Tres militiae

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Inscription funéraire de Titus Cornasidius Sabinus détaillant sa carrière équestre au début de la période sévérienne (193-211 apr. J.-C.), notamment son ascension à travers les tres militiae : * préfet de la Cohors I Montanorum en Pannonie ; * tribun militaire de la Legio II Augusta en Bretagne ; * préfet de l’Ala veterana Gallorum en Égypte.

Les tres militiae (« trois charges militaires ») désignent un parcours de carrière au sein de l’armée romaine impériale destiné aux membres de l’ordre équestre. Ce cursus se développa comme une alternative au cursus honorum réservé à l’ordre sénatorial, permettant à la fois la mobilité sociale des chevaliers et l’identification des individus aptes aux fonctions administratives. Les trois postes, généralement occupés pendant une période de deux à quatre ans, étaient ceux de praefectus cohortis (préfet d’une cohorte), de Tribunus angusticlavius (tribun militaire) et de praefectus alae (préfet d’une ala, unité de cavalerie romaine).

Les hommes ayant accompli les tres militiae accédaient souvent aux plus hautes préfectures ouvertes aux chevaliers, notamment celles de préfet de l'annone (praefectus annonae), de préfet d'Égypte ou de préfet du prétoire.

L’empereur Trajan joua un rôle majeur dans la mise en place d’un parcours de carrière régulier pour les chevaliers. La première des tres militiae consistait à commander une cohors quingenaria, l’une des quelque 150 unités auxiliaires de 500 hommes recrutées dans les provinces.

L’avancement impliquait ensuite un transfert dans une légion romaine avec le grade de tribunus angusticlavius, c’est-à-dire « tribun militaire à bande étroite », en référence à la largeur réduite du clavus (bande pourpre rougeâtre) qui distinguait la toge d’un chevalier de celle d’un sénateur. Chaque légion comptait cinq angusticlavii, mais malgré l’existence d’environ trente légions, il n’y avait probablement qu’une vingtaine de postes vacants chaque année.

Une alternative pour la deuxième militia consistait à exercer la fonction de tribun auxiliaire dans une cohors milliaria, l’un des trente régiments comptant chacun un millier d’hommes.

La troisième militia était la préfecture d’une ala, l’une des soixante-dix ailes de cavalerie de 500 hommes. Dans certains cas exceptionnels, un officier pouvait recevoir une quatrième promotion en devenant préfet d’une ala milliaria de mille cavaliers, bien que moins de dix unités de ce type aient existé.

À l’issue de ses tres militiae, un homme atteignait généralement la trentaine avancée ou un âge supérieur. Cette expérience pouvait favoriser une carrière politique ou commerciale dans sa cité d’origine. Certains poursuivaient plutôt leur parcours dans l’administration impériale, notamment en tant que procurateur.

Références

  1. ↑ CIL 9, 5439
  2. ↑ Andrew Fear, « War and Society », dans The Cambridge History of Greek and Roman Warfare: Rome from the Late Republic to the Late Empire, Cambridge University Press, 2007, vol. 2, p. 214-215 ; Julian Bennett, Trajan: Optimus Princeps, Indiana University Press, 1997, 2001 (2e éd.), p. 5.
  3. ↑ CAH, p. 214.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 Bennett, Trajan, p. 5.
  5. ↑ Elio Lo Cascio, « The Emperor and His Administration », dans The Cambridge Ancient History: The Crisis of Empire, A.D. 193–337, Cambridge University Press, 2005, vol. 12, p. 149.

Bibliographie