Guide de la Révolution (Iran)
| Guide de la Révolution (fa) رهبر جمهوری اسلامی ایران Rahbar-e enqelāb | ||
Emblème de l'Iran. | ||
Titulaire actuel Mojtaba Khamenei depuis le (7 mois et 17 jours) | ||
| Création | ||
|---|---|---|
| Mandant | Assemblée des experts | |
| Durée du mandat | À vie | |
| Premier titulaire | Rouhollah Khomeini | |
| Résidence officielle | Maison de la Direction, Téhéran (jusqu'en 2026) | |
| Site internet | leader.ir | |
| Liste des dirigeants de la Perse et de l'Iran | ||
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Le Guide suprême (en persan : رهبر معظم, Rahbar-e moazzam), officiellement Guide suprême de la Révolution islamique (en persan : رهبر معظم انقلاب اسلامی, Rahbar-e Moazam-e Enqelâb-e Eslâmi), appelé également Guide suprême de la République islamique, parfois abrégé Guide de la Révolution, est le chef de l'État de l'Iran en tant que plus haut responsable politique et religieux de la République islamique (devant le président de la République qui assume le rôle de chef du gouvernement). Il est aussi appelé Gardien de la jurisprudence (Valiye faqih), une dénomination dérivée du concept de velāyat-e faqih qui impose la prédominance du religieux sur la politique.
Il désigne entre autres les hauts responsables militaires et la présidence du judiciaire. Selon la constitution iranienne, le guide doit être un marja taqlid, juriste possédant la plus haute autorité religieuse dans le chiisme duodécimain. Il est élu par l'Assemblée des experts, eux-mêmes élus au suffrage universel direct.
Depuis la révolution iranienne, trois guides se sont succédé : Rouhollah Khomeini de 1979 à 1989, Ali Khamenei de 1989 à 2026 et Mojtaba Khamenei depuis le .
Ce poste a été créé par la Constitution de 1979, et représente la plus haute autorité politique et religieuse du pays. L'expression « Guide suprême » (en persan : رهبر معظم, Rahbare moazzam) est utilisée en signe de respect[réf. nécessaire] mais ne figure pas dans la Constitution.
Il est désigné par l'Assemblée des experts pour une durée indéterminée, potentiellement à vie. Il est égal aux autres citoyens devant la loi. Il peut être l'objet d'une procédure de destitution par l'Assemblée des experts, si celle-ci estime qu'il n'est plus apte à remplir ses fonctions. Dans ce cas et en attendant la présentation d'un nouveau guide par l'Assemblée des experts, un conseil composé du président de la République, du chef du pouvoir judiciaire et d'un des jurisconsultes religieux du Conseil des gardiens, assume provisoirement toutes les attributions du Guide.
Il y eut un unique Guide adjoint dans l'histoire de la république islamique : Hossein Ali Montazeri, du au . Celui-ci participe activement à la révolution iranienne de 1979, dont il est l'un des chefs de file religieux, puis à l'élaboration de la constitution iranienne de 1979 et à l'instauration du Velayat-e faqih. Il est surtout connu comme le seul successeur officiellement désigné de l'ayatollah Rouhollah Khomeini, mais à la suite de son opposition, en particulier pour avoir critiqué la répression politique et culturelle en 1988, il est démis de ses fonctions par une lettre de Khomeini, et supplanté en 1989 par l'ancien président Ali Khamenei.
« La constitution iranienne mélange des concepts à la fois démocratiques et théocratiques » s'exprimait Rouhollah Khomeini sur la question du velayat-e faqih. Il ne faut pas, selon lui, placer aux mains d'une personne incompétente ou ignorante la jurisprudence islamique afin de préserver l'authenticité du dogme. Seuls les juges peuvent prétendre être des dirigeants politiques légitimes devant Dieu, puisque personne ne maîtrise aussi bien la religion que les oulémas ou les mollahs (érudits du clergé islamique).
La doctrine du velayat-e faqih (« gouvernement du docte ») élaborée par l'ayatollah Khomeini confère aux religieux la primauté sur le pouvoir politique, ce qui contredit la tradition chiite selon laquelle le religieux devait se tenir à l'écart du politique dans l'attente du Mahdi, le douzième et dernier imam disparu à l'âge de cinq ans en 874, d'où ses surnoms d'« Imam caché » et de « Maître du temps ». Elle se retrouve dans la Constitution de l'Iran (article 5) : « Durant l'occultation du Maître du temps — que Dieu hâte sa réapparition — le pouvoir revient au juste et au pieux faqih (« docte religieux »), qui est courageux, plein de ressources et possède des aptitudes administratives ».
Le schéma suivant montre l'organisation des institutions de la république islamique d'Iran :
Selon la constitution iranienne, les charges des croyants sont à la disposition d’un jurisconsulte religieux (faqih). Le jurisconsulte religieux doit être juste, vertueux, ancré dans son époque, courageux, gestionnaire et habile.
Le guide doit recevoir un savoir juridique pour mieux assimiler les jugements divins qu'il puisera dans les livres religieux comme le Coran. Aussi, d'après la constitution iranienne, il faut que le guide ait une situation convenable pour être à même de résoudre les problèmes politiques et sociaux.
Le guide a le pouvoir de suspendre la loi, quand bien même elle serait tirée de la charia, ce qui est « inconcevable dans le sunnisme » et a été perçu comme une hérésie par les chiites orthodoxes.
Ce tableau recense les Guides de la Révolution depuis l'avènement de la république islamique d'Iran en 1979. Il y eut un unique guide adjoint dans l'histoire de la République islamique : Hossein Ali Montazeri, du au . Après la mort d'Ali Khamenei, un triumvirat, le Conseil de direction intérimaire, est mis en place, composé du président Massoud Pezechkian, du chef du système judiciaire Gholamhussein Mohseni Ejei et de l'ayatollah Alireza Arafi.
| No | Portrait | Titulaire | Début de mandat | Fin de mandat |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Rouhollah Khomeini (1902-1989) |
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| 2 | Ali Khamenei (1939-2026) |
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| Vacant : le Conseil de direction intérimaire assume provisoirement les fonctions du Guide suprême du 1er au . | ||||
| 3 | Mojtaba Khamenei (né en 1969) |
En cours | ||
L'ayatollah Khomeini résidait dans une maison située à Jamaran, près d'un hosseiniyeh, dans le nord de Téhéran.
Son successeur logeait et travaillait dans la maison de la Direction, qui s'élevait dans le centre de Téhéran. Inaugurée en , un mois après la mort de l’ayatollah Khomeini, elle a été détruite lors d'une frappe israélienne en 2026.