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Architecte, urbaniste et sculpteur |
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Lauréat de la bourse Grunsfeld pour le MIT en 1960, 1er prix du concours pour l'aménagement des quais de Boston en 1961 |
Building Together, New Village Press (en), 2014 Bâtir ensemble, CILF, 1988 De quoi se mêlent les urbanistes?, Actes Sud, 1979 |
Roger G. Katan est un architecte, urbaniste et sculpteur franco-américain né le à Berguent (aujourd’hui Aïn Bni Mathar), dans le Maroc Oriental. Au début des années 1960 aux États-Unis, il est l’un des initiateurs et praticiens de l’advocacy planning, qui prône la démocratie participative dans le domaine de l’aménagement urbain. Artiste cinétique, il fréquente et expose avec les figures montantes du post-modernisme. À partir de 1975, il s’investit dans l’action humanitaire et continue d’encourager la participation et l’autogestion des populations défavorisées. Sa pratique privilégie les méthodes de culture et de construction traditionnels et durables. Installé depuis 1999 à Sauve, dans le Gard, il s’est remis à la sculpture luminocinétique et travaille sur ses publications.
Formé à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Roger Katan obtient une bourse pour un master au Massuchusetts Institute of Technology (MIT) de Boston (1960-1961) puis travaille pendant deux ans dans l'atelier de Louis Kahn à Philadelphie. De 1964 à 1975, il s’installe à New York, dans Spanish Harlem, et enseigne l’architecture et la planification urbaine participative au Pratt Institute et au City College of New York. Il participe alors au mouvement des droits civiques, à la lutte des étudiants pour une plus grande responsabilité sociale, et dès 1964 à la création de l’advocacy planning, prônant la participation des habitants et mettant son talent d’architecte au service des populations les plus démunies. Parallèlement, grâce à ses publications, il aide à propager le mouvement participatif à travers de multiples conférences dans plusieurs universités à travers les États-Unis, dont Yale, Harvard, MIT, Berkeley, Columbia, etc., ainsi qu’en Europe. Il y est notamment invité par les mouvements étudiants aspirant à des changements de société. Il obtient la nationalité américaine en 1968.
Parallèlement, entre 1963 et 1975, Roger Katan évolue à New York dans le monde de l’art. Il fréquente et expose avec la génération montante du post-modernisme. Il côtoie notamment Allan Kaprow, Roy Lichtenstein ou Robert Smithson. Le début des années 1960 voit l’émergence du Pop Art et la renaissance du mouvement cinétique, initié en Europe dans les années 1930. Dans son atelier, en recyclant des rebuts de la société de consommation comme les cartons à œufs et d’autres types d’emballages, il commence à élaborer des structures évoquant des cités abstraites. Il « éternise » ces matériaux en les imprégnant de résine, leur permet ainsi de capter et de renvoyer la lumière. Ces sculptures prennent en miniature l’apparence de villes et de villages imaginaires, dont certains font écho à l’enfance marocaine de l’artiste.
À partir de 1975, et jusqu’en 1999, il s’investit comme consultant dans des missions humanitaires, essentiellement en Afrique et en Amérique latine, pour le compte des Nations unies, de l’Union Européenne ou de la Coopération Française. Fidèle à ses principes d’advocate planner, il privilégie toujours l’intérêt des populations et l’autogestion. Il met en œuvre des programmes de relogement, de microcrédit, d’enseignement, etc. En agriculture comme en construction, il encourage l’emploi de méthodes et matériaux locaux traditionnels et durables.
Il travaille en Afrique de l’Ouest pour le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Entre 1976 et 1978, il aide à la création d’un microcrédit à Ouagadougou, au Burkina Faso, devenu aujourd’hui le Réseau National des Caisses Populaires du Burkina. Il intervient dans le cadre d'un déplacement de populations au Mali en 1978 et à la création en 1979 d’un Centre de technologies appropriées (normalisation du bâtiment) à Bamako. Après 1980, son travail se concentre en Amérique centrale et en Amérique du Sud, à travers des contrats de courte durée avec l’Union Européenne, les Nations unies et diverses ONG, aidant des individus à retrouver leurs traditions à travers de petits projets productifs autogérés. Photographies et plans d'une maison modèle construite en terre pour un déplacement de populations au Mali ont été exposés en 1981 à Paris, au Centre Pompidou, dans le cadre de l’exposition organisée par Jean Dethier sur les « Architectures de terre ». En 1980, il conseille en Colombie la Coopération Hollandaise à conceptualiser un nouveau type d’éducation en milieu rural et en 1984, il construit la première École Nouvelle rurale (Escuela Nueva) pour le gouvernement colombien. Aujourd’hui, il en existe plus de 15 000 en milieu rural, et ce modèle a été exporté à travers toute l’Amérique latine.
Il publie deux livres en français. De quoi se mêlent les urbanistes?, paru chez Actes Sud en 1979 puis traduit en Italien. Le second, Bâtir ensemble, paru en 1988, énonce une méthodologie pour une pratique participative. Ce livre a obtenu une dotation de la Fondation Graham (en) à Chicago en 2010 pour sa traduction avec une mise à jour. Building Together est sorti aux États-Unis en 2014, chez New Village Press (en), augmenté de deux chapitres par Ronald Shiffman, fondateur en 1963 du Pratt Center for Community Development (en) et l’un des pionniers de l’Advocacy planning.
Depuis 1999, il vit à Sauve, dans le Gard, où il a participé, avec sa femme actuelle Julie, céramiste, et Aline Crumb (en), créatrice de BD, à monter une galerie d’art gérée par ces deux artistes, la Galerie VP. Il y a exposé ses premières œuvres cinétiques ainsi que de nouvelles, profitant des avancées techniques, notamment dans les domaines de la plasturgie, de la LED ou du sans-fil.
Roger Katan fait ses études primaires à Berguent, village marocain frontalier de l’Algérie qui compte alors environ 800 habitants.
Dore Ashton écrit au sujet de Roger Katan dans son guide culturel de New York:





De 1963 à 1975, les œuvres de Roger Katan ont fait l’objet de nombreuses expositions, notamment au Finch College (en) Museum of Art (New York) et bien d’autres musées et galeries, ou à l’occasion de manifestations artistiques.
Wayne Anderson, historien et critique d’art du MIT, parle ainsi de son travail:

Depuis 1999, Roger Katan s’est remis à chercher de nouvelles formes d’expression cinétique grâce aux progrès des diodes électroluminescentes (ou LED) et à l’éventail de choix des matières plastiques créées par de nouvelles industries. Il recherche avec elles une finition parfaite tout en découvrant des trésors parmi leurs déchets. Son atelier est un laboratoire d’expérimentation d’objets et de déchets accumulés, assemblés, compressés, combinant des matières plastiques transparentes de couleurs et d’épaisseurs diverses, chauffées, modelées à la chaleur d’un four ou d’une bougie suivant l’épaisseur. La forme obtenue résulte d’une négociation entre la force de la matière et celle de l’artiste qui la façonne selon l’inspiration du moment. Traversés par la lumière et les couleurs, les éléments solides des compositions s’interpénètrent. Ces œuvres sont inspirées par la récente découverte des particules élémentaires du temps zéro des premiers instants de l’univers—une collision de l’infiniment petit avec l’infiniment grand… Les variations d’intensité lumineuse mettent en évidence et transforment la matière. Couleurs et formes se fondent, alternativement associées et dissociées, et l’œil de chaque spectateur crée le reste. Comme en architecture, où il a toujours promu la participation des usagers à leur cadre bâti, Katan incite les spectateurs de ses œuvres cinétiques à découvrir et pénétrer dans de nouveaux espaces. Munis d’une télécommande, ils plongent au gré des rythmes dans un univers de variations et de fondus multicolores, un imaginaire qui peut évoquer le début de la création du monde, la magie des fonds des mers du sud, la fascinante immatérialité des aurores boréales ou l’infini sidéral.