Songhaï

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Songhaï
soŋay, sonxay
Pays Mali, Niger, Bénin, Burkina Faso, Nigeria, Algérie
Classification par famille
Codes de langue
IETF son
ISO 639-2 son
ISO 639-3 ddn – dendi
hmb – hombori senni
kcy – korandjé
khq – koyra chiini
ses – koyraboro senni
tda – tagdal
dsq – tadaksahak
twq – tasawaq
tst – tondi songway kiini
dje – zarma
ISO 639-5 son
Glottolog song1307
Carte
Image illustrative de l’article Songhaï
Localisation des langues songhaï

Le songhaï (soŋay en songhaï) ou sonrhaï est une langue nilo-saharienne parlée par 9 millions de locuteurs dans plusieurs pays d’Afrique de l'ouest.

La vie des populations riveraines du Niger est rythmée par le fleuve. La pirogue, appelée hi en langue sonhaï, demeure l'outil central de cette existence, tant pour le transport de marchandises que pour la pêche, activité de prédilection des Sorkos (les maîtres du fleuve).https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/dictionnaire-songhay-anglais-francais-1/66934

Répartition géographique

Le songhaï est caractérisé par un faisceau de dialectes, parlés en grande partie le long du fleuve Niger. On le parle aussi à l'ouest dans le delta intérieur au Mali, au Nord du Burkina Faso (Falagountou), dans la partie occidentale du Niger, au nord-ouest du Nigeria et dans le nord du Bénin, plus à l'est dans la région d'Agadez à l'ouest du massif de l'Aïr et dans les oasis d'Ingall. Vers la fin du XIXe siècle un dialecte songhaï appelé Emgadesi a été parlé dans la ville d'Agadez. Enfin, plus au Nord dans les oasis de Tabelbala (en Algérie), on parle une langue qui est songhaï en structure, mais en grande partie arabe et berbère dans son lexique.

Classification

Le songhaï est classé dans la famille nilo-saharienne. Le rapport du songhaï avec les autres langues de cette famille est cependant contesté certains le rapprochent des langues mandé (appartenant à la famille des langues nigéro-congolaises) avec lesquelles il partage de fortes similarités par la structure alors que d'autres le relie au chamito-sémitique surtout les langues berbères et les langues sémitiques avec qui elle à de fortes ressemblances lexicales, cela ne concernant pas uniquement les empreints classiques aux langues sémitique dont principalement l'arabe mais des champs lexicaux entiers du vocabulaire centrale de la langue, les ressemblances concernent aussi bien le sémitique ancien et récent et le berbère que les langues éthiosémitiques, le couchitique, l'égyptien ancien. Plus de 1400 entrée chamito-sémitique dont 600 empreints classiques ont été recensés dans les différents dialectes du songhaï, l'hypothèse selon que la langue songhaï est né de la simplification d'une ancienne langue chamito-sémitique signalant surtout berbère et sémitique dans une structure propre au langues nilo saharien est avancée parce que très vraisemblable [réf. souhaitée] .

Variétés

La base de données linguistique Glottolog possède une famille nommée « Songhay » et classe ses les variétés comme suit (les dialectes sont indiqués entre parenthèses) :

La base de données linguistique Ethnologue, Languages of the World ne reconnait pas le tagdal comme une langue songhaï à proprement parler, mais comme un mélange de songhaï et de touareg et propose quant à elle un classement légèrement différent (les codes ISO 639-3 des variétés sont indiqués entre crochets) :

songhaï :

Notes

Écriture

Au Mali, l’alphabet et l’orthographe du songhaï koyraboro senni est régi par la Direction nationale de l'alphabétisation fonctionnelle et de la linguistique appliquée.

Alphabet songhaï (Mali)
abcdefghijklmnɲŋoprštuwyzž

Exemples

Le songhaï se prononce comme il s'écrit, ou plutôt s'écrit comme il se prononce. Ceci inclut les longueurs vocaliques marquées par des lettres doublées. On notera tout de même une exception pour les pluriels qui peuvent se terminer par ey ou ay mais se prononcent toujours ey. Aussi, on ne double pas les lettres en fin de mots monosyllabiques.

Français Songhaï
terrelaabu
le sol/le sablelaabo
cielbeena
en hautbeene
eauhari
fleuveissa
feunuuna / danji
villagekwaar / koyra / kawye
hommearu ou aruboro
femmewoy ou woyboro
mèreɲaa
pèrebaaba
grand-pèrekaayi ou kaaga
mangerŋaa / ŋwa
boirehaŋ
grandbeeri ou beero
petitkacca (Gao) ou kayna (être petit) ou katcha
nuitciini (Niger) / cijin (Mali - Gao )
vienskaa
parskoy
jourhan ou zaari
marché et semainehabu / hebu (Gao)

Notes et références

  1. ↑ On écrit souvent songhaï mais on devrait, en accord avec la règle actuelle pour l'Afrique de l'ouest, écrire sonxay[réf. nécessaire]
  2. ↑ Alan S. Kaye et Jeffrey Heath, « Dictionnaire Songhay-Anglais-Francais », Language, vol. 76, no 2,‎ , p. 496 (ISSN 0097-8507, DOI 10.2307/417720, lire en ligne, consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 Roger Blench (en), François-Xavier Fauvelle (dir.) et al., « Linguistique et archéologie, comment reconstruire l'histoire depuis 12000 ans ? », dans L'Afrique ancienne : De l'Acacus au Zimbabwe, Belin, coll. « Mondes anciens », , 678 p. (ISBN 978-2-7011-9836-1).
  4. ↑ Glottolog [song1307].
  5. ↑ (en) Fiche langue du tagdal [tda] dans la base de données linguistique Ethnologue.
  6. ↑ (en) « Songhai », sur ethnologue.com.
  7. ↑ Alain Froment, Le peuplement humain de la boucle du Niger, Paris, Éditions de l’ORSTOM, coll. « Travaux et documents », , 194 p. (ISBN 2-7099-0902-2, lire en ligne), p. 28.

Bibliographie

Classification

  • Lionel Bender, The Nilo-Saharan Languages: A Comparative Essay, München, 1997.
  • D. Creissels, « De la possibilité de rapprochements entre le songhay et les langues Niger-Congo (en particulier Mandé) », in Th. Schadeberg, Nilo-Saharan, M. L. Bender eds., 1981, pp. 185–199.
  • Christopher Ehret, A Historical-Comparative Reconstruction of Nilo-Saharan, Cologne, 2001.
  • Joseph Greenberg, The Languages of Africa (International Journal of American Linguistics 29.1)., Bloomington, Indiana, Indiana University Press, 1963.
  • P. F. Lacroix, « L'ensemble songhay-jerma : problèmes et thèmes de travail », 1969, Actes du 8e Congrès SLAO, Abidjan, 1969, pp. 87–99.
  • H. G. Mukarovsky, « Zur Stellung der Mandesprachen », Anthropos, vol. 61, 1966, fasc. 3-6, pp. 679-88.
  • Robert Nicolaï, « Sur l'appartenance du songhay », Annales de la faculté des lettres de Nice, 1977, 28, pp. 129–145.
  • Robert Nicolaï, Préliminaires su l'origine du songhay (matériaux, problématique et hypothèses), Berlin, 1984.
  • Robert Nicolaï, Parentés linguistiques (à propos du songhay), Paris, CNRS, 1990 (ISBN 2-222-04425-1).
  • Robert Nicolaï, La force des choses ou l'épreuve “nilo-saharienne” : questions sur les reconstructions archéologique et l'évolution des langues, SUGIA 13, Köln, Rüdiger Köppe Verlag, 2003 (ISBN 3-89645-099-9).
  • (en) Lameen Souag, « The subclassification of Songhay and its historical implications », Journal of African Languages and Linguistics, vol. 33, no 2,‎ , p. 181–213 (DOI 10.1515/jall-2012-0008, lire en ligne)

Annexes

Liens externes