Surabaya

Surabaya
Administration
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Type kota
Province Java oriental
maire Eri Cahyadi
Date de création 31 mai 1293
Démographie
Population 3 123 914 hab. (2012)
Densité 8 345 hab./km2
Langue(s) javanais, madurais
Groupes ethniques Chinois, Javanais, Madurais
Géographie
Superficie 374,36 km2
Situation de Surabaya dans la province de Java oriental.
Vue de Surabaya.

Surabaya (Soerabaja avec la graphie néerlandaise jusqu'en 1947, Surabaja avec l'orthographe soewandi de 1947 à 1972) est une grande ville d'Indonésie. Deuxième ville du pays (après Jakarta, la capitale) par sa population de plus de 3,3 millions d'habitants, elle est la capitale de la province de Java oriental.

Située sur la côte nord est de l'île de Java (le Pasisir) à l'embouchure de la rivière Mas (en) (Kali Mas) et le long du détroit de Madura, sa superficie totale est de 326 km2.

Pour les Indonésiens, elle est connue comme la « ville des héros » (Kota Pahlawan) par l'importance de la bataille de Surabaya (1945) dans la galvanisation indonésienne et le soutien international à l'indépendance du pays lors de la révolution nationale indonésienne. Surabaya est la ville de naissance de Soekarno, un des proclamateurs et premier président de la République d'Indonésie.

Son port, Tanjung Perak, est le premier port d'Indonésie. Il abrite également le commandement de la deuxième Flotte de la marine indonésienne.

Surabaya dispose du statut de kota (municipalité) et est dirigée par un walikota élu par l'assemblée municipale, elle-même élue au suffrage direct.

Géographie

Surabaya est située sur la côte nord-est de l’île de Java et constitue la capitale de la province de Java oriental. Bordée par le détroit de Madura au nord et à l’est, par le kabupaten de Sidoarjo au sud et celui de Gresik à l’ouest, la ville occupe une position stratégique au sein de l’une des principales régions urbaines et économiques d’Indonésie. Son territoire administratif est divisé en 31 districts (kecamatan) et 153 quartiers administratifs (kelurahan).

Etymologie

Le nom Surabaya, issu de l’ancien javanais Śūrabhaya, est souvent interprété symboliquement comme l’expression d’un affrontement entre la terre et l’eau. Une légende populaire l’associe également au combat entre un requin (sura) et un crocodile (baya), devenus des symboles emblématiques de la ville.

Géologie

Surabaya s’étend principalement sur une plaine littorale de faible altitude, généralement située à seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Plus de 80% de son territoire présente ainsi un relief relativement plat, tandis que des terrains plus élevés et vallonnés apparaissent dans les secteurs sud et ouest. Les sols sont majoritairement alluviaux, issus des dépôts fluviaux et côtiers, avec des formations plus calcaires dans certaines parties occidentales. La ville est également traversée par plusieurs cours d’eau, notamment la rivière Kali Mas, la Kali Surabaya et la Kali Wonokromo, qui appartiennent au système hydrographique du fleuve Brantas.

Cette situation géographique a fortement influencé le développement urbain de Surabaya, historiquement tourné vers le commerce maritime et les activités portuaires (cf. plus bas). Aujourd’hui, la ville compte environ 3 millions d’habitants et présente une forte densité urbaine, avec d’importantes différences entre les quartiers centraux et les périphéries.

Climat

Surabaya bénéficie d’un climat tropical de savane caractérisé par deux saisons, une saison des pluies et une saison sèche, avec des températures élevées tout au long de l’année. Malgré une exposition relativement limitée aux séismes et aux tsunamis par rapport à certaines autres régions d’Indonésie, sa faible altitude et son implantation côtière rendent plusieurs secteurs sensibles aux inondations, aux difficultés de drainage et aux risques liés aux submersions côtières, principaux enjeux pour l’aménagement et le développement urbain de la métropole.

Urbanisme

Architecture

L’architecture de Surabaya reflète les différentes étapes de son histoire et la diversité culturelle de sa population. Le paysage urbain associe ainsi des influences javanaises, chinoises, arabes et européennes à une architecture contemporaine marquée par le développement des immeubles de grande hauteur.

L’Hotel Oranje en 1937, aujourd’hui connu sous le nom d’Hotel Majapahit.

Une part importante du patrimoine architectural de la ville remonte à la période coloniale néerlandaise, en particulier aux XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle. Les édifices de cette époque présentent des styles variés, allant du néoclassicisme et de l’éclectisme aux courants Art déco et modernistes, souvent adaptés au climat tropical. Parmi les bâtiments emblématiques figurent notamment l’Hotel Majapahit, l’ancienne poste centrale, plusieurs bâtiments administratifs et commerciaux ainsi que les édifices historiques des quartiers de Jembatan Merah et de Jalan Rajawali.

Le développement urbain du début du XXᵉ siècle a également été marqué par des architectes néerlandais tels que Cosman Citroen, qui participa notamment à l’aménagement du quartier de Ketabang et à la conception de plusieurs bâtiments importants de Surabaya. Certaines de ses réalisations témoignent de l’évolution de l’architecture coloniale néerlandaise vers une conception plus moderne et mieux adaptée aux conditions climatiques locales.

La vieille ville conserve également un important patrimoine sino-indonésien. Autour des quartiers de Kembang Jepun, Jalan Karet, Jalan Gula, Jalan Slompretan et Jalan Rajawali, de nombreux anciens commerces et maisons-boutiques témoignent du rôle historique des communautés chinoises dans le développement économique de Surabaya. Ces quartiers présentent une architecture hybride combinant des éléments chinois, européens et locaux.

Depuis les années 2000, le paysage architectural de Surabaya connaît une transformation rapide avec la construction de complexes commerciaux, résidentiels et tertiaires de grande hauteur. Des quartiers tels que Tunjungan et l’ouest de Surabaya sont désormais caractérisés par des tours contemporaines, parmi lesquelles le One Icon Residences, qui atteint près de 200 mètres. Cette verticalisation traduit le développement économique de la ville et son affirmation comme l’un des principaux centres métropolitains d’Indonésie.

Tunjungan Plaza, vaste complexe commercial et urbain situé au cœur de Surabaya.


Parallèlement à cette modernisation, la préservation du patrimoine architectural occupe une place croissante dans les politiques urbaines. Depuis 2023-2024, la municipalité mène notamment un vaste programme de revitalisation de Kota Lama (vielle ville), organisé autour de plusieurs secteurs historiques aux héritages européen, chinois, arabe et malais. Les interventions concernent la restauration des façades, l’amélioration des espaces piétons, de l’éclairage et du mobilier urbain, ainsi que la réutilisation de certains bâtiments patrimoniaux. L’objectif est de préserver l’identité historique de Surabaya tout en intégrant ce patrimoine au développement économique, culturel et touristique de la ville.

Parcs et espaces verts

Surabaya accorde depuis plusieurs décennies une place importante aux espaces verts urbains, qui jouent un rôle à la fois environnemental, social et paysager. La ville compte de nombreux parcs publics, parmi lesquels Bungkul Park, Harmoni Park, Pelangi Park, Surya Park, Mundu Park ou encore Jayengrono Park. Ces espaces sont généralement conçus comme des lieux de détente, de sport et de rencontre, et plusieurs disposent également d’aires de jeux, d’équipements accessibles et d’espaces destinés aux activités communautaires.

Bungkul Park


Parmi eux, Bungkul Park est devenu l’un des parcs les plus emblématiques de Surabaya. Situé au cœur de la ville, il combine espaces végétalisés, équipements de loisirs, activités sociales et commerces de restauration. Sa réhabilitation a notamment été récompensée par un Asian Townscape Award en 2013, qui soulignait la qualité de son aménagement paysager et son rôle comme espace public multifonctionnel.

La politique de végétalisation de Surabaya s’inscrit dans une stratégie plus large de développement urbain durable. En 2024, la ville comptait environ 7 363 hectares d’espaces verts publics, représentant près de 22 % de son territoire. Ceux-ci comprennent des parcs, des alignements végétalisés, des terrains de sport, des cimetières, des zones humides, des forêts urbaines ainsi que des espaces côtiers protégés. Les parcs remplissent ainsi plusieurs fonctions : amélioration du microclimat, infiltration des eaux pluviales, limitation des îlots de chaleur, préservation de la biodiversité et création de lieux de sociabilité.

Ces espaces sont également de plus en plus pensés comme des équipements de proximité. Fin 2024, environ 38 parcs actifs étaient équipés d’installations destinées aux enfants, traduisant la volonté de la municipalité de rendre les espaces publics plus accessibles aux familles.

La politique environnementale de Surabaya ne se limite cependant pas aux parcs urbains. Dans les secteurs côtiers de l’est de la ville, la protection des mangroves constitue un enjeu majeur. Le Kebun Raya Mangrove Surabaya, qui s’étend sur environ 34 hectares entre Gunung Anyar, Medokan Sawah et Wonorejo, est consacré à la conservation des écosystèmes de mangrove, à la recherche scientifique et à l’éducation environnementale. En 2025, il abritait environ 74 espèces de mangroves. Ces espaces jouent également un rôle dans la protection du littoral et dans la préservation de la biodiversité côtière.

Surabaya a reçu plusieurs distinctions pour ses politiques environnementales et urbaines. Elle a notamment obtenu l’ASEAN Environmentally Sustainable City Award en 2011 et une Special Mention au Lee Kuan Yew World City Prize en 2018, qui a salué notamment ses politiques de végétalisation, la préservation des kampung (villages urbains) et la participation des habitants au développement urbain,.

Malgré ces avancées, la répartition et la qualité des espaces publics restent inégales selon les quartiers. Les politiques actuelles cherchent donc non seulement à augmenter les surfaces végétalisées, mais aussi à améliorer leur accessibilité et leur intégration dans les quartiers densément urbanisés. Les parcs et les espaces naturels participent ainsi pleinement à la stratégie de Surabaya pour concilier croissance urbaine, amélioration du cadre de vie et adaptation aux contraintes environnementales.

Administration

Surabaya dispose d’un gouvernement municipal dirigé par un maire, assisté d’une administration chargée notamment de l’éducation, de la santé, des transports, de la sécurité, des services publics et de l’aménagement urbain. Le pouvoir législatif local est exercé par le DPRD de Surabaya (Dewan Perwakilan Rakyat Daerah ou Assemblée représentative du peuple régional), le conseil municipal, dont les membres sont élus pour cinq ans.

Depuis 2021, la ville est dirigée par Eri Cahyadi, toujours maire de Surabaya en 2026. Il a succédé à Tri Rismaharini, première femme à avoir occupé cette fonction, de 2010 à 2020. Son mandat a notamment été marqué par des politiques de modernisation urbaine, de développement des espaces verts et d’amélioration des services publics.

Emblème de Surabaya.

Surabaya s’est également engagée dans une politique de ville intelligente. Depuis 2016, un centre de commandement coordonne différents services municipaux, notamment les secours, les transports, les travaux publics et la gestion des urgences. Le numéro d’urgence municipal 112 permet de centraliser les demandes d’intervention.

Sur le plan administratif, Surabaya est divisée en 31 kecamatan (districts) et 153 kelurahan (unités administratives urbaines), répartis entre les secteurs central, nord, sud, est et ouest de la ville.

Cette organisation administrative reflète le rôle de Surabaya comme capitale de la province de Java oriental et comme l’un des principaux centres politiques, économiques et administratifs de l’est de l’Indonésie.

Histoire

Histoire ancienne

Les premiers royaumes de Java oriental et l'influence maritime de Sriwijaya

À partir du Xe siècle, le centre politique de Java se déplace progressivement du centre vers l’est de l’île. Les royaumes de Java oriental développent alors des relations commerciales avec les autres régions de l’archipel, notamment avec Sumatra, la péninsule Malaise et les Moluques.

À la même époque, Sriwijaya, thalassocratie dont le centre politique se situait dans le sud de Sumatra, constitue l’une des principales puissances maritimes d’Asie du Sud-Est. Entre les VIIᵉ et XIᵉ siècles, le royaume exerce une forte influence sur les routes commerciales reliant le détroit de Malacca, la mer de Java, l’Inde et la Chine. Les ports de Java oriental participent à ces réseaux : les marchands javanais échangent notamment des produits agricoles contre des épices et des marchandises importées transitant par les ports contrôlés ou fréquentés par Sriwijaya.

Il ne semble toutefois pas possible d’affirmer que la région de l’actuelle Surabaya ait été directement gouvernée par Sriwijaya. Les relations entre les royaumes de Sumatra et ceux de Java oriental alternent plutôt entre échanges commerciaux, concurrence et conflits pour le contrôle des routes maritimes. À la fin du Xe et au début du XIᵉ siècle, le royaume javanais dirigé par Dharmawangsa tente notamment d’affaiblir Sriwijaya, ce qui témoigne de cette rivalité pour la maîtrise du commerce régional.

Après les bouleversements politiques du début du XIᵉ siècle, le roi Airlangga rétablit une autorité importante dans Java oriental et fonde le royaume de Kahuripan, qui existe approximativement de 1019 à 1045. Son territoire englobe une grande partie du nord-est de Java, y compris la région de l’actuelle Surabaya. Les sources récentes situent son pouvoir dans le bassin inférieur du Brantas, espace qui joue déjà un rôle économique et maritime important.

En 1045, à la fin de son règne, Airlangga partage son royaume entre deux entités : Panjalu, ou Kediri, à l’ouest, et Janggala, à l’est. Le territoire de Janggala comprend la région du delta du Brantas et est donc particulièrement lié à l’histoire ancienne de Surabaya. Les traditions et certaines reconstructions historiques associent notamment Janggala à Hujung Galuh, un port situé dans la région de l’actuelle Surabaya et de Sidoarjo.

Surabaya à l'époque de Majapahit

Surya Majapahit (« Soleil de Majapahit »), emblème fréquemment représenté sur les temples et vestiges de l’époque Majapahit. Ce disque solaire, entouré de huit divinités protectrices (Lokapala), est parfois interprété comme un symbole dynastique ou impérial de Majapahit.

À partir de la fin du XIIIᵉ siècle, l’histoire de la région est étroitement associée au royaume de Majapahit, fondé en 1293 par le prince Raden Wijaya. Le centre politique de Majapahit se trouvait dans l’intérieur de Java oriental à quelques kilomètres de Surabaya, autour de Trowulan, mais sa puissance reposait en partie sur un réseau de ports et de voies fluviales permettant de relier la capitale aux grandes routes commerciales de l’archipel.

La tradition officielle de Surabaya retient le 31 mai 1293 comme date anniversaire de la ville. Cette date correspond à la victoire des forces de Raden Wijaya contre l’expédition mongole envoyée à Java par Kubilai Khan. Cet événement occupe aujourd’hui une place importante dans le récit historique et symbolique de la ville.

Estampage de l’inscription de Canggu, dite aussi Trowulan I, datant de 1358, sous le règne de Hayam Wuruk à l’époque de Majapahit. Gravée sur des plaques de cuivre en vieux javanais, elle mentionne plusieurs ports et points de passage fluviaux, dont Surabaya, et témoigne de l’importance du commerce et des transports sur le réseau du Brantas.

La présence de Surabaya dans les sources devient cependant plus explicite au XIVᵉ siècle. Une inscription datée de 1358, généralement connue sous le nom d’inscription de Canggu ou Trowulan I, cite Surabhaya parmi les localités portuaires et les points de passage établis le long des cours d’eau du royaume de Majapahit. Cela constitue l’une des premières attestations clairement identifiables du nom de Surabaya.

Aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, Surabaya fait ainsi partie d’un ensemble de ports majeurs de la côte nord-est de Java, aux côtés de Tuban, Gresik et Hujung Galuh. Ces ports assurent la connexion entre le cœur politique de Majapahit, situé dans l’intérieur, et les réseaux commerciaux maritimes de l’Asie du Sud-Est.

Le rôle commercial de la région est également attesté par les sources chinoises. Au début du XVᵉ siècle, le voyageur Ma Huan, qui participe aux expéditions maritimes de l’amiral Zheng He, décrit Surabaya comme une escale sur l’itinéraire reliant les ports de la côte nord de Java à la capitale de Majapahit. Lors de ses différents voyages, il passe notamment par Tuban, Gresik et Surabaya avant de poursuivre sa route vers l’intérieur par le réseau fluvial du Brantas.

Islamisation et essor des principautés côtières

À partir des XIVᵉ et XVᵉ siècles, les ports de la côte nord de Java accueillent des communautés musulmanes de plus en plus importantes. L’islamisation ne se produit pas brutalement, mais résulte d’un processus progressif lié aux échanges commerciaux et aux contacts avec des marchands venus notamment de Sumatra, de Malacca, de Chine, d’Inde et du monde arabe.

Makam Sunan Ampel, tombeau et mosquée de Sunan Ampel, l’une des grandes figures de l’islamisation de Java au XVe siècle, à Surabaya.

À Surabaya, cette évolution est particulièrement associée au quartier d’Ampel, dans le nord de la ville. Au XVe siècle, Sunan Ampel, l’une des neuf grandes figures traditionnelles de l’islamisation de Java (Wali Sanga), y établit un important centre religieux. La mosquée d’Ampel et le quartier environnant deviennent progressivement un lieu majeur de commerce, d’enseignement religieux et de diffusion de l’islam.

Le développement de ces communautés musulmanes accompagne le déclin progressif de Majapahit. Les recherches archéologiques montrent que les villes portuaires musulmanes de la côte nord de Java oriental jouent alors un rôle croissant dans le commerce maritime.

Au début du XVIᵉ siècle, le voyageur portugais Tomé Pires décrit déjà Surabaya comme un port important gouverné par un dirigeant musulman. À cette époque, la ville est à la fois un centre commercial et une puissance politique régionale.

De Demak à la principauté de Surabaya

Après le recul de Majapahit, plusieurs États musulmans se développent sur la côte nord de Java. Le sultanat de Demak, qui devient au début du XVIᵉ siècle la principale puissance musulmane de Java, étend progressivement son influence sur les ports du Pasisir, c’est-à-dire la côte nord de l’île.

Surabaya reconnaît l’autorité de Demak vers 1530, tout en conservant une importante autonomie locale. Après la mort du sultan Trenggana en 1546 et le déclin rapide du sultanat, Surabaya retrouve une plus grande indépendance.

Durant la seconde moitié du XVIᵉ siècle et le début du XVIIᵉ siècle, la principauté de Surabaya devient l’une des principales puissances de Java oriental. Elle contrôle ou influence plusieurs territoires environnants et bénéficie de sa position sur les routes commerciales reliant Malacca, la mer de Java, Madura et les Moluques. Au tournant du XVIIᵉ siècle, elle constitue, avec Banten et Mataram, l’un des principaux centres politiques de Java.

La disparition de Demak est suivie par une période de recomposition politique comprenant notamment le royaume de Pajang, puis l’essor du sultanat de Mataram dans le centre de Java. Mataram entreprend progressivement de soumettre les villes portuaires de la côte nord afin d’unifier une grande partie de l’île.

Surabaya résiste longtemps à cette expansion. Sa richesse, ses fortifications, ses alliances avec d’autres principautés de Java oriental et son accès maritime en font un adversaire particulièrement difficile. Après plusieurs campagnes militaires, le sultan Agung de Mataram finit par isoler la ville, notamment en contrôlant ses voies d’approvisionnement et le système du Brantas.

En 1625, après un long siège, Surabaya se rend finalement à Mataram. Cette conquête met fin à son autonomie politique et marque l’intégration de la ville dans le vaste ensemble territorial contrôlé par le sultanat de Mataram.

Période coloniale néerlandaise

Au XVIIIᵉ siècle, l’influence néerlandaise se renforce dans l’est de Java. En 1743, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) obtient le contrôle de Surabaya dans le contexte de l’affaiblissement du royaume de Mataram.

Surabaya devient progressivement l’un des principaux centres commerciaux, industriels et militaires des Indes orientales néerlandaises. Son port sert notamment à l’exportation des productions agricoles et des matières premières de Java oriental vers les marchés internationaux.

Durant la période coloniale, Surabaya est également le centre de la Résidence de Surabaya, une circonscription administrative qui englobait notamment des territoires correspondant aujourd’hui à Gresik, Sidoarjo, Mojokerto et Jombang.

En 1906, Surabaya obtient officiellement le statut de gemeente, ou municipalité autonome. Cette période correspond à une transformation importante du tissu urbain. Alors que le centre historique s’organisait autour de Jembatan Merah, la ville s’étend progressivement vers le sud, notamment en direction de Tunjungan, Darmo, Gubeng et Ketabang.

Bureau du port de Tanjung Perak, à Surabaya.

Le développement du port de Tanjung Perak au début du XXᵉ siècle renforce encore le rôle maritime de Surabaya. La ville accueille également une importante base navale et devient l’un des principaux centres industriels et commerciaux des Indes orientales néerlandaises.

Cette croissance s’accompagne de la construction de nouveaux quartiers, d’infrastructures ferroviaires et portuaires ainsi que de nombreux édifices administratifs, commerciaux et résidentiels dont une partie constitue aujourd’hui le patrimoine architectural de la ville.

Surabaya joue parallèlement un rôle important dans l’émergence des mouvements politiques et nationalistes indonésiens. Dans les années 1910, elle devient notamment l’un des principaux foyers de mobilisation politique et ouvrière de la colonie.

Occupation japonaise (1942–1945)

Affiche de propagande japonaise du Mouvement 3A (Gerakan 3A) dans les Indes orientales néerlandaises, au début de l’occupation japonaise. Elle diffuse trois slogans : « Le Japon, lumière de l’Asie », « Le Japon, protecteur de l’Asie » et « Le Japon, leader de l’Asie ».

En 1942, après la défaite des forces néerlandaises dans les Indes orientales, Surabaya passe sous contrôle de l’Empire japonais. Sa position stratégique, son port et ses installations militaires en font un centre important de l’administration et de l’effort de guerre japonais dans l’est de Java.

L’occupation entraîne une profonde réorganisation de la ville. Plusieurs bâtiments civils sont réquisitionnés ou transformés à des fins militaires. Les infrastructures de communication, de transport et les installations portuaires sont placées sous contrôle japonais.

Après la capitulation du Japon à la fin de l'été 1945 et la proclamation de l’indépendance indonésienne le 17 août 1945 depuis Jakarta (alors appelée Batavia), un vide politique et militaire s’installe. Les groupes nationalistes de Surabaya s’emparent progressivement de bâtiments administratifs et récupèrent des armes laissées par les forces japonaises.

Cette transition ouvre une période de fortes tensions entre les nationalistes indonésiens, les soldats japonais encore présents et les forces alliées chargées de désarmer les Japonais et de libérer les prisonniers de guerre. La présence de représentants de l’administration coloniale néerlandaise au sein des forces alliées alimente également la crainte d’un rétablissement de la domination coloniale.

La bataille de Surabaya

La bataille de Surabaya est un des moments les plus dramatiques de ce que les Indonésiens appellent la Revolusi, c'est-à-dire la période d'affrontement militaire et diplomatique avec l'ancienne puissance coloniale. Elle commença après l'assassinat du général britannique A. W. S. Mallaby dans un attentat à la voiture piégée le près de Jembatan Merah (« le Pont Rouge »). Les Alliés donnèrent alors un ultimatum aux indépendantistes indonésiens demandant leur reddition. Celle-ci fut refusée. La bataille s'acheva le . La ville redevint occupée par les Hollandais.

En août 1949, sous la pression de la communauté internationale, les Hollandais consentirent finalement à rendre sa souveraineté à la colonie. Surabaya fut immédiatement incorporée à l'Indonésie en et reconstruite.

Développement contemporain

Après l’indépendance, Surabaya connaît une croissance démographique et urbaine rapide. L’expansion de la ville s’effectue progressivement vers l’est, le sud et surtout l’ouest, où apparaissent de nouveaux quartiers résidentiels, commerciaux et industriels.

À partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle et plus encore depuis les années 1990, l’agglomération devient l’un des principaux pôles économiques d’Indonésie. Le développement de zones industrielles, de centres commerciaux, de quartiers résidentiels et d’immeubles de grande hauteur transforme profondément le paysage urbain.

Surabaya reste aujourd’hui la capitale de Java oriental, ainsi qu’un centre administratif, commercial, industriel, universitaire et portuaire majeur.

Lieux de culte

Une curiosité de Surabaya est la mosquée Cheng Hoo, c'est-à-dire Zheng He, le grand amiral chinois musulman qui est venu plusieurs fois à Java durant ses voyages de 1405 à 1433. Inaugurée en 2007, la mosquée témoigne d'une volonté de présenter sous un nouveau jour le rôle des Chinois d'Indonésie dans l'histoire du pays, notamment dans l'introduction et la diffusion de l'islam dans l'archipel. Elle a été construite par une organisation de Chinois musulmans, la Pembina Iman Tauhid Islam ou PITI ("superviseur de la théologie et de la foi musulmane").

A Surabaya se trouve la seule synagogue d'Indonésie. Selon le Beth-Hatefutsoth, la communauté juive de la ville se monterait à environ 20 personnes. Le miniane (quorum de dix hommes adultes nécessaire à la récitation des prières les plus importantes de tout office ou de toute cérémonie juive) ne pouvant être atteint, la synagogue n'est pas active.

La ville est le siège du diocèse de Surabaya.

Tourisme

Surabaya a gardé quelques exemples d'architecture de l'époque hollandaise, notamment des bâtiments administratifs et des églises.

Transports

Routier

Surabaya est située sur la Grande Route que fit construire gouverneur général Herman Willem Daendels (1808–1811) sur ordre du roi de Hollande Louis Bonaparte (1806 à 1810), qui relie Anyer sur la côte occidentale de Java à Banyuwangi à l'extrémité orientale de l'île, en passant notamment par Bandung, Cirebon et Semarang. La ville est par ailleurs reliée à l'île de Madura par le pont Suramadu.

Ferroviaire

Surabaya possède quatre gares de chemin de fer :

Surabaya est reliée aux diverses villes de son aire urbaine : trains de banlieue qui la relient aux villes de son aire urbaine : Gresik, Lamongan, Mojokerto, Pasuruan et Sidoarjo.

Le train de banlieue Jenggala relie Surabaya à Sidoarjo

Maritime

Tanjung Perak à l'époque des Indes néerlandaises
Le port de Tanjung Perak

Le port de Tanjung Perak est le deuxième plus important port d'Indonésie.

Aérien

L'aéroport international de Surabaya Juanda est le 2e d'Indonésie quant au trafic. Il est relié aux principales villes d'Indonésie et aux destinations internationales suivantes :

La liaison Surabaya-Jakarta est la 5e route aérienne la plus fréquentée au monde, avec 780 vols hebdomadaires.

Jumelages

La ville de Surabaya est jumelée avec :

Personnalités

Notes et références

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Voir aussi

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Liens internes

Liens externes