Swami Prajnanpad

Swami Prajnanpad
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
Ranchi (Inde)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Swami Prajnanpad (ou Prajnânpad / Prajñānpad), de son vrai nom Yogeshvar Chattopadhyaya, né le à Chinsurah, dans le Bengale-Occidental et mort le à l'ashram de Channa (en) (Bengale), est un guru indien du vedanta non-dualiste connu en France pour avoir été le maître spirituel de Daniel Roumanoff et d'Arnaud Desjardins. Son enseignement est connu sous le nom d'Adhyatma yoga.

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Icône décorative. Portrait de Swami Prajnanpad

Biographie

Formation

Il naît sous le nom de Yogeshwar Chattopadhyaya le à Chinsurah, une ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Calcutta, dans une famille brahmane pauvre. Il reçoit une éducation traditionnelle, dans une ambiance marquée de dévotion. Il est encore enfant lorsque ses parents décèdent, après quoi c'est un de ses frères plus âgé, enseignant de sanskrit, qui s'occupera de lui. En 1912, à 21 ans, il s'engage dans de brillantes études en physique à l'Université de Calcutta et il reçoit son diplôme en 1918. Il est alors très actif dans le mouvement pour indépendance de l'Inde. Bientôt, son frère l'encourage à épouser une jeune fille de douze ans. Il travaille alors comme enseignant dans différents collèges (niveau tertiaire), tout en menant une vie simple, voire austère, car il a fait vœu de pauvreté.

La voie spirituelle

En 1921, il rencontre son maître, Niralamba Swami (en), et en 1925 il devient samnyâsin, revêt le vêtement ocre des renonçants, alors même que sa femme est enceinte. En , à la mort de Niralamba, il prend sa succession à la tête de l’ashram de Channa où il s'installe, et il prend le nom de Swami Prajnanpad « siège de la connaissance parfaite ».

Entre psychanalyse et spiritualité

En 1925, Prajnanpad découvre les écrits de Freud à la bibliothèque de l’université de Bénarès où il enseigne, et il sera un des introducteurs de la psychanalyse en Inde. Toutefois, à partir de 1938, il cesse de faire référence à la psychanalyse, et remplace ce mot par l'expression « destruction du mental », en quoi il voit la première étape vers la libération. Il développe ainsi sa propre technique, à la fois thérapeutique et spirituelle, appelée lying (« être étendu »), qui se base sur l'association libre et sur l'expression des émotions. Christophe Massin résume ainsi la démarche : « La personne, partant de ses attirances et répulsions, cherche à vivre une expérience de non-dualité (advaita), de totale acceptation, avec ses émotions. » Nombre de disciples comptèrent parmi ses patients, et l'image qu'ils laissent de Swami Prajnanpad tient autant du psychothérapeute que du maître spirituel, et cette synthèse est « peut-être ce qui le caractérise le mieux[, car] la sagesse n'est que l'extrême de la santé psychique; la santé n'est qu'une sagesse minimale. »

L'Adhyatma yoga

Durant près de 30 ans, Swami Prajnanpad pratique avec ses disciples l'Adhyatma yoga, c'est-à-dire le yoga dirigé vers le Soi.

Maître de sagesse et de lucidité, son approche rigoureuse est une plongée au coeur de l'inconscient qui fait voir les difficultés faisant obstacle au silence du mental. Pas de Dieu, pas de rite, pas de paradis. André Comte-Sponville disait à propos de lui : « Ce maître se contente de voir, d'être un avec ce qu'il appelle indifféremment la vérité ou la réalité, laquelle est neutre, ni bonne ni mauvaise, ni agréable ni pénible, et promise seulement au changement ou à la mort. [...] Ce maître – car c’en est un, et considérable, et l’un des plus grands de ce temps – n’est pas un optimiste, ni un rêveur, ni un croyant. Un philosophe ?... Point, mais beaucoup mieux : un sage. La denrée est plus rare et – y compris pour les philosophes ! – plus utile ».

Fin de vie

Swami Prajnanpad se rend deux fois en France : en 1966, à Bourg-la-Reine, où il séjourne chez Arnaud et Denise Desjardins, et en 1973, en Normandie, chez Daniel et Colette Roumanoff.

Il meurt l'année suivante, en 1974, à l'âge de 83 ans.

Enseignement

Il enseigne le vedânta non-dualiste, faisant fréquemment référence au Yogavāsiṣṭha, mais il n'a jamais écrit d'ouvrage. Il a développé « une méthode de travail sur les émotions et les désirs d'inspiration psychanalytique, propre à permettre aux traumatismes affectifs anciens de remonter à la conscience afin d'être dépassés ». Il désigne son enseignement spirituel sous le nom d'Adhyatma yoga.

Citations

Bibliographie

« Œuvres » de Swâmi Prajnânpad

Rappelons que Swami Prajnanpad n'a écrit aucun livre. Tous les ouvrages ci-après sont la mise en forme de différentes sources (entretiens, lettres, enseignements) par des personnes de son entourage.

Entretiens avec Swâmi Prajnânpad

Études

Sur le lying et la psychanalyse

  • Eric Edelmann, Olivier Humbert et Dr Christophe Massin (introduction d'Arnaud Desjardins), Swâmi Prajnânpad et les lyings, La Table Ronde, , 240 p. (ISBN 978-2-7103-0975-8)
  • Christophe Massin (préf. d'Alexandre Jollien), Souffrir ou aimer : Transformer l'émotion, Paris, Odile Jacob, coll. « Odile Jacob poches Psychologie », (1re éd. 2013), 252 p. (ISBN 978-2-7381-3851-4)
  • Daniel Roumanoff, Psychanalyse et sagesse orientale. Une lecture indienne de l'inconscient, Accarias-L'Originel, , 398 p. (ISBN 978-2-86316-132-6), Accarias-L'Originel

Notes et références

Notes

    Références

    1. ↑ Daniel Roumanoff.Svâmi Prajnânpad, un maître contemporain : Manque et plénitude.. Éditions La Table Ronde, Paris, 1989, page 10. (ISBN 2-7103-0389-2)
    2. ↑ Source : MéditationFrance
    3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Alexandre Astier, Les Maîtres spirituels de l'hindouisme, Paris, Eyrolles, , 238 p. (ISBN 978-2-212-54194-6, lire en ligne), p. 202-209.
    4. ↑ Comte-Sponville 2016, p. 20.
    5. ↑ Comte-Sponville 2016, p. 20-21, 71.
    6. ↑ Comte-Sponville 2016, p. 20-21.
    7. ↑ Comte-Sponville 2016, p. 21.
    8. ↑ Lettres à ses disciples: Tome 2, Les yeux ouverts, Svâmi Prajnânpad, traduction de Colette et Daniel Roumanoff, préface d'André Comte-Sponville, Accarias-L'Originel, (ISBN 978-2863162347)
    9. ↑ Daniel Roumanoff, Svami Prajnanpad,un maître contemporain- tome 2 : Le quotidien illuminé, Albin Michel, , 448 p. (ISBN 978-2-226-20026-6, lire en ligne), p. 353
    10. ↑ Svâmi Prajñânpad, Le but de la vie. Un été plein de sagesse, entretiens avec Roland 1966, Éditions Accarias-L'Originel, 2005, Entretien 13 du 5/8/1966.
    11. ↑ Cité par Daniel Roumanoff, dans Swami Prajnânpad, un maître contemporain, tome 1, la Table ronde, 1989, p. 85-86.
    12. ↑ Swami Prajnânpad, ABC d'une sagesse, la Table ronde, 1998, p.11.
    13. ↑ Swami Prajnânpad pris au mot : les aphorismes, recueillis et traduits par Frédérick Leboyer, Accarias-L'Originel, 2006, p. 27.

    Voir aussi

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