Ter Meulen

Ter Meulen
logo de Ter Meulen
illustration de Ter Meulen
Le magasin du Binnenwegplein à Noël, en 1965.

Création 26 septembre 1897
Disparition 13 janvier 1993
Fondateurs Hendricus Bernardus Johannes ter Meulen
Forme juridique Besloten vennootschap (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Rotterdam
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Activité Commerce de détail, vente par correspondance
Produits Grands magasins
Effectif 550 (1993)

Ter Meulen était une chaîne néerlandaise de grands magasins dont le siège se trouvait à Rotterdam. Fondée en 1897, elle a fait faillite en 1993. Son magasin principal du Binnenwegplein, construit de 1948 à 1951 sur les plans du cabinet d'architectes Van den Broek en Bakema (Johannes Hendrik van den Broek et Jacob Bakema), compte parmi les premiers grands bâtiments commerciaux de la reconstruction de Rotterdam après la Seconde Guerre mondiale. Il a été conservé et porte depuis 2012 l'immeuble d'habitation De Karel Doorman. La société de vente par correspondance Ter Meulen Post, créée en 1954, a compté jusqu'à environ 700 000 clients ; son centre de distribution, construit en 1967 dans le Spaanse Polder, est classé monument municipal depuis 2022.

Histoire

Débuts

Catalogue de décembre 1939.

Hendricus Bernardus Johannes (Hein) ter Meulen ouvre le 26 septembre 1897 un magasin de nouveautés à l'angle de la Nieuwe Markt et de la Halstraat. Il mise sur les prix bas, les lots de déstockage et une publicité tapageuse. Le magasin s'installe en 1903 sur le Slaak, un ancien canal comblé, puis en 1912 dans la Hoogstraat, où ouvre en 1921, près de l'Oostplein, un grand magasin construit à cet effet, avec 32 rayons répartis sur trois niveaux et une centaine d'employés. Le fondateur meurt subitement en 1925, laissant une veuve et dix enfants ; sa veuve reprend l'affaire et Ernst ter Meulen en devient directeur en 1936.

Reconstruction et expansion

Le magasin de la Hoogstraat est détruit lors du bombardement de Rotterdam en mai 1940. Jusqu'en 1951, Ter Meulen exerce dans le complexe de magasins provisoires de Dijkzigt, où se sont également installés le magasin de vêtements Wassen et le chausseur Van Vorst. Avec ces deux entreprises, Ter Meulen fait construire à partir de 1948 un nouveau bâtiment sur le Binnenwegplein, inauguré le 1er mars 1951. L'entreprise lance sa vente par correspondance, Ter Meulen Post, en 1954 et rachète Wassen en 1963.

Le grand magasin prospère dans les années 1960 et 1970. Ter Meulen ouvre ensuite des succursales à Spijkenisse, Dordrecht, Zoetermeer, Almere et dans le centre commercial Oosterhof, à Rotterdam ; l'ouverture de celle de Spijkenisse est annoncée en 1982. En 1986, l'activité de vente par correspondance est séparée et vendue à Vendex International (devenu plus tard Maxeda), propriétaire de la chaîne de grands magasins Vroom & Dreesmann.

Déclin et faillite

En 1988, les grands magasins sont rachetés par Goudsmit, fonds coté en bourse du groupe d'investissement Wolters Schaberg, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté. La formule de Ter Meulen est alors jugée dépassée ; à partir de 1989, des parties du magasin principal sont louées à d'autres commerçants. Les nouveaux propriétaires prévoient d'ouvrir un magasin par an, mais en raison de retards de chantier, les succursales d'Almere et d'Oosterhof ouvrent en 1992 à quatre mois d'intervalle seulement, ce qui pèse lourdement sur les finances de l'entreprise.

Début janvier 1993, le NRC Handelsblad rapporte que Ter Meulen est au bord de la faillite. Celle-ci est prononcée le 13 janvier 1993. Selon l'ancien directeur financier, les 550 salariés sont tous licenciés. Les curateurs maintiennent les magasins ouverts pour écouler les stocks et confient la liquidation à la famille Steenbergen, propriétaire de la chaîne Kwantum. Vroom & Dreesmann reprend certaines succursales et les exploite sous l'enseigne V&D.

Bâtiment du Binnenwegplein

L'ancien magasin principal en 2006, encore doté de la surélévation de 1979.

Long d'environ 100 mètres pour 29 de profondeur, le bâtiment est conçu par Van den Broek en Bakema, qui dessinent au même moment la rue commerçante du Lijnbaan. Ter Meulen, Wassen et Van Vorst disposent chacun de leur propre façade commerciale et de leur propre entrée ; à l'intérieur, des parois vitrées séparent les trois magasins. Marc Ibelings, dont l'agence a plus tard transformé le bâtiment, le présente comme le premier édifice achevé de la reconstruction, avant même le Lijnbaan.

Lors d'un voyage d'étude aux États-Unis, Jo van den Broek avait découvert les grands magasins sans fenêtres, éclairés artificiellement, alors en vogue, mais il en rejette le principe. Le rez-de-chaussée forme une vitrine continue et les étages sont éclairés par des fenêtres en bandeau. La vente s'effectue sur trois niveaux, du sous-sol vers le haut, tandis que le dernier étage accueille bureaux, réserves et cantines. Un niveau de vente supplémentaire est prévu dès la construction en vue d'une extension future. À l'angle est, le salon de thé Martin's Cafetaria occupe une mezzanine, avec balcon et entrée indépendante.

À la fin des années 1960, le Lijnbaan est prolongé jusqu'au Binnenwegplein. L'angle du café disparaît alors, et un bâtiment-pont relie Ter Meulen au magasin de meubles voisin De Klerk ; il abrite un espace d'exposition du conseil artistique de Rotterdam. Des bureaux sont ajoutés en 1974. De 1977 à 1979, Van den Broek en Bakema mettent à profit la possibilité d'extension prévue à l'origine pour réaliser une surélévation de deux niveaux, qui apporte environ 4 000 m2 de surface de vente supplémentaire.

Après la faillite, le bâtiment est rénové et rouvre en 1993 sous le nom de De Grote Lijn, un nouveau concept commercial qui échoue. Des enseignes comme H&M et Zara lui conservent toutefois sa vocation commerciale. En 2019, il ne bénéficiait d'aucune protection patrimoniale. Lorsque l'agence Ibelings van Tilburg Architecten est mandatée en 2001, le programme prévoit encore sa démolition ; les architectes proposent au contraire de le conserver. La surélévation de 1979 est démolie et remplacée par un immeuble d'habitation à structure légère en acier et en bois, qui repose sur les poteaux et les fondations d'origine. Achevé en 2012, l'immeuble De Karel Doorman culmine à environ 70 mètres et compte 114 logements répartis entre deux tours de hauteurs différentes. En 2020, les surfaces commerciales de l'ancien magasin, d'environ 12 450 m2 selon les architectes, étaient principalement louées à TK Maxx, H&M et Zara y ayant également des boutiques.

Ter Meulen Post

La vente par correspondance débute en 1954 et utilise d'abord des espaces de stockage dans le garage RAC de Rotterdam. Pendant de nombreuses années, ses catalogues sont illustrés de dessins plutôt que de photographies ; l'assortiment de jouets du catalogue de décembre est particulièrement apprécié des familles dans les années 1950 et 1960.

Face à la forte croissance des années 1960, Ter Meulen fait construire en 1967 son propre centre de distribution sur la Vlaardingweg, dans le Spaanse Polder, où l'activité est transférée en 1969. Les architectes sont à nouveau Van den Broek en Bakema, et l'entrepreneur J. P. van Eesteren ; le coût est estimé à 10 millions de florins. Le bâtiment de cinq niveaux à ossature métallique mesure 80 × 78 mètres, repose sur 630 pieux en béton et a été conçu pour pouvoir être surélevé de trois niveaux. Il est équipé d'un système de convoyeurs, d'un ordinateur de la marque ICT pour la gestion des stocks et d'une terrasse sur le toit pour le personnel. Aujourd'hui connu sous le nom de De Spaanse Kubus, il abrite des bureaux ; il a été classé monument municipal (gemeentelijk monument) en 2022.

En 1986, Ter Meulen Post passe sous le contrôle de Vendex. Selon son directeur ultérieur, l'entreprise ne bénéficie ensuite de pratiquement aucun investissement et ses pertes augmentent d'année en année. En 1992, elle compte encore environ 700 000 clients aux Pays-Bas et en Flandre, réalise un chiffre d'affaires d'environ 100 millions de florins et expédie 2,5 millions de colis par an ; c'est alors la seule entreprise néerlandaise de vente par correspondance à disposer de son propre service de transport. Début 1992, Vendex la vend à l'entreprise britannique de vente par correspondance Freemans, filiale du groupe Sears. Dans le cadre de la restructuration, 190 salariés quittent l'entreprise et les 130 chauffeurs du service de transport passent chez Van Gend & Loos (VGL/Selectvracht), filiale de Nedlloyd.

En 1992, les pertes dépassent 9 millions de florins, puis atteignent 4,5 millions au premier semestre 1993. La faillite de la chaîne de grands magasins homonyme, en janvier 1993, aggrave la situation, de nombreux clients croyant les deux entreprises toujours liées. En juillet 1993, le directeur G. E. J. ter Meulen annonce la fermeture. Le 1er octobre 1993, le groupe allemand Klingel reprend le nom, le fichier clients et une grande partie des équipements, ainsi que 55 des 100 salariés restants.

Notes et références

  1. ↑ archives communales de Rotterdam (archives communales), consulté le .Voir et modifier les données sur Wikidata
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