Selon le journal Les Échos, la rue de Furstenberg est en 2024 la rue la plus chère de France avec un prix au mètre carré de 24 272 euros.
Origine du nom
Guillaume-Egon de Fürstenberg.
Sur le plan général de l’Abbaye dressé par Sanvy, en 1723, elle est déjà dénommée et orthographiée «rue de Furstemberg», du nom du cardinal Guillaume-Egon de Fürstenberg (1629-1704), nommé abbé de Saint-Germain-des-Prés en 1697, et la place carrée, qui ne fait pas alors partie de la rue, est appelée «cour des Écuries».
Il y a eu un flottement entre «Furstemberg» et «de Furstemberg» dans l'usage. Ce dernier odonyme, fixé par la nomenclature officielle de la ville de Paris, contrevient à la règle autrefois en usage d’omettre la particule initiale («de») lorsque la voie porte le nom d’une personne (ici d'un cardinal). Ce nom de voie est parfois orthographié à l'allemande, c'est-à-dire avec un «n» et avec le «ü» (u umlaut): Fürstenberg. C'est néanmoins la graphie francisée qui est l'officielle: «Furstemberg».
Dans l’usage, le carré arboré situé sur cette voie est parfois fautivement appelé «place de Furstemberg», sa partie centrale ayant la forme d’une place.
Historique
La voie est ouverte vers 1699 sur le terrain de l'enclos de l’abbaye Saint-Germain-des-Prés, dans la perspective du palais abbatial, Furstemberg souhaitant un accès au palais indépendant de celui de l'abbaye (il fera ouvrir également la rue Cardinale proche). À la fin du XVIIesiècle, c'est l'avant-cour du palais abbatial. Sous la Révolution, elle est nommée «rue de la Paroisse».
En 1806, la voie est appelée «rue de Wertingen», en mémoire de la bataille de Wertingen, livrée le , où les Français détruisirent un corps considérable d’Autrichiens. En 1815, elle reprit son ancien nom.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
La rue comprend en son milieu une placette pittoresque, objet de nombreuses illustrations et photographies. Son périmètre correspond à celui de l’ancienne cour d’honneur et des écuries de l’abbaye. L'abattage d'un paulownia—le plus ancien de Paris— sur la placette en «suscit[e] un certain émoi parmi les habitants du quartier».
Les bâtiments des nos6-8 ont une façade de briques et de pierres récentes réalisées dans les années 1990 inspirées du façadisme, afin de permettre une meilleure intégration au site. Plusieurs artistes y eurent leur atelier.
No1: pilier qui soutenait le portail d’entrée de la rue.
No2: résidence du compositeur russo-américain Alexandre Tcherepnine (1899-1977); une plaque lui rend hommage.
Un vestige de l’enceinte de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés subsiste dans la cour de l’immeuble. Il s’agit de la «tour dite du Colombier».
No3 ter: résidence de Jean François Asseline (1767-1832), sous-chef au bureau du ministère de la Guerre sous le Premier Empire et sous la Restauration. Il rédige des discours dans les ministères depuis la Révolution. Il y demeure avec sa seconde épouse Anne Nicole Suseron, née en 1785, et aussi avec leur fils, Adolphe Asseline (1806-1891), secrétaire du duc Ferdinand-Philippe d'Orléans (1810-1842) et de la duchesse d'Orléans, Hélène de Mecklembourg-Schwerin (1814-1858).
↑Renaud Gagneux, Denis Prouvost et Emmanuel Gaffard, Sur les traces des enceintes de Paris: promenades au long des murs disparus, Parigramme, (ISBN978-2-84096-322-6).
↑Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l’école française au XIXesiècle. Peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale, Madame Vergne, 1831 (en ligne).
↑Bernard Beugnot, Chronologie, in Jean Anouilh, Théâtre – II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade (2007) p.X