Organisme hématophage

Moustique anophèle femelle gorgée de sang, destiné au développement de ses œufs.
Punaise des lits.
Papillons (non hématophages, mais attirés par l'odeur du sang sur une chaussette).
Triatomine, vecteur biologique de la maladie de Chagas, déposant une goutte d'excréments (mode de contamination parasitaire de la maladie de Chagas).
Schéma d'une antenne de triatomine.

Les organismes hématophages, du grec hemato « sang » et -phage « manger », ou « sanguinivores », sont des organismes qui se nourrissent de sang. Ce sont souvent des ectoparasites (parasites qui n'entrent pas à l'intérieur de leur hôte, mais qui se fixent provisoirement sur sa peau).

Dans l'écosystème, ils occupent des points particuliers des réseaux trophiques – les hématophages sont souvent à la fois la proie et le prédateur d'un même hôte – ce qui leur confère des caractéristiques inhabituelles dans le système prédateur-proie.

Exemples d'organismes hématophages

ou des acariens tels que :

Modes de l'hématophagie chez les arthropodes

L'entomologiste M. M. J. Lavoipierre distingue deux modes essentiels de l'hématophagie : la piqûre ou l'arthropode solénophage (du grec solen, tuyau, et phagein, manger) où l'animal perce la peau grâce à une trompe longue, perforante et cathétérisant les capillaires veineux (d'où le terme anglais de « capillary feeding »). Cela concerne le groupe des punaises, des moustiques et des poux. Avec la piqûre telmophage (du grec têlma marécage, et phagein manger), l'animal lacère le derme afin de créer un microhématome, une mare de sang (d'où le terme anglais de « pool feeding ») dont il aspire le contenu (exemple : moucherons de la famille des phlébotomes, taons),.

Recherche de l'hôte et orientation spatiale

Les hématophages, grâce à un système perceptif spécialisé (olfaction, thermoperception, chémotactisme, vision nocturne…), repèrent leur hôte au moyen de différents indices tels que :

Les moyens pour l'hématophage de percevoir son hôte

La perception de la température et/ou de molécules émises par l’hôte se fait par des récepteurs sensoriels spécialisés :

Orientation dans l'espace après le repas

Une fois le repas pris, les nymphes de certains insectes nocturnes et non volants (triatomine par exemple) doivent retrouver leur refuge diurne :

Autres récepteurs : les tiques n'ont pas de récepteurs antennaires, mais d'autres types d'organes notamment disposés sur les pattes. Elles n'ont pas de vision mais s'orientent précisément vers leurs hôtes, peut-être attirées par leur odeur, plus que par leur température car elles peuvent parasiter des serpents, lézards, orvets qui sont des animaux à sang froid.

Remarque : la sensibilité olfactive de la punaise hématophage Rhodnius prolixus varie selon l'heure de la journée (inhibée le jour, activée la nuit). Cette punaise répond en outre différemment à différents stimuli chimiques.

Efficience relative des récepteurs sensoriels

On estime que la précision de la perception sensorielle se traduit en grande partie par le nombre de chemorécepteurs. Et elle semble varier selon le mode de vie de l'hématophage, et plus précisément selon que l'hématophage vive en association permanente ou non avec son hôte.

On peut distinguer

Ces chemorécepteurs ne servent pas qu'à repérer l'hôte le plus proche, mais aussi au sein de l'espèce à la communication hormonale, y compris pour les besoins de la sexualité. Chez une espèce dont les mâles et femelles sont souvent éloignés, un nombre plus important de récepteurs est nécessaire. Des rythmes circadiens régulent leurs fonctions,.

Pathologies transmises par des hématophages

Exemples :

Écoépidémiologie

De nombreux insectes hématophages sont des insectes vecteurs de maladies. Chez ces insectes, souvent il n'y a que la femelle qui soit hématophage, en préparation de la formation des œufs, pour laquelle elle a besoin d'un apport important de protéines.

On a récemment montré qu'il existe de nombreux facteurs endogènes expliquant l'attractivité d'un individu pour un hématophage.

Certains parasites sont littéralement capables de manipuler leur hôte pour le rendre plus "attractif" pour les hématophages, ce qui leur permet de diffuser leurs gènes et descendance[réf. nécessaire].

Références

  1. 1 2 3 4 Aurélie Bodin, Modulation du comportement de recherche de l'hôte chez les insectes hématophages : Importance des facteurs endogènes ; Thèse de doctorat en Sciences de la Vie (Université François Rabelais), 2008-10-31, PDF, 145 pages.
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Voir aussi

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Articles connexes

Bibliographie