Les transmetteurs en code cri sont des soldats canadiens déployés en Angleterre comme code talkers lors de la Seconde Guerre mondiale, utilisés pour transmettre des messages en langue crie, langue inconnue des soldats allemands.
Au printemps 1942, le quartier général des Forces canadiennes lance un appel auprès des soldats déployés en Angleterre, afin de rassembler des militaires parlant une langue autochtone. Environ 600 militaires des Premières Nations répondent à l'appel et se retrouvent alors divisés dans différents groupes linguistiques, notamment les Ojibwés, les Mohawks, les Algonquins, les Saulteaux, les Salish et les Cris. Après un exercice de traduction de termes militaires, la langue crie est sélectionnée, considérée comme la plus convenable au contexte militaire.
Le 22 août 1942, les forces alliées débutent le recrutement de soldats présents en Angleterre pouvant s'exprimer en cri. Cette langue est inconnue des soldats allemands et permet donc de protéger les communications alliées.
Les transmetteurs en code étant tenus au secret, le programme est déclassifié en 1963 dans la plus grande discrétion gouvernementale, et la plupart d'entre eux emportent leur secret dans la tombe.
Checker Tomkins (en) (1918-2003) est un transmetteur en code métis qui aide à développer un code en langue crie pour signaler les observations d'avions pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour son service, il reçoit la Defence Medal 1939-45, la 1939-45 Star, la France and Germany Star, la Médaille canadienne du volontaire et la War Medal 1939-1945. Il fait également l'objet d'un court documentaire Cree Code Talker, réalisé par sa nièce Alexandra Lazarowich (en),.
L'essentiel des connaissances actuelles sur les codeurs parlés cri découle d'un entretien accordé en 2003 par Tomkins au National Museum of the American Indian. Cet enregistrement s'inscrivait dans le cadre de l'exposition Native Words, Native Warriors, alors consacrée aux transmetteurs en code navajos.