L'épopée de Soundiata date sa création en sous Soumaoro Kanté, roi de Sosso. Il est réputé être le premier de tous les balafons, le balafon originel, l'étalon dont tous les autres ne seraient que des copies.
L'actuel balatigui, gardien du balafon, est Siraman Dokala Kouyaté, intronisé le .
Tradition
D'après l'épopée de Soundiata, transmise par la tradition orale des Mandingues, cet instrument daterait au moins du début du XIIIesiècle et aurait été la propriété de Soumaoro Kanté, roi du Sosso. Le souverain l'avait confié à son prisonnier Balla Fasséké, envoyé de Soundiata Keïta. Cette délégation malencontreuse de l'instrument magique allait faire partie des diverses causes menant à la défaite du roi de Sosso face au futur fondateur de l'empire du Mali. Après la victoire de Kirina, Soundiata s'attribua l'instrument et en laissa la garde à son griot Balla Fasséké Kouyaté.
Conservation
L'emplacement de ce balafon a changé au cours des temps, étant régulièrement déplacé entre les actuels Mali et Guinée. Ces déplacements ne posent pas de problème jusqu'à la colonisation française, et pas beaucoup plus ensuite, le Soudan (nom du Mali sous domination française) et la Guinée faisant tous deux partie de l'Afrique-Occidentale française. Mais après la décolonisation, respectivement en et , le Sosso Bala devient un enjeu entre les deux pays. Ainsi, dans les années , le président guinéen, Ahmed Sékou Touré, s'oppose à son déplacement vers le Mali, sans que le président malien, Moussa Traoré, ne parvienne à le convaincre.
Il se trouve depuis lors en Guinée, et le classement de son espace culturel par l'UNESCO en empêche définitivement son transfert vers le Mali.
Il est actuellement dans le village de Niagassola, à proximité de la frontière avec le Mali. Il y est conservé par les descendants de Balla Fasséké Kouyaté dans une case sacrée. Il est sous la responsabilité du patriarche qui porte le titre de balatigui («maître du balafon») et qui n'en joue que pour enseigner aux enfants ou dans des occasions particulières.
Une cérémonie a lieu tous les ans avec ce balafon. Des danses et chants accompagnent le rituel.
Description
Ce balafon est composé de 20 lamelles dont la largeur est comprise entre 45 et 75 cm, supportées par une table de 1,24 × 0,49 m, pour une hauteur de 32 cm au grand bout.
Il existe un enregistrement rare du Sosso Bala, dans l'album Guinée: Récits et épopées, publié en par Ocora,. Cet enregistrement a été effectué en et apparaît dans un documentaire télévisé d'Yves Billon et Robert Minangoy, intitulé Musiques de Guinée.
Un autre documentaire est tourné pour France 3 du au lors de l'intronisation du balatigui El Hadj Sékou Kouyaté.
↑(en) «Preserving the Sosso Bala», sur jumbierecords.com (version du sur archive.org): une collecte record de dons pour la préservation de cet instrument.
↑Vincent Zanetti, «Nouveautés et rééditions africaines et créoles chez OCORA: Guinée: Récits et épopées», Cahiers d'ethnomusicologie, no6 «Polyphonies», , p.240 (JSTOR40240178, lire en ligne).
[Kourouma 2005] Sékou Kobani Kourouma, chap.10 «La case sacrée du Sosso Bala à Niagassola: Valeurs et pratiques de conservation», dans Thierry Joffroy (dir.), Les pratiques de conservation traditionnelles en Afrique, Rome, ICCROM, coll.«ICCROM Conservation Studies» (no2), (ISBN92-9077-192-5, lire en ligne[PDF]), p.68–73.
[Kouyaté 1992] Namankoumba Kouyaté, «Le sosso bala ou l'encyclopédie de la tradition orale», dans Ahmed Ben Naoum (dir.), Actes du colloque international sur l'oralité africaine, t.I (colloque à Alger, -), Centre national d'études historiques, , p.233–242.
[Kouyaté 2001] Namankoumba Kouyaté, «Méthodes traditionnelles de transmission de l'oralité: l'exemple du Sosso-Bala», dans Peter Seitel (dir.), Safeguarding Traditional Cultures: A Global Assessment (actes de la conférence A Global Assessment of the Recommendation on the Safeguarding of Traditional Culture and Folklore: Local Empowerment and International Cooperation, à la Smithsonian Institution à Washington, -), Washington, Center for Folklife and Cultural Heritage, Smithsonian Institution, , XIII-399p. (ISBN0-9665520-1-6, lire en ligne), p.204–215 [lire en ligne].
[Veg 2001] Sebastian Veg, chap.9 «L'espace culturel du Sosso-Bala», dans Première proclamation des chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité (préf. Kōichirō Matsuura), Paris, UNESCO, , 32p. (lire en ligne), p.17.