| Forme juridique | Syndicat de salariés |
|---|---|
| But | « Constituer un pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre tous les travailleurs et travailleuses de l’industrie du jeu vidéo » |
| Zone d’influence | France |
| Fondation |
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| Siège | Paris |
|---|---|
| Membres |
50 en février 2018 Environ 1000 en 2025 |
| Site web | https://www.stjv.fr/ |
Le Syndicat des travailleureuses du jeu vidéo (ou STJV, parfois stylisé en S+JV) est un syndicat français de travailleurs dans le secteur du jeu vidéo. Il a été fondé le , par une trentaine de salariés dont la majorité sont des programmeurs.
Le STJV n’est affilié à aucune des principales confédérations syndicales françaises. Il ne se revendique officiellement d’aucune idéologie particulière, mais inscrit son action dans un projet de transformation de la société et de «« rupture avec le système capitaliste ».
L'idée de la création du syndicat est née en 2016 lors de la loi El Khomri à la suite du mouvement social contre la loi Travail de 2016. Après un an d'échanges cette idée s'est concrétisée sur la création du syndicat STJV en septembre de l'année suivante,. Dès sa création, le STJV entend représenter les travailleurs de l’industrie vidéoludique et défendre leurs conditions de travail, notamment sur les questions liées aux salaires, aux heures supplémentaires, au crunch et au harcèlement. En effet, à compter de la fin 2017 et du début de l'année 2018, le syndicat contribue à plusieurs enquêtes journalistiques sur les conditions de travail dans l'industrie, et notamment au sein du studio Quantic Dream, sur des faits de harcèlement sexiste et moral,.
L'initiative de création d'un syndicat s'inscrit en partie en réaction aux ordonnances Macron réformant le marché du travail, et dans une volonté que l'industrie vidéo-ludique ne soit pas uniquement représentée par le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) considéré comme « le Medef du secteur » et qui est « destiné à défendre les intérêts de l'industrie - qui ne coïncident pas toujours avec ceux de ses travailleurs ».
La création du STJV s'est faite à l'initiative d'une trentaine de personnes issues de petits groupes distincts de développeurs. Le syndicat émerge de la volonté d'être représentés par d'autres personnes que leurs « patrons » et de « représenter tous ceux qui fabriquent le jeu vidéo en France, du salarié au contractuel en passant par le stagiaire ».
Le secteur employant entre 5 000 et 23 000 personnes et composé d'environ 830 entreprises, ou 10 000 emplois directs selon Gamekult.
Le syndicat critique l'absence de convention collective spécifique au jeu vidéo,, le secteur étant actuellement majoritairement sous la convention collective du Syntec (Convention collective pour le personnel des bureaux d'études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils),.
Le STJV met en avant la « passion pour ce métier » pour leur « démarche de la défense des travailleurs et travailleuses de l'industrie ».
La médiatisation des conditions de travail et du harcèlement au travail dans le secteur du jeu vidéo est un facteur de la création du STJV.
À ses débuts, le syndicat était principalement composé de programmeurs, au détriment des autres corps de métiers du jeu vidéo comme les graphistes, les game designers, du fait de leur précarité dans l'emploi et de leur peur des conséquences d'une syndicalisation.
Selon ses fondateurs, les autres métiers de l’industrie sont alors moins représentés en raison de freins à la syndicalisation tels que la précarité ou la peur des conséquences d'une affiliation à une organisation syndicale[réf. nécessaire].
Les membres sont, à l'origine, une trentaine de personnes travaillant pour différents studios. Le STJV revendique environ 1 000 adhérents en février 2025 sur les 10 000 à 15 000 salariés employés par le secteur. Il lance ce même mois un appel à la grève générale le 2025 pour protester contre les licenciements en cours dans le secteur, sur fond de conjoncture économique défavorable pour l'industrie. Des rassemblements sont organisés dans plusieurs villes françaises et sont suivis par 1 000 personnes dont près de 550 à Paris, place de la Bastille, selon leurs organisateurs, et entre 200 et 300 participants au rassemblement parisien selon le média Les Échos,.
Au printemps et à l’été 2026, le syndicat organise plusieurs mobilisations dans plusieurs studios notamment Kylotonn, Midgar Studio et Quantic Dream, et organise une nouvelle journée de grève générale dans le secteur le ,,.
Le syndicat a globalement pour objet de permettre l'expression publique des travailleurs du jeu vidéo, d'aider les travailleurs et de fournir une information pour la défense et l'amélioration des conditions de travail,.
Les objectifs de représentation et de mise en avant des conditions des travailleurs du secteur du jeu vidéo par la voie syndicale sont considérés comme « n'ayant pas d’équivalent dans l’histoire ». Partant du constat que le secteur était représenté uniquement par des syndicats d'employeurs (comme le SELL et le SNJV), le STJV veut être un interlocuteur des pouvoirs publics.
L'objet du syndicat est de « constituer un pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre tous les travailleurs et travailleuses de l’industrie du jeu vidéo ».
Le STJV a été créé en réaction au crunch et au harcèlement au travail, ainsi qu'à cause de l'accumulation d'heures supplémentaires non payés.
Le STJV défend son existence ainsi : « jusqu'ici, il n'existait aucune structure permettant aux travailleurs et travailleuses de l'industrie du jeu vidéo de s'exprimer publiquement et collectivement. Dans une pareille situation, seul le point de vue d'une frange réduite de l'industrie (par exemple éditeurs ou employeurs) peut être audible par la société et par le gouvernement ».
Pour ses fondateurs, l'initiative de création d'un syndicat vise notamment à offrir une représentation des travailleurs de l'industrie vidéo-ludique distincte de celle du Syndicat national du jeu-vidéo (SNJV) rassemblant les entreprises et salariés, parfois même qualifié de « MEDEF du secteur ».
En , le syndicat publie une lettre mettant en cause les gestionnaires de Don't Nod Entertainment pour des cas de burnouts parmi les employés.
Le STJV a pour but de constituer un pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre tous les travailleurs et travailleuses de l’industrie du jeu vidéo[réf. nécessaire]. Son objectif déclaré est de permettre l'expression publique des travailleurs du jeu vidéo, d'aider les travailleurs et de fournir une information pour la défense et l'amélioration des conditions de travail, notamment en ce qui concerne les salaires, les heures supplémentaires et le management,.
Il défend la démocratie directe et l’autonomie des travailleurs et des travailleuses, qu'il considère comme des personnes politiquement majeures.
Le 14 janvier 2018, 21 salariés, dont des membres du STJV, travaillant au sein du studio Eugen Systems entament une grève de près de 50 jours motivée par le « manque d’écoute » de la direction et la situation précaire de plusieurs salariés, une durée « exceptionnelle » dans l’industrie française du jeu vidéo selon le journal Le Monde,.
Le STJV participe par ailleurs à la dénonciation de la « culture du crunch », notamment mise en avant à l’occasion de la sortie du jeu Red Dead Redemption II du studio américain Rockstar Games. Ses prises de position rejoignent celles du mouvement international Game Workers Unite, créé en 2018, dont le syndicat devient l’une des organisations partenaires,.
En janvier 2023, le STJV appelle à la grève le 27 janvier chez Ubisoft, réclamant l’ouverture de négociations salariales. Le syndicat revendique 700 grévistes et l’un des « plus gros mouvements [sociaux] de l’industrie vidéoludique ».
En février 2024, le syndicat publie une lettre mettant en cause les gestionnaires de Don't Nod Entertainment pour des cas de burnouts parmi les employés. Ce même mois, le STJV participe aux côtés d’autres syndicats à une grève nationale chez Ubisoft pour demander des augmentations de salaire.
En octobre 2024, le STJV appelle à une nouvelle grève chez Ubisoft pour contester la politique de retour au bureau initiée par le studio. Le mois suivant, le syndicat appelle à une grève au sein du studio Don’t nod Entertainment pour protester contre un plan de sauvegarde de l’emploi prévoyant 69 départs.
Ces premières actions valent au STJV l’attention des médias et de nombreux parlementaires quant à la question de l’amélioration des conditions de travail dans la filière. Elles suscitent dans le même temps des critiques de la part de certains dirigeants des entreprises du secteur, qui remettent notamment en cause sa représentativité en raison de ses effectifs alors compris entre 30 et 70 adhérents.
En 2020 durant la pandémie de Covid-19, le STJV communique sur la sécurité sanitaire des employés, afin d’obtenir la mise en place de mesures pour les salariés.

Le syndicat est organisé autour de trois organes : l'assemblée générale (AG), le comité d'animation (CA) et les commissions.
Conformément aux statuts du syndicat, l'assemblée générale (AG) a pour rôle de prendre les décisions d'orientation générale à la majorité absolue, d’élire les membres du comité d'animation (CA) par jugement majoritaire, et de révoquer les membres du CA.
L'assemblée générale est constituée de tous les adhérents du STJV[source insuffisante].
Les assemblées locales sont une sous-division de l'AG, regroupant les adhérents par région, elles ont pour rôle d'organiser des réunions à leur niveau, et rendent compte au CA des discussions et travaux[source insuffisante].
Le comité d'animation (CA) a pour rôle d'informer les adhérents par compte rendu-mensuel, il valide la création de commissions, alloue le budget pour les assemblées locales et il peut prononcer des sanctions contre les adhérents.
Le CA est composé des membres élu par l'AG, ainsi que du secrétariat et de la trésorerie[source insuffisante]. Les prises de paroles au nom du syndicat font l'objet d'un mandat attribué par le CA[source insuffisante].
Le bureau est une structure faisant partie du CA, il comprend le secrétariat et la trésorerie[source insuffisante].
Les commissions sont des groupes de travail autonomes autour d'un objet de travail, elles peuvent être créées à l'initiative de tout membre. Elles informent les membres du syndicat de leur travail à travers des comptes-rendus[source insuffisante].
Le syndicat a créé en une « commission étudiante » spécifiquement pour la population étudiante du secteur du jeu vidéo.
Le STJV explique avoir fait le choix de ne pas avoir d'affiliation avec l'une des cinq principales confédérations syndicale en France (considérées comme « représentatives de droit » soit la CFE-CGC, la CFDT, la CFTC, la CGT, et la CGT-FO) pour ne pas « faire peur aux potentiel futurs adhérents » dans un secteur non habitué à être syndiqué et précisant que le jeu vidéo est un secteur assez spécifique pour un syndicat autonome,,.
Le STJV fait partie d'un groupe fédéré par le Game Workers Unite (en) (GWU). Le Game Workers Unite (ou GWU) et le STJV ont lancé de concert en une enquête sur les métiers de l'écriture dans le jeu vidéo. Le STJV déclare qu'il « apporte son savoir-faire et son expérience » au Game Workers Unite.
En 2018, le président du SNJV Lévan Sardjevéladzé « s'étonnait » que les statuts précisent que le syndicat s'oppose à toute « organisation basée sur la propriété lucrative »,.
Selon Le Monde et Le Point, plusieurs détracteurs du syndicat dénoncent une « rhétorique marxiste », voire « paléomarxiste » de la part des dirigeants du syndicat. L’hebdomadaire Valeurs Actuelles désigne quant à lui le STJV comme un « syndicat d’extrême-gauche »[réf. nécessaire]. Dans une interview en mars 2018, l’un des fondateurs du syndicat affirme cependant récuser l’étiquette de « marxiste »,.
Selon Le Monde, « certains, notamment chez les dirigeants » qualifient le discours du syndicat de « paléomarxiste ».

Le STJV ne se revendique officiellement d’aucune idéologie en particulier. Dans sa présentation, le syndicat affirme néanmoins que sa politique « s’inscrit dans un projet plus large de changement de la société, de rupture avec le système capitaliste qui entrave le progrès humain »,. Certains de ses membres revendiquent par ailleurs s’être inspirés de l’anarcho-syndicalisme. Le syndicat a notamment fait sien le drapeau rouge et noir.
Le syndicat critique l'absence de convention collective spécifique au jeu vidéo, le secteur étant actuellement majoritairement sous la convention collective du Syntec (Convention collective pour le personnel des bureaux d'études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils).
Le syndicat demande en outre davantage de démocratie dans le fonctionnement des entreprises du secteur en impliquant davantage les travailleurs du secteur dans les décisions stratégiques.
Le syndicat demande le contrôle du versement du crédit d’impôt jeu vidéo aux entreprises du secteur.
Le STJV intervient dans la lutte contre le sexisme dans l’industrie du jeu vidéo, notamment en dénonçant les biais sexistes dans les processus de création, en menant des actions de sensibilisation auprès des salariés et en mettant à disposition des ressources à destination des personnes victimes de sexisme et de harcèlement.
Le STJV défend le télétravail dans l’industrie. En avril 2024, le syndicat dénonce notamment la décision du studio Ubisoft de ramener le quota de travail à distance de deux jours par semaine à un jour.
Le STJV demande également à rendre les congés payés et maladie illimités, la suppression des jours de carence et le maintien à 100% du salaire. Le syndicat affirme également viser la semaine de quatre jours pour 28 heures de travail.
En 2019 et en 2023, le STJV participe aux mobilisations contre les réformes des retraites aux côtés d’autres organisations syndicales,,,,.
En , le STJV prend position contre les liens entre Microsoft, propriétaire d’Arkane Studios, et l’armée israélienne, dans le contexte de la guerre de Gaza depuis 2023. La branche locale du syndicat publie une lettre s’inscrivant dans le sillage du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions, qui a lancé une campagne de boycott contre les produits Xbox en avril précédent.