The Eureka

The Eureka (illustration de l'édition du 19 juillet 1845 des Illustrated London News).

The Eureka, également connue sous le nom de machine à vers latins (Latin Verse Machine en anglais), est une invention du XIXe siècle qui générait mécaniquement des hexamètres latins. Elle fut construit entre 1830 et 1845 par un épicier et ouvrier d'imprimerie nommé John Clark (en), qui l'exposa ensuite à l'Egyptian Hall de Londres. Pour un prix d'entrée d'un shilling, les visiteurs pouvaient assister à la production, en une minute environ, d'un nouveau verset en hexamètre anglais par la « petite bibliothèque-bureau ». The Eureka jouait God Save the King lorsqu'elle composait, et se taisait une fois que le vers était terminé.

Production des vers

Les vers créés par The Eureka étaient des hexamètres sombres et oraculaires, créés selon un format unique, ce qui permettait de nombreuses combinaisons, toutes métriquement correctes et (plus ou moins) emplies de sens.

Mot 1 Mot 2 Mot 3 Mot 4 Mot 5 Mot 6
dactyle trochée iambe molosse dactyle trochée
adjectif, neutre pluriel nominatif (ou accusatif) nom, neutre pluriel nominatif (ou accusatif) adverbe (ou parenthèse) verbe, troisième personne du pluriel nom, neutre pluriel accusatif (ou nominatif) adjectif, neutre pluriel accusatif (ou nominatif)

Cette méthode de création de vers n'était pas une invention de Clark : dès 1677, un certain John Peter avait publié un ouvrage intitulé Artificial Versifying, A New Way to Make Latin Verses. La contribution de Clark a été d'automatiser entièrement ce processus.

Le mécanisme était constitué d'une série de six tambours tournant à des vitesses différentes à l'intérieur du coffret. Les mots n'étaient pas simplement imprimés sur les tambours, mais codés sous forme de rangées de fils d'arrêt de différentes longueurs, sur lesquels on laissait tomber des douelles en bois. Les portées portaient imprimées verticalement toutes les lettres nécessaires, et celles-ci tombaient sur les cordes d'arrêt, la lettre souhaitée faisant face à la fenêtre du mot.

Clark a décrit sa machine comme une illustration d'une théorie de « l'évolution kaléidoscopique » selon laquelle le verset latin est « conçu dans l'esprit de la machine », puis produit et affiché mécaniquement. Clark peut être considéré comme un pionnier des sciences cognitives et de la créativité computationnelle (en).

Quelques vers sont demeurés mémorables, tel que horrida sponsa reis promittunt tempora densa (« des épouses horribles promettent des temps difficiles ») et sontia tela bonis causabunt agmina crebra (« Les bonnes armes provoqueront des raids fréquents »).

Réception

À l'époque, la machine à vers latins était considérée comme une curiosité. Un rédacteur de l'Athenæum écrit à son sujet : « Je ne vois pas son utilité immédiate ; mais, en tant que chose curieuse, elle est peut-être en droit de prendre sa place avec la machine à calculer de Babbage et les inventions de cette classe. »

Dans les années 2020, The Eureka est considérée comme un précurseur de la littérature électronique, et en particulier comme un exemple précoce de poésie générée par ordinateur.

Héritage

Après la mort de Clark en 1853, la machine passe d'abord à son neveu, puis à ses cousins Cyrus et James Clark. Après avoir été réparée en 1950 suite à une période de négligence, elle est entreposée dans les archives de l'usine Clarks à Street, dans le Somerset. Elle a ensuite été exposée au Musée de la chaussure (en), avant d'être remisée en 1996, car elle ne fonctionnait plus. The Eureka a été rénovée en 2015. Depuis la fermeture du Musée de la Chaussure, la Machine à Vers Latins est sous la responsabilité de l'Alfred Gillett Trust.

Articles connexes

Références et sources

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The Eureka » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 (en) The Athenæum: A Journal of Literature, Science, the Fine Arts, Music, and the Drama, J. Francis, , 621 p., « A Latin Hexameter Machine »
  2. 1 2 3 Sharples, « John Clark's Latin Verse Machine: 19th Century Computational Creativity », IEEE Annals of the History of Computing, vol. 45, no 1,‎ , p. 31–42 (ISSN 1058-6180, DOI 10.1109/MAHC.2023.3241258, Bibcode 2023IAHC...45a..31S, arXiv 2301.05570, S2CID 255825542)
  3. ↑ Sharples M., « John Clark's Latin Verse Machine: 19th Century Computational Creativity », IEEE Annals of the History of Computing, vol. 45, no 1,‎ , p. 31–42 (DOI 10.1109/MAHC.2023.3241258, Bibcode 2023IAHC...45a..31S, arXiv 2301.05570, S2CID 255825542)
  4. ↑ (en) The Living Age, Living Age Company, (lire en ligne)
  5. ↑ (en) Rettberg et Rettberg, « Algorithmic narrativity: Literary experiments that drive technology », Dialogues on Digital Society, vol. 1, no 1,‎ , p. 37–40 (ISSN 2976-8640, DOI 10.1177/29768640241255848, hdl 11250/3153055, lire en ligne)
  6. ↑ Leah Henrickson, Reading computer-generated texts, Cambridge New York Port Melbourne New Delhi Singapore, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Elements », (ISBN 978-1-108-90646-3)
  7. ↑ (en) Menegali, « Latin Verse Machine », Alfred Gillett Trust, (consulté le )

Bibliographie

  • (en) W. Pinkerton, "Machine Hexameters" Notes and Queries Series 2, No. 1, 1856, 57-8 online
  • (en) E. Bensly, "Latin Hexameters by Machinery: John Peter" Notes and Queries Series 3, No. 11, 1911, 249-251
  • (en) D. W. Blandford, "The Eureka" Greece and Rome 10, 1963, 71-78
  • (en) C. Stray, Classics Transformed Oxford 1998, xi and 70
  • (en) J. D. Hall, "Popular Prosody: Spectacle and the Politics of Victorian Versification" Nineteenth-Century Literature 62, 2007, 222-249.
  • (en) The Eureka, The London Illustrated News, July 19, 1845, p. 37 online

Liens externes