Squat (lieu)

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Un squat en Allemagne

Le squat (de l'anglais to squat) est un logement occupé par un collectif d'habitants sans égard pour les droits de propriété foncière. Juridiquement qualifié d'« occupation sans droit ni titre », le squat peut aller à l'encontre des droits des propriétaires lorsque ceux-ci ne souhaitent pas que le bâtiment soit habité sans loyer. Cependant, le squat est protégé par le droit du logement et peut se faire sans créer de conflit juridique.

Origines

À partir du XVIIe siècle, le terme squat apparaît pour désigner les occupations illicites de terres par des paysans anglais, les Diggers. Le aux alentours de Londres a lieu la première occupation connue, menée par Gerrard Winstanley.

Historiquement, la pratique du squat dérive de multiples sources, dont surtout l’élaboration par des groupes anarchistes, tels que la Ligue des Anti-propriétaires ou les Pieds plats, de tendance illégaliste, de la pratique du « déménagement à la cloche de bois », qui consiste à quitter un logement sans en avertir le propriétaire et en cessant de payer le loyer,. Cette pratique devient un précurseur précoce du squat, car la Ligue parvient à la transformer d'un acte individuel en un sujet politique et de résistance collective,.

Diversité

Un squat peut héberger une personne seule comme plusieurs dizaines, dans un petit appartement de centre-ville, une friche industrielle de banlieue ou un site rural. Les conditions de vie peuvent y varier en fonction de l'état initial du site, des moyens et des motivations des occupants : jeunes fugueurs refusant d’intégrer un foyer, migrants, artistes sans atelier, truckers nomades, gens du voyage privés d’aires d’accueil, sans domicile fixe, militants de la cause libertaire, autonomes, personnes recherchant un espace de vie sociale ou communautaire.

Espaces et collectivité

Pour une grande majorité de squatteurs, l’occupation s’inscrit dans un parcours résidentiel marqué par la précarité. C'est pourquoi beaucoup de squats prévoient un espace explicitement consacré à l'hébergement des gens de passage : le sleep'in[réf. nécessaire]. En outre, ceux-ci concilient souvent lieu d'habitation et espace d'activité : ils essaient de développer une gestion collective du quotidien, à travers la réhabilitation du lieu, l'organisation de rencontres et de débats, la création et la diffusion culturelle, la mise en place d'ateliers, et bien sûr l'information (via un infokiosque) et l'action politiques[réf. nécessaire]. Il existe aussi des squats qui hébergent des magasins gratuits, qu'on appelle couramment free-shops ou « zones de gratuité » (friperies, accès internet, etc.)[réf. nécessaire].

Légalité

Droit à la propriété

Le squat consistant dans l'occupation illégale d'un logement, le squat est donc nécessairement une atteinte au droit de propriété, consacré dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789.

Cadre juridique (France)

En France, le cadre juridique varie selon le mode d'entrée :

Le droit évolue pour accentuer la répression des squatteurs et à faciliter les expulsions de locataires qui ne payent plus leur loyer ou ne souhaitent pas quitter le logement en 2020,, 2021 (loi sur la Sécurité globale) puis en 2022,,. Également, le , une proposition de loi adoptée définitivement par le Parlement après un ultime vote au Sénat a pour objectif de sécuriser les bailleurs en cas d'impayés de loyers (en prévoyant dans les contrats de location, l'insertion systématique d'une clause de résiliation automatique en cas d'impayés de loyers) et de réprimer plus sévèrement le squat. Plus précisément, la répression plus sévère du squat passe par :

Motivations

Nécessité habitative

L'occupation a souvent pour première cause des raisons pécuniaires : des individus, familles ou groupes de personnes cherchent un endroit où vivre, alors qu'ils ne peuvent pas payer de loyer[réf. nécessaire].

Depuis au moins l'apparition de la notion de propriété privée, l'occupation sans titre des biens ainsi protégés existe. En France, les occupations sans titre, appelées aujourd'hui "squats", peuvent être envisagées juridiquement depuis la Révolution française et l'accession à la propriété par tous les citoyens. Le terme "squat" apparait quant à lui en France après la Seconde Guerre mondiale. Pour protester contre les obstacles administratifs qui freinent la mise en œuvre de la loi de réquisition, ils procèdent à l'occupation de logements vides. Issu du Mouvement populaire des familles (mouvement laïc créé en 1942 qui a pour but d'améliorer la condition des ouvriers), lui-même proche de la Jeunesse ouvrière chrétienne (qui s'ancre à gauche dans le paysage politique belge), ce mouvement naît à Marseille avant de gagner d’autres villes de province[réf. nécessaire]. En cinq ans, quelque 5 000 familles sont ainsi relogées[réf. nécessaire]. Ces occupations s'accompagnent d'une campagne dans la presse, notamment catholique (Esprit), et d'une action militante qui sensibilise l'opinion publique à la question de la crise du logement.

Cet exemple montre clairement que les problématiques économiques et politiques ne sont, en dernière analyse, pas dissociables.

Convictions politiques

Kraakteken, symbole du Mouvement européen des squatteurs.
Une manifestation pro-squat à Copenhague.

Certains squatteurs sont proches de l'ultragauche, de l'anarchisme ou du mouvement autonome et mettent en pratique l'idée de refus de la propriété privée. Ils soutiennent qu'en abolissant le loyer et en permettant de partager les ressources et les frais, le squat peut réduire la dépendance à l'argent et permettre de se réapproprier son temps de vie.

Ils cherchent à expérimenter, dans un espace spécifique, des formes d'organisation sociale basées sur des valeurs d'usage pour le bien commun plutôt que sur le droit de la propriété privée et à promouvoir des alternatives culturelles et politiques par le biais de l'autogestion. L'ensemble des habitants se réunit aussi souvent qu'il est nécessaire, pour prendre et assumer collectivement les décisions engageant le fonctionnement ou le développement du lieu. Ce mode d'organisation a, selon ses partisans, l'avantage de ne pas favoriser l'apparition de leaders.

Enfin, dans les squats les plus stabilisés, on observe des systèmes d’entraide et de solidarité qui protègent les individus d’une trop grande vulnérabilité. Le squat peut ainsi jouer un rôle de soupape de sécurité, et accueillir des populations pour lesquelles il n'y a pas vraiment de place ailleurs. Par exemple, à l’image du bidonville des années 1970, il permet aux immigrés de fraîche date de bénéficier des apprentissages effectués par ceux qui les ont précédés.

Pour autant, des centres sociaux de droite, qui sont des squats d'inspiration néofasciste, peuvent aussi exister, bien que plus rares. On peut notamment relever le mouvement Casapound, originaire de Rome, ainsi que son homologue lyonnais plus récent, le Bastion social.

Légalisation et pérennité

Expulsion du squat Montsouris à Paris dans le XIVe le .

Les squats, et tous les phénomènes d'occupations sans titre, tendent à s'étendre durant les périodes de durcissement des conditions d'accès à un logement, alors que subsistent des logements vacants. Des villes comme Barcelone comptent chacune près d'une centaine de squats, en renouvellement permanent. En France, malgré l'existence depuis le d'une loi dite de réquisition des logements vides (qui visait à régulariser les squats de fait consécutifs à la crise du logement de l'après-guerre) et la loi Besson de 1990, l'occupation reste illicite. L'article 30 ter du projet de loi d'accélération et simplification de l’action publique (ASAP), en débat à l'assemblée en , tend à pénaliser toute occupation sans titre d'un "domicile, qu'il s'agisse ou non de la résidence principale du propriétaire". Cet article tend à faire sortir du cadre du Code civil, pour l'inscrire dans le Code pénal, une grande partie des cas d'occupations sans titre, mais reste flou quant à la notion de domicile et de propriété.

La question de la légalisation d'une occupation sans titre peut être posée aux occupants, quand leur occupation s'inscrit dans le cadre des politiques urbaines de mixité sociale. À ce titre, de nombreuses opinions peuvent être avancées. Les solutions de légalisation proposées étant aussi variables que les cas d'occupation, une liste non exhaustive de cas pourraient être présentés, dont :

À Bruxelles, de nombreux squats dits légaux se font sans causer de conflits juridiques. De tels squats acceptés par le droit officiel existent un peu partout,,,. Déjà en 1946, le Mouvement populaire des familles appelait à fonder des squats de préférence sans créer de conflit juridique.

Particularismes locaux

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En Allemagne

En 1971, des occupations sont pratiquées à partir du second semestre. C'est dans ce climat que la première opération de squat intervint à Francfort, menée avec des familles italiennes à l'automne 1971. A Francfort, d' à , dix opérations de squat on lieu.

Après la chute du mur de Berlin, la ville devient l’eldorado des squatteurs, notamment artistes. Cette ruée des jeunes européens vers les grandes surfaces abandonnées à l’Est va familiariser toute une génération d’artistes à des modes d’occupation de l’espace public qu’ils ont ensuite mis en œuvre de retour chez eux,.

En France

En Suisse

Squats notables

Drapeau de l'Allemagne Allemagne

Drapeau de la Belgique Belgique

Drapeau du Danemark Danemark

Drapeau de l'Espagne Espagne

Drapeau de la France France

Drapeau de la Grèce Grèce

Drapeau de l'Italie Italie

Drapeau de la Moldavie Moldavie

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas

Drapeau de la Suisse Suisse

ZAD de la colline du Mormont (2020-2021).

Notes et références

  1. 1 2 Péchu 2010, p. 22-25.
  2. 1 2 Péchu 2010, p. 33-39.
  3. ↑ « A Calais, des squats pour accueillir les migrants », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. ↑ Julien Joanny, « Entre inscription et subversion, les lieux culturels intermédiaires. Des expériences au creux des villes. », theses.hal.science, Université de Grenoble,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. ↑ « Article 226-4 du code pénal », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le ).
  6. ↑ « Loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale (1). », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le ).
  7. ↑ « Une nouvelle mesure pour expulser les squatteurs des résidences secondaires », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. ↑ « Loi anti-squat : un premier bilan encourageant », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. ↑ « Des associations réagissent au durcissement de la loi Sécurité globale sur le squat », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. ↑ (en) Quentin Prim, « Expulsion des squatteurs et mauvais payeurs : quelle réalité au regard du droit ? », sur The Conversation (DOI 10.64628/AAK.jkncgh6ja, consulté le ).
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  12. ↑ « L’Assemblée adopte des mesures décriées contre les squats et les loyers impayés », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. 1 2 www.vie-publique.fr, « Proposition de loi visant à protéger les logements contre l'occupation illicite », sur www.vie-publique.fr, (consulté le ).
  14. ↑ « Première séance du vendredi 02 octobre 2020 », sur Assemblée nationale (France) (consulté le ).
  15. ↑ http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/61/97/51/Brochure-du-comit--des-mal-log-s-19991/brochure-comite-des-mal-log-s-1991.pdf
  16. ↑ Quentin Duval, Le squat : l'occupation des espaces vides, entre illégalité et légitimité, , 151 p. (lire en ligne).
  17. ↑ Thomas Julien, « Les squats légaux se développent à Bruxelles », sur La Libre.be, La Libre Belgique, (consulté le ).
  18. ↑ Lyon Mag, « Lyon Mag » [Text], sur Lyon Mag, (consulté le ).
  19. ↑ Irene Palomini, « Tubo d’Ensaio : le curieux squat légal du Portugal », sur Cafébabel, (consulté le ).
  20. ↑ Ève Beauvallet, « «Squat légal»: à Paris, un collectif d’artistes menacé d’expulsion par la Croix-Rouge », sur Libération (consulté le ).
  21. ↑ Slate.fr, « A Leipzig, le squat légal pour repeupler la ville », sur Slate.fr, (consulté le ).
  22. ↑ Valérie Löchen, « Chapitre 6. Précarité, pauvreté, exclusion », dans Comprendre les politiques sociales, vol. 6e ed., Paris, Dunod, coll. « Guides Santé Social », (ISBN 978-2-10-078113-3, lire en ligne), § 151.
  23. ↑ "Villes en Europe" par Arnaldo BAGNASCO et Patrick LE GALÈS La Découverte 2010 .
  24. ↑ Édith Gaillard, « Berlin : le squat comme outil d’émancipation féministe », Métropolitiques,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. ↑ « The urban politics of squatters' movements | WorldCat.org », sur search.worldcat.org (consulté le ).
  26. ↑ « Le nouveau fermier devra composer avec les squatteurs », sur 24 heures, (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

Vidéographie

Articles connexes

Liens externes