Somono

Village somono près du fleuve (Kankan, Guinée.)
Femme somono sur les bords du Niger (phot. Fortier).
Fichier:Jarre -Somono-Musée des Confluences.jpg
Jarre somono (musée des Confluences).
Les Somono : Pêcheurs, Guerriers et fondateur des grandes villes et cités

1. Ethnie Somono

Les Somono forment une ethnie distincte et reconnue au Mali depuis fort longtemps ils sont à la fois maîtres de l'eau et dépositaires d’une culture savante liée au commerce et à l’islam.

2. Maîtres des fleuves et fondateurs de villes

Dès les grands empires médiévaux (Ghana, Mali, Songhoï), les Somono se distinguent par leur maîtrise de la pêche. Ils sont les premiers à utiliser des filets dans cette région, une innovation technique qui leur permet de s’imposer sur les rives du Niger et du Sénégal. Leur savoir-faire halieutique est tel qu’ils sont à l’origine de la fondation de nombreuses cités fluviales, dont Ségou.

3. Une diaspora présente dans toute l’Afrique de l’Ouest

Aujourd’hui, la communauté somono est estimée à plusieurs millions de personnes au Mali. On les retrouve dans toutes les régions du pays : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal. Mais leur présence dépasse les frontières maliennes : ils sont également établis en Guinée, au Sénégal, en Gambie, en Sierra Leone, et dans d’autres pays côtiers.

Histoire : Stratèges militaires et fondateurs de royaumes

4. Une flotte de guerre précoloniale

Bien avant le XVIIIe siècle, les Somono disposaient d’une puissante flotte de guerre sur le Niger. Leur maîtrise des pirogues et des voies d’eau leur donnait un avantage stratégique décisif.

Au XIXe siècle, lors de la conquête d’El Hadj Oumar Tall, les Somono n’ont pas connu de conflit ouvert avec les Toucouleurs. Leur statut de musulmans, leur utilité économique (pêche, transport) et leur ancrage local les ont probablement protégés des razzias.

Langue et identité culturelle

7. Un dialecte bambara et une langue secrète

Les Somono parlent un dialecte du bambara dans les régions de Ségou, Koulikoro et Kayes. Mais ils possèdent également une langue endogène, le Janaama, qu’ils partagent avec d’autres groupes. Cette langue est un marqueur fort de leur identité, utilisée lors de rituels ou pour communiquer entre initiés.

Culture, artisanat et savoir-faire technique

8. Coutumes et poterie

Les Somono ont leurs propres cultes, interdits alimentaires et règles coutumières. Leur artisanat est réputé dans deux domaines :

· La poterie : ils fabriquent des jarres, des marmites et des récipients pour conserver l’eau et le poisson.

· La construction de pirogues : leur savoir-faire en menuiserie navale est transmis de père en fils.

9. Une caste de forgerons spécialisés

Chez les Somono, les forgerons (caste des numu) maîtrisent traditionnellement le travail du fer. Ils forgent des outils de pêche (harpons, couteaux) et des éléments de pirogue. Ils excellent aussi dans la poterie, ce qui leur confère un statut à part dans la société somono.

10. L’introduction du filet au Mali

C’est un apport exclusif des Somono : ils ont introduit la technique du filet maillant dans la région. Avant eux, on pêchait à la ligne, à l’épervier ou à la nasse. Le filet, plus efficace, a révolutionné la pêche et renforcé leur suprématie sur le fleuve.

Religion : Une islamisation précoce et profonde

11. L’islam et l’étymologie de « Somono »

Les Somono ont adopté très tôt les règles coraniques, en cohérence avec leurs origines wangara (réputés pour leur rôle de propagateurs de l’islam en Afrique de l’Ouest). Ils sont majoritairement musulmans sunnites, tout en conservant certaines pratiques locales liées à l’eau et aux génies du fleuve.

Notes et références

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes