Fils d'un médecin criblé de dettes, ce dernier devient médecin du roi à Fort-Saint-Pierre à la Martinique, en 1750, et confie ses trois enfants à son oncle l'abbé Dubuisson et à une tante à Angers.
À la fin de ses études, il rejoint son père en Martinique vers 1766. Ses ambitions littéraires le font revenir en France en 1770. Il rejoint Paris où il publie de façon anonyme en 1771 un poème en vers libres Le Tableau de la volupté, ou les Quatre parties du jour. Cet ouvrage est critiqué dans la Correspondance littéraire, philosophique et critique. En 1777, il joue également à Gand et à Maëstricht dans la même troupe que Fabre d'Églantine.
En 1778, il effectue un nouveau voyage dans les Antilles à Saint-Domingue où il est directeur général de la poste royale à Saint-Domingue. Il est témoin du développement de la révolte des colonies anglaises d'Amérique. Il donne une pièce, L'École des pères, ou les Effets de la prévention, représentée au Cap-Français, qui subit un échec retentissant.
En 1778, il retourne en France et publie un ouvrage sur la Révolution de l'Amérique anglaise. Il y fait jouer ses pièces de théâtre (Nadir, Le Vieux Garçon) qui sont des échecs cuisants. Il se lance alors dans des activités révolutionnaires. Sous la menace d'une lettre de cachet, il se réfugie à Bruxelles, où il compose ou traduit des livrets d'opéra.
De 1783 à 1790, sa vie se partage entre la Belgique et Paris. Partisan de la Révolution, il se désespère de pouvoir jouer un rôle en France. En Belgique, il se prononce contre le parti de Van der Noot. Il est incarcéré et mis en liberté en 1790. De retour à Paris, il prend part à la journée du 10 août 1792 et se montre très assidu au club des Jacobins dont il est devenu le secrétaire, sans prendre encore parti dans le conflit Girondins-Montagnards.
Envoyé vers la fin de 1792 en Belgique comme commissaire du pouvoir exécutif auprès du général Dumouriez, il se lie avec l’aventurier Pierre-Jean Berthold de Prosly. Il fait partie du Comité insurrectionnel secret qui tente dans la nuit du de faire assassiner 22 députés girondins, «ces hypocrites de patriotisme et de vertu», selon ses termes. Une indiscrétion sauve pour cette fois ceux qui devaient périr, le .
Quelques mois plus tard, il se rallie à Jacques-René Hébert. Dénoncé par Robespierre comme ayant voulu semer la discorde parmi les Jacobins, il est jugé coupable de collusion avec l'étranger par le Tribunal révolutionnaire. Condamné à mort, il est guillotiné en place publique à Paris le à l'âge de 48 ans.
Œuvres
Théâtre
L'École des pères, ou les Effets de la prévention, Cap-Français, 21 mars 1778.
Stella, drame en 3 actes, mêlé de musique, d'après Goethe, s. d., lire en ligne sur Gallica.
Varia
Le Tableau de la volupté, ou les Quatre parties du jour, poème en vers libres, 1771.
Abregé de la Révolution de l'Amérique anglaise, depuis le commencement de l'année 1774 jusqu'au premier janvier 1778, 1778, en ligne sur Google Livres.
Nouvelles considérations sur St-Domingue, en réponse à celles de M. H. D., 1785.
Lettres critiques et politiques sur les colonies et le commerce des villes maritimes de France, adressées à G.-T. Raynal, avec Dubucq, 1785, lire en ligne sur Gallica.
Notes et références
↑Il est parfois désigné par Paul-Ulric dans certaines sources.
↑Son père Pierre Dubuisson, originaire du diocèse d'Angers, a effectué des études de médecine à Paris et à Reims, docteur dans cette dernière ville en 1738, il s'installe à Laval en 1741. Sa mère Marie Laforge, meurt le 25 avril 1751.
↑Il est condamné par défaut en 1758 pour des dettes à Laval.
↑Il se fait nommer avant son départ médecin du roi au Fort Saint-Pierre de la Martinique. Il semble y être resté. Il envoie en 1769 de Saint-Domingue à l'Académie des Sciences des Observations sur l'origine, la croissance et les usages du bambou aux Iles du Vent, lues par Gabriel de Bory, et incluses dans l’Histoire de l'Académie royale des Sciences, année 1769, publiées à Paris, 1772, p. 57-58.
↑Il est présent lors du cyclone des 13-14 août 1766 qui dévaste toute la colonie. Voir sa description dans ses Lettres critiques (p. 46-7).
↑Il revient à Angers auprès de ses sœurs, et vend la maison de la Perle à Laval, provenant de sa famille maternelle.
↑Grimm, Diderot, d'Alembert, etc., publiée par Maurice Tourneux, Paris, 1877, t. IX, p. 350.
↑Claude Reichler et Roland Ruffieux, Le Voyage en Suisse, Paris, Robert Laffont, , p.1593
↑Eugène Hugot, Histoire littéraire, critique et anecdotique du Théâtre du Palais-Royal, 1784–1884, Paris, Ollendorff, , 3eéd. (lire en ligne), p.32–33
Bibliographie
Auguste-Philippe Herlaut, Autour d'Hébert. I. Deux témoins de la Terreur: le citoyen Dubuisson, le cidevant baron de Haindel, Paris, Clavreuil, 1958