| Raymond Garat | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Ordre religieux | Ordre de Grandmont | |||||||
| Décès | ||||||||
| Abbé de l'Église catholique | ||||||||
| Abbé général de l'ordre de Grandmont | ||||||||
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Raymond Garat, mort en 1748, est un religieux catholique français de l'ordre de Grandmont, dont il est abbé général de 1744 à 1748.
Issu d'une famille établie à Limoges, il appartient à l'ordre de Grandmont au moins depuis le premier tiers du XVIIIe siècle et est titulaire du prieuré conventuel de Sainte-Austreberte de Pavilly avant son accession à l'abbatiat. Élu à la tête de l'ordre le 10 décembre 1744, il poursuit les projets engagés par son prédécesseur, maintient le développement du collège de Grandmont à Paris et mène une politique active de recrutement des novices. Son gouvernement est également marqué par les difficultés financières de la congrégation.
Raymond Garat est le fils de Jean Garat, seigneur du Pré de Saint-Yrieix, baptisé le , et d'une demoiselle Froment. Jean Garat reçoit par lettres données à Versailles le la charge de président trésorier de France au bureau des finances de Limoges et obtient des lettres d'honneur le .
Il a pour frère François-Joseph Garat, seigneur du Pré de Saint-Yrieix, baptisé le , avocat puis successeur de son père comme trésorier de France. François-Joseph Garat acquiert ensuite la seigneurie de Saint-Priest-Taurion.
Cette branche est distinguée dans les ouvrages généalogiques de celle des Garat de Nedde, sans que le point de jonction entre les deux lignées soit établi.
Raymond Garat est également présenté comme le fils d'un marchand drapier de Limoges dans une étude consacrée aux dernières décennies de l'ordre de Grandmont.
Raymond Garat entre dans l'ordre de Grandmont, ordre monastique fondé au XIe siècle autour d'Étienne de Muret et dont la maison-mère est établie à Grandmont, sur le territoire de l'actuelle commune de Saint-Sylvestre.
Sa présence dans l'ordre est attestée avant son accession à l'abbatiat général. En 1728, il est religieux de Grandmont et titulaire du prieuré conventuel de Sainte-Austreberte de Pavilly. Il apparaît avec ces qualités dans un mémoire judiciaire imprimé concernant un conflit de compétence entre l'ordre de Grandmont et la chartreuse de Rouen.
Cette documentation établit ainsi son appartenance à l'ordre au moins seize ans avant son élection comme abbé général.
René-François-Pierre de La Guérinière, abbé général de Grandmont depuis 1716, meurt le au collège parisien de l'ordre. Raymond Garat est élu pour lui succéder le et devient le vingt-sixième abbé général de Grandmont.
Son abbatiat, de 1744 à 1748, est également individualisé dans l'histoire de l'abbaye de Grandmont d'André Lecler, qui lui consacre une section spécifique.
Il succède à René-François-Pierre de La Guérinière et précède François-Xavier Mondain de La Maison-Rouge, dernier abbé général de l'ordre.
L'un des principaux dossiers du gouvernement de Raymond Garat concerne le collège de Grandmont à Paris, installé dans l'ancien Collège Mignon.
Son prédécesseur avait choisi Dom Jean-Baptiste-François de Vitecoq pour diriger l'établissement et superviser la poursuite de sa reconstruction. Après son élection, Raymond Garat maintient Vitecoq dans cette fonction et le nomme également financier général de l'ordre.
Les travaux du collège parisien se poursuivent durant son abbatiat parallèlement aux travaux engagés à la maison-mère de Grandmont. Leur coût augmente et les engagements financiers contractés à Paris pèsent sur les ressources de l'ordre.
À la mort de Raymond Garat, le collège est achevé et de nouveau en mesure d'accueillir les étudiants, mais les dépenses du chantier ont contribué à épuiser le fonds de réserve de l'abbaye. La situation devient l'un des premiers problèmes auxquels son successeur doit faire face.
Le conflit ultérieur opposant François-Xavier Mondain de La Maison-Rouge à Dom Vitecoq trouve ainsi en partie son origine dans les engagements pris autour du collège sous les deux abbatiats précédents.
L'abbatiat de Raymond Garat est parallèlement marqué par une reprise importante du recrutement. Trente novices sont recrutés en vingt-huit mois.
Tous ne sont cependant pas reçus définitivement dans l'ordre, plusieurs candidats étant congédiés à la fin de leur noviciat.
Parmi les religieux admis sous son gouvernement figure Gaspard-Thyre-Mathieu de Lagorce, originaire de Châteauponsac, qui prononce sa profession le et devient par la suite le dernier prieur de Badeix.
Cette politique de recrutement contraste avec les dernières années du gouvernement de La Guérinière, durant lesquelles les admissions avaient été fortement réduites,.
Raymond Garat est malade pendant les deux dernières années de son abbatiat. Il meurt en 1748.
François-Xavier Mondain de La Maison-Rouge est élu pour lui succéder le par 32 suffrages sur 45 votants. Il demeure à la tête de Grandmont jusqu'à sa mort en 1787.
Le gouvernement de Raymond Garat est relativement bref, puisqu'il s'étend de décembre 1744 à 1748. Il intervient dans une période de fragilisation financière et institutionnelle de l'ordre de Grandmont.
Il poursuit les deux grands chantiers hérités de son prédécesseur : la reconstruction de la maison-mère de Grandmont et celle du collège parisien. La décision de maintenir Dom Vitecoq à la tête du collège puis de lui confier les finances générales de l'ordre contribue à prolonger une politique de dépenses dont les conséquences se font sentir sous l'abbatiat suivant,.
Son gouvernement se distingue en revanche par un recrutement soutenu, avec trente novices en vingt-huit mois.
Les difficultés rencontrées pendant son abbatiat ne provoquent pas la disparition immédiate de Grandmont. L'ordre subsiste encore plusieurs décennies avant que la Commission des réguliers ne lui interdise de recevoir de nouveaux novices en 1771. Le pape Clément XIV reconnaît sa suppression par une bulle du , l'attribution définitive de ses biens n'intervenant qu'après la mort de François-Xavier Mondain de La Maison-Rouge en 1787.
Le gouvernement de Raymond Garat est traité dans plusieurs études consacrées à l'histoire de Grandmont.
Louis Guibert publie en 1877 une importante étude sur les dernières décennies de l'ordre, Une page de l'histoire du clergé français au XVIIIe siècle : Destruction de l'Ordre et de l'abbaye de Grandmont. L'ouvrage, fondé sur les archives alors conservées à Limoges, devient l'une des principales sources des travaux ultérieurs sur la disparition de Grandmont.
Au début du XXe siècle, André Lecler reprend l'histoire chronologique de l'abbaye et consacre un développement individualisé à « Raymond Garat, 26e abbé (1744-1748) ».
L'histoire de l'ordre est de nouveau étudiée en 1985 par Jean-Marie Fouquet et frère Philippe-Étienne dans une synthèse couvrant son existence jusqu'à sa suppression.
En 1986, Jean Becquet consacre à Grandmont une notice dans le Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques.
Carole Hutchison revient en 1989 sur l'élection de Raymond Garat, ses décisions concernant Dom Vitecoq et les conséquences financières du chantier parisien,.
En 2005, Marie-Thérèse Mousnier lui consacre une section spécifique intitulée « Raymond Garat : 26e Abbé (1744-1748) », dans laquelle sont notamment étudiés son origine, le recrutement des novices, les difficultés matérielles de l'ordre, sa maladie et son décès.