Ugo Manunta

Ugo Manunta
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Biographie
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RomeVoir et modifier les données sur Wikidata
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Ugo Sardo, G. BaralisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Parti politique

Ugo Manunta, né le à Cagliari et mort le à Rome, est un journaliste et homme politique fasciste italien.

Biographie

Jeunesse et carrière durant le régime fasciste

Né à Cagliari de parents nommés Ernesto et Virginia Rais, il s'installe à Turin dans sa jeunesse. Après un bref passage dans les rangs de la jeunesse de l'Association nationaliste italienne, il rejoint la section turinoise du Parti national fasciste (PNF) en 1922 et participe à la Marche sur Rome.

Collaborateur du quotidien du PNF, Il Popolo d'Italia, il poursuit sa carrière journalistique, qui le mènera « au sommet de la presse du régime », d'abord comme directeur de La Stampa Sportiva (1924-1925), puis comme collaborateur régulier de La Stampa (1926-1927) et de la Gazzetta del popolo (1928-1930). Toujours à Turin, il est ensuite cofondateur du magazine sportif mensuel Olimpionica, grâce au soutien du CONI.

Manunta s'installa ensuite à Rome en 1930, où il commença à travailler au sein de la presse du Sindacato fascista dei giornalisti, notamment comme rédacteur puis directeur du service syndical du quotidien Il lavoro fascista, et comme collaborateur de revues importantes du régime telles que Critica fascista, dirigée par Giuseppe Bottai, et L'Ordine corporativo . Il était également directeur adjoint du plus important quotidien génois de l'époque, Il Lavoro.

Il a participé activement au débat qui s’est développé dans les années 1930 sur le système corporatif, au sein duquel il a théorisé un rôle important pour le syndicat, qui devait contribuer, d’une part, à réaliser la « déprolétarisation des masses » et, d’autre part, à faire participer les travailleurs aux responsabilités et à la direction de la vie productive du pays avec pour objectif de faire du travail « le sujet de l'économie ». Dans un article de juillet 1934, il écrivait en effet :

« Pour que le travail devienne véritablement le « sujet » de l'économie, il ne suffit pas de demander à l'économie de s'orienter, de s'humaniser ou de témoigner d'une plus grande considération envers le travail ; il faut pousser le travail à assumer un rôle nouveau dans la vie économique, ce qui ne peut se faire qu'à travers l'organisation syndicale. Il s'agit donc pour le Syndicat d'accélérer, partout où cela est possible, le processus déprolétarisation des masses, en valorisant tout ce qui peut constituer un aboutissement direct pour la catégorie et pour le travailleur associé au sein de l'économie. Et cela, non seulement pour amener progressivement les masses, par le biais de leurs meilleurs représentants, à endosser le rôle de « sujet » au sein de l'entreprise, mais aussi pour rapprocher le Syndicat des responsabilités de la vie productive, sphère dans laquelle il doit absolument pénétrer pour exercer les fonctions qui lui sont désormais dévolues au sein de la corporation. »

Son approche se distinguait cependant de la « corporation propriétaire » d'Ugo Spirito ou d'un « Syndicat gestionnaire d'entreprises » qui finirait par faire glisser le régime « fatalement sur la pente glissante du collectivisme marxiste » ; il affirmait au contraire la nécessité d'entreprises « gérées directement par les producteurs, et non par le Syndicat lui-même ; toutefois, cette gestion doit se faire sous l'impulsion du Syndicat et avec tous les contrôles que celui-ci saura utilement exercer » :

« Si l'État fasciste est corporatif (et il l'est, car cet adjectif étend le caractère unitaire du fascisme à tous les aspects de la vie du peuple, y compris l'économie), il n'est pas et ne pourra jamais être l'État des syndicats, c'est-à-dire un État de classe. Cela signifie que l'action que le Syndicat doit mener sur le plan économico-productif ne doit pas consister à créer un ensemble d'entreprises directement gérées par les travailleurs eux-mêmes (c'est-à-dire par ceux qui doivent être le sujet de l'économie), car c'est dans ce secteur que le Syndicat doit perfectionner son action au profit de l'ensemble des travailleurs. »

Peu de temps après, il participa comme volontaire à la guerre d'Éthiopie et, pendant la Seconde Guerre mondiale, fut envoyé en Libye comme correspondant de guerre, avant de prendre la direction du Corriere di Tripoli, se consacrant au soutien du projet fasciste de « Grande Italie ».

La République sociale italien : « État social républicain » et socialisation

Après l'armistice du 8 septembre 1943, il rejoignit la République sociale italienne (RSI) dès sa fondation, avec l'intention déclarée de participer à la « construction du nouvel État social républicain, dans lequel le travail ne sera plus subordonné au capital, mais la force directrice et dominante d'une société renouvelée à partir de ses fondements ».

Durant cette courte période, il théorisa la RSI comme une continuation historique des réalisations sociales du Ventennio ; la socialisation constituait, selon lui, « l’expression, sur le plan économique, de la solidarité inhérente et naturelle entre ceux qui contribuaient au processus productif ». Ainsi, il soutenait la création de syndicats d’entreprise au lieu des syndicats professionnels, lesquels maintenaient le dualisme Capital/Travail et étaient l’expression des intérêts « égoïstes » de chaque catégorie :

« Le fascisme était déjà une doctrine anticapitaliste ; mais son action en ce sens avait été systématiquement entravée par un ensemble d’obstacles, qui maintenaient ambigus les objectifs premiers de la révolution. À partir du 8 septembre, l’anticapitalisme, qui n’avait jamais été effacé du drapeau fasciste, est devenu le but principal de l’action gouvernementale. De là découlent toutes les dispositions qui nous conduisent à une clarification définitive des idées et des institutions. »

Manunta voyait dans le syndicat d’entreprise la réalisation de la « véritable » corporation : « la question sociale ne tourmentera plus une seule classe, mais [sa solution] deviendra le but vers lequel toutes les classes tendent naturellement, y voyant le but ultime et réel des efforts humains. » L'historien Michele Mioni écrit à son sujet :

« Selon Manunta, la « cellule syndicale » était la véritable corporation totalitaire. Grâce à la socialisation, les syndicats et les usines devenaient un centre productif unitaire, rendant superflue toute autre agence ou autorité productive de l’État. Avec la socialisation, le facteur économique (l’usine) et les acteurs sociaux (le syndicat) se fondaient en une entité totalitaire unique. L’autogestion du travail était d’abord réalisée dans les entreprises pour ensuite imprégner toute l’organisation économique nationale, structurée en différentes cellules d’industries autogérées coordonnées par l’État, qui régulait la production par la planification. Pour Manunta, cette solution dépassait le corporatisme : « nous devons substituer à l’ancien système un nouvel ordre. S’il est vrai que le capitalisme peut être banni, alors nous devons nécessairement dépasser également le dualisme des classes. » »

Durant cette période, il occupa le poste de directeur adjoint du Corriere della Sera, à partir du , sous la direction d'Ermanno Amicucci ; il devint ensuite directeur d'Il Secolo-La Sera, où il s'engagea à soutenir les revendications de renouveau social de la RSI. Il poursuivit activement cet engagement en tant que sous-secrétaire d'État au Travail, dont le ministre était alors Giuseppe Spinelli.

En raison de son radicalisme révolutionnaire, il devint impopulaire auprès de l'aile conservatrice du Parti fasciste républicain (PFR), notamment auprès de Roberto Farinacci ; suite aux controverses qui en découlèrent, il fut contraint de démissionner de la direction du journal (), puis le régime lui confia le poste de commissaire aux éditions Garzanti. Il collabora également à l'hebdomadaire L'Ora, où il tenait la chronique Sestante sociale, et à L'Orizzonte, organe officiel de la Decima Mas.

Activité après guerre : journaliste de la « gauche nationale »

Après-guerre, de par les positions qu'il a défendues durant le Ventennio et lors de la République sociale italienne (RSI), Manunta figurait parmi ceux qui ont participé aux efforts du dirigeant communiste Palmiro Togliatti pour rallier les syndicalistes et les membres de la « gauche fasciste historique » à l'approche du référendum institutionnel. Malgré plusieurs échanges avec le secrétaire du Parti communiste italien (PCI) et une rencontre avec Luigi Longo, Manunta s'est finalement déclaré opposé à l'établissement d'une relation organique avec le PCI et la Confédération générale du travail (CGIL), choisissant de mener son combat politique au sein du Mouvement social italien (MSI), nouvellement créé.

En 1947, Manunta publia La caduta degli angeli. Storia intima della Repubblica sociale italiana, recueil de souvenirs personnels sur la République sociale italienne (RSI). Dans une recension publiée la même année dans Pagine libere, Renato Melis écrivait :

« L'auteur, qui a été à la fois acteur et figure de proue de la gauche fasciste, tant dans les polémiques journalistiques que dans l'exercice de fonctions officielles, notamment en tant que directeur général de la Socialisation, ne cherche pas à cacher son passé, mais ne peut s'empêcher, aujourd'hui encore, de regretter qu'il n'ait pas été possible d'établir un « pont » entre les gauches, afin que les « anges », ces anges annonciateurs de la nouvelle justice, ne se retrouvent pas finalement divisés en anges triomphants et anges déchus. Et voilà que, s’il se moque des espoirs obstinés de la droite dans les armes secrètes allemandes, il ne cesse toutefois de caresser encore, pour son compte, ce rêve – qui était propre à la gauche – d’une médiation miraculeuse et retentissante entre Hitler et Staline. L’attrait de l’ancien collectivisme est toujours très fort, et Manunta non seulement vante la « fascinante » révolution, mais, sans craindre que son attitude puisse paraître moins que digne, il se fait un plaisir de souligner ouvertement que certains « tempéraments » révolutionnaires de la République « n’auraient pas déparé » dans les rangs de l’antifascisme communiste. »

Journaliste à La Stampa et au Corriere della Sera, Manunta fut très actif au sein du MSI, se rangeant dans l'un des quatre courants – selon la subdivision de Giuseppe Parlato – qui divisaient la « gauche fasciste » : Manunta appartenait à la « gauche fasciste historique » (ou « gauche nationale ») – parmi laquelle se distinguaient Edmondo Cione, Alberto Giovannini, Bruno Spampanato et Giorgio Pini –, qui s'efforçait d'empêcher le MSI de dériver vers des positions conservatrices et réactionnaires ; en ce sens, son engagement intellectuel et culturel se concrétisa par sa participation à la création de journal mensuel puis bimensuel (1948) Il Pensiero Italiano, publié par les éditions L'Arnia, qui devint sa plateforme éphémère pour promouvoir les thèmes du socialisme national et de la socialisation contre toute tentative de révision. Collaborèrent au journal divers personnages idéologiquement hétérogènes mais pour la plupart ayants participé à la République sociale italienne (RSI) comme Concetto Pettinato, Alberto Giovannini, Edmondo Cione, Adriano Bolzoni, B. Biagetti, A. Giardini, R. di Lauro, Enrico de Boccard.

Par la suite, il a occupé, entre autres postes, celui de secrétaire du conseil d'arbitrage de l'Associazione della stampa romana, celui de membre du conseil d'administration de l'Istituto nazionale di previdenza dei giornalisti italiani et celui du conseil d'administration du Cassa autonoma di assistenza integrativa dei giornalisti italiani.

Il est décédé à Rome, alors octogénaire, en 1988.

Publications

Notes et références

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Ugo Manunta » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 5 (it) Enciclopedia Treccani, Rome, Istituto dell'Enciclopedia Italiana
  2. 1 2 3 4 Ugo Manunta, « Como il lavoro puo diventare il "sojetto" dell'economia », Rivista delle comunicazioni,‎ (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 Michele Mioni, Towards a New “Social Pact”: World War II and Social Policy in Great Britain, Italy and Vichy France, IMT School for Advanced Studies, (lire en ligne), p. 314-316
  4. ↑ Pagine libere, 1947.

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes