Réempoissonnement

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Tri des alevins dans une pisciculture.
Transfert de jeunes alevins dans un étang d'élevage en Corée du Sud. Un transfert trop brutal (après un transport parfois long) dans une eau de pH, dureté et température différents est une source de stress pour les alevins ou poissons, qui peut les rendre plus vulnérables à certains pathogènes.
Réempoissonnement en alevins d'une espèce menacée (Bonytails) dont le nom scientifique est Gila elegans, au Moabi park (Californie).

Le réempoissonnement (dit « réensemencement » au Canada) est l'activité d'introduction ou réintroduction de poissons d'élevage le plus souvent en eaux douces, à fin d'enrichir l'offre en poissons pour les pratiquants de la pêche sportive ou de loisir, de concours de pêche et parfois pour la pêche professionnelle.

Au Québec, 5 millions de truites d'élevage sont ensemencées chaque année pour la pêche sportive dans des lacs où la population de poissons est faible. Comme ces poissons sont souvent d'une même lignée, leur taux de survie est moins fort et ils nuisent à la biodiversité.

Cette pratique peut être source de pollution génétique, de diffusion de parasitoses ou maladies, de perte d'intégrité génomique et génétique de sous-populations, et tend à être localement abandonnée au profit d'une pêche de type no-kill associée à des efforts de gestion restauratoire du milieu aquatique visant le retour du bon état écologique.

Il s'agit dans quelques cas de réintroduire de jeunes poissons appartenant à une espèce menacée pour en conforter la population. Ainsi en France, alors que l'anguille est en forte régression, la pêche à la civelle est restée localement autorisée à certaines conditions, dont à condition qu'un certain pourcentage de ces civelles serve à des réempoissonnements de zones où l'anguille européenne a disparu ou presque disparu. On tente par ailleurs des reproductions artificielles d'anguilles à fin de réintroduction d'alevins dans le milieu, ce qui est rendu difficile par le fait qu'on connaît encore mal le cycle naturel de reproduction de cette espèce (de la mer des Sargasses, à la maturation des mâles et femelles lors de leur long retour vers leur zone marine de reproduction).

Méthode de production des poissons

Des géniteurs capturés dans la nature ou des individus issus de pisciculture produisent les gamètes utilisés pour obtenir un grand nombre d'alevins et de jeunes individus qui seront vendus à des fins de réempoissonnement.

Inconvénients, risques et limites du réempoissonnement

Le réempoissonnement, tel qu'il est pratiqué depuis quelques décennies est notamment source d'introduction d'espèces de poissons (et de leurs microbes et parasites) non indigènes et « il a plus que doublé au cours des dernières décennies » (de la fin du XXe siècle aux années 2010), et ses impacts sur les écosystèmes naturels, notamment en termes de transferts biologique et de bioamplification de certaines polluants ou isotopes sont apparus non-négligeables :

Le ré-empoissonnement, source d'appauvrissement génétique

Article détaillé : Pollution génétique.
Au Danemark, les truites apparemment sauvages de cette espèce ont vu leur diversité biologique réduite à la suite des nombreux croisements avec deux souches d'élevages utilisées pour les réempoissonnements.

De premières études sur les interactions entre salmonidés sauvages et d'élevages introduits dans la nature avaient suggéré que les souches d'élevage avaient moins de chances de survivre durablement, mais sans aucune preuve de l'absence d'impact génétique des populations introduites sur les souches sauvages.

Depuis peu, plusieurs études ont montré sur différentes populations et espèces (analyse de plusieurs milliers de truites, ombles, étudiés dans plusieurs centaines de sites) que les réempoissonnements ont réellement des impacts négatifs en matière de biodiversité.

Espèces élevées

Voir à Espèces élevées dans l'article Pisciculture

Notes et références

Note
  1. ↑ Professeur Dany Garant de l'Université de Sherbrooke.
Références
  1. ↑ https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/medium-large/segments/chronique/72111/dangers-ensemencer-lacs-truites-elevage-gingras
  2. ↑ Poteaux, C., & Berrebi, P. (1997). Intégrité génomique et repeuplements chez la truite commune du versant méditerranéen. Bulletin Français de la Pêche et de la Pisciculture, (344-345), 309-322
  3. 1 2 (en) Sophia V. Hansson, Jeroen Sonke, Didier Galop, Gilles Bareille, Séverine Jean et Gaël Le Roux, « Transfer of marine mercury to mountain lakes », Scientific Reports, vol. 7, no 1,‎ , p. 12719 (ISSN 2045-2322, DOI 10.1038/s41598-017-13001-2).
  4. 1 2 PowerPoint intitulé Les ensemencements de poissons et le développement durable ; Un outil de mise en valeur pour la pêche sportive (voir p. 9/22).
  5. ↑ « Source FAO », sur fao.org (consulté le ).
  6. ↑ (en) Wendy Vandersteen Tymchuk, Patrick O'Reilly, Jesse Bittman, Danielle Macdonald, Patricia Schulte ; Conservation genomics of Atlantic salmon: variation in gene expression between and within regions of the Bay of Fundy (p 1842-1859) ; Publié Online: 2010/04/06 ; DOI: 10.1111/j.1365-294X.2010.04596.x (résumé).
  7. ↑ La diversité des truites menacée par l'ensemencement Brève ADIT datée du .
  8. ↑ Hélène Ménal, « Pyrénées: Bizarrement, il y a du mercure marin dans les lacs de montagne (et ce n'est pas une bonne nouvelle) », sur 20minutes.fr, (consulté le ).
  9. ↑ A. D. Marie, L. Bernatchez, D. Garant ; Loss of genetic integrity correlates with stocking intensity in brook charr (Salvelinus fontinalis) (p 2025-2037) ; Publié online: 2010/04/08 ; DOI: 10.1111/j.1365-294X.2010.04628.x étude réalisée avec l'appui d'une doctorante par la Faculté de Biologie de l'Université de Sherbrooke ([Résumé])
  10. ↑ Michael M. Hansen, Kristian Meier & Karen-Lise D. Mensberg Identifying footprints of selection in stocked brown trout populations : a spatio-temporal approach ; Molecular Ecology ; Volume 19 Issue 9, Pages 1787 – 1800 ; Publié Online: 2010/03/22 ; doi:10.1111/j.1365-294X.2010.04615.x

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

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