Les Tochares,,,, (prononcé /tɔ.kaʁ/ ; francisation traditionnelle du latin Tocharī, lui-même issu de l'exonyme grec ancien Τόχαροι Tókharoi ; exonyme sanskrit : तुखाराः Tukhārāḥ [au singulier : तुखार Tukhāra] ; exonyme persan classique : تخارها Tukhār-hā [au singulier : تخار Tukhār]), parfois écrit Tokhares, étaient un peuple de Bactriane, une région historique d’Asie centrale correspondant approximativement au nord de l’Afghanistan et à certaines parties de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan.
Les Tochares furent parfois considérés comme une branche des peuples turciques, mais ils sont aujourd’hui généralement reconnus comme ayant fait partie des Yuezhi, un groupe de tribus de langue indo-européenne mentionné par les sources chinoises. Les Tochares s'installèrent dans les régions orientales de la Bactriane au Ier siècle avant notre ère.
Tocharī est l’exonyme latin, dérivé de l'exonyme grec ancien Τόχαροι (Tókharoi), tandis que तुखार (Tukhāra) est la racine de l’exonyme sanskrit, et تخار (Tukhār) ou طخار (Ṭukhār) est le singulier de l'exonyme persan classique.
Le mot طخاران (Ṭukhārān), qui apparaît dans le nom de ce qui semble être un quartier de Merv mentionné par Yaqut al-Hamawi, pourrait être un pluriel persan classique de طخار (Ṭukhār), formé à l’aide du suffixe ـان (-ān).
Bien que la plupart des chercheurs identifient aujourd’hui les Tochares mentionnés dans les sources gréco-romaines à une branche des Yuezhi qui s'installa en Bactriane au Ier siècle avant notre ère, des interprétations alternatives ont été proposées. Igor V. Piankov a soutenu que « Tochares » n’était à l’origine pas un ethnonyme, mais une désignation socio-politique se référant à la composante sédentaire d’une société dominée par un élément nomade. Selon cette hypothèse, les peuples voisins auraient perçu ce terme comme le nom d’un peuple distinct et l’auraient appliqué à tort à l’ensemble du groupe (sédentaire et nomade). Piankov suggère que ce glissement sémantique a contribué aux difficultés historiographiques ultérieures concernant les relations entre les Tochares, les Yuezhi et les Kouchans, ainsi qu’à l’application plus tardive du nom aux populations du bassin du Tarim.
Les Tochares sont mentionnés dans la Géographie de Strabon (8.11.2) ainsi que par Pline l'Ancien et dans Rerum gestarum d'Ammien Marcellin (23.6.57).
À l'époque de Procope, les Tochares semblent être temporairement tombés dans l'oubli, ce qui expliquerait pourquoi Procope parle des Ephthalites, ou Huns blancs, sans faire référence aux Tochares.
Cependant, dans les sources médiévales, le nom de Tokharestan supplanta celui de Bactriane, ce qui semble indiquer que les Tochares, plus nombreux mais moins énergiques, avaient progressivement supplanté les Ephthalites,.
« TOCHARE. adj. et s. des 2 g. (géogr. anc.) Nom d’un peuple de la Bactriane. »
« Les Tochares, sous un chef qui n’est connu que par les renseignements chinois sous le nom de Khieou-tsieou-hi, se substituèrent à la dynastie saka, [...] »
« La Bactriane a des dépendances nombreuses, dont le district des Tochares est la plus importante. »
« Dans l’énumération des quatre peuples nomades que l’on trouve chez Strabon, c’est vraisemblablement sous le nom de Tochares qu’apparaissent ces Yüeh-chih. On s’expliquerait mal en effet que la Bactriane se soit appelée dès le IVe siècle de n.è. dans les sources chinoises et indiennes « Tocharestan » ou « pays des Tochares » si elle ne devait pas ce nom à ses principaux envahisseurs, les Yüeh-chi des annales chinoises, ancêtres de la dynastie kushane [...] »
« Tokharastan est un nom géographique formé par l'adjonction du suffixe -sthāna au nom du peuple des Takhara ou Toukhourou, dont il faut probablement reconnaitre une forme plurale dans طخاران Takharan qui suivant Yakout (III, 518), est probablement un quartier de Merv. »