Umbanda

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Drapeau d'umbanda crée par l'Associação de Umbanda Caxias (AUC).

L’umbanda est une religion afro-brésilienne de possession, de caractère médiumnique. Elle est apparentée aux autres religions afro-brésiliennes, telles que le Candomblé, la Batuque, le Macumba, le Quimbanda, le Xambá, l'Egungun, l'Ifá, l'Irmandade, le Confraria, le Xangô do Nordeste et le Tambor de Mina, tout en possédant ses propres spécificités.

À la différence du candomblé, pratiqué traditionnellement dans la région de Bahia, l’umbanda se développe principalement dans la région de Rio de Janeiro, entre la fin du XIXe siècle et les années 1930, principalement au sein de la population afro-descendante qui comptait pour être la plus prolétarisée du pays. L’umbanda comporte de nombreuses branches (tentes), dont chacune possède des pratiques et des croyances différentes. Comme dans le candomblé, les fidèles de la religion umbanda vénèrent les orishas.

Une faculté de Théologie umbandiste existe à São Paulo dont l'enseignement est reconnu par un diplôme d'État.

Etymologie

Umbanda est dérivé du bantou Quimbanda (racine : ymbanda) qui désigne en Angola le chef suprême du culte.

Histoire

Renato Ortiz et Roger Bastide s'accordent à dire que l'umbanda est un culte proprement Brésilien, dans la mesure où il est né au Brésil, issu de la rencontre des cultures amazoniennes, noires africaines et blanches européennes, tandis que le catholicisme, le protestantisme et le kardécisme sont des religions d'importations,. Roger Bastide pointe que l'Umbanda est autant lié à la religion indienne qu'africaine, se rapprochant plus du Catimbó (pt) que du Candomblé.

Selon Ortiz, il est impossible de dater la naissance de cette religion ; pour autant, il établit que des pratiques communes s'instituent progressivement de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1930, par suite des changements économiques importants que connaît le pays (abolition de esclavage immigration, urbanisation, industrialisation, formation d'une société de classes). L'Umbanda naissant de l'association des différentes tentes (sectes) qui ont vu le jour dans le pays que de la volonté d'une personne. Ortiz montre ainsi que l'Umbanda se forme en tant que religion d'abord par un mouvement de « désagrégation » de la culture Macumba, puis avec l'arrivée d'intellectuels kardécistes qui rejetaient un Spiritisme trop dogmatique, voire raciste,.

En effet, même si la constitution de 1891 instaure la liberté de culte, les offices du candomblé et de l'umbanda sont régulièrement ciblés par la police. Entre les années 1920 et 1930, le Code pénal brésilien considérait comme crime les pratiques du « bas spiritisme » (baixo espiritismo), de la médecine illégale, de la sorcellerie et du charlatanisme, toutes associées aux religions afro-brésiliennes.

C'est encore bien plus tard, en 1941, dans un contexte marqué par la prise du pouvoir par Vargas, qu'un premier congrès institue l'Umbanda dans le pays. Deux autres congrès nationaux suivront, en 1961 et 1973, toujours à Rio, le mouvement s'organisant cette fois en fédérations regroupant elles-mêmes différentes tentes.

Croyances et pratiques

L’umbanda tire ses croyances et ses pratiques de différents éléments, :

Séances

A la différence du spiritisme kardéciste, extrêmement codifié, on observe que la prédication, la prière, la lecture d’Allan Kardec ou de l’Évangile sont remplacées en tout ou partie par des chants. Les médiums sont en mouvement plutôt qu'immobiles autour d'une table, le public, lui, est assis, sur des bancs, comme à l’église, où il prie, se concentrant au milieu des bruits environnants. L'ambiance est à la fête et la séance revêt un caractère spectaculaire.

Néanmoins, il est courant que, d'une tente à l'autre, des variations apparaissent dans le schéma rituel.

Sociologie

Pendant les années 1930, alors que le candomblé était criminalisé par l'Estado Novo, l’umbanda s'est développé au Brésil, principalement en milieu urbain, à partir de Rio de Janeiro ; il se compose également majoritairement des classes populaires.

En 2022, l'institut brésilien de géographie et de la statistique constate une augmentation importante de l'adhésion aux cultes afro-brésiliens. Le nombre de pratiquants de l'umbanda et du candomblé a triplé entre 2010 et 2022, passant de 0.3% à 1% de la population brésilienne ; majoritairement présents dans les régions Sud (1,6%, environ 275 000 adeptes) et Sud-Est (1,4%, environ 885 000 adeptes). C'est dans l'Etat de Rio Grande do Sul que la part d'umbandistes est la plus importante du pays (3,2%, soit environ 360 000 adeptes).

En 2022, la part des femmes dans l'Umbanda était de 56,7%, soit la seconde après le Spiritisme.

Références

  1. ↑ Stefania Capone 1999, p. 13-27
  2. 1 2 3 4 Roger Bastide, « Le spiritisme au Brésil », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 24, no 1,‎ , p. 3–16 (DOI 10.3406/assr.1967.2629, lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ (fr) « Brésil, théologie umbandiste », sur lemondedesreligions.fr (consulté le ).
  4. 1 2 Roger Bastide, chap. VI « Naissance d’une religion », dans Les religions africaines au Brésil, Paris, PUF, (lire en ligne)
  5. 1 2 Renato Ortiz, « Du syncrétisme à la synthèse. Umbanda, une religion brésilienne / Front Syncretism to Synthesis. Umbanda, a Brazilian Religion », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 40, no 1,‎ , p. 89–97 (DOI 10.3406/assr.1975.1920, lire en ligne, consulté le )
  6. 1 2 Roger Bastide, « Le Messianisme raté », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 5, no 1,‎ , p. 31–37 (DOI 10.3406/assr.1958.1961 Accès libre, lire en ligne Accès libre, consulté le )
    Quatrièmes cas : Les éléments messianiques dans le Spiritisme de Umbanda [...] Le spiritisme de Umbanda est attaqué par les Kardécistes, car ses médiums reçoivent, non des Esprits de Blancs, mais des Esprits d'Amérindiens et d'Africains, jugés "inférieurs ou retardés" ; c'est là un préjugé racial et les noirs de Umbanda jugent, au contraire, que les noirs qui ont eu à souffrir la violence de leurs Maîtres, les injustices des colonisateurs, doivent plus que les blancs, puisque la souffrance sanctifie, devenir après leur mort, des Esprits de lumière. A partir de là s'élabore un nouveau mythe, celui du nègre comme image moderne du Christ : il a souffert comme lui, il a été crucifié ou tout au moins attaché à un tronc, fouetté, mutilé et il répond à toutes ces tortures en revenant sur la terre pour faire le bien et le faire non seulement à ses frères de couleur, mais encore aux blancs, aux descendants de ceux qui ont fait saigner sa chair et corrompu son âme.
  7. ↑ (pt-BR) Roger Bastide, O Candomblé da Bahia, Companhia Editora Nacional, (lire en ligne Accès libre)
  8. 1 2 Stefania Capone et Mariana Ramos de Morais (dir.), Afro-patrimoines : Culture afro-brésilienne et dynamiques patrimoniales, Paris, Ministère de la Culture, direction générale des Patrimoines, coll. « Les Carnets du Lahic » (no 11), , 305 p. (ISSN 2105-0708, lire en ligne Accès libre [PDF])
  9. ↑ Artur Cesar Isaia, « Les intellectuels de l’Umbanda et le nationalisme des années 1930 et 1940 », Brésil(s). Sciences humaines et sociales, no 1,‎ , p. 169–189 (ISSN 2257-0543, DOI 10.4000/bresils.784, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ Bartolomeu Figueirôa de Medeiros, « Dona Rosinha do Massapê : la cure spirituelle par le toré », Bulletin de psychologie, vol. 54, no 452,‎ , p. 129–136 (DOI 10.3406/bupsy.2001.15578, lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 Carmen Bernand, « Du candomblé à l'umbanda, cultes de possession au Brésil », Clio, voyages culturels,‎ (lire en ligne Accès libre [PDF])
  12. ↑ Stefania Capone 1999, p. 22 (citant David Hess)
  13. 1 2 (pt-BR) Alícia Bernardes, « Evangélicos avançam e religiões afro-brasileiras triplicam no país », sur Brasil, (consulté le )
  14. ↑ (pt-BR) « Espiritismo cai, e parcela de umbanda ou candomblé triplica », sur G1, (consulté le )
  15. ↑ (pt-BR) « O ESPIRITISMO NO CENSO 2022 », sur Associação Espírita de Pesquisas em Ciências Humanas e Sociais, (consulté le )

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes