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Syllaios (Shoulay en nabatéen, Syllaeus, selon Strabon) est le ministre tout puissant du « roi » nabatéen Obodas II qui régna de 30 à
Sur une inscription gréco-nabatéenne découverte à Milet, Syllaios est mentionné sous son nom nabatéen, Shoulay, et son titre officiel est akh malekha, c'est-à-dire « frère du roi » mais la même inscription précise que Syllaios est « fils de Taymou », l'expression frère du roi (adelphos en grec dans le texte de Strabon) désignant l'administrateur du royaume nabatéen.
La vie de Syllaios est essentiellement connu par les écrits de Strabon et de Flavius Josèphe. Syllaios est presque toujours le seul personnage nabatéen cité par Strabon. Selon Strabon, Obodas est un roi faible qui abandonne les affaires de son royaume à son ministre tout-puissant. Selon Strabon, qui est très hostile à Syllaios, celui-ci aurait volontairement fait échouer l'expédition romaine vers l'Arabie heureuse (Arabia felix, le Yémen actuel) ordonnée par Auguste en pour découvrir l'origine du commerce des épices et des aromates ; Syllaios espérant utiliser ce revers pour détrôner Obodas et de surcroît, en cas de succès de l'expédition, les Nabatéens auraient perdu leur monopole commercial avec l'Arabie Heureuse. Cette accusation paraît douteuse car les Romains ne prirent aucune mesure de rétorsion, ni contre Syllaios, ni contre Obodas,.
Selon Flavius Josèphe, vers , Syllaios se rend à la cour d'Hérode pour lui emprunter 60 talents au nom d'Obodas. À cette occasion Syllaios s'éprend de Salomé, la sœur d'Hérode, qui est veuve, et la demande en mariage. Hérode y consent si Syllaios se convertit préalablement au judaïsme, ce que celui-ci refuse de peur de passer pour un traître aux yeux des Nabatéens. Après cet échec, Syllaios se venge en accueillant des Arabes de Trachonitide révoltés contre Hérode, qui se sont réfugiés en Nabatène dans une forteresse depuis laquelle ils effectuent régulièrement des razzias sur la Batanée et sur tout le plateau agricole du Hauran.
Durant l'hiver de 11/10 av. J.-C., Syllaios se rend à Rome pour accuser Hérode devant Auguste. En , il retourne à Rome pour tenter de se faire désigner comme futur roi, anticipant le décès d'Obodas qui n'a pas d'enfant. Pendant ce temps à Pétra, Énée, neveu d'Obodas, s'empare du trône et se fait proclamer roi de Nabatène sous le nom d'Arétas. Contrairement aux usages liant les États-clients et Rome, Arétas n'a pas sollicité l'accord préalable de Rome, ce qui indispose grandement l'empereur Auguste à son encontre et renforce la position de Syllaios. Selon Maurice Sartre, Auguste envisage alors « de confier l'ensemble des états nabatéens à Hérode. » Antipater, un des fils d'Hérode se trouve alors lui aussi à Rome, où il est venu dans le même bateau que celui qui a ramené Marcus Vipsanius Agrippa à la fin de son imperium sur l'Orient (13-12 av. J.-C.). C'est alors que parvient la nouvelle de la mort d'un chef des arabes nommés Nakeb, tué par Hérode lors d'un raid en Nabatène. Syllaios change alors « ses vêtements pour des habits de deuil » et pleure devant l'empereur la mort du général arabe, qui serait « son familier et son parent », ainsi que celle de 2 500 « des premiers d’entre les Arabes » qui avaient péri dans cet affrontement. Furieux, Auguste écrit alors une lettre à Hérode, dont l'objet principal est de lui dire « qu’il l’avait, traité jadis en ami, mais que désormais il le traiterait en sujet », ce qui renforce grandement la position de Syllaios. Arétas IV et le roi Hérode conjuguent alors leurs efforts diplomatiques pour écarter Syllaios. Selon Flavius Josèphe, qui copie directement les écrits de Nicolas de Damas, ministre et homme de confiance d'Hérode, celui-ci envoie en ambassade à Rome, Nicolas de Damas, puis deux de ses propres fils, afin de revenir en grâce auprès d'Auguste. En s'alliant avec les ambassadeurs d'Arétas, ils accusent alors Syllaios d'avoir fait assassiner le roi Obodas. Nicolas de Damas se vante aussi d'avoir réussi à convaincre Auguste qu'Hérode était dans son bon droit en attaquant les Nabatéens qui avaient protégé les brigands trachonides. Auguste change alors d'avis : il reconnaît Arétas comme roi de Nabatène et écarte Syllaios. Après cet échec, accusé d'avoir participé à un complot, Syllaios semble être demeuré à Rome, avant d'y être exécuté vers
On connaît deux inscriptions mentionnant le passage de Syllaios dans les sanctuaires des îles de Cos, Milos et Délos, au cours d'un voyage vers Rome.