Sukhothaï

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Ville historique de Sukhothaï et villes historiques associées *
Image illustrative de l’article Sukhothaï
Bouddha géant assis de l'Ubosot (Bot) de Wat Mahathat
Coordonnées 17° 00′ 26″ nord, 99° 47′ 23″ est
Pays Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
Numéro
d’identification
574
Année d’inscription (15e session)
Type culturel
Critères (i) (iii)
Région Asie et Pacifique **
Image illustrative de l’article Sukhothaï
Plan du site de Sukhothaï
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Sukhothaï ou Sukothaï (thaï : สุโขทัย, API : [sùʔkʰǒːtʰaj]) est la capitale du premier royaume thaï qui s'est affranchi de l'Empire khmer d'Angkor. La cité fut fondée en 1238.

Au XIVe siècle, à son apogée sous le règne de Ramkhamhaeng, Sukothaï aurait abrité au moins 180 temples et peut-être, par déduction, jusqu'à 300 000 habitants. Le cité déclina progressivement et fut abandonnée à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle.

Sukhothaï est plus célèbre pour son art que pour ses réalisations politiques.

Les ruines de la vieille ville de Sukhothaï (français : Parc historique de Sukothaï, thaï : อุทยานประวัติศาสตร์ สุโขทัย, API : [ʔùttʰáʔjaːn pràʔwàttìʔsàːt sùʔkʰǒːtʰaj]) conjointement avec les vestiges des deux autres villes "associées" Sri Satchanalai et Kamphaeng Phet sont inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco,. Cet ensemble archéologique couvre 118 km2 : la cité antique de Sukhothaï en occupe 70 km2, celle de Si Satchanalai 45 km2 et celle de Kamphaeng Phet 3 km2. Jadis ces trois anciennes cités partageaient toutes une langue et un alphabet communs ainsi qu'un système administratif et juridique commun. Elles nous ont laissé des œuvres monumentales qui illustrent le début de l’architecture et de l’art thaïlandais connu sous le nom du “style Sukhothaï”.

Sukhothaï se trouve à environ 450 kilomètres au nord de Bangkok

Étymologie

Le nom Sukhothaï signifie « Aube de la félicité » en pali.

Géographie

Tout au nord de la plaine centrale de la Thaïlande et au bord de la rivière Yom, l'immense cité de Sukhothaï au plan rectangulaire régulier de 1800 m sur 1400 m dispose d'une triple ceinture de murs de latérite et de terre percée de quatre portes en chicane et elle abrite des nombreux vestiges de temples en brique et en latérite, des réservoirs, des étangs et des canaux creusés par les hommes,.

Histoire

Article détaillé : Royaume de Sukhothaï.

Sukhothaï est la capitale du premier royaume thaïlandais suzerain sur le bassin du fleuve Chao Phraya, à l'ouest sur la baie du Bengale et sur la péninsule entière. Ce royaume, après s'être affranchi de l'empire khmer, parvient à préserver son indépendance de 1250 jusqu'au XVe siècle.

À la fin du XIIIe siècle, dans les contrées voisines, les Mongols attaquent le Viêt Nam et l'Empire Khmer et saccagent la magnifique cité birmane de Pagan (1287). Sukhotaï se déclare leur vassale et profite de la situation. Ramkhamhaeng, dit « Rama le Fort », monarque respecté pour son équité et sa sagesse, la porte à son apogée entre 1275 et 1317. L'original de sa stèle, portant les plus anciennes inscriptions en alphabet thaï, se trouve au musée national de Bangkok.

En 1378 Sukhothaï devient tributaire de l'État d'Ayutthaya puis, peu à peu, tombe à l'abandon à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Les plus anciens récits occidentaux sur le Siam suggèrent qu'au XVIe siècle le Wat Mahathat de Sukhothai, lieu de référence obligé de la nation siamoise, est toujours regardé comme le plus vénéré du royaume. Ce n'est qu'un siècle plus tard, sans doute grâce aux efforts de reprise en main du royaume par Naresuan (1590-1605) après l'invasion birmane, que les temples bouddhistes les plus vénérés appartiennent désormais à la capitale Ayutthaya.

Patrimoine de Sukhothaï

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Parc historique de Sukhothaï.

Musées

Panneau d'information sur les mudra et les postures du Bouddha au Musée national de Ramkhamhaeng à Sukhothaï.

Légende du panneau d'information, ici à droite: « mudra et postures du Bouddha »

  1. Geste de la prise de la terre à témoin (Maravijaya) ;
  2. Mudra de la méditation (samadhi) ;
  3. Méditation dans le pavillon de cristal ;
  4. Protégé par le nāga Muchalinda ;
  5. Geste de l'absence de crainte (ici, arrêtant les inondations) ;
  6. Geste de l'absence de crainte (ici, arrêtant les maladies) ;
  7. Marchant dans une attitude noble et sereine ;
  8. Révélant les Trois Mondes ;
  9. Méditant dans la posture du diamant ;
  10. Attitude royale ;
  11. Soumettant Mara et faisant le mudra de la prise de la terre à témoin (Bhûmisparsha-mudrā), tout en étant protégé par les nāga ;
  12. Enseignant le Dharma ;
  13. Couché, entrant dans le Nirvāṇa.

Anciens temples

Carte du site de Sukhothaï pour les touristes

La vieille cité de Sukhothaï est aujourd'hui en ruine. Le grand palais en bois de ses rois a disparu ainsi que les milliers de maisons en bambou, bois et palme. Toutefois, la ville possède encore de nombreux vestiges de temples construits en latérite et en brique, autrefois recouverts de stuc alors peint et parfois doré. Le stuc s'est dégradé au fil du temps et ne recouvre aujourd'hui plus qu'une infime proportion des constructions. La plupart des statues retrouvées dans les ruines ont été remplacées par des répliques de facture artisanale ; et la brique sous-jacente, de couleur rouge, est aujourd'hui à nu.

Le temple bouddhiste à l'époque de Sukhothaï, comme plus tard celui à l'époque d'Ayutthaya, est orienté sur un axe est-ouest : son cœur est un haut chedi (stupa ; reliquaire) situé à l'ouest associé à un grand wihan (vihan ; salle d'assemblée de tous les croyants, religieux et laïcs) situé à l'est. L'ubosot (bot ; hall d'ordination, salle d'assemblée réservée uniquement aux religieux, c'est-à-dire aux bonzes et aux novices) ressemble à un wihan en plus petit, caractérisé par ses bornes sacrées, et il est placé généralement en position très excentrée.

La plupart des édifices qui ont été découverts, et pour partie relevés, se trouvent à l'intérieur des murs de la cité :

Quelques édifices hors les murs ont aussi été pour partie relevés.

... et de nombreux autres bâtiments, disséminés dans les rizières environnantes, attendent d'être dégagés de l'enveloppe de terre qui les recouvre.

Statue de Wat Si Chum dans le parc historique. Septembre 2012.

Sri Satchanalai

Ruines du Wat Chedi Chet Taeo avec son stupa principal, une tour dotée d'une couverture en bouton de lotus.

Le parc historique de Sri Satchanalai a une superficie de 45 km2. Il abrite plus de vingt ruines de monuments remarquable dont celle du Wat Chedi Chet Taeo et celles du temple des éléphants Wat Chang Lom,...

Bâtie sur les rives de la Yom, à une soixantaine de kilomètres au nord de Sukhothaï, Sri Satchanalai (thaï : ศรีสัชนาลัย) était la principale ville satellite du royaume.

Les rois de Sukhothaï y envoyaient gouverner les princes de sang appelés à leur succéder un jour, fort de cette expérience d'administration. Cette cité était un centre de potiers et les fouilles ont permis de dégager les fours souterrains. Dans les faubourgs de la ville, on produisait la célèbre céramique dite Sangkhalok, du nom que portait la région au début de la période des rois d'Ayutthaya. Abandonnés à la fin du XVIIIe siècle, bon nombre de ses monuments ont été dégagés et restaurés dans le cadre des programmes dirigés par Khun Nikom.

Kamphaeng Phet

Le parc historique de Kamphaeng Phet a une superficie de près de 4 km2.

L'ancienne cité de Kamphaeng Phet (thaï : กำแพงเพชร, API : [kampʰɛːŋ pʰét], litt . « muraille de diamant ») située à quelque 80 km au sud de Sukhothaï conserve de nombreux vestiges de son passé militaire : forteresses, portes, murailles, tours de guet; mais aussi que des dizaines de temples datant du XIIIe au XVe siècle : Wat Phra Kaeo, Wat Phra That, Wat Phra Si Iriyabot, Wat Phra Chang Rop, etc.

Statue d'éléphant (copie) supportant la base du chedi de Wat Chang Rop.

Faune et flore de Sukothaï

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Notes et références

  1. ↑ Xavier Galland, « Naissance d'un royaume », sur gavroche-thailande.com, Gavroche Thaïlande,
  2. ↑ Jean-Claude Pomonti, « Sukhothaï, la rescapée magnifique », sur lemonde.fr, Le Monde,
  3. ↑ Jean Boisselier, Encyclopédia Universalis, Thésaurus PLANN-ZYRIA, (lire en ligne), Sukhothaï (art de) page 1849
  4. ↑ (en) Ministry of Culture (Thailand), « Historic town of Sukhothai and associated historic town », sur 164.115.22.96 (consulté le )
  5. ↑ Xavier Galland, « Que reste-t-il de Sukhothaï ? : Un joli parc, il faut qu'on y aille... », Gavroche Thaïlande, no 184,‎ , p. 31 (16) (lire en ligne [PDF])
  6. ↑ UNESCO, « Ville historique de Sukhothaï et villes historiques associées », sur whc.unesco.org (consulté le )
  7. ↑ « A la découverte de ce fier patrimoine thaïlandais reconnu par l’Unesco », sur lepetitjournal.com, Le petit journal de Bangkok,
  8. ↑ Encyclopédia Universalis, 15, , Sukhothaï (art de) pages 1036 à 1040
  9. ↑ Jean-Claude Pomonti, « Ils veulent sauver les trésors de l'Histoire », Géo, no 187,‎ , p. 126-132 (ISSN 0220-8245)
  10. ↑ « THAILANDE – LU AILLEURS: Sukhothai, perle de l’Asie du sud-est revisitée par National Geographic », sur gavroche-thailande.com, Gavroche Thaïlande,
  11. ↑ Michel Jacq-Hergoualc'h, Le Siam, Société d'édition Les Belles Lettres, coll. « Guide Belles Lettres des civilisations », , 256 p. (ISBN 978-2-251-41023-4), Chapitre VI : La religion pages 129 et 130
  12. ↑ « Les plus belles destinations de la planète (14/24) : Sukhothaï », sur lemonde.fr, Le Monde,
  13. ↑ Pierre Baptiste, « Asie du Sud-Est », Arts asiatiques, no 77,‎ , p. 121 (lire en ligne)
  14. ↑ Pierre Pichard, « Le hall d'ordination dans le monastère thaï » (Texte pp 129-131 et plans du Wat Mahathat de Sukhothaï (Fig. 5) et du Wat Sra Si (Fig. 6)), Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient (BEFEO), nos 87-1,‎ , p. 125-149 (lire en ligne)
  15. ↑ (en + fr + de + es + it + nl) Heidi Fröhlisch, Katja Sassmanshausen et Thilo Scheu, Thaïlande, Éditions Place des victoires, , 524 p. (ISBN 978-2-8099-1646-1), Wat Si Chum pages 120 et 121
  16. ↑ Pierre Pichard, « Le hall d'ordination dans le monastère thaï », bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient (BEFEO), nos 87-1,‎ , p. 128 (Fig. 3) (lire en ligne)
  17. ↑ (en) Pongpet Mekloy, « A royal visit, and ruins restored », sur bangkokpost.com, Bangkok Post,
  18. ↑ (en) Pattarawadee Saengmanee, « Traditional textiles and temple tours », sur bangkokpost.com, Bangkok Post,
  19. ↑ (en) « History carved in stone : Si Satchanalai, Thailand », sur nationthailand.com, The Nation (Thailand),
  20. ↑ (en) Suthon Sukphisit, « Pottery's rich history passes the taste test », sur bangkokpost.com, Bangkok Post,
  21. ↑ (en) Karnjana Karnjanatawe, « A road less travelled : Kamphaeng Phet offers visitors a relaxing look at an ancient kingdom and Unesco World Heritage Site », sur bangkokpost.com, Bangkok Post,
  22. ↑ Heidi Fröhlisch, Katja Sassmanshausen et Thilo Scheu, Thaïlande, Éditions Place des victoires, , 524 p. (ISBN 978-2-809-91646-1), p. 130-131 (Parc historique de Kamphaeng Phet)
  23. ↑ (th) « เที่ยววัดวันหยุด - วัดพระสี่อิริยาบถ-พระยืน ใน‘อุทยานฯกำแพงเพชร’ », sur khaosod.co.th, Khaosod,‎
  24. ↑ (th) « วัดช้างรอบ-วัดพระสี่อิริยาบถ โบราณสถานสำคัญกำแพงเพชร », sur khaosod.co.th, Khaosod,‎

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes