
Une razzia est une attaque rapide de type pillage en territoire ennemi ou neutre dans le but de prendre du butin.
Le mot « razzia » provient de l'arabe ghazwa (غزوة), qui désigne à l'origine un type d'incursion guerrière bédouine visant le vol de chameaux. Le terme arabe, qui est associé à un rééquilibrage des ressources, a une connotation positive. Son sens s'élargit peu à peu à tout acte de combat de petite envergure visant les possessions ou les bêtes de groupes ennemis, et donne des dérivés tels que ghâzi, qui désigne un mercenaire guerroyant au nom de sa foi islamique. La ghazwa, en ce qu'elle relève du maintien de l'ordre social et environnemental, est alors encadrée par des règles et entraîne peu d'effusions de sang, les combattants ennemis étant souvent laissés en vie.
Le terme français « razzia », dont les premières occurrences écrites remontent à 1840 ou 1841, est emprunté à la variante ghaziya dans le contexte de la colonisation française de l'Algérie : initialement décrite comme une pratique locale, la razzia est récupérée par les chefs militaires français, qui désignent sous ce nom leurs propres expéditions sanglantes contre les populations algériennes. Dès lors, contrairement à sa racine arabe, le mot français véhicule une connotation péjorative, étant associé aux notions de destruction et de mise à sac. Des multiples emprunts similaires attestés au XIXe siècle — « rezzou », « radsja », « bazia »… —, seuls « razzia » et son dérivé verbal « razzier » subsistent en français contemporain.
La pratique de la razzia, très ancienne, a existé partout dans le monde et il en existe de nombreuses preuves archéologiques, épigraphiques et génétiques.
Les razzias historiques consistent souvent en un pillage des biens, et sont parfois accompagnées de massacres sur les hommes, des viols ou asservissements de femmes et des enlèvements d'enfants. Certaines victimes devenaient des esclaves sexuels, les plus âgées et les enfants, des serviteurs. Cette forme de prédation n'est pas spécifique au genre humain : elle existe aussi dans la nature, par exemple chez les fourmis « légionnaires » Eciton burchellii ou « amazones » Polyergus rufescens, qui se lancent régulièrement dans des razzias contre d'autres espèces de fourmis comme les Atta ou les Rufibarbes pour ramener des nutriments et des larves destinées à l'esclavage,,,.
L'esclavage résultant des razzias pouvait prendre fin par affranchissement, dans des cas où la personne asservie adoptait la culture de la société qui la détenait.