

Un reclusoir (ou une recluserie) est un petit édifice quasi clos (et parfois juste une cellule) situé en abord d'une agglomération, près d'un pont ou annexé à un édifice religieux (église, chapelle), voire installé dans une habitation à titre d'isolement volontaire pour mieux prier et se repentir. Traditionnellement, là où vit le reclus ou la recluse. L'édifice était muni d'une fenestrelle (ou petite fenêtre, souvent grillagée) pour passer la nourriture et le bois de chauffage, d'une petite ouverture à fleur de sol dans la cloison qui la séparait du bâtiment annexe pour y retirer les excréments de l'emmuré, enfin d'un hagioscope (fenêtre donnant sur le chœur d'une église, le reclus pouvant entendre la messe ou voir le Saint Sacrement).
« La cellule du reclus (le reclusoir), dans la basse latinité, reçut également les diverses appellations de clusa, clausola, clusorium, inclusa, inclusoria, inclusagium, reclusio, reclusania, reclusage, recluserium, reclusorium, reclusus, reclusum ; en langue romane reclusaige et reclusage » et plus tard reclusia et recluserie. Le verbe « reclure » se disait recludere, reclaudare, includare, retrudere, religare, recloore, reclore.
En anglais, « a recluse » est synonyme d'anachorète. Les anachorètes d'Égypte étaient des moines solitaires, mais ils ne se faisaient pas murer dans une cellule (voir Karoulie), contrairement à la coutume médiévale et occidentale. L'Église, méfiante envers cette pratique radicale, ne l'accordait qu'exceptionnellement.
L'expression « trou aux rats » apparaît chez Victor Hugo dans Notre-Dame-de-Paris pour désigner le reclusoir que s'est fait construire madame Rolande de la Tour-Roland, en deuil de son père mort à la croisade, dans la muraille de sa propre maison. Il imagine qu'elle est issue de la déformation populaire de la devise « Tu, ora » (Toi, prie).

Selon Viollet-le-Duc : « Il était d'usage de pratiquer, auprès de certaines églises du Moyen Age, de petites cellules dans lesquelles s'enfermaient des femmes renonçant pour jamais au monde. Ces reclusoirs avaient le plus souvent une petite ouverture grillée s'ouvrant sur l'intérieur de l'église ».
Le reclusoir est parfois représenté sur des enluminures : le personnage de la recluse, comme celui de l'ermite, apparaît dans la légende arthurienne de la Quête du Graal. La porte était scellée par l'évêque ou bien murée. Les reclus étaient souvent ensevelis dans leur cellule.
De nombreuses chapelles et églises possédaient un reclusoir, dans lequel s’enfermait – parfois à vie – une pénitente. Celle-ci était appelée saquette ou sachette à cause du sac ou du cilice qui était son unique vêtement. Les reclusoirs étaient généralement d’étroites cellules dont on murait l’entrée. La recluse ne pouvait plus alors communiquer avec le monde extérieur, sauf par une fente de quelques pouces donnant dans l’église ou le cimetière. C’est par là que la charité publique lui octroyait quelques tranches de pain et autres rogatons.
Quelques reclusoirs :
Dans la fiction, plusieurs auteurs en font mention comme :