Sídh (anglicisé « shee », parfois orthographié Sid) désigne un monticule ou tumulus associé à l'aos sí. En irlandais le concept s'exprime par le mot sí (pluriel síthe) ; en gaélique écossais, c'est sìth (pluriel sìthean) ; en vieil irlandais, c'est síd (pluriel síde).
Ce mot désigne l’autre monde dans la mythologie celtique.
Dans certains textes anglophones récents, le mot sídhe est employé à tort pour désigner aussi bien les tumulus que le peuple qui les habite. Par exemple, dans un texte écrit en 1908, William Butler Yeats désignait les aos sí (« peuple du sidh ») simplement sous le nom de « sídhe ». Toutefois, dans les textes plus anciens, le terme sidh renvoie spécifiquement aux résidences (palais, cours, salles ou demeures) des êtres de l'autre monde censés y habiter,.

Le concept de péché était inconnu des Celtes. Les notions de « paradis » et d’« enfer » étaient également inexistantes dans leur religion ; on ne trouve pas chez eux d'équivalent des Enfers ou des champs Élysées pour les Romains, et pas davantage à la « résurrection de la chair » du monde chrétien. Nombre de textes irlandais utilisent pour l'état qui suit la mort ce mot, dont le sens est « paix ».
Dans la littérature médiévale et pré-médiévale, trois localisations distinctes sont associées au Sidh : à l'ouest, au-delà de l'horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres résidence des Tuatha Dé Danann. L’eau en est le moyen d’accès privilégié.
Selon la mythologie, les Tuatha Dé Danann sont dépeints comme des rois, des reines, des druides, des bardes, des guerriers, des héros, des guérisseurs et des artisans dotés de pouvoirs surnaturels et apparentés à des divinités et dont le royaume serait lié au Sidh,. D'après ces récits, d'anciens tumulus importants tels que le site archéologique de Brú na Bóinne, seraient des entrées vers les royaumes de l'autre monde,.
Le Lebor Gabála Érenn (Livre des Conquêtes d'Irlande), écrit par des clercs au XIIe siècle, est un récit mythologique qui narre les occupations successives de l'Irlande, depuis l'époque du déluge. Les Tuatha Dé Danann (les gens de la déesse Dana) sont des dieux qui viennent de quatre îles du nord du monde : Falias, Gorias, Finias et Murias, ils doivent éliminer les Fir Bolg lors de la « Première Bataille de Mag Tuireadh », pour s’installer. Les derniers arrivants sont les Milesiens, les « fils de Mile », originaires d’Espagne, ils vont battre les Tuatha Dé Danann qui sont contraints de se réfugier dans le Sidh, chaque dieu ayant le sien. Cependant, ce lieu mythique échappe à la géographie, puisqu’il est partout, en parallèle au monde des hommes.
Si les dieux peuvent venir et déambuler à leur guise dans le monde des humains, l'inverse n’est que rarement possible. Seuls des héros, des êtres exceptionnels, tel Cúchulainn, Conle ou Bran Mac Febail ont le privilège de visiter et de séjourner dans le Sidh, généralement à l’invitation d'une Bansidh. Éternel par essence, tout homme qui y pénètre ne peut revenir à la condition humaine. Ainsi ces hommes qui croient passer quelques heures ou quelques jours en compagnie des dieux y restent plusieurs siècles. Quand ils reviennent chez eux, ils tombent en poussière car ils sont morts depuis longtemps. La période de Samain (nouvel an des Celtes, vers le ) est propice à l’ouverture du Sidh.
L'Autre Monde des anciens Irlandais porte aussi les noms de Mag Mell (« Delightful plain » en anglais, plaine de joie en français), Mag Mor (« Grande Plaine »), Tir na mBéo (« Terre des Vivants »), Tir na mBân (« Terre des Femmes »), Tir na nOg (« Terre des Jeunes »), et Tir Tairngire (« Terre des Promesses »).