
La raspoutitsa (en russe : распу́тица, littéralement « saison des mauvaises routes ») désigne, en Russie et Biélorussie, les périodes de l'année durant lesquelles, du fait de la fonte des neiges au printemps ou des pluies d'automne, une grande partie des terrains plats se transforment en mer de boue sous l'action de l'eau. Le phénomène affecte particulièrement les routes lorsqu'elles ne sont pas asphaltées.
En ukrainien, le mot correspondant est rozpoutitsa (pозпутиця) mais les termes les plus couramment utilisés pour désigner cette mauvaise saison sont plutôt rozkal (ро́зкаль) et roztan (ро́зтань) ou, plus rarement, bezdorizya (бездоріжжя) qui signifie littéralement "sans chemin".
La raspoutitsa a joué un rôle crucial durant les différentes guerres en Europe orientale, notamment lors de l'Invasion mongole de la Rus' de Kiev. L'armée tataro-mongole n'est pas parvenue à franchir les cent dernières verstes (environ 107 km) qui la séparaient de Novgorod, à cause de la raspoutitsa de printemps.[réf. souhaitée]
La raspoutitsa a également fortement freiné la Grande Armée de Napoléon lors de sa campagne de Russie,.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Blitzkrieg fut quasiment stoppée par la boue en l'absence d'un réseau routier pavé, rendant les chars les plus puissants inutilisables. Un des véhicules les plus appréciés était alors la moto chenillée. L'armée soviétique eut alors plus de temps pour se préparer à la bataille de Moscou.
Au début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en , la raspoutitsa freine la progression des chars russes,.
« whilst it was almost impossible to drag the gun-carriages through the half-frozen mud »(regarding November 20, 1812).
« Both sides now struggled in the autumn mud. On October 6 [1941] the first snow had fallen, unusually early. It soon melted, turning the whole landscape into its habitual trackless state – the rasputitsa, literally the ‘time without roads’. ... It is commonplace to attribute the German failure to take Moscow to the sudden change in the weather. While it is certainly true that German progress slowed, it had already been slowing because of the fanatical resistance of Soviet forces and the problem of moving supplies over the long distances through occupied territory. The mud slowed the Soviet build-up also, and hampered the rapid deployment of men and machines. »
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