| Naissance | |
|---|---|
| Activité |
| Site web |
|---|
Rosy Martin, née le est une psychothérapeute et artiste britannique spécialisée dans les natures mortes, les portraits, la photographie, l'écriture et la cinématographie. Elle explore le médium photographique comme outil de mémoire. Elle est surtout connue pour la création et l'utilisation de la photothérapie, une pratique qui « [explore] la construction physique et sociale des identités au sein du quotidien ». Rosy Martin perpétue ces idées psychanalytiques à travers des mises en scène et des pratiques photographiques, permettant à ses sujets de surmonter leurs difficultés intérieures grâce à l'incarnation photographique.
Rosy Martin s'intéresse également à l'application d'œuvres explorant une multitude de thèmes, tels que le vieillissement, la sexualité, le désir, deuil, la honte, les dynamiques familiales, la santé, la maladie et le genre au sein de la société.
Dans l'ensemble de son œuvre, Rosy Martin utilise systématiquement son propre corps comme sujet de fac-similé, s'efforçant de rompre et d'inverser la relation traditionnelle entre le photographe et son sujet.
On sait très peu de choses de la jeunesse de Rosy Martin. Elle nait le , elle passe son enfance dans une maison mitoyenne typique des années 1930, située en banlieue et appartenant à la classe ouvrière que son père décore lui-même. Rosy Martin vit dans un appartement HLM à Londres plusieurs décennies. Elle obtient cet appartement grâce à un contrat de location restreinte après l'avoir squatté pendant plusieurs années.
Avant de devenir artiste, Rosy Martin fait des études de sciences. Son intérêt pour l'art est né de sa rencontre avec Jo Spence, sa collaboratrice et partenaire de longue date, entre 1982 et 1983. Ensemble, elles utilisent à profit leurs expériences respectives pour lancer la photothérapie en 1983, et Rosy Martin s'engage alors pleinement dans le monde de la photographie,.
Depuis 1985, Rosy Martin organise des expositions nationales et internationales et anime de nombreux ateliers de photothérapie dans des universités et des galeries à travers la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada, l'Irlande, l'Italie et la Finlande[réf. nécessaire]. Elle organise plusieurs ateliers communautaires, notamment dans une prison pour femmes, des projets avec des survivantes d'abus sexuels et des projets scolaires sur les identités numériques.
Rosy Martin enseigne la théorie photographique, l'histoire de l'art et la culture visuelle à l'Université de Staffordshire, à l' Université de Loughborough et au Maidstone College of Art (en) au Royaume-Uni. Elle exerce comme psychothérapeute en cabinet privé et a travaillé comme chercheuse consultante au sein d'une équipe multidisciplinaire sur le thème « Représenter soi-même, représenter le vieillissement » à l'Université de Sheffield[réf. nécessaire].
Une exposition en France de ses œuvres se tient en 2025 sous la direction de Georgia René-Worms à la galerie Treize dans une exposition dédiée à Jo Spence.
La photothérapie, à ne pas confondre avec la luminothérapie, est une forme de psychothérapie qui utilise de nombreuses photos personnelles prises par d'autres personnes afin de faciliter la guérison émotionnelle, l'accès aux émotions et la remémoration. Cette pratique est censée aider les individus à explorer l'inconscient pour mieux comprendre les traumatismes et le stress, tout en leur offrant la possibilité de guérir leurs blessures émotionnelles. Dérivée de l'art-thérapie, elle a été inventée et popularisée par les photographes britanniques Jo Spence et Rosy Martin dans les années 1980. Elles utilisent la technique du psychodrame associée à des portraits photographiques pour réinterpréter des épisodes de vie traumatiques,. Leur objectif est de redonner du pouvoir et de la dignité aux corps des femmes, alors que cette autonomie leur est refusée par le corps médical. Elles documentent en effet le cancer du sein de Jo spence. Leur travail de déconstruction féministe inspire plus tard les artistes de The Pictures Generation.
Les photos de Rosy Martin et de Verity Welstead sur le vieillissement des femmes et l'agisme dont elles sont la cible sont exposées dans le musée A Hundred Heroines, musée dédié aux femmes photographes à Nailsworth, dans le Gloucestershire.
Une grande partie du travail de Rosy Martins est créé après sa rencontre avec sa collaboratrice de longue date, Jo Spence. Ensemble, elles inventent et développent la pratique de la photothérapie. Plus précisément, elles popularisent l'idée de la photothérapie par reconstitution, une pratique qui consiste à recréer un environnement inspiré d'une photographie personnelle, puis à « jouer » la scène afin de revisiter le traumatisme ou les émotions sous-jacentes associées au souvenir. Cette pratique est censée aider à comprendre les causes des cicatrices émotionnelles et permet d'explorer, de traiter et de transformer ces souvenirs.
En 1987 Rosy Martin présente la série de photo Transforming the suit : what does a lesbian look like ?, qui interroge la construction visuelle des représentations lesbiennes et de leurs tropes. La suite de photos intègre une phrase de Havellock Ellis décrivant en 1897 ce qu'il appelle l'inversion lesbienne, indiquant que les lesbiennes adoptent une forme de simplicité masculine et montrent du dédain pour les articles de toilette et les colifichets féminins. Martin utilise les représentations stéréotypées de la lesbienne butch des années 1930, la lesbienne androgyne mais aussi la « lesbienne femme » féminine. Elle indique que ce travail lui permet de s'affranchir du regard des autres sur sa propre identité pour mieux l'accepter.
Une des œuvres les plus connue de Rosy Martin réalisée avec Jo Spence est « The Picture of Health ? », consacrée à Jo Spence, réalisée en collaboration avec Maggie Murray. Elle est exposée à Camerawork, à Londres du 15 janvier 1985 au 14 février 1986. C'est un témoignage du long combat de Jo Spence contre le cancer du sein et offrait aux spectateurs un aperçu des différentes méthodes, en dehors de la médecine moderne, qu'elle a utilisées pour faire face à sa maladie et se réapproprier son corps en refusant les traitements conventionnels. Elle documente la rébellion de Jo Spence contre le pouvoir machiste des médecins et leur attitude condescendantes après son diagnostic de cancer du sein.
En 2020 Rosy Martin expose ses photos dans l'exposition Occupy the Void sous la direction de Laura Noble à la London Art Fair, qui met à l’honneur les travaux de 10 femmes photographes âgées de plus de 50 ans, pour protester contre l'invisibilisation des femmes âgées dans le milieu de la photographie. Les autres artistes exposées sont : Danielle Peck, Elaine Duigenan, Elizabeth Heyert, Samantha Brown, Kim Shaw et Sandra Jordan, Miranda Gavin, Wendy Aldiss et Mercedes Parodi.
Cette série est réalisée avec Verity Welstead et exposée pour la première fois en 2018 au Arnolfini, Bristol (en) dans l'exposition A Picture of Health. Women Photpgraphers from the Hyman Collection. Rosy Martin offre au public une série d'autoportraits d'elle âgée, avec des ailes d'anges et des tâches de sang, représentant sa colère et sa frustration de devoir être la personne prenant soin de sa mère âgée et malade, et des portraits d'elle en robe de sainte bleue, représentant la conformité de ce qui est attendu d'elle socialement au chevet de sa mère atteinte d’Alzheimer.
L'une des plus grandes sources d'inspiration de Rosy Martin est sa compagne de longue date, Jo Spence. Photographe britannique, Jo Spence est surtout connue pour son travail culturel et sa contribution à la création de la photothérapie. C'est sa rencontre et sa collaboration avec Jo Spence qui ont suscité l'intérêt de Rosy Martin pour la photographie. Le combat de Jo Spence contre le cancer du sein, ainsi que son engagement significatif dans les thématiques queer et féministes, ont profondément influencé la manière dont Rosy Martin présente son propre travail.
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.