| Rectaflex | |
| Type | Reflex mono-objectif |
|---|---|
| Format de pellicule | 135 |
| Format d'image | 24 × 36 mm |
| Monture porte-objectifs | à bayonnette |
| Obturateur | à rideau |
| Synchro flash | F et X |
| Viseur | Reflex à pentaprisme toit |
| Mise au point | Manuelle |
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Le Rectaflex est un appareil photographique reflex mono-objectif (SLR) développé et produit en Italie à partir de 1947. Il est généralement considéré comme le premier appareil reflex 35 mm équipé d'un viseur à pentaprisme fabriqué en série.
Les appareils qui l’ont précédé, tels que le Kine-Exakta, le Praktiflex et l’Alpa-reflex, ne sont alors munis que d’un simple miroir placé derrière l’objectif. Ils permettent déjà la visée directe à travers l’objectif mais ils ne sont pas aussi faciles à utiliser que leurs principaux concurrents, les appareils télémétriques, puisqu’ils nécessitent de placer l’appareil au niveau de la poitrine pour effectuer le cadrage plutôt qu’à la hauteur des yeux.
En ajoutant un pentaprisme toit pour compléter la visée reflex, les créateurs du Rectaflex ont non seulement permis de surmonter cette difficulté mais ils ont aussi corrigé le problème de l’inversion latérale de l’image dont souffraient les premiers appareils réflex.
Cet appareil a été fabriqué de 1948 à 1957 à Rome en Italie par la firme du même nom (it), avec une transition d’environ un an en 1956 à Vaduz au Liechtenstein.
Dès 1936, la firme Ihagee commence à fabriquer le Kine-Exakta pour tirer profit de la pellicule de format 135. Il est très similaire au Vest Pocket Exakta proposé dès 1933 par la même compagnie mais conçu pour le format 127. Ces deux appareils ont introduit la visée reflex qui permet d’effectuer la mise au point à travers l’objectif grâce à un miroir mobile placé entre l’objectif et la pellicule. Grâce à lui, l’image est projetée vers le haut et se forme sur un verre dépoli. Le photographe doit donc détacher son regard du sujet pour le tourner vers le bas et observer le verre dépoli de l’appareil placé à hauteur de poitrine.
Bien que considéré comme une innovation importante, cette conception de la visée réflex est encore loin d’égaler la facilité de cadrage permise par les appareils télémétriques tels que le Leica II et le Contax I et qui se fait à la hauteur des yeux. Après la 2e grande guerre, deux groupes se sont attaquées à ce problème.
Le premier groupe est la firme allemande Zeiss Ikon, conceptrice de la fameuse gamme d’appareils télémétriques Contax. Lourdement affectée par la guerre, la firme est scindée par les remaniements qui suivent le partage de l’Allemagne entre l’est et l’ouest. Malgré tout, la partie de l’entreprise demeurée à Dresde, dans la République démocratique allemande, arrive à construire dès 1948 quelques prototypes fonctionnels d’appareils équipés d’un pentaprisme toit. Ils permettent d’obtenir une image du sujet tel qu’observé à travers l’objectif, redressée dans les deux sens et à la hauteur des yeux. Ces prototypes sont présentés à l’exposition de Stockholm à la fin de 1948 et à l’exposition de Leipzig au printemps de 1949. Toutefois, la commercialisation de ce nouvel appareil, appelé Contax S ("S" pour "spiegelreflex", mot allemand qui signifie "reflex à miroir"), ne débutera pas avant l’automne 1949 et ne sera alors distribué qu’en Allemagne de l’est.
Pendant ce temps en Italie, un groupe d’amateurs et de professionnels s’est formé autour de Telemaco Corsi, afin de concevoir un appareil qui permettrait lui aussi de photographier ce qui est observé à travers l’objectif et de l’amener à hauteur des yeux. Pour y arriver, l’équipe de Corsi conçoit d’abord un prototype en utilisant un pentaprisme simple. Avec les deux réflexions que celui-ci ajoute au parcours lumineux, cette solution permet effectivement d’amener l’image du sujet jusqu’à la hauteur des yeux du photographe.
Ce prototype est présenté à la foire de Milan en 1947. Toutefois, des visiteurs font bientôt remarquer que si on pivote l’appareil sur le côté pour prendre une photographie verticale, l’image se retrouve la tête en bas. La facilité de cadrage offerte par le nouveau système mettait en évidence sa dernière lacune importante, l’inversion latérale de l’image. La solution qui s’impose est le pentaprisme toit, comme celui utilisé sur le Contax S.
Une série de préproduction, moins de 50 exemplaires identifiés par l’inscription "MOD. STANDARD 947" sur le dessus du capot du prisme, est présentée à l’expo de Milan en avril 1948. Il n’existe plus d’exemplaire connu, complet et original, de cette série, seule une reconstitution réalisée à partir de pièces assemblées sur un exemplaire de la série suivante A.1000.
Finalement, la première série d’appareils à être commercialisée (la série A.1000) le sera à partir de septembre 1948, soit près d’un an avant le Contax S. Au fil des améliorations apportées, elle donnera lieu à de nombreuses variations.
Les appareils de cette première série sont fabriqués de septembre 1948 à mars 1949, les numéros de série allant de A.1001 jusqu’au dernier connu A.2127.
La mise au point s’effectue avec un verre dépoli plat sur lequel on a collé un stigmomètre (télémètre à image divisée).
Tous les côtés du prisme sont plats.
Des défauts structurels sont apparus et ont conduits à l’arrêt de la production ainsi qu’au rappel (dans la mesure du possible) des unités déjà vendues, ce qui en fait une série rare et difficile à trouver par les collectionneurs.
Un coupe-film est placé près du bouton de rembobinage. Il permet de sectionner la pellicule et de la retirer sans qu’elle soit complètement exposée. Ce détail permet de reconnaître facilement cette série puisque le coupe-film a été retiré définitivement dès la série suivante.
Ces deux séries sont fabriquées d’avril 1949 à mai 1950, le passage entre les deux s’effectuant en août 1949. Les numéros de série suivent ceux de la série précédente mais on a remplacé le "A" par "B" pour signaler que des corrections ont été apportées. Le premier numéro connu de ces séries est B.2233 et cette numérotation se poursuit au moins jusqu’à B.3970.
Un certain nombre d’exemplaires ont été réservés pour le marché américain. Ils ont été marqués à l’aide du chiffre "1" ajouté devant le numéro de série autour de 2800-3000 ainsi que 3200-3400. Ceci a conduit aux unités identifiées par des nombres tels que B.128xx, B.129xx, B.132xx et B.133xx.
La mise au point s’effectue avec un verre dépoli plan-convexe sur lequel on a gravé un stigmomètre.
Tous les côtés du prisme sont plats ou le premier côté est convexe, et une lentille convexe est collée à la sortie. Tout au long de ses deux séries, il y a eu une amélioration du stigmomètre ainsi qu’une évolution de la conception des faces du prisme afin d’améliorer la luminosité et le grossissement de l’image dans le viseur.
Extérieurement, cette série se distingue facilement de la série A.1000 par le retrait du coupe-film.
La série B.4000 est fabriquée de juin 1950 à avril 1951. Les numéros de série vont de B.4001 jusqu’à environ B.4500, le dernier connu étant B.4471.
Le stigmomètre est amélioré et pour cette raison, cette série est appelée "Duo-focus" dans la publicité afin de mieux souligner cette commodité.
Deux côtés du prisme (inférieur et arrière) sont maintenant convexes. Il n’est donc plus nécessaire de coller une lentille à la sortie.
Trois modifications permettent de distinguer facilement cette série des précédentes :
Les appareils de cette série sont fabriqués de mai 1951 à avril 1952. Les numéros de série vont de B.16001 jusqu’à environ B.16900, le dernier connu étant B.16862.
Quatre modifications permettent de distinguer facilement cette série de la précédente :
Cet appareil simplifié est fabriqué de septembre 1950 à mai 1952, d’abord à partir des boitiers A.1000 qui n’ont pas été vendus ou qui ont été rappelés, puis en utilisant des boitiers Standard B.16000. La raison d’être de cette série était de fabriquer une version moins dispendieuse afin de pénétrer le marché des plus petits budgets.
Cette série se distingue par :
Ces appareils sont fabriqués de juin à décembre 1951 en même temps que les B.16000, la firme ayant décidé de travailler en parallèle sur une série expérimentale plutôt que d’incorporer continuellement les améliorations sur la série en production à mesure qu’elles sont introduites. Ils sont donc essentiellement identiques au B.16000 mais subissent des modifications internes graduelles. La série 20000 B est utilisée en particulier pour travailler sur l’amélioration des vitesses d’obturation. Environ 250 appareils ont été fabriqués.
La série 24500 B est l’aboutissement de ces travaux. Ils permettent une vitesse maximale de 1/1300 s, même si le sélecteur de vitesse indique encore 1/1000. Seulement quelques unités de cette série ont été fabriquées afin d'être présentées au Photokina de Köln en avril 1952.
Les appareils de ces trois séries sont fabriqués de septembre 1952 à mai 1955. Ils se distinguent des séries précédentes principalement par l’ajout de la vitesse d’obturation de 1/1300 s. Cette particularité a d’ailleurs donné lieu à l’appellation courante "Rectaflex 1300" pour désigner ces séries, alors que les précédentes sont dites "Rectaflex 1000". On remarque aussi un retour à seulement deux prises pour connecter le flash.
Les 600 premiers ont été fabriqués à partir de boitiers de la série précédente et se sont vus ajouter un B à la fin du numéro de série pour le signaler.
La série 25000 poursuit la numérotation mais sans le "B". Les numéros s’étendent donc approximativement de 25600 à 29500. Après environ 3000 appareils fabriqués sans modifications, des améliorations esthétiques ont été apportés sur les boutons d’avancement et de rembobinage du film. Ces changements ont été maintenus jusqu’à la fin de cette série ainsi que sur la suivante.
La série 30000 débute autour 29500 et se poursuit jusqu’à environ 31350, le dernier numéro connu étant 31330. Cette série se distingue par les boutons de déclenchement de l’obturateur et de désengagement de la lentille dont le sommet est maintenant élargi pour le confort des doigts de l’utilisateur.
En janvier 1956, la production est transférée à la firme Rectaflex International à Vaduz au Liechtenstein. Le capot du prisme est alors redessiné et prend une forme pointue plus proche de celle de la plupart des autres appareils reflex. Un levier pour le pouce est aussi ajouté au bouton d’avancement du film.
Un premier groupe d’appareils est numéroté de 40001 à environ 40300 et arbore l’emblème de la Principauté du Liechtenstein peint devant le prisme.
Un deuxième groupe est retourné à Rome et complété au laboratoire expérimental. Destinés au marché français, ils sont numérotés de 4044x à 4045x et c’est le logo de "Exclusivités Télos of Paris" qui apparaît devant le prisme.