
Le réempoissonnement (dit « réensemencement » au Canada) est l'activité d'introduction ou réintroduction de poissons d'élevage le plus souvent en eaux douces, à fin d'enrichir l'offre en poissons pour les pratiquants de la pêche sportive ou de loisir, de concours de pêche et parfois pour la pêche professionnelle.
Au Québec, 5 millions de truites d'élevage sont ensemencées chaque année pour la pêche sportive dans des lacs où la population de poissons est faible. Comme ces poissons sont souvent d'une même lignée, leur taux de survie est moins fort et ils nuisent à la biodiversité.
Cette pratique peut être source de pollution génétique, de diffusion de parasitoses ou maladies, de perte d'intégrité génomique et génétique de sous-populations, et tend à être localement abandonnée au profit d'une pêche de type no-kill associée à des efforts de gestion restauratoire du milieu aquatique visant le retour du bon état écologique.
Il s'agit dans quelques cas de réintroduire de jeunes poissons appartenant à une espèce menacée pour en conforter la population. Ainsi en France, alors que l'anguille est en forte régression, la pêche à la civelle est restée localement autorisée à certaines conditions, dont à condition qu'un certain pourcentage de ces civelles serve à des réempoissonnements de zones où l'anguille européenne a disparu ou presque disparu. On tente par ailleurs des reproductions artificielles d'anguilles à fin de réintroduction d'alevins dans le milieu, ce qui est rendu difficile par le fait qu'on connaît encore mal le cycle naturel de reproduction de cette espèce (de la mer des Sargasses, à la maturation des mâles et femelles lors de leur long retour vers leur zone marine de reproduction).
Des géniteurs capturés dans la nature ou des individus issus de pisciculture produisent les gamètes utilisés pour obtenir un grand nombre d'alevins et de jeunes individus qui seront vendus à des fins de réempoissonnement.
Le réempoissonnement, tel qu'il est pratiqué depuis quelques décennies est notamment source d'introduction d'espèces de poissons (et de leurs microbes et parasites) non indigènes et « il a plus que doublé au cours des dernières décennies » (de la fin du XXe siècle aux années 2010), et ses impacts sur les écosystèmes naturels, notamment en termes de transferts biologique et de bioamplification de certaines polluants ou isotopes sont apparus non-négligeables :

De premières études sur les interactions entre salmonidés sauvages et d'élevages introduits dans la nature avaient suggéré que les souches d'élevage avaient moins de chances de survivre durablement, mais sans aucune preuve de l'absence d'impact génétique des populations introduites sur les souches sauvages.
Depuis peu, plusieurs études ont montré sur différentes populations et espèces (analyse de plusieurs milliers de truites, ombles, étudiés dans plusieurs centaines de sites) que les réempoissonnements ont réellement des impacts négatifs en matière de biodiversité.
Voir à Espèces élevées dans l'article Pisciculture