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Eli Davidai (d) |
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Université Columbia ( - New School for Social Research (en) ( - Woodrow Wilson School (en) (depuis le ) Université de Princeton ( - |
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| Site web |
(en) www.shaidavidai.com |
Shai Davidai, né à Kiryat Ono (district de Tel Aviv), est un militant pro-israélien et universitaire israélo-américain, professeur contractuel en « business » à l'Université Columbia.
Il devient pendant la guerre de Gaza l'une voix les plus virulentes de l'opposition aux mobilisations propalestiniennes sur le campus de Columbia, au point de faire l'objet de plusieurs procédures internes pour harcèlement et intimidation, qui n'aboutissent pas. Il mène en particulier des campagnes d"identification d'étudiants étrangers pro-palestiniens, afin d'obtenir leur arrestation puis leur expulsion du territoire américain. Il quitte Columbia en .
Shai Davidai naît à Kiryat Ono, dans la banlieue de Tel Aviv. Il est le petit-fils de Benjamin Davidai, ancien vice-président d'El Al impliqué dans l'enlèvement du criminel de guerre nazi Adolf Eichmann en 1960, afin d'être jugé en Israël. Comme ses compatriotes, Shai Davidai a servi dans l'armée israélienne, ce dont il se déclare « fier » en tant que sioniste. Il choisit de servir comme médecin dans la marine pour éviter d'effectuer son service en Palestine occupée.
Il réside aux États-Unis depuis 2009. Après un baccalauréat en psychologie et en sciences cognitives de l'Université hébraïque de Jérusalem en 2009 et des études doctorales en psychologie comportementale à l'université Cornell, il est recruté comme professeur adjoint à la New School de Manhattan en 2015. Il devient chercheur postdoctoral à la Princeton University School of Public and International Affairs.
Il rejoint le département de management de la Columbia Business School en 2019. Son cours porte sur la négociation managériale pour étudiants en MBA, et ses recherches portent sur la manière dont la pensée à somme nulle fait obstacle au progrès. Son épouse, Yardenne Greenspan, est écrivaine et traductrice, diplômée de Columbia ; le couple a deux enfants. Il possède les nationalités israélienne et américaine.
Avant la guerre ayant lieu à Gaza depuis 2023, il participe aux manifestations contre le gouvernement Netanyahou en Israël. En , il affirme avoir été frappé au visage lors d'une manifestation à Tel Aviv par un homme qu'il identifie comme un policier en civil. Il se décrit comme libéral, pro-israélien, pro-palestinien et antiterroriste,.
Le jour-même de l'attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas sur le territoire israélien, il exige que l'université Columbia interdise Jewish Voice for Peace et Students for Justice in Palestine, deux associations pacifistes opposées au gouvernement israélien et solidaires de Palestiniens, qualifiant leurs membres de « terroristes » et de « nazis ».
Une semaine plus tard, Davidai prend la parole lors d'une veillée de solidarité avec les victimes israéliennes organisée sur le campus principal de Columbia. Il appelle les parents juifs à ne pas envoyer leurs enfants dans les grandes universités américaines qu'il accuse de ne pas réprimer ce qu'il désigne comme des « organisations étudiantes pro-terroristes ». Il interpelle la présidente de Columbia, Nemat Shafik, la traitant de « lâche » pour son silence face à ces associations et aux manifestations de soutient aux Palestiniens. Son intervention est diffusée sur les réseaux sociaux et dépasse ensuite dix millions de vues, faisant de lui une figure médiatique.

Au printemps 2024, lors des mobilisations propalestiniennes sur le campus de l'université Columbia, Davidai devient l'une des figures les plus visibles de l'opposition aux manifestations étudiantes en faveur des Palestiniens, qu'il accuse d'antisémitisme,. Il interprète les slogans « From the river to the see » (du fleuve à la mer) et « Globalize intifada » (mondialiser l'intifada), comme des appels à la violence contre les Israéliens et les Juifs. Il est notamment célèbre pour ses vidéos dans lesquelles il confronte des étudiants. Il cible des étudiants pro-palestiniens en appelant à leur expulsion du territoire américain, avant leurs arrestations par l'ICE. Il fait par ailleurs partie d'un groupe WhatsApp réunissant alumni, parents et professeurs de Columbia, qui élabore des stratégies pour faire expulser des étudiants pro-palestiniens.
Il fait partie de ces groupes qui font tourner des camions aux abords de l’université affichant des portraits d’étudiants en mentionnant leur supposé alignement pro-palestinien. « Ils ont une force de frappe énorme, lui-même a appelé ouvertement à l’arrestation et à la déportation de personnes de l’Université » explique Thomas Dodman, professeur d’histoire à Columbia.
Il réclame l'intervention de la Garde nationale pour évacuer le campement de solidarité avec Gaza installé sur le campus. Ses prises de position sont relayées par Fox News et le compte officiel de l'État d'Israël sur les réseaux sociaux. Des étudiants affirment avoir reçu des menaces après avoir été mentionnés par Davidai sur ces mêmes réseaux ; l'université ouvre alors une enquête interne à son encontre par l'intermédiaire du Bureau de l'égalité des chances, qu'il dénonce comme un acte de représailles visant à le faire taire. Des pétitions en sa faveur par le groupe de défense We Are Tov et pour son expulsion par Columbia Students for Justice in Palestine se croisent.
En , l'université désactive sa carte d'accès au campus principal et lui interdit l'entrée à certains espaces, invoquant notamment plus de 50 plaintes reçues contre lui et l'impossibilité selon lui de garantir sa « sécurité en tant que professeur juif »,. Le démocrate Jared Moskowitz compare ces interdictions à la « tactique des nazis » ayant empêché les Juifs d'avoir accès à des lieux ou leur faisant barrage. Des poursuites judiciaires sont intentées notamment par des étudiants des deux côtés,.
En juin de la même année, Davidai témoigne devant la commission des voies et moyens (House Committee on Ways and Means) de la Chambre des représentants des États-Unis où il dénonce l'inaction des dirigeants universitaires contre les manifestations anti-guerre.
En , Columbia l'exclut temporairement du campus, invoquant des comportements répétés de harcèlement et d'intimidation envers des employés de l'université. Parmi les faits lui étant reprochés figure une vidéo dans laquelle il suit le directeur des opérations de l'université pendant plusieurs minutes en lui posant des questions sur l'autorisation de manifestations pro-palestiniennes le 7 octobre 2024, le jour du premier anniversaire de l'attaque du Hamas contre Israël. Bien qu'il ne soit pas suspendu de son poste de professeur, Davidai se voit dans l'impossibilité d'accéder à son bureau ou de participer aux réunions de l'université,.
En , Davidai annonce son départ de l'université Columbia et publie sur les réseaux sociaux un document indiquant que le Bureau de l'équité institutionnelle de Columbia l'a blanchi des accusations déposées contre lui qui lui avaient valu une suspension temporaire pour harcèlement et intimidation d'employés de l'université, ne trouvant rien de répréhensible contre lui. Le bureau clôt l'enquête sans conclure à une faute, conformément à la politique universitaire autorisant la clôture des dossiers lorsqu'un employé quitte l'établissement.
Davidai apparaît dans le film October 8 - The Fight for the Soul of America, un documentaire de 2025 sur la montée de l'antisémitisme pendant la guerre de Gaza.