| Classe Ultime | |
Quatre Ultimes au départ de la Route du Rhum 2014 : Musandam-Oman Sail, Paprec Recyclage, Gitana XV et Prince de Bretagne (à quai). | |
| Autres noms | Ultim 32/23 - Ultim |
|---|---|
| Type | trimaran pour course au large |
| Équipage | |
| Équipage | solitaire ou équipe |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 32 m (max) |
| Maître-bau | 23 m (max) |
| Tirant d'air | 38,4 m (max) |
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La classe Ultime, plus connue sous le nom d'Ultime voire d'Ultim 32/23, est une catégorie hétérogène de trimarans de course au large, apparue à l'occasion de la Route du Rhum 2010 et regroupant les plus grands multicoques (supérieur ou égal à 60 pieds de longueur soit 18,28 m). Sa définition en tant que classe Ultim 32/23 date de 2018 ; 6 bateaux en font partie début 2025.



À l'occasion de la Route du Rhum 2010, l'organisateur et propriétaire de la course, la société Pen Duick, filiale du Groupe Télégramme, décide de regrouper dans une nouvelle catégorie dite « Ultime » tous les multicoques de 60 pieds et plus, sans limite maximale de dimension. Il s'agit alors de succéder à la classe ORMA des trimarans de 60 pieds, d'attendre la construction des MOD 70 pour l'année 2011 et d'ouvrir la course aux grands multicoques comme Sodebo Ultim', Groupama 3 ou Idec.
En , un Collectif Ultim formé autour des équipes Team Banque populaire, Macif et Sodebo, décide que la longueur hors-tout devra être comprise entre 24 mètres (minimum) et 32 mètres (maximum), ce qui exclut les MOD 70 et Spindrift 2, proche des 40 mètres.
La jauge Classe Ultim 32/23 (longueur maximale 32 mètres / largeur maximale 23 mètres) est entérinée par la Fédération française de voile le .
La classe Ultime compte six concurrents en 2017, qui se présentent tous sur la ligne de départ de la Route du Rhum 2018. Les conditions météo difficiles des premiers jours éprouvent une flotte en cours de mise au point et de fiabilisation. Le bilan est lourd avec un chavirage pour Armel Le Cléac'h sur Banque populaire IX ainsi que des avaries plus ou moins importantes sur les Ultimes de Sébastien Josse (abandon), Thomas Coville et François Gabart. Ce dernier se fait devancer à l’arrivée de sept minutes par l'expérimenté Francis Joyon à la barre de IDEC sport, adapté et préparé au solo, amélioré et fiabilisé pendant douze ans.
Les incidents durant la Route du Rhum 2018 contraignent Brest Ultim Sailing à interroger toutes les parties prenantes sur la date du départ de Brest Oceans, initialement prévue au départ de Brest, le .
Pour éviter une concurrence avec les autres courses engageant potentiellement les Ultimes, et permettre la réparation, la construction et la mise au point des Ultimes 32/23, les skippers ou les autres partenaires (Vendée globe 2020, Route du Rhum 2022) présentent le leur programme 2019-2023.
Quatre Ultimes participent à la Fastnet Race le : le Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville, avec son cockpit placé devant le mât, le Maxi Edmond de Rothschild (co-skippé par le tandem Cammas-Caudrelier), Actual Leader (ex Sodebo Ultim 2) d’Yves Le Blévec et Macif de François Gabart.
En temps réel toutes catégories, un spectaculaire renversement de situation se produit dans le dernier bord. À huit milles de l'arrivée, l'Ultime Macif de François Gabart mène de 2,4 milles devant Maxi Edmond de Rothschild. Mais une défaillance du contrôle de la portance des foils empêche Macif de décoller. Il plafonne à 26 nœuds. Maxi Edmond de Rothschild vole à 30 nœuds, le dépasse et franchit la ligne 58 secondes avant lui,.
Les quatre Ultimes trustent les quatre premières places en temps réel et effacent le record établi par Banque populaire V en 2011.
La Brest Atlantiques est créée pour les Ultimes, quatre s'inscrivent : Sodebo Ultim 3 (Thomas Coville), Maxi Edmond de Rothschild (Cammas-Caudrelier), Actual Leader (Yves Le Blévec) et Macif (François Gabart). Francis Joyon ayant choisi de partir sur une campagne de records en Asie, son Idec Sport n'est pas présent.
La course se court en double (plus un équipier chargé des relations media) et sans escale, au départ et à l'arrivée de Brest via Rio (Brésil) et Le Cap (Afrique du Sud).
Prévu initialement pour le dimanche , le départ de la course est reporté au mardi , en raison du passage de la tempête Amélie,,.
L'année 2020 est consacrée aux tours du monde en équipage (trophée Jules-Verne) ou en solitaire et The Transat CIC, course organisée par OC Sport Pen Duick, entre l'Angleterre et les États-Unis. La course est annulée en raison de l'épidémie du Covid un mois avant son départ.
En lors du lancement du trimaran, la conception du nouveau bateau est contestée par l'ensemble des autres concurrents de la classe Ultime pour les raisons suivantes : problème de sécurité et de visibilité en raison d'un cockpit fermé. En l’absence de délivrance d’un certificat de jauge, le groupe Kresk (propriétaire du bateau) porte l’affaire en justice le devant le Tribunal judiciaire de Paris afin de pouvoir courir dans la classe Ultim 32/23 et participer à la prochaine Route du Rhum prévue le . Le , le tribunal donne raison au plaignant pour des raisons procédurales : l’avis de conformité de jauge du bateau devait être donnée au maximum le , ce qui n’a été fait. Le groupe Kresk obtient par dérogation temporaire un certificat de jauge lui permettant d’intégrer provisoirement la classe Ultim 32/23 et de s’aligner au départ de la Route du Rhum 2022.
Les discussions avec la classe Ultime reprennent après la Route du Rhum et aboutissent à un accord dont voici les modifications :
- les planchers des deux colonnes de winchs sont rehaussés ;
- les deux bulles arrière sont élargies et rehaussées, permettant au skipper en manœuvre d’avoir une vision directe sur l’horizon ;
- la bôme est également remontée afin de s’adapter à la nouvelle forme des bulles.
Les modifications sont validées par l’ensemble des adhérents de la classe et suivi dans le temps par René Boulaire le jaugeur de la classe. Le , le bateau est remis à l’eau et le certificat de jauge est délivré. À la suite de cette affaire, un changement de gouvernance est opéré au sein de la Classe.
Le départ du premier tour du monde en solitaire des Ultimes, l'Arkéa Ultim Challenge, est donné le , avec six participants. Les maxi-trimarans ont à exécuter le tour du monde d’ouest en est par les trois caps (Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn), soit environ une distance de 21 760 milles entre Brest et Brest. L'organisateur et propriétaire de cette course est OC Sport Pen Duick, filiale du Groupe Télégramme.
Les principales caractéristiques de la classe Ultim 32/23 sont :
Classés par date de lancement, et sous leurs noms de course actuels, on trouve :
Lors de son record du trophée Jules-Verne en 2009-2010, le trimaran Groupama 3 aux mains de Franck Cammas parcourt 798 milles en 24 h le à 17 h TU, affichant 17 jours à plus de 600 milles, dont 10 jours à plus de 700 milles.
Lors de son record du trophée Jules-Verne en 2016-2017, le trimaran Idec sport aux mains de Francis Joyon parcourt 894 milles en 24 h, affichant 10 jours consécutifs à 809 milles/24 h. Il signe alors une progression des performances entre 30 et 40 % par rapport au record à battre de Loïck Peyron cinq ans plus tôt.
Lors de la tentative pour le trophée Jules-Verne, le , Thomas Coville, sur Sodebo Ultim 3, parcourt 889,9 milles en 24 h (37,1 noeuds de moyenne).
Lors du convoyage retour après sa victoire lors de la Transat Jacques-Vabre 2021, Charles Caudrelier bat deux records officieux sur le Maxi Edmond de Rothschild : en entraînement en faux-solo, il fait une pointe à 50,7 noeuds, et parcourt 880 milles en 24 h à la vitesse moyenne de 36,6 nœuds. Ce dernier record ne peut être homologué faute de matériel adéquat embarqué à bord.
En 2025, Guirec Soudée annonce son projet de record du tour du monde contre les vents et courants dominants, en solitaire et en multicoque. Ce genre de performance n'a jamais été réalisée en multicoque, le record en monocoque appartient depuis 2004 à Jean-Luc Van Den Heede en 122 j 14 h 03 min. Le , il franchit la ligne d'arrivée au large de Ouessant et établit un nouveau record avec un temps de 94 j 21 h et 58 min. Guirec Soudée devient le premier marin à boucler un tour du monde en solitaire « à l'envers » en multicoque (la dernière tentative en solitaire, celle d'Yves Le Blevec en 2017, s'est soldée par un chavirage),. Il a parcouru 37 681 miles nautiques (pour une route de référence de 22 100 miles) à une vitesse moyenne de 16,5 nœuds. Les performances et les spécificités de son trimaran l'ont amené à emprunter une route bien plus longue que ses prédécesseurs en monocoque, privilégiant des allures portantes, plus propices à la vitesse, et moins susceptibles d'occasionner de la casse en limitant les risques de rencontrer des conditions météo extrêmes. Charles Caudrelier estime que pour la génération de Gitana 17, un ultime qui part sur une transat, arrive avec un potentiel de vitesse amputé de 10%, ce déficit est de l'ordre de 30% sur un tour du monde de 40 jours, augmenter la fiabilité et limiter ce genre de perte est donc un gisement de gain de performance majeur. Thomas Coville attribue une grande partie du succès de record du Trophée Jules Verne 2026 au long processus de fiabilisation de son Sodebo Ultim 3,« le bateaux se rapprochant de leur potentiel maximum », ce qui lui a permis d'arriver jusqu'à la dernière tempête Ingrid en étant à 100 % de son potentiel en foils, dérives, safrans et électronique. La plus longue navigation pour les Classe Ultime est récente: le record d'Est en Ouest de Guirec Soudée, un terrain inexploré en termes de fiabilité pour ces bateaux, dimensionnés et optimisés pour des navigations d'une cinquantaine de jours.
Classes de navires participant à des courses similaires :
Événements concernant la classe Ultime :