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Mouvement citoyen |
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« Paname Propre » (pseudonyme) |
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#SaccageParis est un mouvement citoyen idéologiquement proche de la droite parisienne, apparu en 2021 pour dénoncer ce qu'il considère comme des atteintes au patrimoine, à la culture et au cadre de vie de la capitale, imputées à la politique municipale menée sous la mandature d'Anne Hidalgo.
Dans un premier temps, la mairie de Paris qualifie cette initiative de campagne de « dénigrement », avant de lui reconnaître une fonction de « lanceur d'alerte » et de répondre à certaines des critiques formulées par ses participants. En 2021, #SaccageParis figure parmi les plus utilisés sur Twitter en France, atteignant la huitième position des mots-dièses.
En dépit de sa visibilité en ligne, le mouvement peine à mobiliser largement sur le terrain. Les rassemblements organisés n'ont réuni, à plusieurs reprises, que quelques centaines de personnes,,.
Le mouvement saccageparis apparait au premier trimestre 2021. Il commence par un mot-dièse sur Twitter lancé par un anonyme sous le pseudonyme de « Paname Propre » et repris par des médias plus traditionnels. Il s'agit à l'origine d'initiatives isolées et non structurées, selon le chercheur Antoine Sander, de l'université de Cambridge,.
Lorsqu'il se structure, le mouvement SaccageParis, qui pour l'occasion se dote d'un compte Twitter officiel en , @SaccageParis, se situe sur des thématiques liées à la droite, avec une tension entre d'une part des fondateurs de centre-droit et d'autre part certains participants d'extrême droite.
La presse étrangère, notamment de pays dont des touristes à Paris sont originaires, s'en fait parfois l'écho,,. Ainsi le New York Post indique que le hashtag #SaccageParis est devenu viral sur Twitter avec des photographies de certaines rues « débordantes d'ordures », annonçant, selon la Tribune de Genève, le « déclassement de la Ville Lumière ». Le magazine en ligne La Tribune de l'Art, spécialisé dans la défense du patrimoine artistique, s'en fait l'écho.
En 2021, #Saccageparis est en huitième position des mots-dièses les plus utilisés en France selon Visibrain, un service de veille des réseaux sociaux. Le concept s'est étendu à d'autres villes sous la forme de #saccagetoulouse, #saccagemarseille, #saccagegrenoble, etc.
Le cabinet d’études Saper Vedere a analysé que le recours au mot dièse #SaccageParis avait été la plus grosse crise numérique de 2021 en France, avec une volumétrie record : 2 301 990 tweets entre le et le , devançant ainsi les sujets « Super Ligue de football », « Coca Cola et Cristiano Ronaldo », « l’UEFA » et « WhatsApp ».
Deux premières manifestations sont organisées les et devant l'hôtel de ville de Paris ; elles rassemblent quelques centaines de personnes,.
Le , Le Point publie un article reprenant les conclusions d'un sondage Ifop commandé à l'occasion de ces manifestations. L'article met notamment en lumière le fait que les soutiens de #SaccageParis seraient composés « majoritairement de sympathisants RN (36 %) et LREM (32 %) ».
Un an après le début du mouvement, le mot-dièse #SaccageParis est associé à presque 3 millions de messages postés sur le réseau social Twitter ; les 3,5 millions sont dépassés fin .
Une troisième manifestation a lieu le ; elle ne rassemble que 200 personnes,.
En 2025, Le Parisien le présente comme un « mouvement prétendument « citoyen » et « apolitique » devenu le porte-flingue de la droite parisienne sur les réseaux sociaux ».
Parmi les revendications mises en avant par le mouvement figurent :
Le mode d'action du mouvement est principalement médiatique, notamment sur Internet, mais des manifestations sont aussi organisées, ; elles ne génèrent toutefois qu'une affluence très limitée. Pour l'universitaire Marie-Caroline Arreto, le mouvement est une entreprise de démocratie participative : des citoyens se regroupent pour « rendre aux Parisiens le Paris qu’ils aiment ».
Des initiatives de sauvegarde du patrimoine sont entreprises, comme le rachat en d'un banc Davioud pour 1 200 euros, grâce à une cagnotte en ligne, et le don à la mairie de ce mobilier urbain emblématique de Paris,.
Pour ses instigateurs, il s'agit de dénoncer des problèmes de voirie, réels ou perçus comme tels. Le mouvement compte plusieurs milliers de participants, dont seuls les principaux sont mis en avant, le plus souvent sous pseudonyme. Dans le même temps, le slogan est repris par des comptes politiques controversés ainsi que par des élus de droite et des médias conservateurs.
En écho à #saccageParis, l'artiste Pierre Perret évoque avec sa chanson Paris saccagé la dégradation, selon lui, de la capitale.
La ville de Paris indique subir « une campagne de dénigrement via #saccageparis […] comme toutes les villes de France, Paris est confrontée à des incivilités et à des problèmes de régulation de l’espace public », tout en reconnaissant la pertinence de certaines critiques et présente en réponse un plan pour restaurer la beauté de la ville. En , la mairie de Paris reconnait le bien fondé de certaines critiques « #SaccageParis, c’est le même travail que nous » et considère que SaccageParis est un lanceur d'alerte. Plusieurs actions sont engagées en urgence,.
Une action culturelle et une campagne médiatique se font jour afin de répondre aux questions posées par le mouvement,. Dès , les bancs Champignon sont retirés, ainsi que certains bancs Mikado, ceux qui resteront en place devant être rénovés. La municipalité décide de renoncer aux plots de signalisation en plastique jaunes utilisés pour signaler les « coronapistes », les pistes cyclables temporaires ajoutées pendant la pandémie de Covid-19 ; des séparateurs en granit clair seront installés,. En , la ville de Paris annonce la fin des « permis de végétaliser » autour des arbres et le retour des grilles de type Davioud, en fonte ajourée, à l'exception de ceux, rares, dont « des collectifs [s’occupent] avec professionnalisme ». Des poursuites judiciaires contre les auteurs des tags sont engagées. En mars, la Mairie accepte de considérer le mouvement comme un interlocuteur légitime. Un projet de transfert de la propreté des espaces et de l’entretien du petit patrimoine aux mairies des arrondissements de Paris est annoncé en 2022.