| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité |
Canadienne |
| Activité | |
| Mouvement |
Art conceptuel / Écriture conceptuelle (Conceptual Writing) |
'Nouvelles Performances invisibles / Performances invisibles / VOX / ✈11 |
Steve Giasson, né le à Québec (Canada), est un artiste conceptuel, et docteur en Études et pratiques des arts de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
Sa pratique s’oriente autour de différentes formes, telles que l’écriture conceptuelle, la performance, la photographie, la vidéo, le dessin, la peinture et l'installation et s'appuie régulièrement sur l'appropriation d'œuvres réalisées par d'autres praticiens contemporains ou modernes, afin d"interroger la figure de l'artiste et l'acte créateur lui-même.
Dans le cadre de l’exposition « Art Souterrain » 2015, il s’est vu décerner le prix de la Vitrine culturelle pour un artiste montréalais pour son installation Vox.
Dans son « Bilan de l'année 2015 ; L'espoir dans la relève, la honte en art public », le journaliste Jérôme Delgado compte Steve Giasson comme l'un des trois espoirs de la relève en arts visuels au Québec.
Centre des arts actuels Skol (Montréal) ( – )
Présentée au centre Skol, ✈11 est une exposition consacrée aux représentations artistiques et médiatiques des attentats du 11 septembre 2001. Son œuvre principale, une installation textuelle, également intitulée ✈11, rassemble l'ensemble des commentaires publiés sous une vidéo des attaques contre le World Trade Center sur YouTube. Le tout est imprimé sur près de 30 000 feuilles volantes réparties en deux piles évoquant les tours jumelles. Ce poème conceptuel, de plus de 2000 pages, a d'abord été diffusé sur le site UbuWeb, dans la rubrique Publishing the Unpublishable dirigée par Kenneth Goldsmith.
À propos de ✈11, Antonio Domínguez Leiva écrit dans YouTube Théorie ; un vertige baroque :
Nouveau degré de complexité, YouTube commence à générer sa propre conscience autoréflexive, non seulement par l'émergence des YouTube studies, entamées par le YouTube Reader et auxquelles ce travail voudrait modestement contribuer, mais aussi par la réapporpriation esthétique par des formes d'art qu'on peut désormais qualifier YouTube Art. Parmi quantité d'exemples, nous pourrions citer [...] dans le domaine littéraire, les œuvres de Steve Giasson dévolues au site (The YouTube Series) qui montrent l'aurore de tout un nouveau pan de la réflexivité youtubéenne où, par un changement de médium (des posts au livre imprimé), le site se voit obligé de se mirer en lui-même de façon typiquement néobaroque. [...] Les vidéos négationnistes, xénophobes ou antisémites alternent sur YouTube avec des délires ufologiques, alchimiques, tantriques, résurrectionnistes, millénaristes ou créationnistes au même titre qu'avec des émissions documentaires de la BBC, des extraits de téléjournaux, voire des transcriptions de cours universitaires. Nul critère, outre la surveillance de contenu potentiellement criminel ou la "main invisible" des dénonciations des utilisateurs pour les cas les plus litigieux [...] n'est prévu pour mettre de l'ordre dans ce fatras absolu d'informations, de mensonges, de demi-vérités et de purs délires. La dissipation de la catégorie du vrai (voire du simple vraisemblable) est renforcée par l'effet amplificateur des commentaires, dont le travail effectué par Steve Giasson sur les posts relatifs au clip YouTube de l'attentat du 11 septembre montre l'absolue cacophonie, souvent régie par une sorte de syndrome collectif de Gilles de la Tourette.
Performances invisibles est un projet réalisé en collaboration avec Dare-Dare centre de diffusion d'art multidisciplinaire de Montréal, dans le cadre de leur programmation « Micro-interventions dans l'espace public », sur une période d'une année complète (-). Il est constitué de 130 performances minimalistes, basées sur des énoncés conceptuels, tels que :
Les performances ont été réalisées dans des espaces publics et privés. Leur documentation, composée des énoncés conceptuels en français, en anglais et en espagnol ainsi que d'images de leur exécution, a été publiée deux fois par semaine sur un site Web dédié et sur Facebook. Le dispositif invitait également les internautes à réaliser les performances à partir des énoncés et à partager leur propre documentation visuelle.
À ce propos, Suzanne Paquet souligne dans son essai « Entre site et site, l’image photographique comme point de passage. Les Performances invisibles de Steve Giasson » :
« Les Performances invisibles présentent plusieurs facettes et desseins, ce qui leur donne une densité peu commune. La dimension ou l’idée de reprise est primordiale et sous-tend toute la série, puisque d’une part plusieurs des énoncés-actions citent implicitement ou explicitement des travaux d’autres artistes qui ont inspiré Giasson, et que d’autre part il suggère aux visiteurs du site web la possibilité de reprendre, à leur tour, sa démarche. [...] Des travaux comme les Performances invisibles peuvent se constituer en une réflexion sur nos modes d’habiter la ville. Ces actions pointent la pauvreté de nos milieux de vie urbains et ce, à divers égards : manque d’art au quotidien, lieux sans intérêt et pratiquement inhabitables pour certains, manque d’une sociabilité convenable et de liberté de mouvement. Une critique de la consommation aveugle et exacerbée, qui a remplacé semble-t-il les relations sociales les traverse, suivant les propos de leur auteur. »
Les Performances invisibles ont, par ailleurs, été largement couvertes dans certains journaux et revues spécialisées québécoises,,,.
Jusqu'à maintenant, cinq thèses doctorales (Lapalu, 2017, Roberge Van Der Donckt, 2017, Dor, 2022, Majeau, 2022 et girard, 2026) en ont traité, de même que trois mémoires de maîtrise (Perron, 2019, Brassard, 2021 et Martin, 2024).
Les Performances invisibles font également partie du corpus étudié dans le cadre du projet de recherche « Art urbain, art public et cultures numériques» dirigé par Suzanne Paquet, professeure agrégée au département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l'Université de Montréal.
Dans un article ayant fait la une du journal Le Devoir, le , intitulé « L'art invisible pour reprendre la ville », le journaliste Jérôme Delgado a qualifié les Performances invisibles « d'aussi discrètes que puissantes ».

Dans Vox, Steve Giasson présente 200 pages de transcriptions de conversations entendues à l’extérieur de son appartement, sur une période d’un an, du 25 juillet 2009 au 24 juillet 2010. L’œuvre a été présentée au Palais des congrès de Montréal lors du festival « Art Souterrain » en 2015, sous le thème « La sécurité dans notre société : que reste-t-il de nos libertés individuelles ? ». Elle a ensuite été exposée à Montréal, à l’édifice 2-22, du 9 août au 9 octobre 2016.
Produites par Le Lieu, centre en art actuel (Québec), les Nouvelles performances invisibles prolongent le projet Performances invisibles présenté à Dare-Dare (Montréal) en 2015-2016.
Comme dans la première série, les performances sont réalisées sans public et diffusées principalement sous forme de documentation produite par Martin Vinette et Daniel Roy. Les énoncés conceptuels (en français, en anglais et en espagnol) et les images produites sont dévoilés ensuite deux fois par semaine, pendant treize mois ( - ) sur les pages Facebook et Instagram du centre en art actuel Le Lieu et sur le site Web dédié des Performances invisibles.
Cette exposition virtuelle est constituée de 121 performances, basées sur des énoncés conceptuels, tels que :
Dans « Le visage des fantômes : Nouvelles performances invisibles de Steve Giasson », stvn girard analyse la série à partir de la notion de spectralité élaborée par Jacques Derrida. Selon lui, les reenactments font intervenir des figures, des œuvres et des événements du passé qui subsistent dans le présent sous une forme spectrale.
La nudité est un élément récurrent dans l'œuvre de Steve Giasson. Plusieurs Performances invisibles mettent en scène l'artiste nu, certaines montrant notamment son pénis en érection ou son anus, lorsque ces éléments font partie du dispositif performatif.
Ainsi, dans la Performance invisible nº 217 (Être son propre modèle), Giasson reprend des autoportraits dénudés de Francesca Woodman et d'Elina Brotherus.
La Performance invisible nº 198 (Appartenir à une autre époque (ou Adopter la posture d'une gargouille)) le montre entièrement nu, accroupi sur le toit d'un édifice moderne dans une posture évoquant une gargouille. Les photographies documentant la performance montrent son pénis en érection.
Dans la Performance invisible nº 221 (Manquer de couleur), inspirée notamment d'Ion Grigorescu, d'Yves Klein et de Jean-Luc Godard, il recouvre progressivement son corps nu de Bleu Klein International. Selon Didier Morelli, cette œuvre « queerise » ces références historiques en déstabilisant leurs héritages hétéronormatifs par un acte de désidentification. Morelli souligne également que, malgré la censure numérique de ses organes génitaux, l'image fut supprimée d'Instagram pour contenu sexuellement explicite, révélant, selon lui, un traitement différencié du corps masculin gai par rapport aux représentations historiques de nus féminins d'Yves Klein.
Kathleen Hayes établit également un rapprochement entre les Performances invisibles de Steve Giasson et le cynisme antique, en particulier la figure de Diogène de Sinope. Selon elle, les actions de Giasson réactualisent plusieurs principes du cynisme, notamment le recours au corps, la transgression des conventions sociales, l'impudeur (anaideia), la provocation comme moyen de réflexion philosophique et la réduction volontaire des gestes à leur plus simple expression. Hayes relève que certaines performances mettant en jeu la nudité intégrale, l'exposition des organes génitaux ou encore la masturbation en public s'inscrivent dans cette filiation, en faisant écho aux gestes attribués à Diogène, qui accomplissait au grand jour des actes considérés comme privés, afin de remettre en question les normes morales et sociales.
Cette lecture est mise en relation avec plusieurs Performances invisibles, notamment la Performance invisible nº 11 (Se masturber discrètement contre une sculpture d’Alexander Calder), la Performance invisible nº 120 (Ralentir son orgasme en pensant à un individu déplaisant) et la Performance invisible nº 121 (Éjaculer dans une chaussette pour homme Dolce & Gabbana). Ces œuvres impliquent des gestes sexuels habituellement considérés comme relevant de la sphère privée. Selon Hayes, ces performances ne visent pas la provocation pour elle-même, mais mobilisent une forme contemporaine de cynisme qui fait du corps un instrument d'engagement politique, en interrogeant les institutions artistiques, les conventions culturelles, les rapports de pouvoir et les limites de la visibilité du corps.
Carleton University Art Gallery. Commissaire : Jean-Michel Quirion.
Ce projet est constitué de tableaux vivants photographiques dans lesquels l'artiste reconstitue et réinterprète des autoportraits costumés réalisées par d'autres artistes. Le projet s'inscrit dans la continuité des recherches de l'artiste sur l'appropriation, la citation et les notions d'identité et d'auteur. Parmi les artistes dont les œuvres sont réinterprétées dans la série figurent Marina Abramović, Cindy Sherman, Andy Warhol, Douglas Gordon, Suzy Lake, Luigi Ontani, Richard Prince, Haim Steinbach et Sturtevant.
Le projet a également donné lieu à la publication d'un catalogue numérique bilingue comprenant des essais critiques, des entretiens et une documentation du corpus photographique.
Galerie Laroche/Joncas, Montréal
Cette exposition de peintures, de sculptures et de dessins s'inscrit dans les recherches de Steve Giasson sur l'histoire de l'appropriation en art. Le corpus prend pour point de départ l'œuvre et l'influence d'Andy Warhol, figure majeure du Pop Art. Le projet s'intéresse à la réception de l'œuvre de Warhol ainsi qu'aux pratiques de reproduction, de citation et de réinterprétation qui se sont développées autour de son travail. Dès les années 1960, plusieurs artistes, dont Sturtevant, Richard Pettibone et Mike Bidlo, ont produit des œuvres reprenant ou reconstituant celles de Warhol, contribuant ainsi aux débats sur l'originalité, l'auteur et l'appropriation dans l'art contemporain.
Dans le cadre de l'exposition collective Monuments aux victimes de la Liberté ( – , AXENÉO7, Gatineau) - créée en réponse au Monument aux victimes du communisme que voulait ériger le gouvernement conservateur de Stephen Harper - Giasson présente trois pièces :
Giasson y exécute aussi une performance intitulée Cuba Libre / Mentirita, lors du vernissage, où il offre des Cuba libre aux personnes présentes, leur demandant alors si elles préféreraient "una mentirita" (un "petit mensonge", un surnom ironique du Cuba libre...)
L'exposition est commissariée par Mélanie Boucher, Nathalie Casemajor, André-Louis Paré et Bernard Schütze Entrepreneurs du commun et Transit, collectif de commissaires et de critiques indépendants.
Un catalogue documentant cette exposition a été publié.
Steve Giasson réalise durant la biennale d'art performance VIVA! Art Action (4 – ), sise Ateliers Jean-Brillant (Montréal), une performance en quatre parties intitulée Je suis un véritable artiste, inspirée de l’œuvre de Keith Arnatt Trouser - Word Piece (1972-89). Reprenant le dispositif performatif d'Arnatt, Giasson porte, le premier soir, des panneaux d'homme-sandwich sur lesquels on peut lire en français et en anglais 140 phrases commençant par l'énoncé "Je suis un véritable..." : "Je suis un véritable artiste / Je suis un véritable mammifère / Je suis un véritable fils / Je suis un véritable américain / Je suis un véritable homosexuel, etc." Le deuxième soir, accueillant le public, toujours en homme-sandwich, Giasson porte alors des panneaux sur lesquels est représenté son portrait en pied recto-verso. Il est vêtu de la même manière que sur les photographies en dessous des panneaux. Le troisième soir, les panneaux représentent toujours son portrait en pied recto-verso, mais complètement dénudé cette fois. Il est également nu sous les panneaux. Enfin, le dernier soir, les panneaux d'homme-sandwich portés par Giasson (à nouveau vêtu), sont recouverts d'un matériel spéculaire reflétant le lieu et le public qui l'entourent,.
Fonderie Darling. Commissaire : Milly-Alexandra Dery
''Tu m’enveloppes et je te contiens'' est une exposition collective présentée à la Fonderie Darling du 22 septembre au 11 décembre 2022 à l'occasion du 20e anniversaire de l'institution. L'exposition porte sur l'histoire, les archives et la mémoire du centre d'art depuis sa fondation en 2002. Le titre de l'exposition est emprunté à une réplique de la pièce Le Balcon de Jean Genet. Réunissant des œuvres inédites sous forme d'installations, de moulages et de réactivations, le projet explore les relations entre les artistes et l'institution, ainsi que les traces laissées par deux décennies d'activités artistiques.
Parmi les artistes participants figurent Christophe Barbeau, Sameer Farooq, naakita feldman-kiss, Steve Giasson, Alexis Gros-Louis, Alexia Laferté-Coutu, Marion Lessard, Guillaume Adjutor Provost et Florence Yee.
Steve Giasson y présente une installation composée de vingt-cinq reproductions en plâtre de Mademoiselle Pogany (1913) de Constantin Brâncuși,,.
Steve Giasson est ouvertement homosexuel. Il vit et travaille à Montréal.