| Chancelière Académie d'Angoumois (d) | |
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| à partir de |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Pauline Benda |
| Surnom |
Simone Le Bargy Simone François-Porché |
| Pseudonyme |
Simone |
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Château de Trie-la-Ville (d) |
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| Conjoints |
Charles Le Bargy (à partir de ) Claude Casimir-Perier (de à ) François Porché (de à ) |
| Parentèle |
Julien Benda (cousin germain) Sigmund Benda (grand-père) |
| Membre de |
Académie d'Angoumois (d) () |
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Madame Simone, ou simplement Simone, dite Simone Le Bargy au théâtre, née Pauline Benda, est une comédienne et femme de lettres française, née le à Paris 8e et morte le à Montgeron.
Figure du théâtre de boulevard dans la première moitié du XXe siècle, notamment associée aux pièces d'Henri Bernstein, elle succède à Sarah Bernhardt dans le rôle de L'Aiglon d'Edmond Rostand, puis crée en 1910 le rôle de la Faisane dans Chantecler du même auteur. À partir de 1930, elle développe également une œuvre de romancière, dramaturge et mémorialiste, couronnée en 1960 par le grand prix de littérature de l'Académie française. Membre du jury du prix Femina de 1935 jusqu'à sa mort, elle exerce également une importante activité de transmission de l'art dramatique à la radio et compte Jean-Laurent Cochet parmi ses élèves.
Née en 1877 dans une famille de la bourgeoisie juive, alliée par sa grand-mère paternelle, née Emden, à la famille Reinach mais minée par la mésalliance de son père avec une danseuse, Pauline Benda est la petite-fille de Sigmund Benda et la cousine germaine de l’écrivain Julien Benda.
Très attachée à son père, Eugène Benda, qui meurt lorsqu’elle n'a que treize ans, Pauline Benda reste profondément marquée par cette disparition précoce. En 1960, Maurice Genevoix évoque « son amour pour un père trop tôt disparu » et en 1954, Émile Henriot décrit cette perte comme une « blessure ancienne » demeurée vive plus de soixante ans plus tard et rattache plus largement son œuvre romanesque aux tourments de son enfance. Hervé Bel relève également cet écho autobiographique dans son premier roman, Le Désordre (1930), dont l'héroïne reste elle aussi attachée à un père mort prématurément, au même mois que celui de Pauline Benda, et retourne auprès de sa tombe. Interrogée en 1961 par Madeleine Chapsal sur son enfance malheureuse, Madame Simone affirme n'en être jamais vraiment « sortie » ni « guérie ». Elle compare les souvenirs de cette période à « un crêpe tendu sur [son] existence » et estime que cette enfance a « teint[e] en deuil » toute sa vie.
Après ses études au lycée Racine,, Pauline Benda s’inscrit, sans en informer sa mère, à la Sorbonne et suit au Collège de France les cours de psychologie expérimentale de Théodule Ribot, à la grande stupéfaction de ses camarades, tous garçons et apprentis médecins,,. Elle fréquente également un hôpital, ce qui scandalise sa mère, qui craint qu’une telle conduite ne compromette ses chances de mariage. Un compromis est finalement trouvé : Pauline peut continuer les enseignements théoriques de Ribot, mais doit renoncer à la pratique hospitalière et prendre des cours de diction,.
Elle entre alors, à contrecœur, dans la classe de Charles Le Bargy, sociétaire de la Comédie-Française. Après l’avoir entendue réciter un poème de Lamartine, Le Tombeau d'une mère, celui-ci est vivement impressionné,. Mme Benda l’invite à dîner et, six mois plus tard, en 1898, Pauline Benda épouse à l'église Saint-Philippe-du-Roule le comédien Charles Le Bargy (1858-1936), de presque vingt ans son aîné.
La vocation théâtrale de Pauline se précise à la suite d’un défi lancé par son mari : après avoir jugé sévèrement l’interprétation de Bartet dans le rôle de Camille, dans On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset, elle s’entend répondre par Le Bargy : « Joue donc toi-même un peu, pour voir. »,.
Trois semaines plus tard, en 1900, elle paraît au théâtre municipal de Reims dans ce même rôle,. Craignant que les débuts de sa jeune épouse ne nuisent à sa réputation, Le Bargy la fait alors jouer sous le nom de « Pauline Prima »,. Au baisser du rideau, il lui dit : « Retiens bien ceci : ou tu renonces à tes travaux sur les fous et deviens comédienne, ou tu es folle toi-même. »,.
Avant de prendre sa décision, Pauline Benda sollicite l’avis de Sarah Bernhardt, qui l’auditionne dans sa loge alors qu’elle répète L’Aiglon,. Après avoir entendu Pauline réciter un poème de Victor Hugo, Deux différentes manières d’aimer, Bernhardt répond à Le Bargy, qui lui demande si la jeune femme est douée : « Plus que vous. »,. Rassurée sur ses aptitudes, Pauline se prépare à débuter à Paris en 1902. Toutefois, Le Bargy n'aime pas le prénom de Pauline. Il en cherche un autre qui fasse bien sur les affiches. Il hésite entre Christiane et Simone : finalement, il se décide pour Simone. Ce choix lui aurait été inspiré par les deux derniers vers du poème Simone d’Alfred de Musset : « Le plus difficile à trouver / N’est pas la plante, c’est Simone ». Pauline Benda se fait dès lors connaître sous le nom de Simone Le Bargy et le prénom de Pauline fut réservé à l'intimité.

Après une première apparition à Reims en 1900, elle fait ses débuts parisiens en 1902 sous le nom de Simone Le Bargy, grâce à Henry Bernstein, qu'elle avait auparavant aidé à regagner la France. Déclaré déserteur après avoir omis de rejoindre sa caserne pour retrouver sa maîtresse, la comédienne Suzanne Derval, le dramaturge s'était réfugié à Bruxelles. Ayant appris sa situation, Simone Le Bargy était intervenue en sa faveur auprès de l'avocat et homme politique René Viviani, qu'elle connaissait de longue date et qui avait obtenu son amnistie. En 1902, Bernstein lui confie son premier grand rôle sur une scène parisienne, celui de Jacqueline dans Le Détour, inaugurant une collaboration au cours de laquelle elle créera plusieurs autres de ses pièces. Selon l'historienne du théâtre Chantal Meyer-Plantureux, il est impossible de déterminer si ce choix relève de la reconnaissance envers la comédienne ou de l'admiration pour son talent. Madame Simone s'impose dès lors comme l'une des vedettes du théâtre de boulevard, associée aux succès de Bernstein, mais aussi aux œuvres d'Henry Bataille et de Georges de Porto-Riche. Ce répertoire, très prisé au début du siècle, connaîtra par la suite un profond déclassement critique, notamment après la Seconde Guerre mondiale.
En 1909, son ami Charles Péguy envisage de lui confier le rôle de Jeanne dans sa Jeanne d’Arc, publiée en 1897. Il lui expose son projet de faire représenter l’œuvre à Orléans les 6, 7 et 8 mai 1910, à l’occasion des fêtes de Jeanne d’Arc. Simone accueille toutefois cette proposition avec réserve, et le projet n’aboutit pas.
Après avoir succédé à Sarah Bernhardt dans le rôle-titre de L'Aiglon d'Edmond Rostand, Madame Simone retrouve l'auteur en 1910 lors de la création de Chantecler. Le 7 février 1910, au théâtre de la Porte-Saint-Martin, elle crée le rôle de la Faisane, grand rôle féminin de la pièce, aux côtés de Lucien Guitry dans le rôle-titre et de Jean Coquelin dans celui de Patou,. La réception de son interprétation est toutefois contrastée. Dans la Revue des Deux Mondes, René Doumic, très sévère envers l'interprétation d'ensemble de Chantecler, estime que le rôle de la Faisane interprété par Simone « disparaît purement et simplement ». Henri de Régnier porte en revanche un jugement plus favorable sur son incarnation scénique : bien que critique envers le réalisme des costumes du spectacle, il distingue Simone et Félix Galipaux des autres interprètes, estimant qu'ils semblent « n'avoir jamais été autre chose que merle et faisane ».
En 1921, Madame Simone entre à la Comédie-Française comme pensionnaire, suivant ainsi les traces de Charles Le Bargy, qu'elle appelait « son sociétaire ». Son engagement, sollicité par Georges de Porto-Riche auprès de l'administrateur général Émile Fabre, est destiné à lui faire interpréter le rôle de Dominique Brienne dans une reprise du Passé,. Dans la Revue des Deux Mondes, le critique René Doumic souligne le caractère personnel de son interprétation, marquée selon lui par l'intelligence et la nervosité, et rapporte que le public de la première lui réserve une ovation. Elle interprète également Armande dans Les Femmes savantes de Molière. Son séjour à la Comédie-Française ne dure que huit mois et lui laisse un souvenir peu agréable : dans ses mémoires, elle évoque sa « hâte d'en terminer avec [son] bref séjour dans la Grande Maison ». Des années plus tard, elle retrouve la Comédie-Française, cette fois en tant qu'autrice, avec trois de ses pièces : Le Lever du soleil (1946), écrit avec François Porché, dont elle assure la mise en scène, En attendant l'aurore (1954), mis en scène par Julien Bertheau, et Un roi, deux dames et un valet (1958), également écrit avec François Porché et mis en scène par Jacques Sereys.
En 1905, Simone Le Bargy fait ses débuts sur la scène londonienne. L'acteur et directeur de théâtre George Alexander, qui l'avait vue jouer dans Le Bercail à Paris, lui propose de rejoindre sa troupe au St James's Theatre. Elle interprète en anglais, aux côtés d'acteurs britanniques, le principal rôle féminin de The Man of the Moment, adaptation anglaise par Harry Melvill de L'Adversaire d'Alfred Capus et Emmanuel Arène. Dans Ainslee's Magazine, le critique Alan Dale souligne le caractère alors inhabituel d'une actrice française se produisant à Londres dans la langue du pays et relève que sa diction anglaise lui paraît plus intelligible que celle de nombreuses actrices londoniennes.
Madame Simone connaît également une carrière aux États-Unis, à l'instar de Sarah Bernhardt et de Réjane, qui l'avaient précédée sur les scènes américaines. Elle se singularise toutefois par le choix de se produire en anglais, tandis que ses deux aînées y jouent en français,. Elle se produit à New York dès octobre 1911 dans The Thief, adaptation anglaise du Voleur d'Henri Bernstein, au Daly's Theatre. Elle joue ensuite The Whirlwind, adaptation de La Rafale, avant de poursuivre sa saison new-yorkaise en 1912 au Hudson Theatre, où elle paraît successivement dans The Return from Jerusalem de Maurice Donnay, The Lady of Dreams d'Edmond Rostand, adaptation anglaise de La Princesse lointaine d'Edmond Rostand, et Frou-Frou d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy. En décembre 1912, elle fait ses débuts à Chicago au Powers Theatre dans The Return from Jerusalem ; The Billboard relève alors l'accueil enthousiaste qui lui est réservé. L'universitaire Sophie Lucet souligne que ces expériences outre-Atlantique, en confrontant Simone au jeu dans une autre langue, renforcent également son intérêt pour les questions de traduction et de transmission du répertoire dramatique français. Elles nourrissent aussi sa réflexion sur le fonctionnement du théâtre américain : le 22 septembre 1913, elle publie dans Le Temps une chronique intitulée « Les Conditions du théâtre aux États-Unis ».
Elle retourne aux États-Unis en 1924. Au début de l'année, le producteur Edward MacGregor présente Madame Simone, qualifiée par The Billboard de « célèbre vedette française » (« noted French star »), dans Open House, dont la tournée s'achève en février. À l'automne 1924, Madame Simone reprend à New York le rôle-titre de L'Aiglon de Rostand. Le critique de The Billboard relève à cette occasion sa maîtrise technique, la souplesse de sa voix et l'étendue de son registre dramatique. Michel Forrier rapporte que le maire de New York salue sa venue et la remercie de « reprendre […] le flambeau de [sa] compatriote Sarah Bernhardt ». Elle poursuit parallèlement sa réflexion sur la scène américaine en publiant, le 11 octobre 1924 dans Comoedia, un nouvel article intitulé « Le Théâtre aux États-Unis ».
Dans ses chroniques dramatiques réunies dans La Jumelle noire, Colette revient à plusieurs reprises sur le jeu de Madame Simone. En 1933, à propos de Maria d'Alfred Savoir, elle porte sur son interprétation un jugement nuancé : tout en rappelant ses créations du Secret, du Retour de Jérusalem et de L'Acheteuse, elle estime que la douceur du personnage de Maria bride le tempérament de la comédienne et que l'attention qu'elle porte à l'âge supposé du rôle modère sa puissance scénique. En 1935, dans sa chronique consacrée à Un roi, deux dames et un valet, Colette exprime une vive admiration pour l'interprétation qu'en donne Simone, dont elle souligne le regard, la maîtrise de soi et l'aptitude à suggérer le secret, la rancune et les passions contenues de son personnage. Lors de la reprise de L'Acheteuse de Steve Passeur en 1936, son appréciation est élogieuse : elle considère Simone comme indissociable du rôle et souligne qu'elle est « la seule actrice qui joue à corps perdu sans s’égarer ». L'année suivante, dans L'Enfant de l'amour d'Henry Bataille, Colette voit en elle une interprète capable de rendre toute sa force au théâtre de Bataille sans chercher à l'atténuer ni à l'accommoder au goût du jour ; elle relève notamment son sang-froid, son sens des nuances et des contrastes et son endurance dans un rôle particulièrement éprouvant.
L'historienne du théâtre Chantal Meyer-Plantureux souligne que sa réception critique est également marquée par les stéréotypes antisémites. Celui de l'« actrice juive » conduit notamment la critique à présenter Simone comme plus « cérébrale » que sentimentale, plus « nerveuse » que douce, et à associer son jeu à la sécheresse, à la fièvre ou à l'emportement. En 1903, lors de la création du Retour de Jérusalem de Maurice Donnay au théâtre du Gymnase, une partie du public confond l'interprète et son personnage (Judith) et invective Madame Simone notamment aux cris de « sale juive ». Victime d'un évanouissement à l'issue de cette première représentation, elle continue néanmoins à jouer la pièce pendant près d'un an, celle-ci rencontrant un important succès. La Libre Parole d'Edouard Drumont exploite la représentation dans ses campagnes antisémites : Léon Daudet lui consacre un article intitulé « Le Juif aux feux de la rampe » et qualifie ailleurs Simone d'« araignée juive ». Commentant en 1957 les souvenirs de la comédienne, Robert Coiplet relève néanmoins que les appréciations peu amènes de Daudet à son égard « ne les empêchaient pas d'être bons amis ». Cette amitié se traduit encore, en 1939, par le soutien de Daudet à la candidature de Simone au prix Goncourt pour son roman Le Paradis terrestre : dans une lettre adressée à René Benjamin, il annonce vouloir voter pour elle « à tous les tours » et estime son roman « supérieur à tous les autres »,.
Pendant l'Occupation, Madame Simone aurait refusé d'autoriser la représentation de ses pièces. Dans un article paru en novembre 1947, à l'occasion de la création de sa pièce La Descente aux enfers, le journaliste André David affirme que Fernand de Brinon, représentant du régime de Vichy auprès des autorités allemandes, avait réclamé son arrestation en raison de ce refus, dans un rapport adressé à Joseph Goebbels le 17 mai 1943. La Descente aux enfers, inspirée du mythe d'Alceste, évoque d'ailleurs l'univers des camps de concentration nazis. Dans sa critique publiée dans Le Monde, Robert Kemp compare les enfers de la pièce à un « Buchenwald souterrain » et rapproche le chef des troupes d'Hadès, joué par Henri Rollan, d'un officier SS.

À partir des années 1910, amie de nombreuses célébrités de son temps, elle reçoit au château de Trie-la-Ville de grandes personnalités littéraires comme Charles Péguy, Jean Cocteau ou Anna de Noailles. Cette dernière, peu satisfaite de sa propre voix, fait parfois appel à Simone pour réciter ses poèmes à sa place. La poétesse la considère comme la meilleure interprète de ses vers ; c'est ainsi qu'en juillet 1912, Simone les déclame pendant quatre heures devant Cocteau.
En 1935, deux ans après la disparition de son amie Anna de Noailles, qui siégeait au jury du prix Femina depuis sa fondation en 1904, Madame Simone y fait à son tour son entrée. Elle en demeure membre pendant cinquante ans, jusqu’à sa mort en 1985. Parallèlement, elle anime aussi un salon littéraire, où elle lie des amitiés et exerce une influence dans le milieu parisien. Au fil des décennies, Madame Simone s'impose comme une figure influente du jury du prix Femina. Selon la sociologue Delphine Naudier, sa force de persuasion contribue notamment, en 1968, à l'attribution unanime du prix à L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar. En 1977, Claude Sarraute la présente dans Le Monde comme le « principal arbitre du prix Femina ».
Madame Simone écrit également le scénario d’Adrienne Lecouvreur, film réalisé par Marcel L’Herbier et sorti en 1938, dont l’adaptation est signée Jean-Georges Auriol et Marcel L’Herbier, et les dialogues François Porché.
En 1964, lors de la fondation de l'Académie d'Angoumois, Madame Simone en devient chancelière, tandis que Jacques Chardonne en accepte la présidence d'honneur.
L'entrée en littérature de Madame Simone est favorablement accueillie par la critique. En 1931, à propos de son premier roman Le Désordre, Henri de Régnier relève dans Le Figaro l'indépendance du roman et souligne les qualités de l'œuvre ainsi que le pittoresque et le relief de sa langue. Si le théâtre lui a d'abord apporté la célébrité comme comédienne, l'écriture occupe progressivement une place majeure dans le parcours de Madame Simone. Au fil de plusieurs décennies, elle développe ainsi une œuvre littéraire comprenant cinq romans, cinq pièces de théâtre et quatre récits autobiographiques.
En 1945, Simone consacre sa première pièce de théâtre à la romancière anglaise Emily Brontë, une pièce en trois actes créée au théâtre Montparnasse et mise en scène par Gaston Baty. Le ressort dramatique de l'œuvre repose sur une hypothèse psychobiographique : Simone imagine qu'Emily Brontë aurait refoulé une passion pour son frère Branwell, susceptible d'éclairer la violence amoureuse des Hauts de Hurlevent. Lors de la création, le critique du Monde se montre réservé à l'égard du principe des « pièces-biographies » et relève la lenteur de certains passages. Jean-Jacques Bernard porte pour sa part un jugement plus enthousiaste sur l'œuvre, dont il rapproche par moments la progression de celle du théâtre de Tchekhov. Il salue la mise en scène de Baty ainsi que les interprétations de Marguerite Jamois dans le rôle-titre et de Serge Reggiani dans celui de Branwell Brontë.
La même année, Madame Simone fait représenter sa deuxième pièce, Rosiers blancs, en quatre actes, au théâtre des Mathurins, dans une mise en scène de Marcel Herrand, qui figure également dans la distribution, aux côtés notamment de Lise Topart et de Marie Daëms. La pièce contribue à révéler la jeune Lise Topart, sœur du comédien Jean Topart, alors âgée de dix-sept ans, dans le rôle de Pauline, dite « Poussy ». Plusieurs critiques saluent particulièrement son interprétation, soulignant la sincérité et la puissance émotive de son jeu, et la qualifient notamment de « révélation » et de « triomphatrice ». René Laporte, tout en regrettant un dénouement trop moral, loue la maîtrise dramatique de l'auteure et présente à son tour Lise Topart comme une révélation, lui prédisant une brillante carrière. Évoquant trente années passées à fréquenter les théâtres, Léon Treich affirme n'avoir éprouvé que très rarement un tel sentiment de révélation et estime que la jeune comédienne pourrait devenir « une grande, très grande actrice », « si le sort ne s'acharne pas sur elle ». Lise Topart meurt en 1952, à vingt-quatre ans, dans un accident d'avion à Nice.
En 1954, Madame Simone fait représenter sa dernière pièce de théâtre, En attendant l'aurore, à la Comédie-Française. La pièce, en deux actes, met en scène une comtesse vieillissante, recluse dans son hôtel particulier, à laquelle la Mort offre de retrouver temporairement sa jeunesse pour accomplir une vengeance. Dans Le Monde, Robert Kemp, tout en jugeant l'intrigue excessivement mélodramatique, s'enthousiasme pour l'interprétation d'Annie Ducaux. Il admire la métamorphose de la comédienne, qui incarne d'abord une vieille femme affaiblie, à la voix altérée et s'appuyant sur une canne, avant de retrouver soudain l'apparence et l'éclat de sa jeunesse. Le critique salue sa virtuosité et la juge digne d'hériter de l'épithète de « divine », autrefois attribuée à Julia Bartet. Il loue également les décors de Georges Wakhévitch et la mise en scène de Julien Bertheau. La musique de scène, composée par André Jolivet, prévoit notamment l'emploi des ondes Martenot, instrument de musique électronique, témoignant de la recherche d'effets sonores contemporains dans la réalisation du spectacle.
La même année, Madame Simone publie chez Plon L'Autre Roman, son premier volume de souvenirs. Dans Le Monde, Émile Henriot souligne la sobriété avec laquelle elle évoque les blessures de son enfance et ses relations difficiles avec sa mère, estimant que ce récit intime relève davantage d'une recherche de vérité que d'un règlement de comptes. Il salue notamment la profondeur de son analyse psychologique et qualifie ses souvenirs de « livre bouleversant ».
En 1957, elle publie Sous de nouveaux soleils, chez Gallimard. Le critique Robert Coiplet souligne dans Le Monde diplomatique l'intérêt des portraits que Simone consacre aux personnalités du théâtre et des lettres du début du XXe siècle. Il distingue particulièrement celui de Gabriele D'Annunzio, qu'il considère comme une réussite remarquable, ainsi que les chapitres consacrés à Charles Péguy et à Alain-Fournier, dont il relève la dimension émouvante. La réception n'est toutefois pas unanimement favorable : dans le Bulletin de la Société des amis de Marcel Proust, en 1958, un chroniqueur signant « A. F. » reproche à l'ouvrage de faire une trop large place à des dramaturges qu'il juge dépassés, tels Henry Bataille, Georges de Porto-Riche et Maurice Donnay.
En 1967 paraît Ce qui restait à dire, son troisième volume des souvenirs. Dans Le Monde, Yves Florenne y voit à la fois une chronique du théâtre de l'entre-deux-guerres et un autoportrait indirect de l'écrivaine. Il salue notamment la qualité du portrait d'Edmond Rostand et la puissance romanesque de certains épisodes. Il exprime cependant des réserves à l'égard de certaines admirations littéraires de Simone, notamment celle qu'elle conserve pour Henry Bernstein.
Son dernier livre de souvenirs, Mon nouveau testament, paraît en 1970. Dans Le Monde, Yves Florenne à nouveau souligne que ce dernier ouvrage se distingue des précédents par sa dimension philosophique. Il y voit une réflexion sur la foi, la mort et la permanence de l'amour. Dans l'hommage qu'il lui consacre en 1985, Yves Florenne revient sur l'ensemble de cette entreprise autobiographique, dont il place les premiers volumes parmi les principales réussites littéraires de Madame Simone. Il présente Mon nouveau testament comme l'achèvement de cet ensemble sous la forme d'une confession métaphysique. Retraçant son parcours personnel, sentimental et artistique, les quatre volumes de souvenirs de Madame Simone constituent, selon l'universitaire Sophie Lucet, un fascinant « roman d'apprentissage ».
Madame Simone reçoit en 1960 le grand prix de littérature de l'Académie française. Le Monde relève qu'aucune femme n'avait obtenu cette distinction depuis trente ans. Lors de la séance publique de l'Académie française de décembre 1960, Maurice Genevoix revient sur la réception de son œuvre littéraire : il rappelle que Le Désordre, Jours de colère et Le Bal des Ardents avaient suscité de nombreux éloges critiques et retient notamment le jugement d'Henri de Régnier sur Jours de colère, « qui ne ressemble à aucun autre ». Genevoix dit pour sa part accorder une préférence particulière à ses livres de souvenirs, notamment L'Autre roman et Sous de nouveaux soleils, dont il souligne l'acuité d'observation et la qualité des portraits. Il rappelle enfin qu'en 1910, un demi-siècle avant de recevoir elle-même le grand prix de littérature de l'Académie française, Madame Simone avait fait campagne pour que cette distinction soit attribuée à Charles Péguy.
Délaissée par son mari, Charles Le Bargy, Simone Le Bargy entame en 1905 une liaison avec Claude Casimir-Perier. Alors qu’elle connaît un grand succès au théâtre dans La Rafale d’Henri Bernstein, elle s’enfuit avec lui en Angleterre et demande le divorce par lettres à son mari. Cette fuite provoque un scandale largement commenté par la presse, qui parle de « la fugue de l’artiste ».
En décembre 1906, le divorce entre Simone Le Bargy et Charles Le Bargy est prononcé aux torts de l’actrice, à qui il est reproché d’avoir quitté le domicile conjugal pour vivre avec son amant. Comme elle a acquis sa notoriété sous le nom de « Simone Le Bargy », elle demande au tribunal l’autorisation de conserver le nom de son mari. Charles Le Bargy s’y oppose et obtient gain de cause : Simone est menacée d’une astreinte de 500 francs pour chaque usage du nom interdit. La presse se saisit alors de l’affaire sur le mode de la plaisanterie : le journal Fantasio imagine ainsi un certain Agénor Lebargy, « né de parents pauvres, mais malhonnêtes », qui accepterait un mariage blanc afin de permettre à l’actrice de conserver son patronyme. Finalement, l’actrice renonce à son ancien nom marital et ne conserve que le prénom d’emprunt sous lequel elle s’était fait connaître : elle devient dès lors « Madame Simone », nom sous lequel elle poursuivra sa carrière théâtrale et littéraire.
Selon l’historienne Jennifer Kilgore-Caradec, le premier mariage de Madame Simone avec l’acteur Charles Le Bargy aurait servi de modèle à Jean Cocteau pour son monologue Le Bel Indifférent.
En 1909, elle se remarie avec l'écrivain Claude Casimir-Perier (1880-1915), fils de l'ancien président de la République Jean Casimir-Perier.
Madame Simone est également proche de Léon Blum, alors critique littéraire et dramatique, qu'elle fréquente au moins dès 1907 : le 5 janvier de cette année-là, André Gide la rencontre chez Blum. Elle fréquente le cercle de Léon et Lise Blum ; l'historien Serge Berstein décrit Blum comme un ami proche de Simone et relève qu'elle a laissé de lui un « portrait plein de tendresse et d'admiration ». Dans Sous de nouveaux soleils (1957), Simone évoque cette proximité d'une manière qui conduit Berstein à écrire qu'elle « laisse entendre que ses relations avec Blum ne furent pas totalement platoniques ».
En 1923, veuve de Claude Casimir-Perier, Madame Simone épouse l’auteur François Porché (1877-1944), ami d'Alain-Fournier qu'elle a connu en le soignant durant la guerre.
Le fait marquant de sa vie personnelle reste sa liaison brève et passionnée entamée en 1913 avec Alain-Fournier, qu'elle avait rencontré alors qu'il était secrétaire de Claude Casimir-Perier. Avant que leur relation ne devienne amoureuse, une intimité intellectuelle s'établit progressivement entre eux à partir de 1912. Simone lit notamment le manuscrit du Grand Meaulnes. Au printemps 1913, elle participe également aux démarches visant à favoriser la candidature du roman au prix Goncourt. Alain-Fournier, conseillé par elle, travaille à son second roman, Colombe Blanchet, mais celui-ci demeure inachevé à sa mort. En février 1914, elle tombe enceinte de l'écrivain et recourt à un avortement,,.

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Alain-Fournier se trouve avec Simone à Cambo-les-Bains, qu'il quitte au moment de la mobilisation. Isabelle Rivière s'installe à Bordeaux, où Simone la rejoint, suivie d'Albanie Fournier, la mère de l'écrivain. Toutes espèrent alors pouvoir intervenir auprès du gouvernement, et notamment d'Aristide Briand, afin d'obtenir qu'Alain-Fournier soit éloigné du front,. D'après le critique et écrivain belge Hubert Lampo, Alain-Fournier avait auparavant refusé une proposition de transfert à l'état-major, préférant demeurer auprès de ses hommes. Simone cherche alors à faire transformer cette possibilité de mutation en décision de la hiérarchie et rencontre Briand à Bordeaux. Celui-ci accepte d'entreprendre les démarches nécessaires. Avant qu'elles n'aboutissent, Alain-Fournier apprend toutefois à Simone qu'il est devenu officier de liaison auprès de l'état-major de son régiment, fonction considérée comme sensiblement moins exposée,. Le 16 septembre, Briand informe Simone que les circonstances ne lui ont pas encore permis de joindre les personnes susceptibles d'organiser le transfert. Apprenant qu'Alain-Fournier occupe désormais une fonction jugée moins dangereuse, il lui laisse le choix de poursuivre ou non son intervention. Simone consulte alors Albanie Fournier et Isabelle Rivière, qui estiment avec elle qu'il est préférable de s'en tenir à cette situation.
Mais la nouvelle de la mort de Charles Péguy, tué au front quelques jours auparavant, ravive ses inquiétudes. Simone décide de reprendre elle-même les démarches et retourne voir Briand, qui lui promet alors de faire affecter Alain-Fournier à l'état-major. La mutation n'a cependant pas le temps d'être réalisée : le 22 septembre 1914, Alain-Fournier reprend le commandement de ses hommes et est tué quelques heures plus tard lors d'une reconnaissance dans le bois de Saint-Rémy,. Sans nouvelles d’Alain-Fournier pendant plusieurs jours, Simone s’inquiète vivement de son sort et lui adresse des lettres d’amour de plus en plus anxieuses, ignorant encore qu’il a été tué au combat.
En l'espace de quelques mois, la guerre emporte ainsi successivement plusieurs des hommes les plus proches de Simone : son ami Charles Péguy, tué le 5 septembre 1914, son amant Alain-Fournier, le 22 septembre suivant, puis son mari Claude Casimir-Perier, tué au front dans l'Aisne le 12 janvier 1915. Quelques années plus tard, c'est Edmond Rostand, dont elle avait notamment interprété L'Aiglon et créé Chantecler, qui meurt à son tour le 2 décembre 1918, de la grippe espagnole.
La relation avec Alain-Fournier laisse une trace dans l'œuvre romanesque de Simone. Selon Robert Gibson, biographe d'Alain-Fournier, Simone avait présenté son roman Le Paradis terrestre, publié en 1939, comme largement autobiographique : le héros aurait été modelé sur Alain-Fournier, tandis que le père de ce personnage aurait été inspiré du père de l'écrivain. Cette transposition suscita des réactions, Isabelle Rivière, soeur d'Alain-Fournier, contestant notamment le portrait de son père qui en résultait.
En 1957, Madame Simone révèle publiquement sa liaison passionnée avec Alain-Fournier dans Sous de nouveaux soleils et ravive une controverse autour de la vie sentimentale et de l'image posthume d'Alain-Fournier. Dans les chapitres intitulés « Histoire d'un amour », Simone entend notamment répondre aux « légendes » qui se sont, selon elle, constituées autour de cette période de la vie de l'écrivain. La même année, le critique Jean-Marie Delettrez publie une plaquette intitulée Quelques rectifications aux souvenirs de Simone sur Alain-Fournier. La sœur de l'écrivain, Isabelle Rivière, reprend à son tour le dossier dans Vie et passion d'Alain-Fournier, publié en 1963. Sans nier l'importance de la relation entre son frère et Simone, elle conteste l'interprétation qu'en donne cette dernière et lui oppose notamment des lettres, carnets et documents demeurés jusque-là inédits. Interrogée en 1964, elle affirme ne pas vouloir « ouvrir une polémique », mais « rétablir la vérité sur preuves ». Les biographes ultérieurs, notamment Jean Loize, chercheront à confronter les deux témoignages plutôt qu'à privilégier exclusivement l'un d'eux. En mars 1986, quelques mois après la mort de Madame Simone, le président François Mitterrand revient sur cette controverse dans un entretien accordé à Marguerite Duras et publié dans L'Autre Journal : « Avez-vous entendu parler de ce combat de vieilles dames ? », demande-t-il. Il qualifie par ailleurs Sous de nouveaux soleils de « livre magnifique » et rend un hommage personnel à Madame Simone, qu'il affirme avoir connue. « Quel grand personnage ! », déclare-t-il.
La querelle trouve symboliquement son épilogue après la mort des deux femmes, lors de la publication de la correspondance entre Simone et Alain-Fournier : leurs héritiers soulignent qu'« il ne reste plus aucun protagoniste de la vive querelle » et indiquent s'être réunis pour publier conjointement ces lettres d'amour jusque-là inédites. La relation de Madame Simone avec Alain-Fournier est effectivement documentée par une importante correspondance amoureuse échangée entre 1912 et 1914. Simone ne souhaitant pas que les lettres d'Alain-Fournier soient publiées de son vivant, elle les lègue à la Bibliothèque nationale de France ; elles ne paraissent donc qu'en 1992, sept ans après sa mort, sous le titre Correspondance 1912-1914, dans une édition établie, préfacée et annotée par Claude Sicard,. Cette centaine de lettres témoigne d'une relation passionnée dans laquelle les préoccupations quotidiennes côtoient l'expression très directe de l'amour, du désir et de l'angoisse. La critique Janine Delort y relève les « espérances violentes » et les angoisses du couple, ainsi qu'une passion qui s'exprime à la fois par le « cœur » et le « corps » ; elle cite cette phrase d'Alain-Fournier : « Je marche, étranger à tout ce qui m'entoure, dans le pays de notre amour ».
La liaison entre Madame Simone et Alain-Fournier connaît également une postérité scénique. Elle fait l'objet de la lecture-spectacle Alain-Fournier, un amour fauché, présenté au Festival de la Correspondance de Grignan et mise en lecture par Ladislas Chollat. Romane Bohringer y incarne Madame Simone face à Raphaël Personnaz dans le rôle d'Alain-Fournier,,. En 2016, les dernières lettres d'amour échangées par les deux amants sont l'objet du spectacle de lecture épistolaire Votre écriture est le plus beau dessin du monde quand elle écrit mon adresse…, lu par Béatrice Costantini et Pierre Santini lors des Flâneries d'Art d'Aix-en-Provence. L'année suivante, une lecture mise en scène intitulée Alain Fournier et Madame Simone est présentée à la Pépinière Théâtre à Paris dans le cadre du festival Intimité publique, avec Claire Chazal et Jules Sagot, dans une mise en lecture de Richard Brunel.
En juillet 1971, Madame Simone fait l'objet d'un long entretien filmé avec Jean José Marchand, réalisé par Jacques Nahum dans le cadre de la collection Archives du XXe siècle. Elle y revient notamment sur son enfance, sa carrière théâtrale et littéraire et sur les nombreuses personnalités artistiques et intellectuelles qu'elle a côtoyées, parmi lesquelles Charles Le Bargy, Jean Cocteau, Charles Péguy, Marcel Proust, Eleonora Duse et Alain-Fournier,.
Très affectée par la mort de son beau-fils, Wladimir Porché, en juin 1984, Madame Simone meurt le 17 octobre 1985, à l'âge de 108 ans. Après avoir traversé deux guerres mondiales et plusieurs changements de régime politique, elle disparaît moins de six ans avant que ne soit résolu le mystère entourant le sort d'Alain-Fournier : en mai 1991, les restes de l'écrivain sont retrouvés près de Saint-Rémy-la-Calonne, avec ceux de ses compagnons d'armes, à proximité du lieu où il avait disparu le 22 septembre 1914,.
Dans la nécrologie qu'il consacre à Madame Simone dans Le Monde, Yves Florenne voit dans sa disparition celle de « tout un siècle » et souligne le paradoxe d'une comédienne qui, tout en ayant occupé la scène pendant trente ans et compté parmi les premières actrices de son temps, disait éprouver une profonde indifférence pour ce métier. Il interprète le théâtre chez Simone comme une discipline et un « exercice spirituel », avant de voir dans son passage à l'écriture l'accomplissement de sa vocation première et de la qualifier de « grande romancière ».
Madame Simone exerce parallèlement à sa carrière de comédienne et de femme de lettres une importante activité de transmission de l'art dramatique. Dans son émission radiophonique L'Art du comédien : propos et pratique, présentée comme un ensemble de « cours et travaux pratiques », elle fait travailler des comédiens sur des œuvres du répertoire : on y entend notamment le futur professeur de théâtre Michel Bernardy ou les futures actrices Mireille Darc et Bernadette Lafont, qui interprète notamment Le Tombeau d'une mère de Lamartine. Madame Simone aborde conjointement diction, respiration, articulation, mouvement, intention et compréhension du texte. Dès les débuts de l'émission, sa portée est présentée comme dépassant le seul apprentissage technique du métier. En avril 1951, Le Monde rapproche son enseignement de la diction d'un enseignement de la littérature française, et estime que Madame Simone apprend à l'auditeur à « déguster un texte classique ».
Les archives de L'Art du comédien : propos et pratique conservées par l'INA et Radio France témoignent d'une pédagogie fondée sur la correction concrète et la démonstration : Madame Simone interrompt les interprètes, leur fait reprendre une réplique et joue parfois elle-même le passage afin d'en faire entendre le mouvement. Elle accorde une place essentielle au souffle, qu'elle considère comme une condition de la liberté du comédien. Ses indications varient selon les auteurs et les genres : elle demande de l'ampleur et de fortes couleurs dans Molière, travaille les liaisons, le vers et l'atmosphère dans Racine, tandis qu'avec Feydeau elle insiste notamment sur le mouvement et l'efficacité de la parole comique,,,.
La réputation de son enseignement est relevée par ses contemporains. En 1951, dans un article de La Revue de Paris, Paul Guth décrit son enseignement dans L’Art du comédien : « Elle est un admirable professeur de théâtre. [...] Elle pousse son scalpel dans les replis des grands rôles et [...] démonte les engrenages de la parole publique. Leçon inoubliable de netteté, d’efficacité ». En 1960, Maurice Genevoix la présente devant l'Académie française comme un « professeur incomparable » à la radio.
La chercheuse Marion Chénetier-Alev analyse cette émission comme une manière de faire entrer l'auditeur dans la « fabrique du jeu dramatique » et comme l'une des formes prises par la transmission radiophonique du savoir des comédiens. Elle la situe, avec les émissions de Louis Jouvet et de Béatrix Dussane, parmi les exemples d'une histoire du théâtre élaborée à la radio par les comédiens eux-mêmes.

Parmi les élèves de Madame Simone figure Jean-Laurent Cochet, qui la présente dans ses souvenirs comme son « dernier professeur officiel »,. Dans ses souvenirs, il estime qu'elle synthétisait les enseignements qu'il avait reçus jusque-là tout en leur apportant « une profondeur de vue, une nouveauté dans la fidélité ». Il lui attribue notamment l'apprentissage de la « réaccentuation » et d'un principe qu'elle résumait par la formule « situation unique, note unique », destiné à faire naître l'intonation du comédien de la situation dramatique elle-même. Il rapporte également qu'elle lui enseignait à « faire ses mots », c'est-à-dire à retrouver sous le texte écrit l'inflexion et le mouvement naturel de la parole, principe qu'il reprend par la suite dans son propre enseignement,.
Cochet associe également Madame Simone à sa dernière apparition comme pensionnaire de la Comédie-Française. Selon son récit, elle conçoit et anime à cette occasion une soirée consacrée au classicisme à travers la poésie française, dont elle présente elle-même le programme en improvisant ses commentaires et en récitant de mémoire certains des textes. Elle lui confie notamment plusieurs stances de Jean Moréas qu'ils avaient travaillées ensemble,.
Leur relation se prolonge au-delà de la formation de Cochet. Celui-ci raconte être resté aussi souvent que possible auprès d'elle et lui avoir même présenté ses propres élèves,. Lors de ce qu'il présente dans ses souvenirs comme leur dernière rencontre, Madame Simone fait encore travailler ces élèves sur Lorenzaccio et Andromaque, développant notamment sa conception d'une Andromaque non pas passive ou craintive, mais souveraine face aux autres personnages de la pièce. À propos de Lorenzo, elle explique qu'il faut partir de la fin, de la réplique Respire, cœur navré de joie, qui éclaire selon elle tout le personnage. Avant qu'ils ne la quittent à jamais, elle leur récite encore de mémoire l'« Hymne au soleil » d'Edmond Rostand (dans Chantecler), que Cochet qualifie de « bréviaire du comédien ». Cochet résume finalement le souvenir qu'elle lui laisse en écrivant : « Elle fut un moment fulgurant de notre histoire. Elle avait tout vu, tout su, tout voulu, tout connu, tout aimé, tout eu ».
La présence régulière de Madame Simone sur les antennes de la Radiodiffusion française puis de la RTF suscite à l'époque des critiques liées à ses liens familiaux avec Wladimir Porché, fils de son mari François Porché et donc son beau-fils, qui dirige la Radiodiffusion française à partir de 1946 puis la Radiodiffusion-télévision française jusqu'en 1957. En janvier 1950, Le Crapouillot estime ainsi que cette parenté « explique peut-être la fréquence des émissions de Madame Simone ». En juin 1950, À la page relève également la fréquence de ses apparitions depuis l'arrivée de Porché à la tête de la radiodiffusion et ironise, à propos de la diffusion d'une pièce de François Porché interprétée par Madame Simone, sur une radio nationale devenue selon lui « familiale ».
Au début du XXe siècle, parallèlement à l'affirmation de sa carrière sur les scènes parisiennes, Madame Simone fait l'objet de nombreuses représentations peintes, photographiques et caricaturales, diffusées notamment dans les Salons, la presse illustrée et sous forme de cartes postales.
Parmi les représentations peintes de l'actrice, en 1908, Henry Caro-Delvaille réalise un imposant Portrait de Madame Simone, une huile sur toile de 140 × 189 cm, aujourd'hui conservée au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg. Présentée l'année suivante au Salon de la Société nationale des beaux-arts, l'œuvre représente la comédienne allongée, vêtue d'une robe largement décolletée et enveloppée de fourrure. La sensualité de cette représentation retient l'attention de la critique. L'historien de l'art Kenneth McConkey qualifie rétrospectivement son allure de « femme fatale » (''vampish'', dans le texte original) et souligne qu'elle suscite alors à la fois réprobation et admiration. Il cite la critique britannique Claire de Pratz qui, rendant compte du Salon dans la Westminster Gazette en 1909, écrit à propos de Simone que l'on dit « lady », mais que l'on pourrait presque dire « sirène ».

La photographie participe également à la diffusion de son image. Simone Le Bargy est notamment photographiée à plusieurs reprises au début de sa carrière par Léopold-Émile Reutlinger, spécialisé dans le portrait de personnalités du spectacle. Plusieurs de ces portraits, largement diffusés dans la presse illustrée ou sous forme de cartes postales, accompagnent ses premiers succès sur la scène parisienne. Les couvertures photographiques colorisées contribuent à faire d'elle une « icône médiatique » selon les usages de la Belle Époque. Reproduites dans des revues et des journaux, ainsi que sur d'autres supports, notamment publicitaires et sous forme de cartes postales, ces images témoignent, selon l'universitaire Sophie Lucet, du rôle déterminant joué par la presse illustrée et la photographie dans le lancement d'une carrière théâtrale au début du siècle. Plusieurs portraits de Simone par Reutlinger sont conservés sous forme de cartes postales, notamment des clichés datés de 1903 à 1905,. En 1905, Simone figure également en couverture de Le Théâtre, dans le rôle d'Éveline du Bercail d'Henry Bernstein, sur une photographie du studio Boissonnas et Taponier. Plus tard, en 1924, Simone est photographiée pour le magazine Vogue par Edward Steichen : ce portrait en noir et blanc, où la comédienne apparaît vêtue d'une robe de soirée, parée de colliers de perles et d'une étole de fourrure, est notamment reproduit en 2024 par France Culture pour illustrer une émission qui lui est consacrée.
La presse caricaturale s'empare elle aussi de son image. En janvier 1903, Leonetto Cappiello la représente en couverture du Rire dans La décoration de M. Le Bargy, où elle apparaît décorant son mari Charles Le Bargy. L'année suivante, il la fait figurer aux côtés de Maurice Donnay et de Camille Dumény dans Les Succès de l'année, caricature publiée dans Le Rire et consacrée à plusieurs succès théâtraux de 1903. En 1910, Daniel de Losques la représente sous les traits de la Poule Faisane dans la lithographie en couleur Les Animaux de Chantecler.