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École normale supérieure (- Emanuel School (en) King's College Université de Cambridge |
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Daniel Judt (d) |
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| Distinctions | Liste détaillée Membre de l'Académie américaine des arts et des sciences () Prix Hannah-Arendt () Prix du livre européen (essai) () The Sidney Award (en) () Bourse Guggenheim |
Retour sur le XXe siècle : Une histoire de la pensée contemporaine (d) |
Tony Judt, né le à Londres et mort le à New York, est un historien, écrivain et professeur britannique. Spécialiste de l'Europe et directeur de l'Erich Maria Remarque Institute de l'université de New York (directeur dès 1995), il contribue fréquemment à la New York Review of Books.
Né en 1948, Tony Robert Judt est élevé dans l'East End de Londres par une mère, Stella Sophie Dudakoff (Londres, 1921), dont les parents (Jeannette Greenberg et Solomon Dudakoff) ont émigré de Russie et un père belge, Joseph Isaac Judt (apatride, né à Anvers, en 1907, de Ida Avigail et Enoch Yudt), qui descend d'une lignée de rabbins lituaniens.
Judt suit les cours de l'Emanuel School (en), obtient un Bachelor of Arts (BA) en 1969 puis, après une année à l’École normale supérieure à Paris, un PhD d'histoire de l'université de Cambridge en 1972.
Comme beaucoup de parents juifs de l'après-guerre vivant en Europe, sa mère et son père ne sont pas pratiquants, mais ils l'envoient néanmoins à l'école d'hébreu et le baignent dans la culture yiddish de ses grands-parents. Poussé par ses parents, Judt s'intéresse à la politique israélienne dès l'âge de 15 ans. Il participe à la promotion de l'immigration des Juifs britanniques vers Israël, sous la direction de Zvi et Maya Dubinski, en faisant des séjours en kibboutz (1963, 1966, 1967). En 1966, ayant obtenu une entrée anticipée au King's College, il prend une année sabbatique et part travailler au kibboutz Machanaim. Lorsque Nasser expulse les troupes des Nations unies du Sinaï en 1967 et qu'Israël mobilise en préparation de la guerre, comme beaucoup de Juifs européens, il se porte volontaire pour remplacer les membres du kibboutz qui ont été mobilisés, puis pour aider l'armée israélienne pendant la guerre des Six jours. Pendant et après cette guerre, il travaille comme chauffeur et traducteur pour l'armée israélienne.
Mais après cette guerre, la conviction sioniste de Judt s'émousse. « J'y suis allé avec l'idéal de fonder une société socialiste et un pays communautaire par le travail » déclare Judt. Le problème, il commence à le croire, est que cette vision est « remarquablement inconsciente du peuple qui fut chassé du pays et souffre dans des camps de réfugiés afin de rendre possible cet idéal ».
Judt reste jusqu'à fin 2003 un contributeur régulier de The New Republic, un magazine modéré pro-israélien. Cependant son article du dans la New York Review of Books en faveur d'un État bi-national en Palestine, lui vaut d'être chassé des colonnes de The New Republic et condamné par son éditeur, Leon Wieseltier, et d'autres commentateurs pro-israéliens. Il est alors l'objet d'une campagne le présentant comme antisémite. L'Anti-Defamation League intervient auprès du consulat polonais à New York afin de faire annuler une conférence qu'il devait donner en Pologne.
En , lui est diagnostiquée une sclérose latérale amyotrophique. À partir d', il est paralysé en dessous du cou,. Il meurt le des complications de sa maladie.