En physique, une constante de temps est une grandeur homogène à un temps caractérisant la rapidité de l'évolution d'un système.
Soit un système physique obéissant à une équation différentielle linéaire d'ordre 1 telle que :
avec :
| La grandeur , constante et homogène à un temps, est appelée constante de temps du système,. |
Un tel système est appelé « système linéaire du premier ordre » ou « système linéaire d'ordre 1 ».
La constante de temps est l'inverse de la pulsation de coupure :
Elle est liée à la fréquence de coupure par :
Un système linéaire de premier ordre est soumis en entrée à un échelon tel que, en fonction du temps :
avec et des constantes. Le système répond en sortie par un signal de la forme, :
avec :
Pour , la dérivée du signal de sortie vaut ; à l'origine du temps on a . La tangente au signal de sortie en ce point a pour équation ; en on a . Graphiquement, la constante de temps est l'abscisse du point d'intersection entre la tangente au point d'origine du repère et la droite d'équation .
Au temps , le signal de sortie atteint , soit environ 63 % de l'amplitude depuis . On a aussi , il reste alors environ 37 % de à parcourir jusqu'à . Graphiquement, la constante de temps est l'abscisse du point d'ordonnée .
La demi-vie est l'abscisse du point auquel le signal atteint 50 % de son amplitude, soit le point d'ordonnée .
Le temps de montée (ou de descente selon le contexte) du signal est la durée , où est l'abscisse du point auquel le signal atteint 10 % de son amplitude, soit le point d'ordonnée , et l'abscisse du point auquel le signal atteint 90 % de son amplitude, soit le point d'ordonnée .
Le temps de réponse à 95 % correspond à une durée de . La sortie atteint 99,3 % de sa valeur finale à .
La valeur est asymptotique, elle n'est atteinte qu'au bout d'un temps infini.
Les réponses en tension et en courant d'un circuit électrique linéaire du premier ordre sont caractérisées par la constante de temps :
avec la résistance, la capacité et l'inductance.


En biologie, la membrane plasmique entourant une cellule vivante se situe entre deux milieux électrolytiques (le milieux intracellulaire ou cytoplasme, et le milieu extracellulaire) qui sont de très bons conducteurs électriques. Ils contiennent, entre autres, des cations Na+, K+ et Ca2+ et des anions Cl-. Les différences de concentrations en ions entre les milieux intra et extra cellulaires, maintenues pas la pompe sodium-potassium (ou Na+/K+ ATPase), génèrent un potentiel électrochimique entre les deux milieux, entre −40 et −90 mV par exemple pour le potentiel de repos des neurones. La membrane est formée de deux couches lipidiques imperméables à tous les ions ; elle constitue ainsi une sorte de condensateur électrique de capacité d'environ 1 à 10 µF cm−2. La membrane laisse cependant passer certains ions (Na+, K+ et Cl-) par des canaux ioniques ; elle possède ainsi une résistance d'environ 1 000 Ω cm2,,.
Une membrane cellulaire peut donc être assimilée à un circuit électrique associant un condensateur et une résistance en parallèle, c'est-à-dire un circuit RC. Ce circuit a une constante de temps,, :
Elle se situe entre 0,06 et 92 ms selon les tissus.
Un objet (par exemple une bille, un thermomètre) est soudainement plongé dans un fluide (eau, huile, air…) à température constante. La température de l'objet évolue selon l'équation :
avec :
On peut réécrire :
La constante de temps thermique de ce système vaut :
On a :