maintien fixé à 12,5 % d'inscrits | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taux d'abstention en % | 0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25 | 30 | 33 | 35 | 40 | 45 | 50 | 62,5 |
| Taux de participation en % | 100 | 95 | 90 | 85 | 80 | 75 | 70 | 67 | 65 | 60 | 55 | 50 | 37,5 |
| Valeur du seuil de maintien en
% de suffrages exprimés |
12,5 | 13,16 | 13,89 | 14,71 | 15,625 | 16,67 | 17,86 | 18,75 | 19,23 | 20,83 | 22,72 | 25 | 33,3 |
Il convient d'apporter quelques précisions :

Pourtant, l'analyse des élections législatives sous la Ve République révèle une relation complexe entre participation et nombre de seconds tours à plus de deux candidats,,.

L'évolution du nombre de seconds tours à plus de deux candidats au cours des élections législatives françaises depuis 2002 mise en regard avec l'évolution du taux de participation illustre mieux encore ce phénomène,,.
Il convient de constater trois phases distinctes dans ces évolutions :
Le rôle du taux de participation apparaît non pas comme déterminant mais comme conditionnant : une participation élevée rend davantage possible l'existence de triangulaires, quadrangulaires... sans pour autant en rendre la survenue systématique. À l'inverse, une participation faible n'empêche théoriquement aucune configuration de second tour à plus de deux candidats, mais en réduit drastiquement le nombre.
Un facteur déterminant influençant le nombre de candidats qualifiés au second tour réside dans la structuration des forces politiques, à savoir la configuration bipolaire, tripolaire ou davantage fragmentée de la vie politique.
Le type de structuration politique exerce une influence directe sur le nombre de candidats qualifiés au second tour :
La période comprise entre 1958 et 1997 constitue un exemple représentatif de l'évolution de la structuration des forces politiques en France.

Avant le milieu des années 1970, la vie politique de la Ve République se caractérise par un multipartisme prononcé. Cet émiettement du paysage partisan disperse les suffrages entre de nombreux candidats, si bien que plusieurs d’entre eux parviennent à se maintenir au second tour dans une même circonscription. Il en résulte une proportion considérable de seconds tours à plus de deux concurrents : lors des législatives de 1958, les duels ne représentent que 20 % des cas, contre 55 % pour les triangulaires et 25 % pour les configurations à quatre candidats ou davantage. En 1962, les seconds tours à plus de deux candidats constituent encore 38 % des scrutins. Ce phénomène s’atténue à mesure que la bipolarisation progresse. Aux élections de 1973, où, selon Laurent de Boissieu, « il existe un véritable centre à équidistance de la droite et de la gauche », les triangulaires représentent encore 23 % des seconds tours, avant de tomber à une seule occurrence dès 1978, premier scrutin véritablement bipolaire. La bipolarisation s’installe en effet pleinement entre les législatives de 1978 et celles de 1986 : durant cette période, deux grandes coalitions alternent à la tête du pouvoir, la droite parlementaire (RPR et UDF) et la gauche parlementaire (socialistes et communistes).
À partir de 1986, le Front National s’impose comme une troisième force politique, entraînant une nouvelle augmentation du nombre de seconds tours à plus de deux candidats. En effet, le parti est présent dans 50 % des triangulaires lors des élections législatives de 1988, puis dans 80 % d'entre elles en 1993. La percée s’accentue en 1997, où le FN réalise un score significatif au premier tour et figure dans 96 % des triangulaires, avec 79 configurations à plus de deux candidats au second tour (105 avant désistements). Bien que ses résultats au premier tour soient notables, le FN ne parvient à faire élire qu’un très petit nombre de députés, en raison de désistements tactiques destinés à constituer un « front républicain » contre l’extrême droite. En 2002, le parti est impliqué dans 90 % des triangulaires. Si la faible représentation du FN à l’Assemblée nationale rend alors prématurée l’idée de tripolarisation, l’émergence d’un troisième pôle politique n’en est pas moins de plus en plus marquée,,.
La structuration des forces politiques joue également un rôle crucial dans l'évolution des configurations de second tour depuis 2002 en France.
En 2002, le Front National subit un net recul aux élections législatives, attribuable à plusieurs facteurs conjugués : le vaste rejet exprimé lors du second tour de l’élection présidentielle, un vote utile en faveur de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), une moindre participation électorale ainsi qu’un défaut de notoriété et d’ancrage local consécutif à la scission mégrétiste de 1999. Ce repli se traduit directement par une forte contraction du nombre de triangulaires, qui passe de 79 en 1997 (dont 96 % impliquaient le FN) à 10 en 2002 (dont 90 % impliquent le parti).
En 2007, le bipartisme manque de s’imposer à l’Assemblée nationale, opposant le bloc socialiste à l'UMP, tandis que les groupes centriste et communiste sont réduits à une représentation marginale, et qu’une partie de l’électorat du Front National est captée par l’UMP. Une seule triangulaire est alors relevée. En 2012, alors que le Front National retrouve ses électeurs, le nombre de triangulaires remonte à 34, reproduisant un phénomène analogue à celui de 1997 ; il reste néanmoins inférieur en raison d’une abstention plus forte qu’en 1997.
Entre 2017 et 2022, le paysage politique se fragmente avec l’émergence d’un nouveau clivage opposant le centre macroniste au Rassemblement national, deux forces qui viennent s’ajouter aux partis traditionnels de droite et de gauche. Pourtant, le nombre de triangulaires demeure en deçà de ce que cette fragmentation laisserait présager, avec une seule occurrence en 2017 et sept en 2022, sous l’effet d’un taux de participation historiquement bas, tombé sous la barre des 50 %. Il faut attendre les élections législatives de 2024 pour que le nombre de seconds tours à plus de deux candidats atteigne un niveau élevé : on dénombre 306 triangulaires et 5 quadrangulaires avant désistements, dans un contexte de remontée de la participation, de fragmentation inédite du paysage politique et de polarisation extrême des opinions,.
Un autre facteur crucial dans la compréhension des configurations de seconds tours est le phénomène de désistement.
Avec ce processus, le nombre de triangulaires, de quadrangulaires etc. qui auront véritablement lieu au second tour peut diminuer, du fait de l'abandon de certains candidats qualifiés. Un tel phénomène favorise donc les duels, au détriment des configurations comprenant plusieurs candidats au tour de ballottage.
Il convient de noter que seul le processus de désistement peut permettre la présence d'un candidat unique au second tour.
Il existe principalement trois raisons qui poussent les candidats maintenus au second tour à se désister :
En premier lieu, des candidats qualifiés au second tour peuvent se désister afin de favoriser leur camp politique.
À titre d'exemple, soit A, B et C trois candidats retenus pour le tour de ballottage.
À l'issue du premier tour, A est en tête, B est deuxième et C est dernier. Il se trouve que B et C appartiennent au même camp politique. En toute logique, dans le cas où C se désiste, il est fort probable que ses électeurs se reportent sur B, car ce-dernier se trouve être proche des idées politiques de leur candidat. Dans une telle situation, il y alors plus de chances pour les électeurs des deux candidats les moins bien placés de voir finalement arriver en tête du second tour un candidat de leur nuance politique.
Ce phénomène se retrouve par exemple à gauche, où les représentants des diverses sensibilités arrivées au second tour (Europe Écologie Les Verts, Parti socialiste, Parti communiste français, La France insoumise par exemple) se désistent en faveur du meilleur d'entre eux. Il convient de préciser que dans le cas des scrutins des listes, comme lors des élections régionales ou des élections municipales (plus de 1000 habitants), les désistements peuvent se traduire plus particulièrement par des fusions entre les listes,.
D'autre part, il arrive que des candidats qualifiés au second tour se désistent afin de faire barrage à un autre candidat.
Ce phénomène s'observe plus particulièrement lors des élections législatives de 2024, alors que le Rassemblement national (RN) se situe en tête dans de nombreuses circonscriptions au premier tour.
En 2024, 89 triangulaires ont été officiellement recensées au second tour des élections législatives. Ce chiffre peut paraître surprenant, car il ne dépasse que d’une dizaine le nombre observé en 1997, alors même que le Rassemblement National (RN) obtient aujourd’hui des scores bien plus élevés que ceux enregistrés à l’époque par le Front national (FN), et que la tripolarisation du paysage politique est désormais nettement plus marquée.
Pour expliquer cette situation, il convient de préciser qu’avant les désistements, le nombre de triangulaires potentielles s’élevait à 306, un chiffre cohérent avec le contexte de forte participation électorale et de tripolarisation mentionné précédemment. Toutefois, près des deux tiers de ces configurations ont été éliminés à la suite de désistements de candidats. Cette dynamique s'explique par la stratégie adoptée par la majorité présidentielle et le Nouveau front populaire, qui ont, dans de nombreuses circonscriptions où le Rassemblement National était arrivé en tête au premier tour, retiré leurs candidats arrivés en troisième position. L’objectif affiché était de faire obstacle à l’extrême droite en constituant un « front républicain ».
Un tel mécanisme de désistement stratégique, visant à empêcher la victoire d’un candidat jugé indésirable en unissant les forces concurrentes, avait déjà été observé lors de précédents scrutins, notamment en 1997 lors de la progression du Front national. Toutefois, l’ampleur et la systématicité du phénomène en 2024 apparaissent sans précédent.
Enfin, une dernière raison pouvant expliquer le désistement de candidats qualifiés au second tour est tout simplement l'abandon, car la victoire leur semble être impossible.
À titre d'exemple, c'est ce qui s'est passé en 2024 dans la deuxième circonscription de la Guyane, où deux candidats ont été qualifiés au tour de ballottage : Davy Rimane (Régionaliste) et Sophie Charles (Divers centre) qui ont récolté respectivement 60,21 % et 25,49 % des suffrages exprimés au premier tour. Toutefois, Davy Rimane n'est pas parvenu à recueillir le suffrage d'un quart des électeurs inscrits, nécessaire pour être élu dès le premier tour. Le second tour était donc fait, le report de voix des autres candidats ne pouvant mathématiquement pas empêcher l’élection du favori. C'est dans ce contexte que la Mme Sophie Charles, en ballottage défavorable, a fait le choix de jeter l'éponge en déclarant : « prendre acte des résultats du scrutin en continuant à relayer nos problématiques auprès du député qui sera élu samedi prochain. »,.
Ainsi, Davy Rimane fut candidat unique dans sa circonscription lors du second tour : il a donc remporté le scrutin avec 100 % des suffrages exprimés.
Le nombre de candidats présents au premier tour d’une élection constitue un facteur strictement limitant quant aux configurations possibles lors du second tour. En effet, un nombre restreint de candidatures exclut mécaniquement certaines hypothèses. Par exemple, si seuls quatre candidats sont en lice, il est impossible qu’une quinquangulaire, une sexangulaire ou une septangulaire survienne au second tour, ces dernières impliquant respectivement la présence de cinq, six ou sept candidats qualifiés.
Parfois, il arrive aussi qu'une unique candidature se présente au premier tour. Si ce cas de figure intervient notamment dans les plus petites communes lors des élections municipales, ce scénario a pu aussi se vérifier lors des élections départementales de 2015 dans les cantons de Guillestre (Hautes-Alpes), de Saint-Flour-1 (Cantal) et de la Castagniccia (Haute-Corse), où un unique binôme s'était porté candidat. Dans une telle situation, l’unique candidature est élue dès le premier tour, recueillant 100 % des suffrages exprimés, sous réserve de la participation minimale requise.
De même, si seules deux candidatures se présentent, il est presque certain que l'une d'entre elles obtienne la majorité absolue des suffrages exprimés, impliquant nécessairement l'élection du favori dès le premier tour (cf. modes de scrutin). Un second tour est alors envisageable si et seulement si les deux candidats ont recueilli exactement le même nombre de voix, ce qui est évidemment exceptionnellement rare.
Enfin, il convient de noter que dans l’hypothèse où aucun candidat ne se présente à un scrutin, une situation qui peut notamment se produire lors des élections municipales, le Code général des collectivités territoriales prévoit un dispositif spécifique. Conformément à l’article L.2121-35, le préfet procède à la mise en place d’une délégation spéciale composée de trois membres. Cette délégation exerce les attributions du conseil municipal, mais ses pouvoirs sont strictement limités aux actes de gestion conservatoire et aux mesures urgentes. Elle assure ainsi la continuité administrative jusqu’à la tenue de nouvelles élections partielles, lesquelles doivent être organisées dans un délai maximal de trois mois, afin de permettre la constitution régulière d’un conseil municipal.
Le nombre de candidats au premier tour n’affecte pas seulement l’éventail des configurations de second tour possibles : il peut aussi en favoriser certaines et en défavoriser d’autres. Une multiplicité de candidatures accentue en effet la dispersion des suffrages, rendant plus difficile, pour chaque candidat, l’atteinte du seuil de maintien – que celui-ci soit exprimé en pourcentage des électeurs inscrits ou des suffrages exprimés. À l’inverse, une offre électorale plus restreinte limite cette dispersion et facilite le franchissement du seuil, ce qui accroît la probabilité de seconds tours à plus de deux candidats (triangulaires, quadrangulaires, etc.). Ce mécanisme a été particulièrement mis en évidence lors des élections législatives françaises de 2024. La dissolution de l’Assemblée nationale n’ayant laissé aux partis qu’une semaine pour préparer leurs candidatures dans les 577 circonscriptions, seuls 4 011 candidats se sont présentés, soit une moyenne de 7,0 par circonscription – un niveau historiquement bas. À titre de comparaison, on dénombrait 6 290 candidats en 2022 et une moyenne de 14 candidats par circonscription en 2017,. Cette concentration inédite de l’offre électorale a réduit la dispersion des voix et, en conséquence, a favorisé l’apparition de triangulaires et de quadrangulaires, les candidats ayant davantage de chances de franchir le seuil de maintien. Il convient de souligner qu’un temps de préparation très court peut ainsi devenir, de façon indirecte, un facteur d’influence des configurations de second tour, dans la mesure où il agit directement sur le nombre de candidats en lice au premier tour, lequel détermine à son tour ces configurations selon le mécanisme décrit.
Un nombre élevé de candidats au premier tour élargit mécaniquement l’éventail des configurations envisageables, mais il tend dans le même temps à fragmenter les suffrages et, de ce fait, à restreindre le nombre de qualifiés pour le second tour. Ce paradoxe apparent s’explique par une distinction essentielle : il faut séparer ce que la situation rend théoriquement possible de ce que les électeurs décident réellement dans les urnes.
Un autre facteur pouvant influencer les configurations de second tour est la présence d'une figure d'ancrage locale. Ce phénomène intervient notamment lors des élections municipales, lorsqu’une figure de poids se représente. On parle alors de prime au sortant : les maires déjà en place bénéficient souvent d'une notoriété locale et d'un bilan qu'ils peuvent mettre en avant,. Dans de nombreuses communes, même de taille moyenne ou grande, cela se traduit par une victoire confortable dès le premier tour. Ce facteur d’influence peut également jouer lors des élections législatives, dans les circonscriptions où le député incarne une figure d’ancrage local.
À l'inverse, le manque d'une telle figure peut être source de démultiplication des candidatures et d'éparpillement des suffrages entre les différentes listes. C'est ce qui s'est passé à Saint-Jean-de-Védas, petite commune de la métropole de Montpellier, où sept candidats sont parvenus à se qualifier pour le second tour rendant ainsi possible la configuration exceptionnelle de septangulaire. Cette situation est due à un contexte local exceptionnel : le décès brutal du maire en a créé un vide politique, ravivé les fractures locales et abouti à une atomisation des voix entre sept candidats (sans étiquette pour beaucoup) aux programmes proches, qui ont tous franchi le seuil des 10 % nécessaire pour se maintenir au second tour. Il convient de précisément que le mécanisme des fusions de listes dans l'entre-deux-tours a mené au maintien de cinq candidatures, une quinquangulaire a donc eu lieu dans cette commune.
Enfin, un ultime facteur pouvant influer sur les configurations de second tour est le nombre d'électeurs. Si l'impact de celui-ci n'est pas clairement démontré au cours de scrutins impliquant, de facto, de nombreux électeurs (élections législatives, régionales), son rôle est davantage explicité dans le cadre des élections municipales. Effectivement, les communes françaises présentent des écarts considérables en termes de nombre d’électeurs.
Il apparaît que les plus petites localités parviennent plus aisément à élire l’intégralité de leur conseil municipal dès le premier tour, en raison du plus faible nombre de listes en compétition. Les réformes successives du mode de scrutin lors des élections municipales en France permettent d'illustrer cette corrélation entre le nombre d'électeurs et la nécessité d'organiser un tour de ballottage.

En premier lieu, il convient de rappeler que le recours au scrutin de liste, initialement réservé en 2008 aux communes de plus de 3 500 habitants, a été étendu en 2014 et 2020 à celles de plus de 1 000 habitants. À partir de 2026, toutes les communes de France utilisent ce système, sauf celles de moins de 1000 habitants en Polynésie française où la réforme entrera en vigueur dès 2032,. Ainsi, entre 2008 et 2026, le nombre de communes concernées par ce mode de scrutin n'a cessé d'augmenter, passant de 2877 en 2008 à 9842 en 2014, 9989 en 2020 puis enfin 34859 en 2026.
En établissant le pourcentage de communes concernées par un second tour parmi celles qui utilisent le scrutin de liste, le constat est sans appel : aux élections municipales de 2008, 2014, 2020 et 2026 respectivement 33,99 %, 18,08 %, 14,31 % et 4,41 % des communes françaises utilisant le scrutin de liste ont dû organiser un tour de ballottage. Cette baisse continuelle traduit ainsi le fait que les plus petites communes ont moins recours au second tour.
Pour ce qui est de l’influence du nombre d’électeurs sur les configurations électorales telles que les duels, triangulaires ou quadrangulaires, il serait nettement plus délicat d'établir une quelconque corrélation. Toutefois, dans les grandes villes, il est possible de constater que l’offre politique est souvent plus importante et, de ce fait, la politisation du scrutin plus marquée. Ainsi, on peut constater une nette augmentation des triangulaires et quadrangulaires pour les communes de plus de 3 500 habitants depuis une vingtaine d’années, un phénomène traduisant de la fragmentation politique croissante à l'échelle nationale.
La diversité des configurations de second tour constatées au cours d'une échéance électorale est ainsi liée à l'ensemble de ces facteurs, une tendance d'évolution de ces chiffres ne peut par conséquent pas s'expliquer par un unique cause. À titre d'exemple, il a fallu notamment combiner trois facteurs d''influence, à savoir la structuration des forces politiques, la nature et le degré du seuil de maintien pour expliquer l'évolution du nombre de seconds tours à plus de deux candidats aux élections législatives françaises sur la période 1958-1997.
Afin de synthétiser les différents facteurs influençant le nombre de candidats pouvant se maintenir au second tour, un tableau récapitulatif est présenté ci-dessous :
| Facteur d'influence | Configurations favorisées | Configurations défavorisées |
|---|---|---|
| Absence de seuil de maintien pour accéder au 2d tour (qualification automatique des deux favoris) | duel, élu dès le 1er tour – uniques possibilités | candidat unique au 2d tour, triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. – impossible |
| Absence de seuil de maintien pour accéder au 2d tour (maintien des candidatures sans restriction) | configurations à nombreux candidats | configurations avec peu de candidats |
| Seuil minimal nécessaire pour se qualifier au 2d tour en % d'exprimés | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. | duel |
| Seuil minimal nécessaire pour se qualifier au 2d tour en % d'inscrits | duel | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Abaissement du seuil minimal nécessaire pour se qualifier au 2d tour | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. | duel |
| Augmentation du seuil minimal nécessaire pour se qualifier au 2d tour | duel | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Forte participation* | élu dès le 1er tour, triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. | duel |
| Forte abstention* | duel | élu dès le 1er tour, triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Bipolarisation | duel | élu dès le 1er tour, triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Tripolarisation | triangulaire | élu dès le 1er tour, duel, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Fragmentation du paysage politique | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. | élu dès le 1er tour, duel |
| Nombreux désistements | duel, candidat unique au 2d tour | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Aucun désistement | aucune influence | candidat unique au 2d tour – impossible |
| Nombreux candidats inscrits au 1er tour | duel ; configurations à nombreux candidats – rendues possibles | élu dès le 1er tour, triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Peu de candidats inscrits au 1er tour | inférieures ou égale au nombre de candidatures au 1er tour – uniques possibilités ; triangulaires, quadrangulaires, etc. – dans la mesure du possible | supérieures au nombre de candidatures au 1er tour – impossible ; duel |
| Nombreux électeurs | candidat unique au 2d tour, duel, triangulaire, quadrangulaire, etc. | élu dès le 1er tour |
| Peu d'électeurs | élu dès le 1er tour | candidat unique au 2d tour, duel, triangulaire, quadrangulaire, etc. |
| Présence d'une figure d'ancrage locale | élu dès le 1er tour | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. |
| Absence d'une figure d'ancrage locale | triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire, etc. | élu dès le 1er tour |
Il convient d'apporter quelques précisions concernant cette synthèse :