Pézize couronnée, Pézize superbe
| Règne | Fungi |
|---|---|
| Division | Ascomycota |
| Sous-embr. | Pezizomycotina |
| Classe | Pezizomycetes |
| Ordre | Pezizales |
| Famille | Pezizaceae |
Sarcosphaera coronaria, la Pézize couronnée ou Pézize superbe, est une espèce de champignons ascomycètes de la famille des Pezizaceae. Elle est caractérisée par sa période printanière, sa grande taille et son intérieur violet s'ouvrant en étoile.
Le nom scientifique complet (avec auteur) de ce taxon est Sarcosphaera coronaria (Jacq.) J.Schröt..
L'espèce a été initialement classée dans le genre Peziza sous le basionyme Peziza coronaria Jacq..
Sarcosphaera coronaria a pour synonymes :
Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Pézize couronnée, Pézize superbe, pézize en couronne, sarcosphère en couronne, sarcosphère remarquable.
Le sporophore de ce champignon est constitué d'une apothécie mesurant entre 3 et 15 cm diamètre. Elle est fermée puis s'ouvre sous forme d'étoile à maturité. L'extérieur est de couleur blanche. L'intérieur est violet voire brun et devient jaunâtre avec le temps.
On retrouve la pézize couronnée dans les forêts de feuillus et de conifères au sol calcaire, entre avril et juin. Elle a également pu être observée sur des sols sablonneux à proximité des littoraux.
Elle se rencontre surtout en Europe, en particulier dans les Alpes.
Selon les recommandations actuelles, ce champignon est considéré comme non comestible, voire toxique. Il doit impérativement ne pas être ingéré cru. Plusieurs cas d'intoxication ont été recensés, dont un mortel. Dans la littérature ancienne concernant la mycologie, la pézize couronnée était pourtant considérée comme comestible. Elle aurait d'ailleurs été consommée pendant plusieurs siècles dans le Jura.
Les sporophores de S. coronaria, notamment en Romagne, sont souvent confondus avec diverses espèces de Pezizaceae au sens large ; ils sont cueillis et consommés après cuisson, sans qu’aucun problème n’ait été signalé chez les consommateurs. Dans certaines petites régions des Marches et de l'Ombrie, ce champignon est également connu localement en tant que tel par les cueilleurs. Dans certains ouvrages, S. coronaria est présentée comme un champignon toxique, notamment à la suite d'une intoxication familiale survenue en Suisse en 1920, ayant entraîné un décès (Butignot 1921). D'autres intoxications ont été signalées sporadiquement par la suite, mais l'hypothèse d'une teneur en giromitrine a été réfutée par les analyses de laboratoire, car ni Stijve (1978), ni Andary & al. (1985) n'ont détecté la présence d'un quelconque dérivé hydrazinique.
Pour expliquer la « toxicité variable » de S. coronaria, Stijve (2008) a mis en cause la capacité de cette espèce à hyperaccumuler l'arsenic, sous forme d'acide méthylarsonique (qui n'est pas la forme la plus toxique mais reste néanmoins dangereuse), ainsi que le fait que les sols de la zone de cueillette en Suisse sont riches en arsenic en raison d'anciennes activités minières. Des recherches plus récentes ont confirmé la capacité d’hyperaccumulation d’arsenic de ce champignon et, outre l’acide méthylarsonique, une forme plus toxique d’un composé organique de l’arsenic a également été détectée, à savoir l’acide métaarsénieux (Braeuer & al. 2020). Les quantités de cette dernière espèce chimique se sont révélées trop faibles pour être dangereuses pour la santé des consommateurs, même si certaines simulations ont permis d’émettre l’hypothèse d’une augmentation de sa concentration en milieu acide pendant la digestion (ce qui n’est toutefois pas encore suffisant pour provoquer des intoxications). Cependant, une autre hypothèse plutôt inquiétante est que l'acide méthylarsénique puisse se former par réduction de l'acide métaarsénieux dans l'environnement de cuisson, en présence de composés soufrés réducteurs tels que les sulfures organiques de l'ail et de l'oignon (Braeuer & al. 2020). Dans ce cas, la consommation de quantités modestes de S. coronaria pourrait suffire à provoquer des intoxications potentiellement graves.
Compte tenu de ce risque assez important, bien qu'aucun incident n'ait été signalé dans les zones de consommation traditionnelle en Italie, il faut estimer que la consommation alimentaire de S. coronaria doit être déconseillée.