Tropismes

Tropismes
Auteur Nathalie Sarraute
Pays Drapeau de la France France
Genre recueil de récits
Version originale
Langue français
Version française
Éditeur Robert Denoël
Lieu de parution Paris
Date de parution février 1939
Nombre de pages 61

Tropismes est un recueil de récits, premier ouvrage de l'auteure française Nathalie Sarraute, publié la première fois en 1939 chez Robert Denoël.

Publication

L'ouvrage paraît en dans une certaine indifférence (brèves recensions dans La Gazette de Liége, Corymbe, Les Cahiers du sud, Beaux-Arts). Seuls quelques écrivains, notamment Jean-Paul Sartre, Max Jacob et Charles Mauron le remarquent et adressent à l'auteure, à titre privé, leurs encouragements.

Nathalie Sarraute écrit les premiers textes de ce recueil dès 1932. Refusé par Gallimard et par Grasset, Tropismes ne sera vraiment reconnu par la critique que vingt ans plus tard, lors de sa réédition en 1957 par Les Éditions de Minuit.

Analyse

Malgré la discrétion critique qui entoura cette première édition, Tropismes est considéré comme l'ouvrage fondateur du courant littéraire que l'on désigne habituellement par la dénomination « Nouveau roman ».

La spécialiste de l’auteure, Valérie Minogue, écrit, dans la notice consacrée à l’œuvre :

« Ces textes brefs et poétiques se révèlent difficiles à classer : ce ne sont pas explicitement des poèmes en prose, même si ce terme semble le signalement le plus juste ; ils n’ont en tout cas rien à voir avec des nouvelles, pas plus qu’ils ne constituent un roman. Il n’y a pas d’intrigue, et l’action extérieure y est remplacée par des actions intérieures ; il n’y a pas de « personnages », ni d’analyse psychologique. L’auteur elle-même, comme elle l’avouera bien plus tard à André Bourin, a l’impression « d’avoir engendré un monstre ». »

À travers les récits de cette œuvre, Sarraute analyse les réactions physiques spontanées imperceptibles, très ténues à une stimulation : « mouvements indéfinissables qui glissent très rapidement aux limites de la conscience ; ils sont à l'origine de nos gestes, de nos paroles, des sentiments que nous manifestons, que nous croyons éprouver et qu'il est possible de définir ».

Chez Sarraute, « tropisme » (terme emprunté au langage scientifique qui signifie le déplacement ou la transformation d’un élément sous l’effet de stimuli extérieurs) renvoie à des sentiments fugaces, brefs, intenses mais inexpliqués : phrases stéréotypées, conventions sociales.

Sous la banalité apparente de ces conventions langagières, il existe en effet des rapports humains complexes, des sentiments intenses, voire violents (sensations d'enfermement, d'angoisse, de panique) : Sarraute les décrit comme des mouvements instinctifs, déclenchés par la présence d'autrui, ou par les paroles des autres.

Structure et résumé

Le recueil se compose de vingt-quatre textes indépendants les uns des autres :

Bibliographie

Notes et références

Notes

  1. ↑ Sarraute retranche un chapitre de la première version (le sixième) et en ajoute six nouveaux (les tropismes XIX à XXIV) écrits entre 1939 et 1941.

Références

  1. ↑ « Ce petit livre qu'elle vient de publier n'offre pas uniquement l'intérêt d'une curiosité littéraire. II peut être considéré comme l'échantillon avant coureur d’une œuvre dont l’acuité et la profondeur nous surprendront peut-être un jour. ». Victor Moremans, Ce qu'on lit, La Gazette de Liège, .
  2. ↑ « Corymbe : cahiers littéraires / dir. Noël Santon », sur Gallica, (consulté le )
  3. ↑ Les Cahiers du Sud, (lire en ligne)
  4. ↑ Beaux-arts, (lire en ligne)
  5. ↑ « J'ai commencé à écrire Tropismes en 1932. ». Nathalie Sarraute, L'Ère du soupçon, , p. II (Préface).
  6. ↑ John Marcus, Tropismes de Nathalie Sarraute : le premier des « nouveaux romans », prixmedicis.org, 2013
  7. 1 2 Nathalie Sarraute, Jean-Yves Tadié et Viviane Forrester, Œuvres complètes, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », (ISBN 978-2-07-011434-4), pages 1719, 1720 et 1734.
  8. ↑ Extrait de la préface, rédigée par l’auteure, de L'Ère du soupçon.