La rue Ninau depuis la place Montoulieu. | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 43° 35′ 50″ nord, 1° 27′ 00″ est |
| Pays | |
| Région | Occitanie |
| Département | Haute-Garonne |
| Métropole | Toulouse Métropole |
| Ville | Toulouse |
| Secteur(s) | 1 - Centre |
| Quartier(s) | Saint-Étienne |
| Début | no 7 place Saintes-Scarbes |
| Fin | no 3 place Montoulieu et rue Montoulieu-Saint-Jacques |
| Morphologie | |
| Longueur | 179 m |
| Largeur | 5 m |
| Odonymie | |
| Anciens noms | Rue Guilhem-Unaut (milieu du XIVe siècle) Rue Ninaut (XVe – XVIIIe siècle) Rue Montoulieu (XVIe – XVIIe siècle) Rue Sans-Culottide (1794) |
| Nom actuel | XVIIIe siècle |
| Nom occitan | Carrièra de Guilhèm Unaut de Lanta |
| Histoire et patrimoine | |
| Création | avant le XIIIe siècle |
| Lieux d'intérêt | Hôtel de Castagnier d'Auriac Hôtel d'Hornus Hôtel d'Ulmo |
| Protection | Site patrimonial remarquable (1986) |
| Notice | |
| Archives | 315554960007 |
| Chalande | 342 |
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La rue Ninau (en occitan : carrièra de Guilhèm Unaut de Lanta) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Peuplée majoritairement, à partir du XVIe siècle, par les membres de l'aristocratie toulousaine – parlementaires et capitouls particulièrement –, elle présente une grande unité, car la plupart des façades ont été élevées au cours du XVIIIe siècle. Les immeubles et les hôtels particuliers, parmi lesquels se distinguent particulièrement l'hôtel de Paulo et l'hôtel de Castanier d'Auriac, offrent des façades d'un style classique ou néo-classique très homogène. La rue abrite également un des plus beaux hôtels particulier de la Renaissance toulousaine, l'hôtel d'Ulmo, construit pour un parlementaire original, Jean d'Ulmo.
La rue Ninau est une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier Saint-Étienne, dans le secteur 1 - Centre.
Longue de 179 mètres, pratiquement rectiligne et d'orientation sud-est, la rue Ninau naît de la place Saintes-Scarbes. Elle rejoint la place Montoulieu, au croisement de la rue Montoulieu-Saint-Jacques. Elle est prolongée, au-delà, par la rue du Huit-Mai-1945, jusqu'au square Boulingrin.
La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la place Montoulieu vers la place Saintes-Scarbes. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe en revanche ni bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
La rue Ninau rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Au Moyen Âge, dès le milieu du XIVe siècle, la rue portait le nom de Guilhem Unaud (ou Unaut) (carraria Unaud en latin médiéval, 1360). Ce personnage, propriétaire d'une maison dans la rue, était peut-être Guilhem Unaut, seigneur de Lanta, chevalier proche de l'entourage des comtes de Toulouse Raimond VI et Raimond VII, et défenseur de la ville durant le siège de Toulouse en 1219, lors de la guerre des Albigeois. Il mourut en 1235, brûlé pour hérésie.
À partir du XVe siècle, le nom évolua et devint Ninaut – les variantes orthographiques donnent également Nynaut, Ninault ou encore Ninauld. Selon Pierre Salies, c'est le « m » final de Guilhem qui aurait pris la valeur de « n », tandis que le « u » aurait évolué en « i ». C'est au XVIIIe siècle qu'apparut la forme actuelle, Ninau. Elle changea de nom pendant la période révolutionnaire, en 1794, lorsqu'elle fut connue comme la rue Sans-Culottide, en hommage aux sans-culottes,.

Au Moyen Âge, la rue Ninau appartient au capitoulat de Saint-Étienne. Déjà connue en 1360 comme la carraria Guilhermi Unaud, il est probable qu'elle porte depuis le début du XIIIe siècle le nom d'un de ses propriétaires, Guilhem Unaut ou Unaud. Ce dernier avait été un chevalier toulousain proche des comtes de Toulouse Raimond VI et Raimond VII, à leurs côtés durant la guerre des Albigeois. Il fut d'ailleurs l'un des défenseurs les plus remarquables de la ville durant le siège mené par les croisés de Simon de Montfort en 1219. La rue se trouve face à l'une des entrées de la ville, la porte Montoulieu, et à la place du même nom – c'est pour cette raison qu'elle a porté parfois le nom de rue Montoulieu. La population de la rue est alors principalement composée d'artisans. On trouve également des auberges, qui accueillent les voyageurs qui entrent dans la ville : la présence de l'auberge de l'Écu de Bretagne, au XVe siècle, témoigne de cette activité.
À partir de la fin du XVe siècle, la population de la rue change progressivement, tandis que le quartier de la rue Ninau est progressivement intégré au quartier parlementaire de la ville. Seul subsiste, au milieu du XVIe siècle, le boulanger du four des Saintes-Carbes (emplacement de l'actuel no 2). On ne trouve alors plus que des parlementaires, des avocats et des capitouls, membres de l'élite aristocratique de la ville. Parmi les personnages les plus prestigieux se détache la figure de Jean de Borderia, docteur et avocat à la cour, maître des requêtes de la Reine, juge de Comminges et enfin pas moins de cinq fois capitoul, en 1540-1541, 1552-1553, 1561-1562, 1564-1565 et 1570-1571 (emplacement de l'actuel no 12-14). Les aristocrates toulousains font élever des hôtels particuliers qui manifestent leur richesse et leur puissance. L'hôtel d'Ulmo (actuel no 15), construit entre 1526 et 1536 par Jean d'Ulmo, avocat général au Parlement de Toulouse en 1526, puis président à mortier en 1529, témoigne de ces premiers hôtels du XVIe siècle.
Au cours du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle, les membres de la noblesse se font plus nombreux : parlementaires et gens de loi occupent tous les immeubles de la rue. Parmi les personnages remarquables se détachent les figures du premier président au Parlement Gaspard de Fieubet, qui habite l'hôtel d'Ulmo et de François Pagès, baron de Vitrac, seigneur de Maurens et Moncaussan, maître de la Comédie en Languedoc et écuyer de la grande écurie du roi, directeur de l'académie équestre du Languedoc, qui habite un immeuble de la rue (emplacement de l'actuel no 12),. Un autre personnage est le procureur Montilhet, un des derniers « Roi de la Basoche », qui meurt en 1762,. La rue est remodelée au cours des siècles et des transformations ou des nouvelles constructions : presque tous les immeubles sont reconstruits au XVIIIe siècle. Les constructions de ce siècle sont particulièrement remarquables pour leurs balcons en fer forgé (actuels no 3, 5, 6, 9, 11, 13, 14, 16, 17 et 18). L'hôtel Castanier d'Auriac (actuel no 19), construit probablement entre 1727 et 1755 pour les frères François II et Guillaume V Castanier d'Auriac (1702-1765), est d'un style classique très sobre : François II (1701-1729), président à mortier au parlement, et son frère Guillaume (1702-1765), conseiller au parlement, puis maître des requêtes, sont les fils de Guillaume IV (1670-1725), riche marchand drapier de Carcassonne, fondateur de la manufacture de draps de la Trivalle, et les neveux de François Ier (1674-1759), homme d'affaires et banquier, directeur de la Compagnie d'Occident et des Indes, « le plus riche coquin de France ». L'hôtel de Paulo (actuel no 12), élevé vers 1770 pour Marc Antoine de Paulo, est un des beaux hôtels particuliers du style néo-classique Louis XVI.
Au XIXe siècle, une fois passée la tourmente révolutionnaire, la rue conserve son caractère aristocratique. Certains immeubles et hôtels sont dotées de nouvelles façades, à l'alignement, dans certains cas particulièrement originales (actuel no 7). Dans tous les cas, le quartier ne souffre pas de destructions ou de reconstructions majeures. La rue Ninau conserve en grande partie le caractère qu'elle a depuis le XVIIIe siècle.



